> Bernard Kreiss (Traducteur)

ISBN : 2070425231
Éditeur : Folio Gallimard (2003)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
" Ce soir-là, à Southwold, comme j'étais assis à ma place surplombant l'océan allemand, j'eus soudain l'impression de sentir très nettement la lente immersion du monde basculant dans les ténèbres. En Amérique, nous dit Thomas Browne dans son traité sur l'enfouissement d... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par brigetoun, le 11 novembre 2009

    brigetoun
    Voyage à partir du Norfolk en longue coulée, dans ce que lui disent ces paysages ou ce qu'il rêve à partir d'eux - pans de vies, corps d'idées - rebondissant de ces visions assez désolées, ou de ces paysages mourrants à d'autres, de personnages en personnages, échos secrétés par, et nourriture des lieux, éléments constituant par touches une philosophie.
    Et c'est par eux que je me retrace ce trajet, ne gardant le corps du livre, sa saveur, que dans les souvenirs qu'ils amènent pour moi et qui doit être découvert en lisant.
    Michael Parkinson « l‘un des hommes les plus innocents qu‘il m‘ait été donné de rencontrer », son manque de besoin, l'étude de Ramuz
    Thomas Browne - les dissections, la leçon d'anatomie de Rembrandt - l'état flottant d'un opéré - l'érudition et le quinconce retrouvé partout et « dans le jardin du roi Salomon, dans l'ordonnance des lys blancs et des grenadiers qui y sont alignés au cordeau »… - les sépultures, la crémation
    Hazel, le jardinier de Someleyton et la guerre aérienne
    Les pécheurs de harengs et le dépeuplement des océans, ou leur empoisonnement
    Bioy Caséres, les miroirs - son exemplaie de l'Anglo American Cyclopedia. - à l'existence incertaine
    Johan Mauritz, les fortunes faites par les négociants au siècle d'or, et l'exploitation du Brésil
    Les croates, Banja Luka et le traitement infligé aux serbes
    Roger Casement, son histoire reconstituée ou rêvée, le Congo, Conrad, le jugement de ce dernier sur l'horreur de cette colonisation, et son histoire quand il était Jozef Teodor Konrad Korzeniowski, Cracovie, l'Ukraine, le traineau et l'oncle Tadeuz (et ces pages sont admirables)
    L'empereur Xianlong, les compagnies occidentales, l'opium, l'impératrice Cixi, la sècheresse de 1878, et l'amour de l'impératrice pour les vers à soie - « ces créatures pâles, presque transparentes,qui délaisseraient bientôt leur vie au profit du fil ténu qu'elles tissaient, lui apparaissaient comme ses véritables fidèles. Elle voyait en eux le peuple idéal, zélé…. » - ses adieux à la vie et à l'empire, et les théories sur le temps humain.
    Algerson Swinburne, ses excursions à Dunwich, sa fuite des salons préraphaléiques - « l'autodissolution progressive de la vie » - la mer qui gagne et le déplacement de la petite ville
    Délaissant les personnages : « toute la civilisation humaine n'a jamais été rien d'autre qu'un phénomène d'ignition plus intense d ‘une heure à l'autre »
    Une lande, le rêve d'un clair labyrinthe et Michael Hamburger et les souvenirs de sa jeunesse berlinoise (de leur)
    Edward FitzGerald, la ruine des propriétaires irlandais - la chasse qui prend possession de la campagne et la superbe visite halucinée aux terrains qui ont servi à la recherche d'armes secrètes
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 23 janvier 2012

    Nous nous sentions épiés par ce témoin muet et c'est ainsi que nous découvrîmes – au coeur de la nuit de telles découvertes sont presque inévitables – que les miroirs ont quelque chose d'effroyable. Bioy Casarès rappela à cet égard que l'un des hérésiarques d'Uqbar avait expliqué que le caractère terrifiant des miroirs mais aussi de l'acte de copulation tenaient au fait qu'ils multiplient le nombre des humains. Je demandais à Bioy Casarès – ainsi poursuit l'auteur – où il avait lu cette sentence pour le moins mémorable et il m'apprit qu'elle était citée dans un article de l'Anglo-American Cyclopoedia consacré à Uqbar. Mais cet article, ainsi qu'on l'apprend dans la suite du récit, ne figure pas dans l'encyclopédie susnommée ; ou plutôt, il ne se trouve que dans l'exemplaire acquis par Bioy Casarès des années auparavant, un exemplaire dont le vingt-sixième volume copte quatre pages de plus que tous les autres exemplaires douteux de cet ouvrage édité en 1917.
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  • Par Orphea, le 16 juin 2011

    Sans doute sont-ce des souvenirs enfouis qui confèrent un caractère singulièrement hyperréaliste à ce que nous voyons en rêve. Mais peut-être aussi que c'est autre chose, une sorte de brume, de voile à travers lequel, paradoxalement, tout nous apparaît plus nettement en rêve. Une petite nappe d'eau devient un lac, un souffle de vent se transforme en tempête, une poignée de poussière en désert, un grain de soufre dans le sang en une éruption volcanique. Qu'est-ce donc que ce théâtre dans lequel nous sommes tout à la fois dramaturge, acteur, machiniste, décorateur et public ? Faut-il, pour franchir les parvis du rêve, une somme plus ou moins grande d'entendement que celle dont on disposait au moment de se mettre au lit ?
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  • Par Orphea, le 16 juin 2011

    Sur chaque forme nouvelle plane l'ombre de la destruction. Car l'histoire de chaque individu, celle de chaque communauté et celle de l'humanité entière ne se déploie pas selon une belle courbe perpétuellement ascendante mais suit une voie qui plonge dans l'obscurité après que le méridien a été franchi.
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  • Par Orphea, le 17 mai 2009

    Incipit

    En août 1992, comme les journées du Chien approchaient de leur terme, je me mis en route pour un voyage à pied dans l'est de l'Angleterre, à travers le comté de Suffolk, espérant parvenir ainsi à me soustraire au vide qui grandissait en moi à l'issue d'un travail assez absorbant. Cet espoir devait d'ailleurs se concrétiser jusqu'à un certain point, le fait étant que je me suis rarement senti aussi libre que durant ces heures et ces jours passés à arpenter les terres partiellement inhabitées qui s'étendent là, en retrait du bord de mer.
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  • Par Orphea, le 16 juin 2011

    Le fait d'avoir associé son nom à une œuvre ne donne pas droit au souvenir et qui sait, au demeurant, si les meilleurs, justement, n'ont pas disparu sans laisser de traces.
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Video de W. G. Sebald

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Winfried Georg Sebald : Austerlitz
Depuis divers site de la ville de Heildelberg, en Allemagne, Olivier Barrot présente : "Austerlitz" de Winfried Georg Sebald. Il explique le pourquoi du titre. Un comédien, Jean Michel Räber, lit un extrait du roman en allemand.











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