> Pierre Malherbet (Traducteur)

ISBN : 9782070129041
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Recueil d’histoires courtes rassemblant une dizaine d’affaires criminelles authentiques. Ces récits criminels contiennent une dimension psychologique qui témoigne d’une compréhension pour les motifs ayant poussé les criminels à accomplir leurs forfaits
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 06 mars 2012

    Malaura
    L'auteur du délit est Ferdinand von Schirach, avocat de la défense à Berlin.
    Fort de son expérience du barreau, des affaires criminelles et des sombres méandres de l'esprit humain, il a échafaudé le « Crimes » parfait, un recueil de onze histoires criminelles inspirées ou tirées de son vécu par lesquelles il nous propulse avec préméditation dans le petit théâtre du sordide où se joue chaque jour l'humaine tragédie.
    Semant les indices de la culpabilité tout autant que du doute, laissant les empreintes de la faute, de la démence et de la peur sur chaque scène de crime, cultivant l'art du faux semblant, l'auteur, avec ce premier ouvrage, dissémine les preuves comme autant de pièces à charge ou à décharge et verse aux dossiers des éléments qui introduisent questionnement et trouble dans l'esprit du lecteur.
    Car si tous les acteurs des drames qui se déroulent dans « Crimes » sont bel et bien coupables, combien d'entre eux sont foncièrement condamnables dans l'intention préméditée de faire le mal pour le mal ? Combien sont-ils à n'être animés que du seul désir morbide d'ôter la vie ?
    C'est la problématique que soulève Ferdinand von Schirach dans le traitement de ces dossiers criminels.
    Le narrateur, avocat de la défense des personnes incriminées, est le fil délicat qui relie et fait le lien entre toutes les affaires. Sorte de double de l'auteur, c'est par lui que le lecteur pénètre dans une dimension à la fois terriblement ordinaire et épouvantable, où l'atrocité et la monstruosité côtoient indubitablement les sentiments les plus humains :
    Ce médecin qui, pour ne pas rompre le serment de mariage, se laisse humilier pendant cinquante ans par une épouse ignominieuse puis finit par la tuer à coups de hache…
    Cette jeune violoncelliste qui tue son frère gravement accidenté, paralysé à vie, amnésique, à jamais déficient…
    Ce jeune homme qui veut protéger sa fiancée prostituée et découpe un de ses clients, mort accidentellement pendant l'une de ses prestations…
    Ce cambrioleur qui commet des hold-up afin de pouvoir rejoindre sa famille en Afrique…
    Gestes fatals, actes horribles guidés par l'amour, la passion, le désespoir, la légitime défense, la folie…mais qui révèlent et relèvent presque toujours de sentiments humains même si poussés à leur paroxysme.
    L'auteur amène les faits avec une grande impartialité, se bornant à les raconter sobrement, cliniquement, avec la distance qui sied aux procédures judiciaires, en soulevant telle ou telle question de droit ou de légitimité, en examinant la recevabilité des accusations et des charges, en évitant la justification des actes tout en attirant néanmoins l'attention sur le cadre personnel, la psychologie et le faisceau d'évènements qui ont conduit les personnages à basculer dans l'horreur.
    On se rend compte alors que, dans la plupart des cas, seuls de malheureux concours de circonstances ou un enchevêtrement dramatique des faits ont poussé les inculpés à commettre l'acte décisif, fatal, répréhensible, et qu'aucun n'est véritablement le monstre que l'on voudrait qu'il soit pour pouvoir le juger avec facilité et sans états d'âme.
    Mais nul n'est jamais tout blanc ou tout noir, toutes ces personnes restent indiscutablement humaines. Là est la difficulté d'émettre un jugement décisif à leur encontre.
    Aucune d'entre elles ne pensait tuer un jour mais…c'est ce « mais » que l'auteur, en bon avocat, désigne et qui retentit au fond de nous, ce « mais » qui renvoie à chacun d'entre nous avec ses peurs, ses obsessions, ses névroses, et qui ne met personne à l'abri d'être un jour confronté à l'abîme qui est en lui.
    Au terme de la lecture on pourra méditer ainsi à loisir cet aphorisme de Georg Büchner « chaque homme est un abîme, on a le vertige quand on s'y penche dessus ».
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    Critique de qualité ? (26 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 27 juin 2011

    ay_guadalquivir
    Crimes est le premier recueil de nouvelles de Ferdinand von Schirach. Si ce nom vous dit quelque chose, c'est peut-être parce qu'il est le petit fils d'un criminel nazi jugé à Nuremberg. de là à conclure que les trajectoires du mal l'intéressent particulièrement, il n'y aurait qu'un pas, une fois la lecture de son recueil achevée. Car il s'agit ici d'une série de récits criminels (pas des enquêtes policières) tout à fait édifiants, par leur monstruosité d'une part, par leur évidence d'autre part. Chacune de ces affaires met en scène une situation qui conduit au crime. Alors bien sûr, ces Crimes sont affreux, mais l'origine, toujours cliniquement décrite, les rapproche d'une sorte de banalité. Comme la construction de schémas de pensée qui conduisent au crime. Belle lecture.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Reine, le 28 septembre 2011

    Reine
    Onze nouvelles, onze affaires criminelles. D'où il ressort que nul n'est à l'abri un jour de commettre un acte monstrueux. le plus doux des maris, poussé à bout, peut découper sa femme à la hache après quarante ans de mariage. La plus aimante des soeurs peut noyer son frère afin d'abréger ses souffrances. le plus transi des amoureux peut vouloir dévorer sa petite amie.
    J'ai été fascinée par ce recueil qui n'a pas grand-chose de commun avec les romans policiers. Ici, pas de cynisme dans le ton, pas de perversité dans les descriptions. Seuls les faits sont dits, dans un style sobre, presque chirurgical, où transparaît beaucoup d'humanisme. Les intrigues sont très bien ficelées, mais là n'est pas la plus grande qualité du livre. L'on s'attache moins à la résolution de l'enquête qu'au parcours des personnages. Chacune des nouvelles est racontée par un narrateur à la première personne qui se confond avec l'auteur et qui est l'avocat. Celui-ci n'excuse, ne juge, ni ne condamne, mais montre l'homme derrière le crime et s'interroge sur la justice. “Au Moyen Age, on ne punissait qu'en fonction du délit ou du crime : on coupait la main d'un voleur. Sans exception. Qu'importe qu'il eût volé par cupidité ou pour ne pas mourir de faim. (...) Notre droit pénal d'aujourd'hui est plus intelligent, il appréhende la vie avec plus de justice, mais il est aussi plus compliqué. En effet, un braquage de banque n'est pas toujours qu'un braquage de banque.” von Schirach excelle à raconter le cheminement psychologique qui conduit ces voleurs, ces petites frappes et ces assassins, à commettre l'irréparable.
    Dans la même veine, mais en moins littéraire, “Suspens” de Pierre Bellemare.
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 07 mars 2012

    kathel
    Ce premier livre de l'avocat allemand Ferdinand von Schirach est un recueil de cas criminels, histoires vraies quelque peu réinventées, mais qui n'en stupéfient pas moins sur la violence humaine. C'est ce qui frappe le plus, ici, c'est qu'on est plutôt éloigné du crime parfait avec alibis soigneusement préparés et indices minimalistes. Il s'agit plutôt d'affaires passionnelles, mais aussi de Crimes où le moteur est l'argent, ce qui semble impossible à éviter, malheureusement.
    Dans chaque affaire, l'avocat intervient, parfois très discrètement, explique si besoin les procédures, démonte patiemment les enchaînements qui ont amené l'accusé devant un tribunal, lui trouve bien souvent des circonstances atténuantes. Ainsi pour ce mari qui subissait la tyrannie de sa femme depuis des années, mais ne voulait pas rompre une promesse sacrée à ses yeux. Ou pour cet homme qui braque une banque pour partir retrouver la seule femme qui l'ait aimé.
    L'étude des âmes et des comportements, la psychologie appliquée au crime, c'est le point fort de ces textes, et l'écriture assez froide et clinique s'y prête plutôt bien. Cela faisait un moment que j'avais l'intention de lire ce livre, et je ne regrette pas du tout la découverte. Je ne vous proposerai pas d'extrait, je l'ai déjà rendu… Je laisse votre imagination travailler !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-ferdinand-von-schirach-c..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lillou, le 01 juillet 2011

    lillou
    Crimes est le premier ouvrage de Ferdinand von Schirach, un ténor du barreau allemand. S'inspirant de cas réels, il y injecte – ou pas ? – une dose de fiction et entend plonger dans le monstrueux que son métier d'avocat lui fait côtoyer au quotidien. Ces onze nouvelles portent chacune sur un crime, des circonstances et un suspect.
    La quasi-totalité des onze récits est chargée d'empathie et les portraits sont tout en nuances : ces criminels sont rarement « ordinaires », mais plutôt « sympathiques » – très intelligents, dotés de circonstances atténuantes édifiantes, sempiternelles victimes… Telle cette jeune fille abrégeant les souffrances de son frère gravement handicapé suite à un accident, ou encore ce vieil homme finissant par assassiner son épouse acariâtre après quarante ans de calvaire journalier, l'adolescent instable psychologiquement présumé coupable quand une camarade disparaît…
    D'autres histoires sont davantage teintées d'ironie voire d'humour : comme les deux voyous ayant la mauvaise idée de cambrioler Tanata, et de lui dérober une tasse centenaire, s'attirant les foudres de ce personnage intraitable au calme pourtant inébranlable.
    Aspect intéressant, le narrateur n'est pas omniscient : ainsi on ne connaîtra jamais l'identité de l'homme mutique (mais raffiné) ayant implacablement mis au tapis deux petites frappes qui essayaient de l'agresser sur un quai.
    La lecture est extrêmement plaisante. Néanmoins, tout du long, je ne me suis pas départie d'une certaine gêne, difficile à identifier. Est-ce à cause de l'indulgence ressentie pour ces personnages complexes, très humains, mais qui n'en ont pas moins commis un crime, parfois très violent ? Ou est-ce l'idée d'être potentiellement fasciné par ces récits, tel un voyeur adepte des faits divers, une sorte de « Pierre Bellemare littéraire » (oui, je le confesse, lors de longues vacances chez mes grands-parents, et après avoir épuisé le stock d'Agatha Christie, l'adolescente que j'étais a découvert ce monument du mauvais goût, et l'addiction malsaine qu'il pouvait déclencher !). Ou encore est-ce tout simplement de plonger dans un univers si glauque ?
    Mais en définitive, le style épuré, quasi clinique, la finesse psychologique, l'absence d'artifices narratifs et de pseudo-suspense font de Crimes un véritable objet littéraire que j'ai lu d'une traite.
    Un très bon roman, mais peut-être un auteur dont on attendra le second livre pour confirmer le talent – en espérant qu'il saura renouveler cette approche quelque peu « professionnelle ».

    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/2011/07/crimes-ferdinand-von-schirach..
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Critiques presse (1)


  • Cyberpresse , le 27 juin 2011
    Von Schirach ne se laisse jamais tenter par le sensationnalisme et la psychologie inutile. Ce recueil constitue bien plus que le compte rendu passionnant d'un avocat sur sa pratique: celui d'un écrivain offrant sa propre perception de l'âme humaine.
    Lire la critique sur le site : Cyberpresse

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