ISBN : 2013224303
Éditeur : Hachette Jeunesse
(2007)
Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
La plus grande lettre du monde2Ajouter à mes livres
Nicolas vient de perdre sa grand-mère. Profondément marqué par cette disparition, il se lance un fabuleux défi : écrire à sa future femme une lettre extraordinaire, une lettre qui retrace toute son histoire passée, prés... > voir plus
Ce roman est très court, et sa raison d'être provient essentiellement de l'immense solitude dans lequel est plongé le tout jeune narrateur. Sa mère est morte, sa grand-mère vient de mourir et il n'a personne à qui confier sa peine et ses questions.
Roman épistolaire ? Non, pas vraiment. Les codes de la lettre sont respectées, mais le roman tient plus du journal intime que du genre épistolaire pur et dur.Nicolas invente au fur et à mesure cette future compagne, qui elle seule pourrait le comprendre et le consoler.
Ce petit roman, écrit avec des mots simples, aborde des thèmes durs tels que le deuil, la maladie, les secrets de famille et la recherche de ses origines avec beaucoup de pudeur et de tendresse. Comme le héros de Noé, Nicolas s'interroge sur son père, sans rancoeur et sans curiosité excessive non plus. Son grand-père, désormais seul avec lui, est davantage dans l'urgence, afin d'assurer l'avenir de son petit-fils.
Le dénouement ne résout pas tout - comme dans la vie. Il ouvre suffisamment de perspective pour laisser vagabonder l'imagination des enfants.
Cette courte histoire (93 pages) est pleine de sensibilité. A travers les mots de Nicolas, on aborde les thèmes de la maladie, de la mort, du deuil, de la filiation, des secrets de famille... Au fil de sa lettre, Nicolas nous explique évidemment pourquoi il a "débuté du pied gauche dans la vie" mais aussi nous fait partager tout son cheminement vers la guérison. Ce cahier, c'est sa "thérapie"... C'est le seul moyen qu'il a trouvé pour mettre des mots sur ses maux... Mais n'allez pas croire que cette histoire est morose! Au contraire, même si certains moments sont plus dramatiques, la plupart du temps, le narrateur fait preuve d'énormément d'humour et d'autodérision. Son ton est frais et enjoué. L'émotion est bien présente et vous tirera sûrement une larme...
J'ai envie d'entrer dans le tombeau et d'être à côté de Grand-Mam's, complètement mort.
Je décide que je suis mort.
Je me couche sur la tombe. Je me concentre très fort. Je deviens lourd comme un caillou pour m'incruster dedans.
J'arrête de respirer, de bouger, de penser.
Mais c'est impossible, je suis bourré comme un oeuf.
Je n'arrive pas à m'"arrêter".
Je n'arrive pas à mourir.
Il y a trop d'images dans ma tête. Elles se promènent jusqu'au bout de mes doigts et de mes souliers.
Je suis un explosif qui n'explose pas.
Je suis traversé, mélangé, labouré. J'ai mal nulle part et mal partout.
Je suis couché comme Grand-Mam's.
Je suis dur comme elle.
Je n'ose pas à penser à ma mère en dessous depuis tant d'années.
Mais voilà, je ne suis pas mort.
On devrait pouvoir appuyer sur un bouton pour arrêter de vivre.
Je suis vivant malgré moi.
Je me demande encore parfois s'il y a un Dieu qui se promène au-delà de l'espace et qui organise les choses, ou simplement les observe. Si oui, il est peut-être en train de nous considérer chacun dans notre territoire, en sachant fort bien qu'un jour nous nous rencontrerons.
Elle parlait tout le temps, et ne voulait pas rester dans son lit. Elle essayait d'attraper des choses qui n'existaient pas. Mais moi elle me reconnaissait toujours. Elle m'aimait toujours. J'ai compris qu'une maladie peut t'empêcher de penser normalement, mais pas d'aimer.