> Bernard Lortholary (Traducteur)

ISBN : 2070121356
Éditeur : Editions Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.53/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Après plus de vingt ans passés derrière les barreaux, Jörg est gracié par le président de la République allemande. Pour ses premières heures en liberté, sa sœur Christiane a organisé des retrouvailles avec de vieux amis dans une grande demeure à la campagne, près de Ber... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par katell, le 18 janvier 2009

    katell
    Jörg, un ancien terroriste d'extrême gauche, sort de prison après avoir passé vingt ans derrière les barreaux. Sa soeur Christiane, organise dans sa maison de campagne, un week-end de retrouvailles entre Jörg et ses anciens compagnons de lutte. Très rapidement, ces retrouvailles s'avèrent moins paisibles que prévu: les uns et les autres ont un vécu, des vies professionnelles et sentimentales à des lieues de la vie d'ancien déténu politique de Jörg. Tout le monde ressent la difficulté de faire table rase du passé, de regarder en face Jörg, celui qui est tombé pour ses idées, tombé pour le combat idéologique mené contre un capitalisme dévoreur, celui qui est tombé pour les crimes commis lors de ses combats. le sentiment de culpabilité est le petit grain de sable dans les rouages du week-end entre vieux amis. La cause politique d'il y a vingt ans est loin de certains: le temps a passé, les révoltés estudiantins se sont assagis et adoucis...reste l'interrogation sur la manière d'affronter son passé, de le regarder en face et de l'accepter. Faut-il renier ses engagements? Faut-il renoncer aux valeurs défendues et vivre en paix avec le quotidien, le monde? Faut-il renier son passé ou lui rester fidèle?
    Bernhard Schlink montre un héros fatigué, sombre, avare de ses paroles, mal à l'aise avec ses anciens amis: Jörg apparaît comme un homme de conviction perdu dans l'immensité d'une vie qui a continué son bonhomme de chemin pendant que la sienne s'arrêtait entre quatre murs d'une prison. Son combat a priori perdu contre un système économique et un type de société l'a-t-il rendu amer? Lentement, Jörg réapprivoise la vie en société, lentement il pose un regard enfin libre sur les autres et pose abruptement une douloureuse question: qui a trahi? Qui l'a donné aux policiers? Qui l'a envoyé pendant vingt ans derrière les barreaux? Ses amis se sont intégrés dans la société et ont composé avec les valeurs proposées par cette dernière: l'un, Ulrich, est devenu un important directeur de laboratoires, marié, père d'une jeune fille qui n'hésitera pas à jouer les lolitas avec le vieux héros usé, Jörg, l'autre, Karin, est devenue pasteur puis évêquesse et tente désespérement de semer la concorde sur la rencontre puis par ses prières d'amener l'assistance à regarder autrement, d'amener faire admettre aux tenants de la violence que l'on n'a pas le droit d'imposer sa vérité aux autres. Un autre, Henner, est devenu un célèbre journaliste au Spiegel et à Stern tandis qu'une autre, Isle est devenue enseignante et analyse les faits du passé en se lançant dans l'écriture où Jan, un camarade disparu, tient le rôle de l'électron libre qui a franchi la ligne rouge: elle lui invente une histoire post-mortem, une vie invisible où il devient un terroriste sans état d'âme jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'embrasement des tours jumelles de Manhattan, un certain 11 Septembre.
    Au milieu des amis d'hier, un jeune homme détonne: Marko, révolutionnaire pur et dur qui souhaite ardemment que Jörg reprenne la lutte, soit le flambeau d'un mouvement protestataire jusqu'auboutiste s'alliant aux "camarades musulmans" et frappant le système au coeur de ses points sensibles. Puis, impromptue l'arrivée d'un jeune étudiant qui s'avère être le fils de Jörg: Le week-end touche à sa fin et l'enfant qui a grandit aux côtés de ses grands-parents devient l'accusateur sans concession d'un père devenu l'ombre de lui-même.
    Sous la frondaison des arbres du vieux parc mal entretenu de la maison de campagne, se nouent idylles nouvelles et se racontent les souvenirs d'amours anciennes....la nostalgie d'une jeunesse presque lointaine s'égraine au fil des mots et rend l'écriture particulièrement attachante. le souvenir des évènements d'hier teintent le passé du sépia de la compassion: celle éprouvée tant envers l'ancien terroriste qu'envers la douleur d'un fils qui ne peut encore pardonner. L'amitié peut-elle réparer les erreurs passées? Peut-on encore tourner la page lorsqu'il y a eu beaucoup de tragédies humaines?
    Dans "Le Liseur", Schlink abordait le passé nazi de son pays, dans "Le week-end" il aborde, subtilement, les années terribles où la Faction Armée Rouge répandait la peur et le sang. Les années Bader tout comme les années de plomb en Italie et les combats d'Action Directe en France ont laissé une trace dans la société contemporaine. Une trace qui lentement refait surface au gré des libérations anticipées suscitant des remous plus ou moins exacerbés dans la presse...le passé récent porte trop souvent les stigmates des douleurs et des peurs pour pouvoir être ressenti sereinement par ceux qui l'on vécu.
    Dans ce huis-clos à la campagne, Schlink met les souvenirs et les actes à plat sans accabler aucun des protagonistes et tout en signalant que le couple violence et politique est toujours un sujet dont toute société, toute démocratie doit se soucier sérieusement. Doucement mais sûrement, il monte l'intensité de la confrontation jusqu'au dénouement habile.
    "Le week-end" est à placer dans la lignée du "Liseur": c'est un regard sur des passés qui dérangent et font mal, mais un regard qui n'accable pas et offre un espace de tendre compassion (sans pour autant dédouaner les actes les plus atroces). En un mot comme en mille, un excellent roman, photographie de l'actuelle société allemande avec ses peurs et ses envies de savoir même si cela est douloureux.

    Lien : http://chatperlipopette.blogspot.com
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    • Livres 5.00/5
    Par muet-comme-un-carpe-diem, le 23 juillet 2009

    muet-comme-un-carpe-diem
    L'oeuvre de Bernhard Schlink a récemment été mise en lumière grâce à l'adaptation cinématographique de son livre Le Liseur qui a valu l'Oscar 2009 de la meilleure actrice à Kate Winslet.
    Si ses nouvelles du recueil L'amour en fuite m'ont semblé par le passé meilleures que son roman Le Liseur car elles abordaient à mon sens les mêmes thématiques de manière plus dense, j'ai par contre été particulièrement intéressé par Le week-end.
    En effet, de la même manière que Jérôme Leroy se penchait dans La grande môme sur l'histoire de ceux qui avaient choisi en France la lutte armée pour essayer de changer le monde, Bernhard Schlink exerce le même droit d'inventaire sur les avatars allemands de cette branche radicale de l'extrême gauche afin de tenter d'en comprendre les tenants et les aboutissants.
    Quoi de plus banal qu'un week-end à la campagne entre amis ? Néanmoins quand l'un d'entre eux vient d'être gracié par le Président de la République allemande après une vingtaine d'années d'emprisonnement pour sa participation à des braquages de banques et à des assassinats de responsables du patronat ou de quidams qui ont croisé la route du Terroriste selon les uns ou du Héros selon les autres, les discussions entre deux verres de vin ou deux tranches de pain prennent forcément une tournure plus politique.
    Ces vieux amis qui autrefois partageaient tous les mêmes idéaux, battaient le pavé ensemble pour dénoncer l'exploitation capitaliste et l'impérialisme américain ont suivi des routes bien différentes. Karin est devenue évêque ; Ilse professeur ; Henner, journaliste à succès ; Ulrich dirige des laboratoires spécialisés dans les prothèses dentaires. Mais seul Jörg avait choisi la clandestinité et l'action violente. A moins que Jan...
    Aussi lorsque sa soeur Christiane et son amie Margarete les invitent à fêter la libération de Jörg les "tu te rappelles" se succèdent mais également les réglements de compte et les discussions enflammées sur l'histoire et le bien-fondé des démarches des uns et des autres, sur le bilan à tirer de l'action révolutionnaire ou de la forme d'exil choisi par les uns et les autres pour supporter l'injustice du monde.
    Bernhard Schlink force-t-il le trait lorsqu'il dresse les hésitations de Jörg face aux louanges du jeune Marko qui veut pousser Jörg à incarner l'intransigeance face au système contre le gré de Christiane qui préférerait que son frère se fasse oublier pour profiter au mieux de ses dernières années au milieu de sa famille et de ses amis ?
    Oui et non, le romancier utilise des extrêmes pour décrire la comédie humaine qui oscille entre regrets et remords, entre amour et haine. Mais aussi pour se demander comment combattre l'injustice sans tomber dans la barbarie à son tour et plus largement comment être un ami, un amant, un frère, un père, un fils, un mentor, un disciple, un être humain.
    Un peu à la manière de Primo Lévi dans un texte publié dans un des premiers numéros de la revue du Serpent à plume, Bernhard Schlink questionne, soumet à la question, la notion de mémoire du point de vue des victimes et de leurs bourreaux comme l'avait fait avant lui par exemple Pierre Péju dans Naissances.
    Mais loin de tomber dans le manichéisme, Bernhard Schlink pose sans toujours y répondre bon nombre de questions cruciales qui nous crucifient : Qui est victime ? Qui est bourreau ? L'activiste révolutionnaire ? L'état ? le patronat ? Les médias ? Nous ?
    Dans la continuité de sa réflexion Bernhard Schlink s'interroge sur les façons de recomposer le contrat social . Faut-il réconcilier les adversaires d'hier ? L'image finale de cette chaîne humaine pour écoper l'eau qui a envahi la cave de Margarete après de fortes pluies va me hanter longtemps. Tout comme ce roman dans le roman où Isle cherche dans l'écriture le moyen de trouver sa voie.


    Lien : http://muet-comme-un-carpe-diem.over-blog.com/article-28456768.html
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    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 10 février 2009

    nanoucz
    Jörg a passé plus de vingt ans en prison. Cet ancien terroriste de la Fraction Armée Rouge a été gracié par le président de la République allemande. Sa soeur Christiane vient le chercher à sa sortie et l'emmène pour Le week-end dans sa maison de campagne, près de Berlin. Elle a convié pour l'occasion d'anciens amis de Jörg, qui partageaient ses idées et son combat de l'époque. Mais le temps a passé, les amis ont changé.
    Ce week-end va donner lieu à de nombreux affrontements. Jörg, qui voulait régler ses comptes avec celui qu'il soupçonnait de l'avoir trahi, sera sans doute surpris par l'identité de son dénonciateur. Ceux qui espéraient de sa part une remise en question des crimes passés en seront pour leur frais. Jörg est devenu un homme usé, malade, qui ne souhaite qu'une vie sans histoires, sans renier toutefois ses engagements passés. Saura-t-il reconnaitre ses vrais amis, ceux qui n'attendent rien, qui sont venus uniquement pour le soutenir ?
    C'est un livre que j'ai trouvé très intéressant car il soulève des questions déjà posées, par exemple lors de la libération anticipée de certains anciens membres d'Action Directe.
    Pour ma part, j'ai toujours du mal à croire que d'anciens militants, qui sont allés jusqu'à tuer pour soutenir leur cause, peuvent encore croire à la justesse de leur combat, tant d'années après. Mais peut-on facilement renier un idéal pour lequel on a passé vingt ans enfermé ? Ou bien vaut-il mieux continuer à s'y accrocher, pour se protéger ?
    Quant au style, je l'ai trouvé fluide, clair et concis. Quelquefois, j'avais l'impression d'être présente à cette réunion d'anciens amis et de ressentir les interrogations et les doutes des personnages. En résumé, un roman profond.
    Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour l'envoi de ce livre, dans le cadre de l'opération Masse critique.


    Lien : http://ruedesiam.blogspot.com/2009/02/le-week-end.html
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    • Livres 5.00/5
    Par lethee, le 04 mars 2009

    lethee
    Le dernier ouvrage de Bernhard Schlink marque un peu une rupture avec Le Liseur, et Le retour. Il ne s'agit plus d'un parcours initiatique qu'on offre au lecteur. Il s'agit plutôt de revenir sur un passé, sur ses conséquences, à la lumière d'un retour à la liberté. Jörg, à sa sortie de prison, se sent une nouvelle fois jugé par ses amis. Il estime qu'il a payé pour ses fautes, tout en considérant, tout d'abord qu'elles n'en étaient pas, que ses actes étaient justifiés, jusqu'aux crimes.
    Plusieurs questions sont soulevées par ce roman, d'une grande qualité : la violence est-elle la seule réponse possible à la violence ? Se battre pour le bien en faisant des victimes est-il légitime précisément parce que le mal fait des victimes aussi ? le bien ne devient-il pas alors un mauvais combat ?
    Et encore, sachant que les extrêmes répondrent aux extrêmes, qui engendrent à leur tour d'autres extrêmes encore, n'est-il pas normal que d'une génération à l'autre les torts se répercutent et se contredisent ?
    Les personnages se retrouvent donc autour de cet homme à nouveau libre physiquement, mais perdu dans ses incapacités, car l'emprisonnement ne guérit pas forcément l'âme. C'est alors une sorte de débat organisé qui s'étoffe à mesure que les repas, les apéros s'enchaînent. On parle des rêves, des remords, des doutes. Finalement, les trois ne sont peut-être qu'une seule et même chose. On ne se retrouve que pour mieux constater que les dégâts du temps, ce fossé qui sépare les gens les uns des autres, parfois d'eux-même.
    Bernhard Schlink s'applique particulièrement à peindre ses personnages. Certains plus que d'autres. Son expérience de juge le place au-dessus d'eux, à la distance qui nous permet d'apprécier chacune de leurs pensées, à mesure qu'ils les dévoilent.
    Henner et Margaret forment un couple attachant, un peu à la manière du roman Le Liseur, un couple qui ne s'explique pas, qui s'entend simplement et s'apprécie sans avoir besoin de mots. Ilse tisse sa propre version des faits sur le papier, se découvrant tout à coup une passion pour l'écriture.
    Ce livre est évidemment aussi bon que les précédents. Ceux qui ont aimé Schlink l'aimeront encore avec ce dernier opus. Il se dévore vite, fait réfléchir, et donne envie d'être relu, car si c'est un bilan, il ne règle rien, bien au contraire. A lire sans modération !


    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-26720133.html
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  • Par Brize, le 18 juin 2011

    Brize
    Portrait de groupe en week-end, autour d'un homme qui ne sait plus exactement comment il a fait ce pour quoi il a été condamné mais semble croire encore à la pertinence de ses actes, même lorsque l'un de ses anciens amis l'interroge sur l'effet produit sur lui par le premier des quatre meurtres commis dans le cadre de ses activités terroristes.
    Les personnages présents sont esquissés de manière à la fois sobre et juste, dans leur vérité du moment et leurs questionnements. Ce qui se joue ressemble fort à une pièce de théâtre (unité de lieu et de temps), avec des moments de tension puis de relâchement. Une révélation, quelques affrontements, ponctuent assez efficacement ce huis-clos où chacun, l'espace d'une parenthèse hors du quotidien, repense à ce qu'il fut et à ses rêves, tandis qu'un homme à nouveau à l'air libre essaie de donner une signification à son présent.
    Intéressant et bien mené, abordant avec intelligence la question du terrorisme, « Le week-end » est un roman qui m'a plu. J'y ai apprécié, aussi, de beaux aperçus sur le paysage environnant imprégnant l'âme ou l'humeur de certains des protagonistes, la naissance d'un possible amour toute en douceur et sensualité et le passage à l'acte d'écrire d'une femme qui se trouve.
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Citations et extraits

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  • Par sybilline, le 02 janvier 2009

    [.....]Tu peux te lever et te réfugier dans ta chambre ou t’enfuir dans le parc, je ne te courrai pas après. Mais ne me raconte pas que tu as payé pour tout. Vingt-quatre ans pour quatre meurtres ? Est-ce qu'une vie vaut exactement six ans ? Tu n’as pas payé pour ce que tu as fait, tu te I 'es pardonné. Probablement avant même de le faire. Mais pardonner seuls les autres le peuvent. Et ils ne le font pas.
    C'est atroce, pensait Henner. Le fils qui s’érige en juge de son père. Le fils dans son droit et le père dans son tort. Le fils qui se lance et s'échauffe, le père qui se renferme dans le défi.
    Le fils qui s'interdit la douleur et le père qui s'interdit le désarroi. Comment cela peut-il marcher ? Que veut-on qu'ils fassent I 'un et I 'autre ? Que devons-nous faire ?
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  • Par mustango, le 11 janvier 2009

    Si tu essaies, peut être que tu comprendras cet homme vieux qui n'a pas bien géré sa vie et qui ne sait pas comment s'en sortir.Meutres, enlèvements et attaques de banques, cavales, prison, la révolution ratée - quel sens peut avoir une pareil vie de merde? Mais il faut tout de même bien trouvé un sens à la vie qu'on a ?
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  • Par mustango, le 11 janvier 2009

    Nous n'avions pas le droit de regarder sans rien faire les enfants brûler dans le napalm au Vietnam, mourir de faim en Afrique, être brisés dans des prisons allemandes. (...) Je sais que nous avons mal utilisé la violence. Mais résister à un système de violence ne va pas sans violence.
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  • Par kathel, le 12 septembre 2010

    Ilse referma son cahier. Elle aurait bien bu encore un verre de vin rouge, mais cette maison silencieuse et sombre lui faisait peur et elle n’osa pas descendre à la cuisine. Une fois au lit, elle eut peur de s’endormir, comme si, en s’endormant, elle faisait la nique à la mort. A moins que nous n’en fassions autant chaque fois que nous nous endormons ? Et que dire des adieux ? Quand nous mourons pour autrui et, en même temps, sommes censés survivre ?
    Là, elle s’était endormie.
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  • Par mustango, le 11 janvier 2009

    Si la société ne te convient pas, tu peux entrer au couvent ou élever des abeilles en Provence, ou des moutons aux Hébrides. Ce n'est pas une raison pour tuer des gens.
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