
par Nanne, le 2008-05-23 22:39:01
Trois prénoms. Trois nouvelles. Trois périodes dans le temps. Trois perceptions différentes de l'Histoire commune du peuple allemand. "La chambre noire" de Rachel Seiffert nous convie à feuilleter...
par Nanne, le 2008-05-23 22:41:01
Même quand je pleure à cause de ça, c'est sur moi que je pleure. Pas sur ceux qui ont été tués.
par Nanne, le 2008-05-23 22:40:30
Pourtant Helmut croit en la victoire, ne voit rien d'autre au-delà du grand triomphe auquel il entend bien prendre part. Et il continue à photographier.
J'ai cette photos. Je peux dire : "C'est Askan, mon grand-père. Le mari d'Oma, déjà à l'époque. Le père de ma mère, et plus tard mon Opa. Et pendant tout ce temps un criminel, aussi. " Comment je le sais ? Par un ami. Est-ce que j ai des preuves ? Je n ai aucune raison de ne pas le croire. D'accord, il n'y a pas de photo de lui avec un revolver ,sur la tempe de quelqu'un mais je sais qu'il l'a fait. Et qu'il a appuyé sur la détente. C'est juste que l'appareil photo était braqué ailleurs qu'il a retenu, sur le film un autre meurtre, un autre juif abattu par un autre criminel. Mais Opa était là, à quelques mètres.
À travers l'histoire de trois jeunes Allemands - Helmut, dans Berlin bombardée ; Lore, traversant une Allemagne défaite et dévastée; Micha, tentant, cinquante ans après, de découvrir si son grand-père a participé aux meurtres systématiques de l'armée - Rachel Seiffert raconte comment une nation a perdu l'innocence.
Dans une prose limpide et dense qui, tel un révélateur photographique, fait apparaître l'inracontable, ces trois contes poignants, profonds et subtils ravivent des questions à jamais irrésolues sur l'Holocauste.