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ISBN : 2020239256
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Petite-fille d'une négresse à la beauté légendaire, Télumée s'use les mains dans une plantation de canne à sucre.

Chassée par un mari alcoolique, elle se réfugie chez Ambroise le sage et le révolté. Malgré sa condition et son statut d'exploitée, Télumée ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 11 mai 2009

    nanoucz
    Télumée vit en Guadeloupe, avec sa grand-mère, Reine sans Nom. Son arrière-grand-mère, Minerve, était esclave puis a été affranchie. Malgré cela, le poids de l'esclavage pèse sur les femmes de la lignée et Télumée le ressent encore fortement. Toute sa vie, qui nous est racontée ici, elle doit se battre pour exister, chaque bonheur reçu n'est jamais définitif. Malgré cela, Télumée trouve dans les enseignements de sa grand-mère et dans l'amour qu'elle lui a prodigué, la force de continuer.
    Cette lecture m'a souvent remis en mémoire "La légende d'une servante" de Paula Fox que j'ai lu il y a quelque mois. Là aussi, il était question d'une petite fille des Caraïbes, de son amour pour sa grand-mère et de sa nostalgie pour son île, une fois qu'elle avait été emmenée à New-York. Ici, Télumée reste sur son île, se bat pour construire son bonheur avec Elie, puis le quitte pour échapper à sa violence et à sa folie, puis reconstruit un autre bonheur, pour un temps.
    C'est encore une fois un parcours de femme qui est raconté ici par Simone Schwarz-Bart, dans une langue entre l'écrit et l'oral, qui exploite la culture créole, ses croyances et ses proverbes pour chaque situation de la vie. Une vie difficile, de travail et de souffrances, à laquelle Télumée tient pourtant, jusqu'au bout.
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 05 janvier 2013

    olivberne
    Un roman qui retrace la vie de Télumée, de sa mère et de ses enfants et qui raconte plus qu'une vie, plus q'une biographie: c'est toute une époque, tout un pays qui est relaté ici. Les descriptions sont magnifiques, il y a de la chaleur, tout le soleil des Antilles, mais aussi la pluie, le vent et la misère des gens comme des cœurs. Cette femme est une lumière dans la tourmente, un symbole du "potomitan" qu'est la femme antillaise.
    Le roman est tout de même un peu long, l'histoire parfois complexe et il faut avoir un minimum de culture créole mais c'est un beau classique à lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 19 avril 2010

    LydiaB
    Télumée a été élevée par sa grand-mère. Toute sa vie, Télumée essaiera de continuer cette lignée de femmes talentueuses. Télumée connaîtra l'amour, les rêves et finira seule mais souriante. Ce roman nous entraîne dans le monde de l'esclavage mais également chez ces femmes qui ont une telle force de caractère que rien ne leur fait peur. Elles se battent de toutes leurs forces, moralement parlant. Un roman passionnant !


    Lien : http://medieval-lydia.blogspot.com/2010/01/simone-schwarz-bart.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Cielvariable, le 09 février 2013

    Cielvariable
    Une histoire à la "Roméo et Juliette" version antillaise. Dépaysant, émouvant, agréable à lire.

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  • Par tchoua23, le 28 octobre 2013

    tchoua23
    Pluie et vent sur Télumée Miracle révèle la force de caractère de la femme lors des tempêtes, des obstacles , et autres épreuves de la vie

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Citations et extraits

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  • Par LydiaB, le 19 avril 2010

    Le pays dépend bien souvent du cœur de l'homme: il est minuscule si le cœur est petit, et immense si le cœur est grand. Je n'ai jamais souffert de l'exiguïté de mon pays, sans pour autant prétendre que j'aie un grand cœur. Si on m'en donnait le pouvoir, c'est ici même, en Guadeloupe, que je choisirais de renaître, souffrir et mourir. Pourtant, il n'y a guère, mes ancêtres furent esclaves en cette île à volcans, à cyclones et moustiques, à mauvaise mentalité. Mais je ne suis pas venue sur terre pour soupeser toute la tristesse du monde. A cela, je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin, comme le font toutes les vieilles de mon âge, jusqu'à ce que la mort me prenne dans mon rêve, avec toute ma joie...
    Dans mon enfance, ma mère Victoire me parlait souvent de mon aïeule, la négresse Toussine. Elle en parlait avec ferveur et vénération, car, disait-elle, tout éclairée par son évocation, Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie, et rares sont les personnes à posséder ce don. Ma mère la vénérait tant que j'en étais venue à considérer Toussine, ma grand-mère, comme un être mythique, habitant ailleurs que sur terre, si bien que toute vivante elle était entrée, pour moi, dans la légende.
    J'avais pris l'habitude d'appeler ma grand-mère du nom que les hommes lui avaient donné, Reine Sans Nom; mais de son vrai nom de jeune fille, elle s'appelait autrefois Toussine Lougandor.
    Elle avait eu pour mère la dénommée Minerve, femme chanceuse que l'abolition de l'esclavage avait libérée d'un maître réputé pour ses caprices cruels.
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  • Par Cielvariable, le 24 juin 2013

    Je n'ai jamais souffert de l'exiguïté de mon pays, sans pour autant prétendre que j'aie un grand cœur. Si on m'en donnait le pouvoir, c'est ici même, en Guadeloupe, que je choisirais de renaître, souffrir et mourir. Pourtant, il n'y a guère, mes ancêtres furent esclaves en cette île à volcans, à cyclones et moustiques, à mauvaise mentalité. Mais je ne suis pas venue sur terre pour soupeser toute la tristesse du monde. A cela, je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin, comme le font toutes les vieilles de mon âge, jusqu'à ce que la mort me prenne dans mon rêve, avec toute ma joie...
    Dans mon enfance, ma mère Victoire me parlait souvent de mon aïeule, la négresse Toussine. Elle en parlait avec ferveur et vénération, car, disait-elle, tout éclairée par son évocation, Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie, et rares sont les personnes à posséder ce don. Ma mère la vénérait tant que j'en étais venue à considérer Toussine, ma grand-mère, comme un être mythique, habitant ailleurs que sur terre, si bien que toute vivante elle était entrée, pour moi, dans la légende.
    J'avais pris l'habitude d'appeler ma grand-mère du nom que les hommes lui avaient donné, Reine Sans Nom; mais de son vrai nom de jeune fille, elle s'appelait autrefois Toussine Lougandor.
    Elle avait eu pour mère la dénommée Minerve, femme chanceuse que l'abolition de l'esclavage avait libérée d'un maître réputé pour ses caprices cruels.
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  • Par Cielvariable, le 24 juin 2013

    Le morne La Folie était habité par des nègres errants, disparates, rejetés des trente-deux communes de l'île et qui menaient là une existence exempte de toutes règles, sans souvenirs, étonnements, ni craintes. La plus proche boutique se trouvait à trois kilomètres et ne connaissant nul visage, nul sourire, l'endroit me semblait irréel, hanté : une sorte de pays d'esprits. Les gens du morne La Folie se dénommaient eux-mêmes la confrérie des Déplacés. Le souffle de la misère les avait lâchés là, sur cette terre ingrate, mais ils s'efforçaient de vivre comme tout le monde, de se faufiler tant bien que mal, entre éclair et orage, dans l'éternelle incertitude. Mais plus haut sur la montagne, enfoncées dans des bois profonds, vivaient quelques âmes franchement perdues auxquelles on avait donné ce nom : Égarés. Ces derniers ne plantaient pas, ils ne coupaient pas la canne, ils n'achetaient ni ne vendaient, leurs seules ressources étant quelques écrevisses, des pièces de gibier, des fruits sauvages qu'ils échangeaient à la boutique contre du rhum et du tabac, des allumettes. Ils n'aimaient pas l'argent, et si on leur glissait une pièce dans la main, ils la laissaient tomber à terre, l'air ennuyé. Ils avaient des visages impassibles, des yeux imprenables, puissants, immortels. Et une force étrange déferlait en moi à les voir, une douceur alanguissait mes os et sans savoir pourquoi, je me sentais pareille à eux, rejetée, irréductible.
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  • Par nanoucz, le 11 mai 2009

    Comme je me suis débattue, d'autres se débattront, et, pour bien longtemps encore, les gens connaîtront même lune et même soleil, et ils regarderont les mêmes étoiles, ils y verront comme nous les yeux des défunts. J'ai déjà lavé et rincé les hardes que je désire sentir sous mon cadavre. Soleil levé, soleil couché, les journées glissent et le sable que soulève la brise enlisera ma barque, mais je mourrai là, comme je suis, debout, dans mon petit jardin, quelle joie !...
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  • Par nanoucz, le 11 mai 2009

    Et puis soudain ce fut l'Autre Bord, la région de Fond-Zombi qui déferlait devant mes yeux, dans une lointaine éclaircie fantastique, mornes après mornes, savanes après savanes jusqu'à l'entaille dans le ciel qui était la montagne même et qu'on appelait Balata Bel Bois. De-ci de-là apparaissaient des cases appuyées les une contre les autres, autour de la cour commune, ou bien se tassant sur leur propre solitude, livrées à elles-mêmes, au mystère des bois, aux esprits, à la grâce de Dieu...
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Videos de Simone Schwarz-Bart

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Vidéo de Simone Schwarz-Bart

Remise du prix du célèbre Prix CARBET de la CARAÏBE 2008, Conseil Régional d'Ile-de-France, 12 Décembre 2008.
LAUREATS : André et Simone SCHWARZ-BART, pour l'ensemble de leur oeuvre. DISCOURS de Simone SCHWARZ-BART.








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