Cela fait plusieurs jours que je tourne autour de ce billet, sans savoir quoi écrire… Parce que je n'ai ni adoré, ni été déçue, j'ai un peu du mal à en parler. Contrairement au Week-end, qui reposait sur une unité de temps très restreinte,
Le retour s'étale sur plusieurs décennies, avec des recherches dans le passé. Cela n'en fait pas pour autant une lecture ardue, l'écriture bien lisible de l'auteur et la mise en place progressive des évènements rendent le livre très clair.
La partie sur l'enfance du narrateur, au début, peut sembler un peu longue, mais elle se révèle indispensable à la suite du roman. Cet enfant, qui n'a jamais connu son père mort pendant la guerre, est attaché à ses grands-parents paternels vivant en Suisse. Ceux-ci s'occupent d'une petite maison d'édition, et le jeune Peter est intrigué par l'histoire d'un soldat rentrant chez lui à la fin de la guerre. Lui à qui sa mère parle le moins possible de son père, est très friand de ce genre d'histoires et même à l'âge adulte, le thème du retour l'intrigue assez pour qu'il fasse une sorte d'enquête sur les origines de ce petit roman populaire méconnu, qui le mène du mythe d'Ulysse à la réunification des deux Allemagnes. Ce que j'ai peut-être moins apprécié sont les atermoiements amoureux de Peter, mais ils ont aussi leur place dans le récit.
Sur les thèmes de la paternité, de l'abandon, de la culpabilité et de la justice, l'auteur tisse un réseau de références et de thèses, dont celle, très ambiguë, soutenue par un professeur américain d'université. Il faut admettre que ces réflexions philosophiques en font un livre plus bavard que
Le Liseur ou
Le week-end, mais il est toutefois très intéressant aussi et mérite d'être découvert !
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