> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2070404587
Éditeur : Gallimard (1999)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 449 notes) Ajouter à mes livres
A l'âge de quinze ans, Michaël – le narrateur – découvre l'amour dans les bras d'Hanna, une voisine de vingt ans son aînée ; pendant six mois, il la rejoint tous les jours et partage avec elle plaisirs de la chair et moments de ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 juin 2011

    LiliGalipette
    À quinze ans, Michaël rencontre Hanna Schmitz qui en a trente-cinq. Il devient son amant, son « Garçon ». Entre eux s'instaure rapidement un rituel amoureux très précis : « Lecture, douche, faire l'amour et rester encore un moment étendus ensemble, tel était le rituel de nos rendez-vous. C'était une auditrice attentive. » (p. 54) Hanna aime qu'on lui fasse la lecture. Ce qui semble un simple agrément dissimule en réalité un secret. Hanna disparaît un jour, sans prévenir. Pour le jeune homme, le choc est terrible. « Je m'étais certes détourné du souvenir d'Hanna, mais sans le surmonter. » (p. 100) Des années plus tard, Michaël, étudiant en droit, la retrouve. « J'ai revu Hanna en cours d'assises. » (p. 102) Hanna est accusée avec quatre autres femmes de la mort de prisonnières pendant la seconde guerre mondiale. Au cours du procès, Hanna reconnaît les faits, mais se défend maladroitement. Elle demande la justice et la justesse, mais son attitude et ses propos jouent sans cesse en sa défaveur. Michaël perce alors le secret d'Hanna à jour. Alors que la révélation pourrait aider l'accusée, Michaël choisit de se taire pour préserver l'orgueil blessé d'une femme déterminée et courageuse.
    Le procès de ces cinq surveillantes de camp est le procès d'une génération qui n'a pas empêché les crimes. Hanna pose sincèrement au juge la question de la responsabilité, mais la réponse de celui-ci est sans valeur pour Hanna. « Elle aurait voulu savoir ce que, dans sa situation, elle aurait dû faire, et non s'entendre dire qu'il y a des choses qu'on ne fait pas. » (p. 128)
    La lecture orale, dont on entend beaucoup parler, ne se fait jamais entendre dans le roman. L'oralité, la formulation et l'écoute sont des sujets centraux, mais aucun texte ne se fait jamais entendre pour lui-même au cours du récit. Cette absence fait écho au secret d'Hanna : on est toujours face à des textes empêchés, à des lectures entravées.
    Le personnage d'Hanna est remarquablement écrit : cette femme est difficile à saisir jusqu'à la révélation de son secret. Tout s'éclaire ensuite et les contours se précisent. le narrateur s'adresse à nous, son récit est une barrière contre l'oubli, mais aussi le portrait d'un jeune Allemand dans un pays qui ne cesse d'interroger son passé et de compter ses coupables et ses victimes.
    Je m'attendais à un texte plus dense voire plus étouffant, mais Bernhard Schlink est étonnant de subtilité et de délicatesse. Les ressorts dramatiques sont présents, mais ils ne grincent pas. L'émotion se dégage sans nuire à la réflexion qui, elle-même, n'est pas pesante ni vaine. L'auteur ne prétend pas réécrire l'Histoire, ni absoudre certains crimes ou coupables : il met un visage sur une barbarie très humaine.
    Le film de Stephen Daldry avec Kate Winslet et Ralph Fiennes m'avait beaucoup touchée. J'avais particulièrement aimé les scènes où le jeune Michaël fait la lecture à Hanna. Kate Winslet est étonnante de justesse dans ce rôle. Quant à Ralph Fiennes... encore un coup de maître pour le bel acteur, tout en retenue et en puissance contenue.
    Les couleurs de ce film m'avaient particulièrement bouleversées, entre sépia, gris et brun. Très peu de couleurs vives et donc une atmosphère légèrement brumeuse. La représentation des camps est pudique et sans pathos.
    Le film est très fidèle au livre. Un coup double réussi !
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 28 mars 2011

    cicou45
    Qu'aurait-on fait si nous étions nés sous le régime de Vichy, ou pire dans l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale ? Nous serions-nous laissée entraîner par cette effroyable machine de guerre pour devenir des tortionnaires à notre tour ? Nul ne le saura jamais car il n'existe pas de portrait type de ces gens là. A l'époque, n'importe qui aurait pu se laisser transformer en véritable « bête humaine ». Ce livre traite de ce sujet à travers l'histoire de Michaël, jeune adolescent de 15 ans qui fait accidentellement la connaissance d'Hanna, de 20 ans son ainée, et devient très vite son amant. Durant leurs débats amoureux, cette dernière apprécie particulièrement que Mickaël lui fasse la lecture. Puis, après avoir disparue mystérieusement, Mickaël ne la retrouvera que des années plus tard alors que lui-même est devenu avocat et qu'Hanna est assise au banc des accusés, jugés pour avoir été l'une des gardiennes d'un camp de la mort. Celle-ci cependant n'était pas une tortionnaire à proprement parler puisqu'en réalité, elle repérait les prisonniers en fonction de leurs capacités intellectuelles pour que ceux-ci soient capables de lui faire la lecture.
    Refusant de se défendre au cours de son procès, Hanna sera finalement condamnée, Mickaël ayant préféré s'abstenir de toute intervention par respect pour elle et pour qu'elle puisse conserver sa dignité.
    Une petite merveille de la littérature allemande ! À découvrir !
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par sandrine57, le 08 octobre 2011

    sandrine57
    Allemagne, fin des années 50. Michaël, jeune lycéen de 15 ans, devient l'amant d'Hanna qui a 20 ans de plus que lui. Peu prolixe, sujette aux sautes d'humeur, c'est elle qui fixe les règles de leur liaison et très vite un rituel s'instaure: d'abord il devra lui faire la lecture, ensuite ils prendront une douche et enfin feront l'amour. Pendant 6 mois Michaël passe tout son temps libre avec Hanna. Mais, un beau jour, elle disparaît sans laisser de trace.
    Sept ans plus tard, Michaël, étudiant en droit, assiste aux procès de cinq criminelles de guerre nazies. Parmi elles, il reconnait Hanna accusée d'avoir gardé des femmes juives dans un camp de la mort et de les avoir laissées mourir lors d'un incendie. Empruntée, maladroite, son ancienne amante se défend mal et est condamnée à la perpétuité. Au fil du procès et de ses réflexions, Michaël prend conscience du fait qu'Hanna semble tout accepter dans le seul but de protéger un secret.
    Belle réflexion sur l'Allemagne et sur la culpabilité des allemands après la guerre, Le Liseur aurait pu être un très beau roman mais il manque de souffle, de grandeur, de sentiments. le ton est froid et monotone et souvent j'ai eu l'impression de lire un rapport plutôt qu'un roman. Michaël relate les faits avec tellement de distance qu'on a du mal à imaginer qu'il a aimé, haï, eu honte...bref qu'il a tout simplement ressenti quelque chose. Par ailleurs, je ne vais pas ici révéler le secret d'Hanna mais il ne faut pas être terriblement futé pour le découvrir. Mettons sur le compte de son jeune âge que Michaël soit si long à la détente.
    Je dois dire que ce livre m'a laissée sur ma faim. J'en attendais plus, j'en attendais trop sans doute. Je crois que je vais me laisser tenter par le film à la recherche d'un peu de chaleur, d'autant que Ralph Fiennes est un acteur que j'adore.
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    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 14 octobre 2011

    bvb09
    J'ai vu le film: bouleversant J'ai lu le livre: encore plus bouleversant. Une magnifique histoire d'Amour couplée à une analyse subtile, qui permet, á mon avis, à Bernhard Schlink de nous initier au concept très allemand de la remise en question de la faute collective. C'est un livre qui m'a marqué intelectuellement, emotionnelement et qui, de surcroît, se lit facilement. Il serait dommage de passer á côté de ce grand petit livre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cloe4, le 08 octobre 2011

    Cloe4
    Lecture à haute voix, se doucher, faire l'amour, rester étendus ensemble, tel était le rituel de leur rendez-vous. Hanna Schmit, 35 ans et Michaël 15 ans se rencontrent par hasard et deviennent amants. Mais au bout de plusieurs semaines, elle disparaît brutalement sans lui laisser de nouvelles. Des années plus tard les deux amants se retrouvent lors d'un procès ; lui est étudiant en droit, elle se trouve parmi les criminelles de la seconde guerre mondiale…
    Histoire d'amour bien belle mais aussi avec un fond qui montre l'Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Ce récit est raconté « de l'intérieur » avec comme narrateur son personnage principal. Ainsi l'on connait ses émotions tout au long de l'histoire, c'est quelque chose qui m'a vraiment passionné surtout dans la deuxième partie de ce livre où l'on s'aperçoit que finalement même si des années ont passé et que Hanna est une criminelle il ne peut se résoudre à ne plus l'aimer.
    Alors, faut-il garder ce livre dans la bibliothèque ? Oui.
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Citations et extraits

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  • Par FRANGA, le 28 janvier 2012

    A quinze ans, j'ai eu la jaunisse. La maladie débuta en automne et se termina au printemps. Plus l'année finissante devenait froide et sombre, plus j'étais faible. C'est seulement avec l'année nouvelle que je remontai la pente. Janvier fut tiède, et ma mère installa mon lit sur le balcon. Je voyais le ciel, le soleil, les nuages, et j'entendais les enfants jouer dans la cour. Par un début de soirée de février, j'entendis chanter un merle.
    Ma première sortie, de la rue des Fleurs où nous habitions au deuxième étage d'un gros immeuble datant du début du siècle, fut pour aller dans la rue de la Gare. C'est là qu'un matin d'octobre, en rentrant du lycée, j'avais été pris de vomissements. Cela faisait plusieurs jours que je me sentais faible, plus faible que je ne l'avais jamais été encore de ma vie. Chaque pas me coûtait. Quand je montais des escaliers, à la maison ou au lycée, mes jambes me portaient à peine. Je n'arrivais pas non plus à manger. Même lorsque je me mettais à table en ayant faim, les aliments me dégoûtaient tout de suite. Le matin, je me réveillais la bouche sèche, avec l'impression que dans mon ventre les organes pesaient et n'étaient pas à leur place. J'avais honte d'être aussi faible. J'eus encore plus honte de vomir. Cela ne m'était encore jamais arrivé non plus. Ma bouche se remplit, j'essayai d'avaler, je serrai les lèvres et plaquai ma main sur ma bouche, mais ça jaillit et passa entre mes doigts. Alors, prenant appui sur le mur d'un immeuble, je regardai le vomi à mes pieds, en rendant des glaires liquides. La femme qui vint à mon aide le fit presque brutalement. Elle me prit par le bras et m'emmena, par une entrée sombre, dans une cour intérieure. En hauteur, d'une fenêtre à l'autre, du linge pendait à des cordes. Des piles de bois étaient entreposées dans la cour ; par la porte béante d'un atelier, une scie hurlait et des copeaux volaient. Près de la porte par laquelle nous étions passés, il y avait un robinet. La femme l'ouvrit, rinça d'abord ma main, puis prenant l'eau dans le creux de ses mains, m'aspergea la figure. Je m'essuyai avec mon mouchoir. "Prends l'autre!" Deux seaux étaient posés près du robinet, elle en prit un et le remplit. Je pris et remplis l'autre, et je traversai l'entrée derrière elle. D'un grand geste, elle jeta l'eau sur le trottoir, le flot entraîna le vomi dans le caniveau. Elle me prit des mains l'autre seau et acheva de rincer le trottoir à grand eau.
    Elle se redressa et vit que je pleurais. "Garçon, dit-elle tout étonnée, garçon!". J'étais à peine plus grand qu'elle, je sentis ses seins contre ma poitrine, sentis ma mauvaise haleine et l'odeur de sa sueur fraîche, et je ne sus que faire de mes bras. Je cessais de pleurer.
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  • Par bacoltrane, le 02 février 2010

    J’avais tant aimé son odeur, jadis. Une odeur toujours fraîche : de linge frais ou de sueur fraîche, une odeur de femme fraîchement lavée ou fraîchement aimée. Elle mettait parfois un parfum, je ne sais pas lequel, et il sentait aussi plus frais que tout. Sous toutes ces odeurs fraîches, il y en avait encore une autre, lourde, sombre, entêtante. Souvent j’ai flairé sa peau comme un animal curieux, je commençais par le cou et les épaules qui sentaient la toilette toute fraîche, j’aspirais entre les seins un effluve de sueur fraîche, qui se mêlait aux aisselles avec l’autre odeur, je retrouvais presque pure cette odeur lourde et sombre à la taille et au ventre, et entre les jambes avec une coloration fruitée qui m’excitait, je reniflais aussi ses jambes et ses pieds, les cuisses où l’odeur lourde se perdait, le creux derrière les genoux où je retrouvais le léger effluve de sueur fraîche, et les pieds avec leur odeur de savon ou de cuir ou de fatigue. Le dos et les bras ne sentaient rien de particulier, ne sentaient rien mais sentaient elle tout de même, et dans le creux des mains était l’odeur de la journée et du travail : encre des tickets, métal de la poinçonneuse, oignon, poisson ou friture, eau de lessive ou vapeur du repassage. Quand on les lave, les mains ne trahissent d’abord rien de tout cela. Mais le savon n’a fait que recouvrir les odeurs et, au bout d’un moment, elles sont de nouveau là, atténuées et fondues en un unique parfum du jour et du travail, le parfum du terme du jour et du travail, le parfum du soir, du retour à la maison, du chez-soi. (p 183)

    P 125 : Hanna ne savait pas lire.
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  • Par soelmaju, le 21 avril 2009

    Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de le comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension (...) Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, cela n'allait pas.
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  • Par oops, le 31 août 2009

    Je songeai que quand on a laissé passé le bon moment, quand on a trop longtemps refusé quelque chose, ou que quelque chose vous a trop longtemps été refusé, cela vient trop tard, même lorsqu'on l'affronte avec force et qu'on reçoit avec joie.
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  • Par shulien, le 16 mai 2010

    Je songeai que quand on a laissé passé le bon moment, quand on a trop longtemps refusé quelque chose, ou que quelque chose vous a trop longtemps été refusé; cela vient trop tard, même lorsqu'on l'affronte avec force et qu'on le reçoit avec joie. A moins que "trop tard" n'existe pas qu'il n'y ait que le "tard", et que ce "tard" soit toujours mieux que "jamais"? Je ne sais pas.
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