> Pierre-Marie Finkelstein (Traducteur)

ISBN : 2752902077
Éditeur : Phébus (2006)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Après le décés de sa mère, George Neethling, la trentaine, éditeur dont la famille s'est exilée en Suisse, décide de retourner en Afrique du Sud pour y vendre Rietvlei, la propriété où sa mère et lui sont nés. Dès son arrivée, il est confronté à un univers où règnent la... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par keisha, le 24 mai 2012

    keisha
    Catégorie : Roman absolument magnifique.

    Né en Afrique du sud, George a quitté le pays à l'âge de cinq ans. Son père était diplomate, sa mère vient de mourir, les yeux tournés vers ce pays jamais oublié et Georges quitte la Suisse pour une semaine durant laquelle il espère régler quelques affaires et retrouver Rietvlei, la ferme de ses grands parents Neethling. Hélas seuls l'attendront quelques souvenirs affleurant à la surface, des ruines et des rosiers sauvages presque défleuris.

    Des voisins fermiers, les Hattingh, l'accueillent simplement et insistent pour qu'il rencontre les fermiers du voisinage. Anciens citadins ayant connu des jours meilleurs ou fermiers autrefois riches devant vivre frugalement, ceux-ci évoquent un passé regretté et des événements terribles les obligeant à vivre sans guère d'espoir d'une vie meilleure et dans une peur diffuse.

    George, perdu dans ses souvenirs, ne comprend pas ou ne veut pas comprendre ce qui l'entoure; après des années d'exil, il se sent chez lui dans ce pays dont il parle la langue, mais en même temps tout lui échappe. Tâtonnant sans trop de conviction, il parvient à saisir quelques fils, mais ne peut s'engager et repart : "le lendemain, il serait chez lui".
    Repliés sur eux-mêmes, vivant dans le passé ou cherchant la lutte, les membres de cette communauté rurale ne dévoileront pas tous leurs secrets.

    Quels événements ont poussé à l'exil tant d'habitants il y a une génération? Pourquoi la violence? Les luttes? Les interventions policières? Aucune explication dans ce roman. Rien dans l'histoire de l'Afrique du sud n'est éclairant (le roman est paru en 1972, en plein apartheid) Que ce roman demeure hors du temps, voire hors d'un lieu précis, quelle importance? Il n'en est que plus fort.

    Douleur de l'exil, incompréhension de George, méfiance des autres, attentes déçues, tout cela baigne dans une ambiance souvent pesante, sous la menace d'un danger imprécis. Ce roman magnifique, superbement écrit, se lit d'une traite.

    "Non, ça ne fait rien, méprise-nous tant que tu veux. Mais tu sais, quand on arrête de considérer quelqu'un comme un être humain, quand on ne le traite plus comme tel, il oublie peu à peu qu'il en est un. Il perd sa fierté, sa dignité; alors la seule chose qui compte est de rester en vie, on rampe, on se tortille, on s'humilie sur commande, j'ai vu cela chez mes propres parents, et j'ai peur, j'ai peur de cette déchéance, beaucoup plus que de la vieillesse, de la maladie ou de la pauvreté. C'est ce qu'ils pouvaient nous faire de pire. Passe encore qu'ils nous aient chassés, cela n'a plus d'importance; ce qui me fait vraiment peur, c'est l'idée de ne plus être un être humain, de ne plus rien pouvoir faire, de ne plus rien signifier."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-retour-au-pays-b..
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 18 juillet 2010

    MarianneDesroziers
    J'ai découvert cet auteur avec ce roman qu'i m'a conquise par la sensibilité, la finesse de l'observation des relations sociales mais aussi la justesse dans les descriptions de paysages et la place prépondérante accordée aux éléments. Les passages les plus impressionnants sont ceux où, pendant une conversation, George s'évade dans ses propres souvenirs. On accompagne dans ce livre de très beaux personnages: Paul qui supplie George de l'emmener avec lui en Europe, et Carla, qui elle refuse l'invitation de George de se marier avec elle pour lui offrir une nouvelle vie en Europe. le lecteur non spécialiste apprend beaucoup de choses sur l'histoire de l'Afrique du Sud mais vue par les Blancs qui ont dû troquer leur vie de luxe (à la "Gastby", avec des fêtes mémorables et des domestiques) pour une vie de simples fermiers à la limite de la misère. Un roman très réussi sur le deuil, la mémoire, la famille, l'exil et bien sûr l'Afrique.Une belle découverte d'un auteur africain majeur dans la littérature contemporaine.
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Citations et extraits

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  • Par keisha, le 24 mai 2012

    Non, ça ne fait rien, méprise-nous tant que tu veux. Mais tu sais, quand on arrête de considérer quelqu'un comme un être humain, quand on ne le traite plus comme tel, il oublie peu à peu qu'il en est un. Il perd sa fierté, sa dignité; alors la seule chose qui compte est de rester en vie, on rampe, on se tortille, on s'humilie sur commande, j'ai vu cela chez mes propres parents, et j'ai peur, j'ai peur de cette déchéance, beaucoup plus que de la vieillesse, de la maladie ou de la pauvreté. C'est ce qu'ils pouvaient nous faire de pire. Passe encore qu'ils nous aient chassés, cela n'a plus d'importance; ce qui me fait vraiment peur, c'est l'idée de ne plus être un être humain, de ne plus rien pouvoir faire, de ne plus rien signifier.
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  • Par MarianneDesroziers, le 18 juillet 2010

    Il avait le souvenir d'une véranda, avec de grandes plantes vertes fichées dans des pots de terre et de métal, qui tamisaient la lumière du jour; elles appartenaient à sa grand-mère, qui s'en occupait tout en surveillant le domestique chargé de les arroser chaque jour. Il leva les yeux. Comment pouvait-il savoir une chose pareille? Comment pouvait-il savoir qu'à cet endroit précis, là entre les fougères, une paysanne aux cheveux gris donnait des ordres aux domestiques? Etait-ce vraiment un souvenir ou quleque chose que sa mère lui avait raconté? Peut-être avait-il vu des photos dans un album? Mais dans ce cas, comment expliquer alors qu'il se rappelait aussi la voix de sa grand-mère, le bruit des ciseaux avec lesquels elle coupait les feuilles mortes, le tintement des tasses à café?
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  • Par MarianneDesroziers, le 18 juillet 2010

    Il entendit les filles chanter leur petite mélodie plaintive au son de l'accordéon, et les bruits lointains dans le silence de l'aube: des voix qui chuchotaient, le craquement d'une chaise, le bruit des ailes d'un papillon de nuit qui se cognait à l'abat-jour de la lampe, les aboiements des chiens enfermés quelque part dans une arrière-cour ou dans un bâtiment.
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