ISBN : 2851946323
Éditeur : Fata Morgana (2005)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
C'est un petit livre sublime et je subis un profond étonnement en m'enfonçant dans sa lecture. Cette fraîcheur et cette richesse pour ainsi dire continuelle, cette vie qui manque dans la plupart des textes de la littérature contemporaine. Voilà qui est bien précieux. Vo... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par malaurie, le 17 décembre 2009

    malaurie
    Laurice Schéhadé, sœur du grand poète et dramaturge libanais Georges Schéhadé est une romancière libanaise francophone.

    La plupart de ses récits sont des fictions largement autobiographiques. Liban, les larmes ont la couleur de l'eau ne déroge pas à la règle. En neuf très courts chapitres Laurice Schéhadé nous entraîne dans un Liban vivant, au cœur d'une famille et d'un village riche de personnalités parfois croquignolettes, parfois étranges et inquiétantes, toujours intéressantes et savoureuses. C'est avec le regard d'une petite fille que nous voyageons dans les rues et les maisons de ce village libanais. L'intérêt de ce livre réside aussi dans la qualité d'une langue parfaitement maîtrisée, douce et tendre, riche et fraiche. La poésie n'est pas loin de cette prose.


    Lien : http://legenepietlargousier.over-blog.com/article-liban--les-larmes-..
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Citations et extraits

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  • Par malaurie, le 17 décembre 2009

    Je rêvais et ne parlais jamais de mes rêves. Dans ma famille, j’étais la plus obstinée, la plus silencieuse, aussi m’accusait-on de n’aimer rien, ni personne. J’aimais pourtant mes parents, l’arbre que je voyais de ma fenêtre, le bruit de la pluie et d’autres choses encore que je ne connaissais pas. J’étais une étrange et douce petite fille. »

    « Quand je connus cette parente de mon père, elle était déjà vieille, toussait beaucoup et promenait avec elle un narghileh fleuri dont elle tirait d’immenses bouffées entre des phrases savoureuses empruntées au parler du peuple. Ses cheveux, dans leur jeunesse d’un beau roux, passaient alors, suivant ses caprices, du noir au jaune, ou en cas de deuil à un blanc sale et sorcier. Sa peau ridée, couleur brique, faisait paraître infiniment drôles et perdus ses yeux d’un bleu tendre et gris, des yeux de jeunesse allemande. Son nez parfaitement aquilin, pareil à celui de mon père, achevait le contraste, lui donnant l’air d’un oiseau de proie malade, et par moments, celui d’une grande-duchesse russe.
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