ISBN : 291337235X
Éditeur : La Fabrique éditions
(2005)
Note moyenne : 4.18/5 (sur 11 notes)
Le contrôle de la parole : L'édition sans éditeurs, suite1Ajouter à mes livres
Après cinq ans, l'éditeur new-yorkais retrace les étapes et les conséquences des changements intervenus dans l'édition française, la presse et les autres médias : l'affaire Vivendi-Wendel, le rachat du Seuil par La Martinière, le rachat de la Socpresse par Dassault... E... > voir plus
C'est la suite de l'édition sans éditeur. Schiffrin dénonce avec toujours autant de verve les conglomérats de l'édition et fait cette fois un état des lieux de ce qui se passe dans l'hexagone. le parallèle avec les Etats-Unis et l'Angleterre est néanmoins saisissant et le constat sans appel, « l'exception française » semble elle aussi menacée par une priorité de profit où les chiffres ont raison de la qualité des œuvres proposées.
Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit.
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.
Rien n’est plus difficile, poursuit-il, que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise.
Tout se joue chaque jour, sur les chiffres d’audience. Nous sommes le seul produit au monde où l’on « connaît » ses clients à la seconde, après un délai de vingt-quatre heures.
(Patrick Lelay, ex-PD-G de TF1)
Contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, le contrôle des médias et de notre manière de penser par les conglomérats n’est pas une fatalité liée à la mondialisation, mais un processus politique auquel on peut s’opposer, et avec succès.