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Le sanatorium au croque-mort1Ajouter à mes livres
" Trébuchant dans la paille et dans les détritus, je continuais à errer de wagon en wagon.
Les portes ouvertes des compartiments oscillaient sans arrêt. Pas un seul voyageur. Enfin, je rencontrai un contrôleur dans son uniforme noir. Il s'enroulait un gros foular... > voir plus
A lire absolument. J'ai pleuré à certains passages tant ces nouvelles sont merveilleusement écrites. Une orgie de beauté, une sensualité qui transpire.
Lorsque je tente de me l'imaginer, je ne peux évoquer qu'un seul détail, insignifiant : la peau de ses genoux; gercée comme celle d'un garçon. La chose est profondément émouvante, elle conduit l'imagination dans des contradictions torturées, des antinomies enchanteresses. Tout le reste, tout ce qu'il y a au-dessus et en dessous, est transcendant et inimaginable.
Je l'appelle tout simplement le Livre, sans autres précisions ni épithètes, et il y a dans cette retenue un soupir d'impuissance, une silencieuse capitulation devant l'immensité du transcendant, car aucun mot, aucune allusion, ne sauraient briller, embaumer, vibrer de ce frisson d'effroi, de ce pressentiment de la chose sans nom dont le seul goût sur le bout de la langue dépasse les limites de l'émerveillement.
Le Beau, disait mon père, est une maladie, frisson intime qui annonce l'infection secrète, sombre préavis de pourriture levant sans hâte des entrailles de la perfection et que cette perfection même salue d'un soupir du plus profond bonheur.