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Firmin est un rat si horrible qu'il feint les miroirs, un être improbable qui cherche à rejoindre le monde des hommes. Bibliophile, inconditionnel des "Grands" et des "Mignonnes", il évolue, observateur muet dans le sous sol d'une librairie dans un quartier en démolition, Boston des années 60.
Firmin est un narrateur particulier, pour un livre intime, puisque seuls nous lecteurs pouvons comprendre dans quelle situation de solitude, de tâtonnement et d'exaspération se trouve notre rat "civilisé". Il est non seulement doté de raison, mais également d'un cynisme qui se gagne à longueur d'expérience et de maturité. Ce n'est plus l'adorable rongeur éprouvé par tant d'histoires pour enfants, mais un boiteux difforme, survivant d'une famille dont la mère, obèse et alcoolique n'était que le cliché le plus sauvage d'une espèce que l'homme répugne.
C'est cette introspection, ce regard mordant face à l'ironie de son sort qui font à mes yeux de ce livre une porte sur l'humanité.
Lien : http://ranatoad.blogspot.com/
Le récit se passe à Boston et c’est l’histoire de Firmin qui vit avec toute sa famille dans les caves d’une librairie et se nourrit de livres. Cette nourriture terrestre deviendra nourriture spirituelle et il ne pourra plus se passer de livres tout au long de sa vie.
« Firmin » le rat intellectuel, est plein d’humour, de fantaisie et se rapproche bien souvent de l’espèce humaine.
C’est aussi le premier roman de son auteur.
Quand j'ai acheté ce petit livre dont la rumeur m'avait parlé, une collègue a demandé si je me mettais à lire des livres pour enfants, à cause des illustrations de Fernando Krahn.
Firmin autobiographie d'un grignoteur de livres de Sam Savage ne relève pourtant pas de la littérature enfantine.
Firmin, comme le sous-titre vous l'a fait comprendre est un rat; sa mère - un peu poivrote -, a trouvé refuge dans la cave d'une bouquinerie de Boston pour y mettre bas. Firmin, incapable de défendre sa maigre pitance face à une fratrie vorace, va commencer par grignoter les feuilles de livres dont sa mère a tapissé le nid, avant de découvrir le plaisir de lire.
(la suite sur mon blog)
Lien : http://artetlitterature.blogspot.com/2009/08/vive-la-lecture-iii-fim..
terminé hier soir... lecture agréable, mais qui ne me laissera pas de souvenirs impérissables.
un genre de fable philosophique désabusée sur la condition de lecteur...
un conte au style léger, et quelques considérations sur la solitude du lecteur.
une des premières phrases est : «Voici l’histoire la plus triste qu’il m’ai été donné d’entendre».
Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
Firmin est l'autobiographie d'un rat érudit. Sa mère a donné naissance à 13 petits, or, comme chacun sait, une rate n'a pas 13 mamelles, elle n'en a que 12. Le petit Firmin, chétif, est donc été éjecté par ses frères et soeurs. Ne pouvant se nourrir, il erre dans son logis et découvre qu'il s'agit d'une librairie. Il se met d'abord à grignoter des livres puis il les dévore, au sens propre comme au figuré. Il se prend d'amitié pour Norman, le libraire, mais les choses ne se déroulent pas comme il l'a imaginé. Il fait ensuite la connaissance d'un écrivain marginal, et cette rencontre bouleverse sa vie...
Ma critique est sur mon blog.
Livre captivant. Au travers de la vie de Firmin le rat intellectuel, l'auteur expose la difficulté de se construire entre deux mondes, la solitude d'être différent.
Étonnant petit roman qui nous fait vivre par le menu la vie d'un petit rat dévoreur de livres dans un quartier de Boston appelé à disparaitre sous les coups de pelleteuses ... qui restructurent et modernisent.
Le petit rat c'est Firmin, qui fait preuve d'une intelligence, d'une ironie, d'une acuité bien au-delà des capacités habituelles de son espèce. Un joli plaidoyer pour le livre, la lecture, la tolérance.
J'ai aimé le choix du récit à la première personne qui amorce une connivence entre le personnage et le lecteur et qui laisse penser à une confession, les nombreuses mentions de livres ( bien que pas assez développées selon moi) et la transition assez bien menée par l'auteur pour faire passer Firmin de simple rat à rat civilisé (et non domestiqué comme il le souligne).
Firmin m'a fait penser à un humain prisonnier dans un corps de rat, un personnage au fond dépressif ( les livres et les "Mignonnes" le divertissent, le reste le déprime) qui ne se sent à sa place ni parmi les rats dont il méprise la bassesse ni parmi les humains qui le jugent selon des clichés liés à sa race.
Un portrait en dents de scie d'un personnage à qui la vie offre de petits répits à défaut de grands bonheurs.
Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2009/08/firmin-sam-savage.html
Firmin a vu le jour dans les sous-sols d'une librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960.
Treizième d'une portée de rats dont la mère avait un penchant pour l'alcool, Firmin devait attendre son tour pour être nourrit et pour cela, il s'en allait grignoter les livres de la librairie.
Plein d'appétit pour les mots, épris de nourritures spirituelles autant que terrestres, Firmin ne peut communiquer tous ses coups de cœur ni exprimer ses détresses, malgré une tentative d'approche du gérant de la librairie. En retour, celui-ci lui distribue de la mort aux rats "excellente" selon Firmin qui a failli s'y laisser prendre.
Heureusement, il rencontre un romancier marginal qui le prend en amitié et le sauve du pessimisme ambiant.
Mon avis :
les premières 25 pages sont un peu dures à avaler (comme le papier que mange Firmin), puis la narration prend son envol, le rat aussi, et le plaisir de la lecture peut commencer.
Je me suis laissée prendre à cette histoire de rats qui, malheureusement, ne peut pas communiquer avec l'espèce humaine. Un peu dommage...
Une belle fable philosophique toutefois, malgré la noirceur de la fin.
Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2009/10/02/15157454.html#comm..
L'histoire fait penser un peu à ratatouille, mais on passe effectivement un agréable moment en compagnie de ce rat de bibliothèques, de ce grignoteur de livres, à la fois émouvant et passionnant, érudit
Lors d'une de mes nombreuses promenades dans les allées des librairies, mon regard a été attiré par le titre et le dessin de la première de couverture de ce livre. Après lecture de la quatrième de couv., je me suis dit "pourquoi pas".
Je n'ai pas regretté....
La suite sur mon blog...
Lien : http://noslectures.over-blog.com/article-firmin-autobiographie-d-un-..
Je n'ai même pas terminé ce livre ! Pourtant il m'en faut beaucoup pour ne pas continuer un livre. Je l'ai trouvé sans intérêt (au niveau de l'écriture et de l'histoire). Bref, je le recommande pas.
Roman de Sam Savage.
Citation du bandeau promotionnel: "Firmin, le rat que Walt Disney aurait inventé s'il avait été Borges. Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco.
Firmin a vu le jour dans le carphanaüm du sous-sol de la librairie Pembroke Books de Boston, sur les pages de Finnegans Wake, "le chef-d'oeuvre le moins lu du monde." (p. 19) Flo, sa mère, est une souris obèse et ivrogne qui ne rentre au nid que pour distribuer son lait alcolisé à ses douze frères et soeurs. Douze tétins, treize souriceaux, le compte est faux. Firmin est un avorton qui gagne rarement sa place au jeu des mamelles musicales. Pour survivre, il grignote ce qu'il a sous les dents: des livres. Et encore des livres. Sans le savoir, il apprend à lire. Sa biblio-boulimie le rend aventureux. De rayons en étagères, il explore la librairie et accroît sa culture littéraire. Sa rencontre avec le libraire Norman Shine marque le tournant de son existence. Mais c'est auprès de l'écrivain raté Jerry Magoon, auteur de science-fiction minable, qu'il va vivre ses plus belles heures. Autour de lui, le quartier de Scollay Square est voué à la démolition. Chaque jour est le témoin d'un ballet de pelleteuses de plus en plus étendu. Les immeubles tombent les uns après les autres. Tout l'univers de Firmin s'effondre à mesure qu'il se retrouve seul.
La biblio-boulimie, quelle maladie géniale! Se goinfrer de Dickens, de Fitzgerald, de Gogol et de Steinbeck, picorer un peu de Spinoza, de Lewis Carroll et de Stendhal, et finir avec une part de Flaubert et de Faulkner, c'est le repas idéal! Il a ses préférés: il cite allégrement la Lolita de Nabokov ou Anna Karénine de Tolstoï, et il s'identifie sans vergogne à L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Cervantès. "J'ai découvert un lien remarquable, une sorte d'harmonie préétablie, entre goût et qualité littéraire. Pour savoir si un livre valait la peine d'être lu, je n'avais qu'à grignoter une portion de l'espace imprimé. [...] "Bon à manger, bon à lire est devenu ma devise." (p. 52)
Alors, Firmin est-il un autre Rémi (voir le film d'animation Ratatouille), un autre rongeur qui s'élève au-dessus de sa condition, qui veut offrir aux siens la découverte d'un monde nouveau fait de saveurs nouvelles? Non. Firmin ne se fait aucune illusion sur la bêtise mêlée d'atavisme de sa fratrie et de ses congénères. Et il l'énonce férocement: "La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. Je méprise ce bon vieux Ratty dans Du vent dans les saules. Je pisse à la raie de Mickey Mouse et de Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson." (p. 56 & 57) Voilà une bestiole bien antipathique! Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Mickey, et Stuart Little ne m'a jamais fait fondre, mais Ratty a fait les belles heures de mes premières lectures!
Firmin méprise son espèce, le monde entier et les humains en particulier, leur physique glabre, leurs habitudes dégoutantes. "Le mot 'infester' m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent." (p. 85) Mais il y a des humains qui trouvent grâce à ses yeux: les acteurs. Quand il ne dévore pas des livres, il passe des heures au cinéma, à voir et revoir les films de Fred Astaire et de Ginger Rogers, pour mieux s'imaginer dans leur peau, et vivre ses aventures au rythme de leurs sauts et entrechats. Il adule aussi les filles, ses "mignonnes", des films qui passent après minuit, en rêvant de posséder ces corps tout en courbes.
Firmin est un avorton rétroprognathe. Il est mythomane, pervers, sexuellement déviant et obsédé par les corps de femmes. Il est cynique et méprise la race humaine. Féru de phrénologie, il catalogue les humains selon leur caractère, sans pitié. Mais comme dit l'autre, "on n'empêche pas un petit coeur d'aimer". Sa courte existence est traversée de passions. La première pour Norman Shine, dont une touffe de cheveux a masqué la bosse de la traîtrise, tourne court. Jerry Magoon est le second humain qu'il aime, tout en toisant avec un mépris mêlé de condescendance ses habitudes d'alcolique.
Le malheur de Firmin, c'est de posséder l'intelligence d'un humain, coincée dans le corps malingre d'un rongeur honni. C'est aussi d'avoir conscience de sa grande supériorité intellectuelle sans pouvoir la partager, ni s'exprimer. Il se voudrait aristocrate, il n'est que bourgeois. Fin gourmet littéraire, il est aussi mélomane et pianiste, et il exécute avec talent les oeuvres de Gershwin ou de Cole Porter. Mais ses talents artistiques ne sont que facéties aux yeux de Jerry qui pleure de rire quand il le voit penché sur un ouvrage quatre fois plus gros que lui ou assis devant un piano d'enfant. L'art ne rapproche pas les espèces, et Firmin n'est que le facétieux animal de compagnie d'un ivrogne utopiste.
Scollay Square, véritable quartier du vieux Boston, subit la loi de la modernisation. Les immeubles qui tombent sont autant de chef-d'oeuvres de la littérature qui disparaissent dans les abîmes de l'oubli, au grand désespoir de Firmin. Le petit rongeur au corps débile me rappelle le vieil aveugle sénile, Jorge de Burgos, du Nom de la rose. Ils sont tous les deux habités par leurs innombrables lectures, ils sont des bibliothèques vivantes vouées à disparaître.
Le texte est richement agrémenté par les illustrations de Fernando Krahn, qui a vraiment su tirer des mots une figure hideuse de petit rat tordu. La première de couverture du livre original est, à mon avis, bien plus réussie que celle choisie par Actes Sud, mais je ne vais pas chipoter sur les questions éditoriales.
Le livre se lit vite, un sourire narquois au coin des lèvres. A ce petit rat prétentieux et méprisant, j'ai souvent eu envie de dire: "Puisque tu n'aimes pas les humains, va vivre ailleurs!" J'aurais bien placé des tapettes au coin des pages... Je conseille ce texte aux amateurs d'humour noir et grinçant et de folie douce.
Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/01/30/16596119.html
Roman de Sam Savage.
Citation du bandeau promotionnel: "Firmin, le rat que Walt Disney aurait inventé s'il avait été Borges. Si lire est ton plaisir et ton destin, ce livre a été écrit pour toi." Alessandro Baricco.
Firmin a vu le jour dans le carphanaüm du sous-sol de la librairie Pembroke Books de Boston, sur les pages de Finnegans Wake, "le chef-d'oeuvre le moins lu du monde." (p. 19) Flo, sa mère, est une souris obèse et ivrogne qui ne rentre au nid que pour distribuer son lait alcolisé à ses douze frères et soeurs. Douze tétins, treize souriceaux, le compte est faux. Firmin est un avorton qui gagne rarement sa place au jeu des mamelles musicales. Pour survivre, il grignote ce qu'il a sous les dents: des livres. Et encore des livres. Sans le savoir, il apprend à lire. Sa biblio-boulimie le rend aventureux. De rayons en étagères, il explore la librairie et accroît sa culture littéraire. Sa rencontre avec le libraire Norman Shine marque le tournant de son existence. Mais c'est auprès de l'écrivain raté Jerry Magoon, auteur de science-fiction minable, qu'il va vivre ses plus belles heures. Autour de lui, le quartier de Scollay Square est voué à la démolition. Chaque jour est le témoin d'un ballet de pelleteuses de plus en plus étendu. Les immeubles tombent les uns après les autres. Tout l'univers de Firmin s'effondre à mesure qu'il se retrouve seul.
La biblio-boulimie, quelle maladie géniale! Se goinfrer de Dickens, de Fitzgerald, de Gogol et de Steinbeck, picorer un peu de Spinoza, de Lewis Carroll et de Stendhal, et finir avec une part de Flaubert et de Faulkner, c'est le repas idéal! Il a ses préférés: il cite allégrement la Lolita de Nabokov ou Anna Karénine de Tolstoï, et il s'identifie sans vergogne à L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche de Cervantès. "J'ai découvert un lien remarquable, une sorte d'harmonie préétablie, entre goût et qualité littéraire. Pour savoir si un livre valait la peine d'être lu, je n'avais qu'à grignoter une portion de l'espace imprimé. [...] "Bon à manger, bon à lire est devenu ma devise." (p. 52)
Alors, Firmin est-il un autre Rémi (voir le film d'animation Ratatouille), un autre rongeur qui s'élève au-dessus de sa condition, qui veut offrir aux siens la découverte d'un monde nouveau fait de saveurs nouvelles? Non. Firmin ne se fait aucune illusion sur la bêtise mêlée d'atavisme de sa fratrie et de ses congénères. Et il l'énonce férocement: "La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. Je méprise ce bon vieux Ratty dans Du vent dans les saules. Je pisse à la raie de Mickey Mouse et de Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson." (p. 56 & 57) Voilà une bestiole bien antipathique! Je ne suis pas une fan inconditionnelle de Mickey, et Stuart Little ne m'a jamais fait fondre, mais Ratty a fait les belles heures de mes premières lectures!
Firmin méprise son espèce, le monde entier et les humains en particulier, leur physique glabre, leurs habitudes dégoutantes. "Le mot 'infester' m'intéresse assez. Les gens normaux n'infestent pas, ils n'y arriveraient pas s'ils le voulaient. Seuls les puces, les rats et les juifs infestent." (p. 85) Mais il y a des humains qui trouvent grâce à ses yeux: les acteurs. Quand il ne dévore pas des livres, il passe des heures au cinéma, à voir et revoir les films de Fred Astaire et de Ginger Rogers, pour mieux s'imaginer dans leur peau, et vivre ses aventures au rythme de leurs sauts et entrechats. Il adule aussi les filles, ses "mignonnes", des films qui passent après minuit, en rêvant de posséder ces corps tout en courbes.
Firmin est un avorton rétroprognathe. Il est mythomane, pervers, sexuellement déviant et obsédé par les corps de femmes. Il est cynique et méprise la race humaine. Férue de phrénologie, il catalogue les humains selon leur caractère, sans pitié. Mais comme dit l'autre, "on n'empêche pas un petit coeur d'aimer". Sa courte existence est traversée de passions. La première pour Norman Shine, dont une touffe de cheveux a masqué la bosse de la traîtrise, tourne court. Jerry Magoon est le second humain qu'il aime, tout en toisant avec un mépris mêlé de condescendance ses habitudes d'alcolique.
Le malheur de Firmin, c'est de posséder l'intelligence d'un humain, coincée dans le corps malingre d'un rongeur honni. C'est aussi d'avoir conscience de sa grande supériorité intellectuelle sans pouvoir la partager, ni s'exprimer. Il se voudrait aristocrate, il n'est que bourgeois. Fin gourmet littéraire, il est aussi mélomane et pianiste, et il exécute avec talent les oeuvres de Gershwin ou de Cole Porter. Mais ses talents artistiques ne sont que facéties aux yeux de Jerry qui pleure de rire quand il le voit penché sur un ouvrage quatre fois plus gros que lui ou assis devant un piano d'enfant. L'art ne rapproche pas les espèces, et Firmin n'est que le facétieux animal de compagnie d'un ivrogne utopiste.
Scollay Square, véritable quartier du vieux Boston subit la loi de la modernisation. Les immeubles qui tombent sont autant de chef-d'oeuvres de la littérature qui disparaissent dans les abîmes de l'oubli, au grand désespoir de Firmin. Le petit rongeur au corps débile me rappelle le vieil aveugle sénile, Jorge de Burgos, du Nom de la rose. Ils sont tous les deux habités par leurs innombrables lectures, ils sont des bibliothèques vivantes vouées à disparaître.
Le texte est richement agrémenté par les illustrations de Fernando Krahn, qui a vraiment su tirer des mots une figure hideuse de petit rat tordu. La première de couverture du livre original est, à mon avis, bien plus réussie que celle choisie par Actes Sud, mais je ne vais pas chipoter sur les questions éditoriales.
Le livre se lit vite, un sourire narquois au coin des lèvres. A ce petit rat prétentieux et méprisant, j'ai souvent eu envie de dire: "Puisque tu n'aimes pas les humains, va vivre ailleurs!" J'aurais bien placé des tapettes au coin des pages... Je conseille ce texte aux amateurs d'humour noir et grinçant et de folie douce.
Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/01/30/16596119.html