ISBN : 2020612046
Éditeur : Editions du Seuil (2003)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Dans les ruelles pittoresques du vieux Toulouse, une multitude de personnages hauts en couleur vont, viennent, se croisent, comme reliés entre eux par un fil invisible : l’inspecteur Moskato, policier dépressif qui ne se remet pas de la disparition de son caniche, Ange ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par LecottagedeMyrtille, le 20 mai 2012

    LecottagedeMyrtille
    Un roman curieux, tragi-comique, à l'écriture fluide, poétique parfois presque lyrique, mais qui me laisse un arrière-goût morose...
    Le roman commençait très mal pour moi, puisque je participe au challenge de Sharon Animaux du monde en raison de ma passion pour les animaux. Or, Paul, le narrateur du prologue, nous apprend qu'il a méticuleusement dépecé son chien pour le manger. Malgré les détails peu ragoûtants, j'ai poursuivi ma lecture et j'ai compris quelques pages plus loin, que Paul mange son chien par amour, pour s'imprégner de lui et de son « enseignement » (oui oui, on parle bien du chien !). J'ai donc pu poursuivre ma lecture plus sereinement ! Par la suite, c'est un narrateur omniscient qui nous présente des tranches de vie du quartier : l'histoire du chien Knult, le fameux chien cuisiné dans le prologue, puis Paul, l'étudiant qui a décidé de renoncer à la vie matérielle et conformiste pour une vie plus que frugale, en communion avec le chien : « Moi, le vagabond, le Robinson sans île, le déjà-moribond, j'éructe et j'exulte dans ma rage. Je vous en veux à tous. Je suis un moine ivre, un tabernacle ouvert, une statue sans tête. Je suis l'église vide à l'autel fracassé, le temple désaffecté au pavillon en deuil. Ma vie est mon cercueil. Il est parti mon Knult, mon seigneur et mon maître, mon Christ décomposé. Il est parti ce matin aux premières rosées. »
    L'inspecteur Moskato quant à lui, sombre dans la mélancolie suite à la disparition de son caniche : « Il se rendait compte que cette bestiole minuscule, ce truc infinitésimal et geignard, avec ses petits riens, ses couinements, son appétit de goinfre, sa quête obsessionnelle de son os en plastique, avait pris dans sa vie une place considérable. » tandis qu'Ange Fraboli s'échine justement à enlever chiens et chats pour les revendre à des laboratoires. Au centre de ces allées et venues, quelques figures récurrentes : madame Estrouffigue qui semble posséder tout le quartier et poursuit ses locataires de son implacable sollicitude, le boucher Luciano et Véro, la vétérinaire, amoureuse de Paul.
    C'est finalement un beau roman qui fait la part belle à la gent animalière, non sans ironie parfois, et n'est pas dénué de comique (Ange Fraboli est ridicule par exemple lorsqu'il se prend pour un séducteur ou encore lorsqu'il est à moitié assommé par une grand-mère qui veut lui reprendre son chien) mais qui ne m'a pas totalement convaincue...
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    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 23 mars 2012

    Lostinmypal
    Stupéfiant ! C'est à peu près le seul mot qui me vienne à l'esprit après avoir tourné la dernière page de cet excellent livre. Ce bouquin semble être pluriel tant les histoires s'entremêlent, tant on passe de la mélancolie à la drôlerie, du sérieux limite philosophie du quotidien au comique de situation. On sort de là avec l'impression d'avoir vécu plusieurs vies, comme ce Paul insaisissable, improbable héros de l'affaire. Comme le signale la quatrième de couverture, on se demande s'il s'agit de déjouer un complot ou de trouver le sens caché de l'existence. Toujours est-il que Ségur nous tient du bout de sa plume, comme un poisson au bout de l'hameçon. Ce livre étrange est diablement bien mené et écrit. Moi qui râle toujours contre la littérature française que j'accuse de tous les maux, j'avoue avoir été scotchée ! Ce roman pas banal nous en fait voir de toutes les couleurs. Alors que le début est passablement bizarre et austère, la suite s'enrichit d'histoires parallèles. Leurs protagonistes se croisent sans savoir que des liens existent entre eux et cela donne lieu à pas mal de quiproquos grâtinés ! Si on ajoute à cela, une ambiance bien toulousaine, notamment en termes d'expressions colorées, on obtient un roman endiablé qui fait rire aux larmes tout en gardant une part de mystère...
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    • Livres 4.00/5
    Par ides60, le 14 juillet 2011

    ides60
    Il a y deux degrés pour appréhender cette lecture. D'abord se laisser aller au rythme des phrases, profiter de cette prose accomplie et si amusante, aimer ou haïr les animaux. Apprécier ou détester les personnages. C'est le plus simple et le plus plaisant.
    Et puis il y a le second degré et toutes les réflexions et les gênes qu'il occasionne. Peut-on réèllement se passer de tout notre confort matériel ? vivre en compensant simplement nos besoins physiologiques ? est-ce la seule façon d'échapper "aux lois du troupeau" ? Peut-on vraiment se démarquer ? C'est vrai que ce sujet est le plus épineux et qu'on préfèrerait ne pas s'appesantir dessus, mais n'est-ce pas la seule et véritable raison d'être de ce bouquin ?
    Formidable.
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Citations et extraits

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  • Par LecottagedeMyrtille, le 20 mai 2012

    Il se rendait compte que cette bestiole minuscule, ce truc infinitésimal et geignard, avec ses petits riens, ses couinements, son appétit de goinfre, sa quête obsessionnelle de son os en plastique, avait pris dans sa vie une place considérable.
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  • Par LecottagedeMyrtille, le 18 mai 2012

    Moi, le vagabond, le Robinson sans île, le déjà-moribond, j'éructe et j'exulte dans ma rage. Je vous en veux à tous. Je suis un moine ivre, un tabernacle ouvert, une statue sans tête. Je suis l'église vide à l'autel fracassé, le temple désaffecté au pavillon en deuil. Ma vie est mon cercueil. Il est parti mon Knult, mon seigneur et mon maître, mon Christ décomposé. Il est parti ce matin aux premières rosées.
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  • Par Spilett, le 03 septembre 2010

    Ce matin, j'ai mangé mon chien. Sans doute vous demandez-vous comment j'ai pu faire ? Je l'ai dépecé comme un vulgaire lapin. Ce n'est pas difficile. Il suffit d'avoir un bon couteau, un couteau qui coupe. Le mien m'avait été prêté par Luciano, le boucher d'à côté. il nous aimait bien, mon chien et moi, depuis le temps. Avec une lame effilée, j'ai accompli ma triste besogne. J'ai taillé la peau de mon pauvre Knult.
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  • Par Spilett, le 05 septembre 2010

    Dieu était une abstraction qu'il fréquentait assez peu, quelque chose comme une table de logarithmes égarée sur une étagère, l'axiome d'Euclide ou le théorème de Planck oublié au fond d'un placard, derrière une pile de boites de conserve. Mais enfin Dieu, ça se respecte et si l'on n'y pense pas souvent, il suffit que ce soit au moment propice.
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Philippe Ségur : Autoportrait à l'ouvre-boîte
Attablé au Rostand, Olivier BARROT présente le dernier roman de Philippe SEGUR, "Autoportrait à l'ouvre-boîte" paru chez Buchet Chastel, et en lit un passage. Photographie de Philippe Ségur.








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