ISBN : 2070388417
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
"Mais ce jour-là, lors de son dernier concert donné à Chicago le dimanche 28 mars 1964, quelque chose s'était effondré dans le troisième mouvement de la Sonate opus 110 de Beethoven, quand se déplore le Klagender Gesang, le chant de douleur.
Il n'avait pu faire l... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    lilyetseslivres
    Voilà un livre magnifique, un portrait tout en délicatesse et en pudeur, un très bel hommage, un très beau manteau de papier offert à cet homme qui avait toujours froid et ne rêvait que de grand nord.
    Tout le monde connaît Glenn Gould, sans nécessairement le connaître, pour son talent, son génie (qui irrite ou emporte), pour ses excentricités, aussi…
    Il y a beaucoup de tendresse et de respect dans le portrait que nous donne à voir et à entendre, Michel Schneider. Pas évident pourtant de cerner un homme qui était toujours dans l'évitement, au « dehors ». Et pourtant, le résultat est stupéfiant, bouleversant plutôt.
    Il fallait beaucoup d'amour et d'admiration pour écrire ce livre-là, sans pour autant tomber dans la bête hagiographie. le pari est réussi, la manteau est magnifique de souplesse, léger et chaud tout à la fois, Gould pourra partir un peu plus loin vers le grand Nord...
    Autiste Asperger (mots que pas une seule fois, Michel Schneider n'évoque), excentrique ? Après tout, et même s'il est facile de cumuler les indices, ceci appartenait à l'artiste. Alors bien sûr, il est évident que cette profonde différence imprima de son empreinte toute l'œuvre du pianiste, au point justement de nous la rendre si unique, si étrange, si « hors du temps. ». Les deux sont liés, indubitablement, mais le terme précis non seulement n'est pas nécessaire, mais également par trop réducteur.
    Gould était résolument ailleurs, DANS la musique.
    Le titre est à lui seul, très explicite, « Glenn Gould, piano solo », et non pas « AU piano, Glenn Gould » comme il se dit dans les concerts. Gould après neuf années à sillonner le monde, a décidé, un dimanche de Pâques et à l'âge de 32 ans, de toute arrêter, définitivement, pour ne plus s'adonner qu'à des enregistrements, protégé, à l'abri, seul dans un studio et « sa sécurité matricielle », au plus proche de la musique. Piano solo, seul, avec ce piano qu'il transcende et dont la matérialité finalement n'a plus tant d'importance… Seule la musique, dépouillée, travaillée et retravaillée, parfois sans instrument aucun, la musique immatérielle et intemporelle.

    Lien : http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2009/06/glenn-gould-piano-sol..
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Citations et extraits

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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Il savait que jamais plu il ne voudrait jouer devant un public vivant. Les gens écouteraient son reflet de vinyle, verraient son ombre cathodique. Ce détachement ne lui était pas démembrement ni mutilation, il en espérait l’affectueuse distance du fantôme attirant à lui les pensées avant de disparaître, le passage blanc de cet ange auquel on fait une place quand il rompt le cercle de ceux qui parlent
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    (…) il ne s’est pas attardé parmi nous. Il est sorti un peu avant la fin de la séance, fuyant la pénombre, voulant cacher un corps déchu, content d’étonner la vieillesse en lui faussant compagnie. Il aurait tant voulu certains soirs d’autrefois quitter la performance avant que les lampes se rallument. Il s’est esquivé comme il faisait toujours, furtivement, avec sans doute pour les médecins un sourire désolé au fond de ses yeux rêveurs noyés dans la pâleur d’un visage de papier.
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  • Par Petitebijou, le 31 juillet 2011

    Je ne saurais dire de quelle couleur étaient ses yeux. Ce n'est pas faute d'avoir regardé les rares photos en couleurs où il se montre, ou d'avoir arrêté l'image des bandes vidéo sur l'instant fugitif où l'on surprend son regard en fuite - non pas vous fuyant, fuyant en vous, ou au-delà de vous - , lorsque se lève soudain dans ces yeux désillés cette lueur indéfinissable qu'ils prennent chez ceux qui les ferment souvent ou les écarquillent sur l'inconnu. Je dirais qu'ils étaient verts, ou bien d'un gris intense, d'une nuance presque Menuhin disait de son visage que c'était un miroir qui éclairait celui qui s'y regardait.
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Sa solitude était un moyen de rejoindre chacun dans sa propre solitude. Gould nous a témoigné l’amitié ou la pudeur de n’être pas là quand on l’écoute.
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Michel Schneider, Dialogues littéraires
www.librairiedialogues.fr Michel Schneider nous parle de son livre Comme une ombre (Éditions Grasset) dans l'émission Dialogues littéraires, réalisation : Ronan Loup.











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