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J’ai toujours imaginé que si, d’aventure, j’écrivais un jour l’histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante : quelque chose de lyrique à la Nobokov, «Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins» ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, «Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuse chacune à leur façon». Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec. Mais à mon avis, en matière d’amorce, on n’a jamais surpassé celle du Bon soldat de Ford Madox Ford : «Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ait été donnée d’entendre.» J’ai beau l’avoir lu des dizaines de fois, j’en reste encore comme deux ronds de flan. Ford Madox Ford, lui c’était un grand.
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"Est-il possible que moi, malgré mon invraisemblable apparence, j'aie une Destinée? me demandais-je. Et par Destinée, j'entendais le genre d'existence que mènent les personnages d'une histoire et qui, si chahutés, bousculés par les événements d'une vie soient-ils, sont finalement chahutés et bousculés avec une certaine cohérence. Dans les histoires, la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans Des souris et des hommes, parce qu'elles s'inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d'être des Vies Stupides et Insignifiantes, la consolation d'être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n'avons même pas cela." (p.54)
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[Le narrateur est un rat] Au début, je me contentais de manger, de mâcher joyeusement, guidé par les diktats du goût. Mais bientôt, j'ai commencé à lire ici et là, aux alentours de mes repas. Et au fil des jours, je me suis mis à lire de plus en plus et à mastiquer de moins en moins, jusqu'à ce que je passe finalement la plupart de mes heures de veille à lire, ne rognant plus que dans les marges. Et comme j'ai regretté les trous terribles que j'ai laissé dans ces oeuvres !
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Par Stouph le 04/01/2011
Je crois toujours que tout est éternel, mais rien ne dure jamais. En fait, rien n'existe jamais plus qu'un court instant, sauf ce que nous gardons en mémoire.
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"J'avais toujours imaginé que si, d'aventure, j'écrivais un jour l'histoire de ma vie, la première phrase en serait saisissante: quelque chose de lyrique à la Nabokov, "Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins" ou de radical à la Tolstoï au cas où le lyrisme me ferait défaut, "Les familles heureuses se ressemblent toutes, les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur façon". Les gens se rappellent ces mots, même quand ils ont tout oublié du livre qui va avec." (p.11)
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Par gigi55 le 11/11/2009
Des petits diamants de transpiration brillaient sur sa lèvre supérieure. Je les ai bus un par un ; ils avaient un goût salé. Mes lectures m'avaient appris que c'était aussi le goût des larmes.
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« Dans les histoires,la vie a un sens, suit une direction. Même les plus stupides et insignifiantes, comme celle de Lenny dans « Des souris et des hommes », parce qu’elles s’inscrivent dans une histoire, acquièrent au moins la dignité d’être des Vies Stupides et Insignifiantes. La consolation d’être des références en quelque chose. Dans la vie réelle, nous n’avons même pas cela. …La seule littérature que je hais de toute mon âme est celle consacrée aux rats…Je pisse à la raie de Mickey et Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson ».
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Par Stouph le 04/01/2011
Si des études littéraires servent à quelque chose, c'est bien appréhender le funeste. Par ailleurs, rien ne vaut une imagination foisonnante pour ébranler votre courage.
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Par athena1 le 04/01/2011
Et bien je vais vous le dire : la distinction entre assumer un masque, qui vous permet de gagner la liberté, et devoir en porter un est la même qu'entre un refuge et une prison.
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Quang je pense à elle aujourd’hui, rien ne me vient à l’esprit hormis certains mots. J’ai beau me torturer les méninges jusqu’à risquer l’évanouissement, je n’obtiens qu’une vague silhouette et les mots pas assez de tétons – ainsi qu’un lourd parfum de sciure et de bière comme en dégage le plancher d’un saloon.