ISBN : 2020239256
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 4.27/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Petite-fille d'une négresse à la beauté légendaire, Télumée s'use les mains dans une plantation de canne à sucre.

Chassée par un mari alcoolique, elle se réfugie chez Ambroise le sage et le révolté. Malgré sa condition et son statut d'exploitée, Télumée ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 11 mai 2009

    nanoucz
    Télumée vit en Guadeloupe, avec sa grand-mère, Reine sans Nom. Son arrière-grand-mère, Minerve, était esclave puis a été affranchie. Malgré cela, le poids de l'esclavage pèse sur les femmes de la lignée et Télumée le ressent encore fortement. Toute sa vie, qui nous est racontée ici, elle doit se battre pour exister, chaque bonheur reçu n'est jamais définitif. Malgré cela, Télumée trouve dans les enseignements de sa grand-mère et dans l'amour qu'elle lui a prodigué, la force de continuer.
    Cette lecture m'a souvent remis en mémoire "La légende d'une servante" de Paula Fox que j'ai lu il y a quelque mois. Là aussi, il était question d'une petite fille des Caraïbes, de son amour pour sa grand-mère et de sa nostalgie pour son île, une fois qu'elle avait été emmenée à New-York. Ici, Télumée reste sur son île, se bat pour construire son bonheur avec Elie, puis le quitte pour échapper à sa violence et à sa folie, puis reconstruit un autre bonheur, pour un temps.
    C'est encore une fois un parcours de femme qui est raconté ici par Simone Schwarz-Bart, dans une langue entre l'écrit et l'oral, qui exploite la culture créole, ses croyances et ses proverbes pour chaque situation de la vie. Une vie difficile, de travail et de souffrances, à laquelle Télumée tient pourtant, jusqu'au bout.
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 19 avril 2010

    Couperine
    Télumée a été élevée par sa grand-mère. Toute sa vie, Télumée essaiera de continuer cette lignée de femmes talentueuses. Télumée connaîtra l'amour, les rêves et finira seule mais souriante. Ce roman nous entraîne dans le monde de l'esclavage mais également chez ces femmes qui ont une telle force de caractère que rien ne leur fait peur. Elles se battent de toutes leurs forces, moralement parlant. Un roman passionnant !


    Lien : http://medieval-lydia.blogspot.com/2010/01/simone-schwarz-bart.html
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 17 juin 2009

    annie
    Télumée, paysanne de la Guadeloupe née au début du siècle, a été élevée par sa grande-mère, "haute négresse" justement nommée Reine Sans Nom.
    Télumée a souffert de sa condition de femme, de Noire et d'exploitée.
    Pourtant, qu'elle soit en compagnie d'Elie ou au côté d'Amboise, le révolté, sa volonté de bonheur, de "récolter par pleins paniers cette douceur qui tombe du ciel", est la plus forte.
    Voici l'univers des Antilles, avec ses couleurs, ses odeurs, sa vérité secrète, livré par une romancière qui s'approprie la langue française pour la soumettre à la musique noire.

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 19 avril 2010

    Le pays dépend bien souvent du cœur de l'homme: il est minuscule si le cœur est petit, et immense si le cœur est grand. Je n'ai jamais souffert de l'exiguïté de mon pays, sans pour autant prétendre que j'aie un grand cœur. Si on m'en donnait le pouvoir, c'est ici même, en Guadeloupe, que je choisirais de renaître, souffrir et mourir. Pourtant, il n'y a guère, mes ancêtres furent esclaves en cette île à volcans, à cyclones et moustiques, à mauvaise mentalité. Mais je ne suis pas venue sur terre pour soupeser toute la tristesse du monde. A cela, je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin, comme le font toutes les vieilles de mon âge, jusqu'à ce que la mort me prenne dans mon rêve, avec toute ma joie...
    Dans mon enfance, ma mère Victoire me parlait souvent de mon aïeule, la négresse Toussine. Elle en parlait avec ferveur et vénération, car, disait-elle, tout éclairée par son évocation, Toussine était une femme qui vous aidait à ne pas baisser la tête devant la vie, et rares sont les personnes à posséder ce don. Ma mère la vénérait tant que j'en étais venue à considérer Toussine, ma grand-mère, comme un être mythique, habitant ailleurs que sur terre, si bien que toute vivante elle était entrée, pour moi, dans la légende.
    J'avais pris l'habitude d'appeler ma grand-mère du nom que les hommes lui avaient donné, Reine Sans Nom; mais de son vrai nom de jeune fille, elle s'appelait autrefois Toussine Lougandor.
    Elle avait eu pour mère la dénommée Minerve, femme chanceuse que l'abolition de l'esclavage avait libérée d'un maître réputé pour ses caprices cruels.
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  • Par Ilianah, le 14 décembre 2011

    Ainsi rêvant, le soir descend sans que je m'en aperçoive, et, assise sur mon petit banc d'ancienne, je lève soudain la tête, troublée par la phosphorescence de certaines étoiles. Des nuages vont et viennent, une clarté s'élève et puis disparaît, et je me sens impuissante, déplacée, sans aucune raison d'être parmi ces arbres, ce vent, ces nuages. Quelque part, depuis le fond de la nuit, s'élèvent les notes discordantes, toujours les mêmes, d'une flûte, et qui bientôt s'éloignent, s'apaisent. Alors je songe non pas à la mort, mais aux vivants en allés, et j'entends le timbre de leurs voix, et il me semble discerner les nuances diverses de leurs vies, les teintes qu'elles ont eues, jaunes, bleues, roses ou noires, couleurs passées, mêlées, lointaines, et je cherche moi aussi le fil de ma vie. J'entends les paroles, les éclats de rire de man Cia là-bas au milieu de ses bois, et je pense à ce qu'il en est de l'injustice sur la terre, et de nous autres en train de souffrir, de mourir silencieusement de l'esclavage après qu'il soit fini, oublié. J'essaye, j'essaye toutes les nuits, et je n'arrive pas à comprendre comment tout cela a pu commencer, comment cela a pu continuer, comment cela peut durer encore, dans notre âme tourmentée, indécise, en lambeaux et qui sera notre dernière prison. Parfois mon coeur se fêle et je me demande si nous sommes des hommes, parce que, si nous étions des hommes, on ne nous aurait pas traités ainsi, peut-être. Alors je me lève, j'allume ma lanterne de clair de lune et je regarde à travers les ténèbres du passé, le marché, le marché où ils se tiennent, et je soulève la lanterne pour chercher le visage de mon ancêtre, et tous les visages sont les mêmes et ils sont tous miens, et je continue à chercher et je tourne autour d'eux jusqu'à ce qu'ils soient tous achetés, saignants, écartelés, seuls. Je promène ma lanterne dans chaque coin d'ombre, je fais le tour de ce singulier marché, et je vois que nous avons reçu comme don du ciel d'avoir eu la tête plongée, maintenue dans l'eau trouble du mépris, de la cruauté, de la mesquinerie et de la délation.
    Mais je vois aussi, je vois que nous ne nous y sommes pas noyés...nous avons lutté pour naître, et nous avons lutté pour renaître...et nous avons appelé "Résolu" le plus bel arbre de nos forêts, le plus solide, le plus recherché et celui qu'on abat le plus...
    Ainsi vont mes pensées, mes rêveries d'ancienne, tandis que la nuit s'écoule doucement sur mes chimères, et puis reflue avec le premier chant d'un coq. Alors je me remue sur mon petit banc, je secoue les perles de rosée, je vais au petit tonneau qui donne sous la gouttière et les mains réunies en creux, je remue un peu d'eau dans ma bouche, pour laver toutes les songeries de la nuit...
    La nuit est vraiment, vraiment surprenante... Vous avez tiré votre barque sur la grève, l'avez enlisée en plein sable et si tombe un rayon de soleil, vous ressentez de la chaleur, et si l'on pique ce vieux bout de bois sec, du sang perle, encore...
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  • Par nanoucz, le 11 mai 2009

    Comme je me suis débattue, d'autres se débattront, et, pour bien longtemps encore, les gens connaîtront même lune et même soleil, et ils regarderont les mêmes étoiles, ils y verront comme nous les yeux des défunts. J'ai déjà lavé et rincé les hardes que je désire sentir sous mon cadavre. Soleil levé, soleil couché, les journées glissent et le sable que soulève la brise enlisera ma barque, mais je mourrai là, comme je suis, debout, dans mon petit jardin, quelle joie !...
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  • Par nanoucz, le 11 mai 2009

    Et puis soudain ce fut l'Autre Bord, la région de Fond-Zombi qui déferlait devant mes yeux, dans une lointaine éclaircie fantastique, mornes après mornes, savanes après savanes jusqu'à l'entaille dans le ciel qui était la montagne même et qu'on appelait Balata Bel Bois. De-ci de-là apparaissaient des cases appuyées les une contre les autres, autour de la cour commune, ou bien se tassant sur leur propre solitude, livrées à elles-mêmes, au mystère des bois, aux esprits, à la grâce de Dieu...
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  • Par hema6, le 15 février 2011

    Il faut croire que quelque chose subsiste après le plus grand des malheurs, puisque les hommes ne veulent pas mourir avant leur temps.
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Videos de Simone Schwarz-Bart

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Vidéo de Simone Schwarz-Bart

Remise du prix du célèbre Prix CARBET de la CARAÏBE 2008, Conseil Régional d'Ile-de-France, 12 Décembre 2008.
LAUREATS : André et Simone SCHWARZ-BART, pour l'ensemble de leur oeuvre. DISCOURS de Simone SCHWARZ-BART.








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