ISBN : 2130521479
Éditeur : Presses Universitaires de France (2002)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

La philosophie ne peut prendre son sens que si on l'applique aux défis du quotidien. Pause philo, pour voir la vie sous un nouveau jour. Ayant vu en Socrate un aristocrate de l'esprit, la démocratie antique le condamna à boire la ciguë. A... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Franz, le 23 octobre 2008

    Franz
    Les réflexions sur la philosophie et sur l'existence marquées au sceau de la mélancolie que mènent Frédéric Schiffter, lui-même professeur de philosophie en classes terminales, à Biarritz, la « capitale de l'ennui », se défendent des carcans et des systèmes. Dans un monde de ressentiment, le blabla est un écran de mots sur un fond flou dont use le rhéteur pour convaincre le « ressentimenteux » ; le chichi est une posture que prend un individu pour contrecarrer son idiotie c'est-à-dire sa singularité et par là même sa quasi insignifiance. Il n'y a qu'une vie ici-bas et rien ne tient la route bien longtemps. Ecrire de façon brève et concise, sur le modèle de l'aphorisme, reste la visée intellectuelle et littéraire de l'auteur. La brièveté de l'écriture se trouve ainsi au diapason de la fragilité de la vie : « Vivre c'est faire bref et un essai, sur ce point, doit imiter la vie ». le désœuvrement qui habite en permanence l'esprit de l'auteur enfante un abattement physique. Atteint par le haut mal, les crises d'épilepsie qui le secouent lui apportent alors la mort sur un plateau : « le haut mal a fait de moi un intermittent du néant ». Lucide, sensible et lassé de regarder ses semblables « traîner le poids de leurs désirs sans objet », il se réfugie dans son bureau pour opposer « au monde une fin de non-percevoir ». L'essai de Frédéric Schiffter a souvent l'éclat de la clarté. De belles formules ailées, véritables flèches noires, font mouche. On aimerait lui dire qu'il n'est pas seul dans ce bateau, mené par les vents conjoints de la déréliction et de la vacuité mais cela ne retirerait rien au désespoir qui l'habite en permanence.
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Citations et extraits

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  • Par Franz, le 23 octobre 2008

    […] Nos semblables sont nos « prochains » ? C’est dans cette proximité même que, soudain, surgit leur inquiétante étrangeté et explose toute l’horreur dont ils sont capables. Ce passant dans la rue, mon voisin de palier, mon frère mais aussi moi-même, nous sommes tous tentés de satisfaire notre « besoin d’agression au dépens d’un autre humain, d’exploiter son travail sans dédommagement, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de nous approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer ». Or nous ne résistons jamais longtemps à la tentation du carnage.
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  • Par Franz, le 23 octobre 2008

    Je n’ai pas lu tous les livres mais quelques uns ont clarifié le charabia de mon âme ; je ne suis pas mélomane mais la musique m’a fait entendre autrement le vacarme du monde ; je ne sais pas tout de la peinture mais je garde en mémoire tous ces autoportraits d’artistes qui m’ont dévisagé. Donner un semblant de tenue intellectuelle à ses complexes, peut-être est-ce cela se cultiver.
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  • Par Franz, le 23 octobre 2008

    […] j’ai expérimenté certaines formes de jouissance et je me suis rendu à l’évidence : rechercher le plaisir est un travail comme un autre qui oblige à des fréquentations sociales peu ragoûtantes… […] j’ai fini par me résoudre à l’idée que le plaisir pris dans les choses du sexe, aussi réel soit-il, est encore une de ces impasses qui me ramènent à l’ennui.
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  • Par Franz, le 23 octobre 2008

    Pas de pensée propre qui ne soit une appropriation, voire une expropriation ; pas de pensée nouvelle qui ne soit une reprise. C’est le style ou le ton qui fera, peut-être, l’originalité de ce que l’on écrit…
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  • Par Franz, le 23 octobre 2008

    […] la vie me paraît aussi trépidante que ses dimanches. Comme me le fit remarquer cet ami qui a le sens de la formule : « Tu sembles traverser les jours dans le sens de la langueur ».
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