ISBN : 2840966735
Éditeur : Parigramme (2010)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Certains manuscrits anonymes ne devraient jamais sortir de l'oubli. Celui que découvre Oxymor Boulay, journaliste et amateur de figures de rhétorique, est baroque, génial, inquiétant... en un mot, c'est un best-seller en puissance. Mois l'affaire prend une tout outre to... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 05 juin 2011

    horline
    "A mordre dans la mort comme dans un fruit pourri, à tout avaler sans rien mastiquer, je commençai par vomir puis m'accoutumai". Cette phrase d'accroche aurait pu être rédigée par Oxymor Baulay, parisien de la rive gauche adepte des figures de rhétorique et accessoirement journaliste pigiste. Mais n'est pas Hamlet qui veut ! Cette phrase signe la plume d'un "écrivassassin" admiratif de Shakespeare et de Rimbaud, qui relate dans ce qui pourrait apparaître comme un sombre polar, ses confessions sur le meurtre de cinq jeunes femmes commis dans les années soixante-dix.
    Echoué par hasard entre les mains d'Oxymor au cours d'un reportage en immersion chez les sdf, ce manuscrit ne pouvait rester anonyme, la qualité du texte est indéniable. Sorti de l'oubli grâce à la publication réalisée par un vieil ami éditeur et fort du succès qu'il rencontre auprès du public, ce roman anonyme titré "A noir" par l'auteur fait sortir de sa torpeur l'écrivain-tueur jamais inquiété.
    Le thème du livre tueur n'est pas nouveau mais Gilles Schlesser renouvelle le genre avec un regard iconoclaste sur le roman d'enquête. Ce n'est pas une intrigue au scalpel sous un éclairage saignant. On s'attarde relativement peu sur l'assassin, d'ailleurs Oxymor convient dés le départ que l'assassin ne peut plus être inquiété pour les cinq meurtres compte tenu de la prescription. L'auteur ne s'attache pas non plus à explorer la face sombre de la nature humaine.
    Si Gilles Schlesser n'use pas des codes traditionnels des polars c'est pour mieux détourner le regard du lecteur sur l'enquête littéraire. Elle supplante totalement l'enquête policière. Car la clé pour résoudre l'énigme relative à l'identité du meurtrier réside au cœur du manuscrit, un manuscrit qui foisonne de références et de contraintes littéraires captivantes. Ces jeux de mots qui font la part belle aux facéties oulipiennes (des jeux de mots qui obéissent à certaines contraintes d'écriture et de mathématique tel La Disparition de George Perec où la lettre e est absente) et qui reposent sur le poème "Voyelles" de Rimbaud n'ont pas ce caractère obscur que l'on pourrait redouter. le talent de Schlesser est de familiariser le lecteur avec ces jeux de l'esprit lesquels rendent paradoxalement la lecture de ce roman noir légère, voire ludique. Oui, il s'agit bien d'un roman noir : l'intrigue est tenace, le mystère est habilement enraciné dans une narration limpide.
    Un roman noir qui ne manque pas de railler le prix Goncourt et sa logique commerciale.
    Il y a par ailleurs un réel pouvoir d'attraction vis-à-vis des personnages, des dialogues : les personnages secondaires sont savoureux et hauts en couleur avec une concierge provocante qui s'habille en Chanel, Amphigouri un neveu turbulent, une maîtresse adepte des desserts érotiques, un éditeur terriblement saint germain des près…sans compter des dialogues piquants s'inspirant d'une gouaille irrévérencieuse du Paris des années soixante. Il y a quelque peu une exhumation, un parfum de nostalgie du Paris de Raymond Queneau et de Mouloudji, mais l'intrigue n'en demeure pas moins ancrée dans la réalité contemporaine.
    Dans un bel exercice de style, on se laisse prendre par la fantaisie de l'auteur, sa liberté avec le genre et l'insolence à peine voilée.
    Assurément, Gilles Schlesser fait partie des rares auteurs qui ne sacrifient pas le contenu sur l'autel du suspense, on n'est pas envahi par une déferlante d'angoisse et d'hémoglobine. Il sait faire goûter un style très personnel où tout est prétexte à des figures de style en tout genre.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par pyrostha, le 14 février 2012

    pyrostha
    Oxymor Baulay "L'oxymore,c'est quand on place côte côte deux mots opposés:une obscure clarté , un silence éloquent.Et je m'appelle Baulay.Beau laid,tu comprends? " journaliste,veut faire un papier sur le monde des SDF et pour cela s'immerge totalement dans ce monde inconnu pendant une douzaine de jours.
    Et c'est ainsi qu'il fait la connaissance de Vaïda qui a trouvé dans une valise cabossée un manuscrit au titre évocateur pour qui aime la poésie A noir.
    Aussitôt son instinct lui dicte qu'il tient là quelque chose d'important et il échange ce texte contre une cartouche de cigarettes.
    Plongé dans sa lecture, il s'aperçoit que la qualité littéraire est indéniable, le verbe être n'est jamais utilisé et la voyelle Y absente et remplacée par des I. Mais ce récit relate 5 meurtres.Après une petite recherche il s'avère que ces meurtres ont réellement eu lieu 30 ans auparavant tous signés par un certain Hamlet et jamais élucidés.Du fait de ces contraintes littéraires il fait appel aux OULIPIENS ,le père fondateur est Raymond Queneau, pour obtenir leur aide .Un régal de voir que la littérature peut avoir avoir un lien avec les mathématiques (et pourtant je n'en suis pas fan) ,apprendre que la lettre Y en bas latin signifiait 150 (élément tres important dans le manuscrit et qui apportera la solution)
    Sa curiosité éveillée il demande l'aide également de l'ancien commissaire de police qui ,à l'époque,n'a jamais pu mettre la main sur ce tueur de jeunes femmes .
    Entre temps il présente le manuscrit à un ami éditeur qui voit là le coup médiatique du siècle :il en fait la publication et comme il faut bien un auteur ce sera Nemo Nay...(Anonyme,quoi!)
    En lisant ce livre je me suis régalée : Un polar puisque meurtres il y a eu (et il y aura..) mais sans jamais tomber dans le gore (il n'y a d'ailleurs pas de scènes de crimes) mais un polar littéraire. Des figures de styles apparaissent,sont citées par rapport à ce fameux manuscrit à tel point qu'il me faudra relire le roman pour en chercher la signification (sauf quand il la donne..)

    l'auteur fait aussi appel à une certaine culture sans forcément la nommer et certaines phrases font mon bonheur de lectrice.
    Cet Oxymor a beaucoup d'humour,est un fouille merde parfait ,sa vie sentimentale stable mais de temps en temps un coup de canif dans le contrat ne lui déplait pas (il en parle d'ailleurs à sa compagne....qui apprécie plus ou moins). le style enlevé et extrêmement bien écrit ,l'intrigue bien menée,aucun temps mort.
    Seul petit bémol, la toute fin qui a voulu être un coup de tonnerre dans cette intrigue bien huilée ,apporter un plus et qui pour moi alourdit, du moins dans les motivations d'un des crimes récents.L'idée est bonne mais elle me semble mal traitée...

    Lien : http://lemelimelodepyrostha.over-blog.com/article-mortelles-voyelles..
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    • Livres 4.00/5
    Par HerveSard, le 02 février 2011

    HerveSard
    Le thème du manuscrit d'assassin m'a toujours plu. le roman policier qui décrit des crimes réels... Brrrr ! On peut l'envisager de différentes manières. Un tueur plus ou moins psychopathe (pléonasme ?) qui s'inspire d'un roman pour commettre ses crimes, par exemple. Ou bien un assassin qui relate ses propres exploits. Ou encore un auteur "perfectionniste" qui tue uniquement à des fins d'expérimentation, pour que les scènes de meurtre de ses romans fassent "vraies".
    Il y a un peu de tout ça dans Mortelles voyelles. Un vieux manuscrit (à l'ancienne, tapé à la machine) échoue "par hasard" entre les mains d'un journaliste assez original qui répond au curieux prénom d'Oxymor (comme oxymoron...). le manuscrit semble à Oxymor assez bizarre, il ne sait pas trop pourquoi, et il décide de le soumettre à un ami éditeur (une caricature réussie, celui-là, au passage). À partir de là, on va suivre non pas une mais trois intrigues : qui a assassiné le clochard ayant déniché le manuscrit ? qui est l'auteur de ce "A noir" ? et surtout quel est le mytère enfoui dans ces quelque deux cents pages vite devenues un succès de librairie ? Chut...
    L'écriture est plaisante, les personnages vrais, les dialogues réalistes et l'intrigue tient la route. Mais c'est finalement ce "A noir" qui est le vrai héros (devinez quel prix il va recevoir !), avec ses bizarreries oulipiennes qui nous font découvrir ou redécouvrir, en suivant le personnage principal (un journaliste-auteur-râleur qui fait craquer les filles en faisant tout ce qu'il faut "contre"), un univers "mathématico-linguistique" très sympathique.
    Mortelles voyelles est publié dans la collection Noir 7.5 des éditions Parigramme (la collection qui contient, entre autres, le remarqué Aux malheurs des dames de Lalie Walker).

    Lien : http://hervesard.blogspot.com/2010/11/mortelles-voyelles-de-gilles-s..
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    • Livres 5.00/5
    Par neferet59, le 20 août 2010

    neferet59
    Un roman policier dont l'histoire commence par la trouvaille d'un manuscrit c'est du déjà lu, mais lorsque le roman n'a pas de verbe "Etre" ni de "y", comme référence à Shakespeare et Rimbaud c'est original.
    J'ai lu ce roman en une après midi, on revise les "lettres" comme c'est écrit dans le livre, les figures de style, la rhétorique, sans oublier le serial killer qu'il faut retrouver.
    je recommande la lecture de ce livre, je ne connaissais pas et je ne suis pas déçue par cet achat, merci à Gérard Collard de la Griffe noire pour cette découverte.
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  • Par KatellB, le 05 février 2012

    KatellB
    Oxymor Bauley, journaliste, se fait remettre par un SDF un manuscrit qui s'avère être la confession littéraire -- et oulipienne -- d'un tureur en série.
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Citations et extraits

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  • Par pyrostha, le 14 février 2012

    Nous sommes tous fascinés par le choc des contraires . Si l'insoutenable légèreté de l'être peut s'avérer parfois pesante ,si le soleil noir des énigmes obscurcit souvent notre vie,si nous recherchons tous,comme Rimbaud ,les splendeurs invisibles aux profanes et aux non voyants,c'est un peu grâce à moi.Je suis l'oxymoron obscur et rayonnant.
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  • Par horline, le 05 juin 2011

    Cela fait désormais douze jours et onze nuits qu’Oxymor Baulay déambule dans les rues de Paris, les yeux baissés, transi de froid, à la recherche de ses nouveaux semblables. […] il a croisé Saintange dans la rue de Rivoli, un type du Nouvel Obs. pas le temps de changer de trottoir. Les regards se sont croisés puis ce lui de Saintange s’est détourné, dépourvu de la moindre étincelle. Transparent. En quelques jours, Oxymor est passé de l’autre côté, franchissant la frontière qui sépare les humains des réverbères.
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  • Par pyrostha, le 14 février 2012

    -Je suis dans le bus ,je vais chez Greimas(....)

    -C'est une aphérèse,madame

    -Hein?

    -Bus ,au lieu d'autobus: c'est une aphérèse.On enlève le début d'un mot.Autobus devient bus. Mais si tu vas au ciné ce soir ,ce sera une apocope ,parce qu'on enlève la fin.Ciné au lieu de cinéma.Apocope et aphérèse:c'est la même chose ,sauf que c'est le contraire.T'as compris ,la Castafiore?

    -Pauvre type!
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  • Par horline, le 04 juin 2011

    Comme certains hommes infiniment généreux, Oxymor est radin pour les petites choses et prodigue pour les grandes. Mauvais calcul. Ce sont les petits détails qui font votre réputation.
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