ISBN : 2917817070
Éditeur : LA CONTRE-ALLÉE (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

Roberto Scarpinato est « le dernier des juges », dernier survivant de la génération des juges Falcone et Borsellino, brutalement assassinés par la mafia en 1992. Il est l’un des procureurs du procès Andreotti, et a... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 10 septembre 2011

    emeralda
    La rentrée littéraire, c'est comme un second Noël dans l'année pour l'amoureux(se) des livres et des (bonnes) lectures / découvertes.
    Il y a les grands pontes et les autres.
    Parlons un peu , justement, des autres aujourd'hui avec un petit ouvrage publié aux éditions La contre allée : Le dernier des juges. Il est petit par la taille (format étroit) et par l'épaisseur (seulement 45 pages), mais il est prometteur car riche en théorie sur le fond. Voilà qui n'est pas pour me déplaire car même si les "pavés" ne me font pas peur, je n'ai rien contre des récits plus denses.
    En réalité, il s'agit d'un entretien entre le juge Roberto Scarpinato et l'auteur de ce livre, Anna Rizzello. Il date de décembre 2010.
    On est donc dans le monde réel. La fiction n'a pas sa place ici pour une fois.
    Ce n'est pas une vision de carte postale de l'Italie qu'on va nous donner. Ce serait plutôt tout le contraire. On parlera de corruption, de meurtres, de faits divers macabres, d'énigmes, de la mafia, de pouvoir etc. On va évoquer des problèmes graves, lourds de sens et qui ont un impact même chez nous car cela se passe en Europe, au sein même de l'Union Européenne et que fermer les yeux est tout simplement illusoire.
    Si comme moi, vous avez toutefois un peu de mal à resituer qui est Roberto Scarpinato, ne vous en faites pas, vous trouverez une mini biographie au tout début de ce livre.
    On vous présentera aussi brièvement l'auteur, celle qui recueillera ces propos : Anna Rizzello.
    Le juge commence par évoquer sa vocation. Peu conventionnelle, mais très logique tout comme son engagement. On entre dans un autre système de pensées, celui des Italiens.
    Le juge a une idée très arrêtée sur les causes de l'anomalie italienne comme il nomme certains particularismes de nos voisins transalpins. Une vision historique qui n'est pas sans arguments forts. On sent que ce juge possède une culture solide et pas seulement en matière de droit.
    Vient ensuite l'évocation de Palerme. Dans la bouche du magistrat, cette cité devient une entité vivante, dotée d'une âme propre. Celle-ci vous oblige à vous faire face. Les choix seront / sont limités. Il n'y a pas vraiment d'échappatoire, il faut choisir son camp.
    La religion catholique forte en Italie est immanquablement évoquée. Cela peut nous paraitre un peu surprenant ou déplacé pour nous Français qui vivons dans un pays où l'Eglise et l'Etat sont clairement séparés depuis 1905. Cependant, le juge Roberto Scarpinato ne peut écarter la religion de son mode de pensée car elle régie aussi celle de des compatriotes et celles de ceux contre qui il a décidé un jour de de battre. Il nous offre une vision plus complète de son pays, de sa façon de concevoir et de percevoir les éléments.
    Surtout que le message est trop souvent faussé.
    Le juge Roberto Scarpinato reste très lucide. Même s'il souffre d'une perte de normalité (il vit depuis 20 ans sous escorte rapprochée et n'a donc plus une vie quotidienne comme tout le monde), il n'est pas le moins du monde déconnecté de la réalité. Il se doit de montrer l'exemple d'après lui et cette quête de perfection dans la mission qu'il s'est assigné force mon admiration. Sa volonté transparait dans ses propos. Il m'apparait comme un homme d'honneur, de parole, dévoué corps et âme à son métier, au droit. Pour un peu, je dirai qu'il y a un coté désuet dans ce dévouement. Je pourrais presque l'imaginer en tant que chevalier redresseur de tords.
    L'entretien vient ensuite se poser sur une question concernant la politique et l'organisation de la justice en France. Ahhh ce besoin de comparer, de savoir si c'est mieux ici, là ou encore là-haut.
    Une pointe de chauvinisme, pour mieux attirer le regard. Et ça fonctionne car en employant enfin un langage europeeanophile, les petites frictions seront atténuées. le juge concède également que le système italien n'est pas sans faille. La perfection n'est pas encore de ce monde.
    Pour s'en approcher, il serait nécessaire de disposer d'une législation anti-mafia au niveau européen.
    Et puis d'avoir également une vision très large du problème, de s'attacher au savoir qui est la base de tout.
    Un petit livre de par le nombre de pages, mais riche. Les pavés n'ont pas l'apanage de la qualité.
    Il n'est pas très intéressant de le noter sur la forme ( il s'agit d'un entretien rapporté et non pas d'un ouvrage dit classique). Cependant la traduction me semble bien faite (pas de non sens comme parfois on peut en relever). le texte est excellent, mais plus parce que le juge Roberto Scarpinato est un homme d'une culture rare. Ses propos sont denses, toujours justes et réfléchis. Sa vision n'est pas banale et me plait assez car elle englobe tout, même des composantes auxquelles on aurait pu ne pas penser.
    J'ai maintenant une vision différente de la problématique mafieuse. Jusqu'à présent elle était très limitée, stéréotypée, en bref quasiment nulle ! Je suis curieuse de découvrir l'ouvrage du juge si je le trouve un jour : le retour du prince (disponible en 2012, toujours aux éditions de La contre allée). Je pense qu'après avoir lu "Le dernier juge", on est plus à même d'appréhender cette lecture de manière plus complète.
    A lire donc car on est tous concerné quoiqu'on puisse en penser car la mafia est tentaculaire et possède des ramifications même là où on ne le soupçonnerait jamais. Ce n'est pas pour faire peur que j'écris ça, mais juste parce que c'est vrai, hélas.
    Le petit texte signé de la main de la photographe (couverture de l'ouvrage) et qui clôt ce livre est ultra court, mais reste émouvant. Il a su me toucher aussi par sa simplicité et sa spontanéité. C'est vraiment une excellent idée de l'avoir inclus.
    La relève est assurée.


    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/09/le-dernier-des-juges-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 16 mai 2012

    ATOS
    Merci à Libfly de m'avoir permis de découvrir, dans le cadre d'"Un édieur se livre", les Editions de la Contre Allée et tout particulièrement le livre d'entretien "Le dernier des juges" - Roberto SCARPINATO .
    Je pensais lire le journal d'un juge entré en résistance face à la mafia. Sujet intéressant me suis je dit.
    Mais j'ai découvert dans cet entretien l'intelligence d'un homme qui sait pourquoi il s'est engagé dans ce combat, et les raisons pour lesquelles il accepte depuis 20 ans de vivre comme peu d'homme l'accepterait.
    Il est sujet ici d'une réflexion profonde sur notre société, son rapport au pouvoir, à la religion, l'éthique, le rôle de la mémoire collective, le maintien des forces en présence, le choix "d'être" ou de "n'être pas". Cela nous permet de mieux comprendre ce dont souffrent nos sociétés gangrenées par tous les systèmes mafieux .
    L' Italie vit un paradoxe : son système judiciaire est le mètre étalon de la justice européenne, un exemple pour bien des états, et son système étatique est l'un des plus mafieux d'Europe.
    Cet affrontement radical engendre un état de guerre constant. Et dans ce combat, chacun dans la société italienne, et encore plus à Palerme, se doit d'énoncer son choix.
    Une question de vie ou de mort est posée. Les rues de Palerme sont les plus ensanglantées d'Europe, mais elle est la cité de l'éthique.
    Merci également à Anna RIZZELLO d'avoir posé d'aussi intéressantes questions .
    Le combat d'un humaniste à l' éthique et au courage exemplaires.
    Une lecture dense qui nous donne d'excellentes pistes de réflexion.
    "Le dernier des juges", espérons que l'avenir démentira ce titre.
    Monsieur le juge votre parole est juste !

    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    • Livres 3.00/5
    Par ph_hugot, le 14 septembre 2011

    ph_hugot
    Même si je n'avais que 15 ans à l'époque, j'ai des souvenirs assez précis de l'annonce en 1992 de l'assassinat du juge Falcone par la mafia, contre qui il menait une lutte sans merci depuis de longues années à Palerme, la capitale de la Sicile. Quelques mois plus tard, c'était un autre magistrat investi dans cette lutte, Paolo Borsellino, qui trouvait la mort , assassiné également par la Cosa Nostra. Ces deux morts avaient beaucoup fait parler d'eux, car jusqu'à présent la justice était une des seules institutions épargnées par la toute puissance mafieuse.
    Ce que je ne savais pas vraiment jusqu'à aujourd'hui, c'est qu'il y avait un 3ème juge qui travaillait en étroite collaboration avec Falcone et Borsellino, et ce dernier, Roberto Scarpinato (voir photo, non ce n'est pas le Corbier de Récré A2) a livré un entretien exceptionnel avec une jeune traductrice franco- italienne, Anna Rizello, publié aux éditions La Contre allée .
    Scarpinato a instruit, et ce, même après les assassinats de ses confrères, les plus importants procès menés contre la mafia, et ses liens au sein du monde politique et institutionnel, et vit sous escorte depuis maintenant 20 ans. L'homme a déja une destinée exceptionnelle, et ce qui ressort de cet entretien, c'est qu'il est aussi une personne dotée d'une très grande profondeur intellectuelle et spirituelle.
    Certaines de ses pensées touchent par leur pertinence et leur intelligence, par exemple lorsqu'il revient sur les raisons qui l'ont poussé à rejoindre la magistrature. Pour Scarpinato, "le droit n'est pas comme un moyen de rendre à chacun son du, mais plutôt comme un instrument essentiel de defense de la dignité humaine... Les institutions devraient garantir le droit à la fragilité humaine". Ce genre de discours est évidemment à contre courant de la pensée dominante, et à haute teneur philosophique, et on comprend tout à fait ce qui a conduit Anna Rizello à aller à la rencontre de ce personnage d'exception. Malgré les obstacles et le couperet de la mort qui est passé plusieurs fois au dessus de sa tête, Scarpitano a gardé intact sa rage de vivre et sa capacité à s'indigner, à l'instar des plus grands résistants à la barbarie humaine.
    Mais ce qui est peut-être le plus intéressant encore dans les propos de ce juge, c'est qu'il ne condamne jamais totalement personne, trouvant des explications politiques et historiques à toutes les infamies perprétées par la Mafia. Malgré le sang qui coule à flot sur cette ville, Scarpitano reste profondément attaché à Palerme, ville qu'il n'a jamais quitté, et ce qu'il nous dit de le lien particulier de cette ville avec le crime organisé est tout à fait passionnant.
    On n'en regrette d'autant plus que cet entretien soit aussi bref, et surtout qu'il ne s'accompagne pas d'une mise en perspective des faits. A part quelques notes de bas de pages, on n'apprend pas grand chose sur le contexte de certains évenements dont fait allusion Scarpitano, et les non experts en histoire de la mafia peuvent être parfois perdus, par manque de repère.
    Cet oubli est sans doute volontaire, car prochainement aux mêmes éditions de la Contre allée, doit paraitre le retour du prince, mémoires autobiographiques de Scarpitano.

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2011/09/14/21970990.html
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    • Livres 3.00/5
    Par MarionF, le 08 septembre 2011

    MarionF
    En tout premier lieu je tiens à remercier la bibliothèque en ligne Libfly grâce à laquelle j'ai pu recevoir Le dernier des juges dans le cadre de l'opération Un éditeur se livre (ici les éditions La contre allée).
    Comme la plupart de ceux qui ont été des allemands LV1 je ne me suis que trop peu intéressée à l'histoire de l'Italie. Jusqu'à peu le pays se résumai pour moi à ce qu'en disaient les profs de latin et le port de Gènes.
    La couverture tout d'abord, parce que la couverture est quelque chose de très important pour moi. Elle m'a de suite fait penser aux affiches du CHRD (Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation, à Lyon 7). Une photo, un titre, un ou deux noms et hop on a envie d'aller voir l'expo. La couverture de Le dernier des juges a eu sur moi le même effet aimant.
    Le style est accessible à tous, très fluide, la traduction est vraiment très très bonne. Pour lire régulièrement des entretiens politiques il est rare que les questions et réponses s'imbriquent aussi bien, les questions d'Anna Rizzello sont pertinentes et Roberto Scarpinato ne répond pas à côté, ne s'éloigne pas du sujet de la question pour aller parler d'autre chose.
    Roberto Scarpinato est, il est vrai, un homme fascinant. Malgré ce qu'on pourrait penser Le dernier des juges n'est pas une succincte biographie de Roberto Scarpinato ni un manifeste anti-manfia. Ayant commencé ma découverte de l'Italie par ses dimensions politique et juridique j'avais inévitablement entendu parler de cet homme à plusieurs reprises. Pour ma part je n'ai rien appris de nouveau. En si peu de pages j'avoue que je m'attendais à quelque chose de plus poussé, plus technique. le titre m'a porté à confusion je dois bien le dire, les juges auxquels sont associés Scarpinato ne sont que brièvement évoqués. C'est vraiment un livre grand public, adressé au profane et non à l'initié. La forme du livre rappelle celle d'une brochure et ça correspond assez bien à l'image que j'ai en le refermant, je vois Le dernier des juges comme une introduction à quelque chose de plus grand. Il est clair néanmoins que j'achèterai le Retour du prince qui est présenté dans Le dernier des juges comme un livre plus poussé.
    Je finirai en conseillant fortement Le dernier des juges à ceux qui ne connaissent pas Roberto Scarpinato et son combat, pour avoir un aperçu de l'homme, par contre si vous avez déjà été initié à son combat je ne vois pas trop l'intérêt que vous y trouverez.

    Lien : http://lespetiteschroniquesheteroclites.blogspot.com/2011/09/le-dern..
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  • Par pops74, le 13 septembre 2011

    pops74
    Roberto Scarpinato Le dernier des juges – Entretien avec Anna Rizzello
    Comment j'ai choisi ce livre : ce livre d'entretien m'a été envoyé par la bibliothèque en ligne Libfly dans le cadre de Un éditeur se livre #4.
    Résumé : Il s'agit d'un livre d'entretien entre Roberto Scarpinato et celle qui fut d'abord sa traductrice durant des conférences, Anna Rizzello.
    Roberto Scarpinato est sicilien et s'est engagé au début des années 90 dans la magistrature anti-mafieuse. Il a instruit les principaux procès contre la mafia italienne et est aujourd'hui procureur général en charge des enquêtes relative aux assassinats politco-mafieux de 1992 et 1993 (notamment les juges Falcone et Borsellino)
    Mon avis :
    Ce livre d'entretien est tout petit, il a le format d'une brochure et fait une quarantaine de pages. Et tant mieux pour moi parce que les ouvrages d'entretien ce n'est pas trop mon truc et la mafia, je n'y connais pas grand-chose !
    Ce livre n'est pas une biographie de Roberto Scarpinato ni un manifeste anti – mafia. le juge nous livre ici la genèse de sa vocation judiciaire ainsi qu'une analyse approfondie de la place de la mafia dans la société sicilienne et italienne en générale. Roberto Scarpinato livre également son point de vue sur la place de la religion dans cette société ainsi que sur la justice française.
    Cependant l'entretien est court et les deux auteurs ne poussent pas très loin la réflexion et la description. Il faut dire qu'en 42 pages d'un format 17*10cm ou quelque chose comme ça, la réflexion ne peut malheureusement pas être poussée à son maximum.
    Personnellement, ne connaissant rien à ce sujet j'ai appris des choses, cependant je ne pense pas que ceux qui connaissent ce milieu découvrent de nouvelles réalités. Ce petit livre est plus une introduction à l'ouvrage de Roberto Scarpinato, le Retour du prince, écrit en 20008 et qui sera traduit en Français et édité par la Contre Allée au printemps 2012.


    Lien : http://quandpaulinelit.canalblog.com/archives/2011/09/13/22022156.html
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Citations et extraits

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  • Par ph_hugot, le 08 septembre 2011

    Paradoxalement, les institutions devraient garantir le droit à la fragilité des individus.
    Le droit, en somme de ne pas renoncer à sa propre humanité.
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