ISBN : 2881827101
Éditeur : Paulette éditions (2011)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Un chauffeur nous laisse un matin au bord de la route qui s'éloigne de Jaisalmer. 120 km de désert plus loin, c'est la frontière pakistanaise. "De chouettes types avec qui on aime bien jouer aux cartes" disent nos nomades rajasthani. Nous desce... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 06 septembre 2011

    chocobogirl
    Aude Seigne est une jeune auteur de 25 ans qui, avec ces Chroniques de l'Occident nomade (excepté un recueil de poèmes) signe son premier livre chez le petit éditeur suisse Paulette. Un ouvrage couronné cette année à Saint-Malo par le prix Nicolas Bouvier.
    Dès l'age de 15 ans, Aude Seigne a parcouru le globe, se libérant plusieurs mois par an pour voyager.
    Les chroniques qu'elle nous propose ici ne sont pas du tout un récit de voyage classique. L'auteur s'amuse ici à jeter, selon son inspiration, différentes anecdotes de voyage, des réflexions sur le nomadisme, sur la philosophie du voyage,...
    Elle résume elle-même assez bien son projet :
    "Les Chroniques de l'Occident nomade sont des textes courts, qui résultent de plusieurs Voyages faits en Europe, en Inde, en Australie, en Syrie ou au Burkina Faso. Mais la mémoire ne présente pas ces Voyages de manière linéaire; elle rapproche certains instants séparés par plusieurs années et par plusieurs milliers de kilomètres, elle mêle les Voyages entre eux, y ajoute des rencontres, des réflexions, des critiques. L'écriture des Chroniques de l'Occident nomade mime cette libre association d'idées. Et puis il y a la poésie. Ces chroniques tentent de se détacher du regard ethnographique, "forme d'expiation de l'Occident" selon Lévi-Strauss. Il ne s'agit plus de décrire des peuples, de les comprendre, de se comprendre, d'en extraire une théorie du bon voyageur. Il existe désormais un Occident nomade, pour qui prime l'abandon vers l'ailleurs, le désir de vide, la pure liberté. Et nous verrons ce que cela donne".
    Loin d'être un texte foutraque sans queue ni tête, Aude Seigne réunit différentes expériences de voyage en rapprochant des émotions, des sentiments. Des gens même. En effet, la voyageuse n'hésite pas à évoquer avec une grande liberté de ton les nombreux amants qui ont émaillés ses chemins, traçant ainsi aussi une géographie amoureuse qui peut laisser rêveur.
    "J'avais toujours pensé que je voyagerais toute ma vie, que j'aurais des amants aux quatre coins du monde, et que cela me conviendrait très bien."
    Elle réussit à transcrire avec bonheur son émerveillement devant des villes désertées, des atmosphères crépusculaires, ...
    Elle évoque les auteurs qu'elle embarque dans ses bagages (Flaubert, Dostoïevski) et offre de nombreuses citations voyageuses, de Bouvier, Rimbaud, et d'autres encore.
    Elle s'interroge sur l'écriture qui a partie liée avec le voyage.
    Elle expose sa peur de l'immobilisme et la façon dont il lui faut apprendre à apprivoiser la sédentarisation. Car au bout de 8 ans de crapahutage, Aude doit se poser pour souffler et mieux repartir.
    Ses chroniques nomades s'avèrent finalement un très beau texte sur le nomadisme d'aujourd'hui, sur les errances d'une jeune femme à travers le monde et les émotions qu'il offre, qu'elles soient amoureuses ou géographiques.

    Une jeune auteur à découvrir et qui devrait nous offrir des textes encore plus aboutis par la suite !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-chroniques-de-l-occide..
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    • Livres 5.00/5
    Par BMSierre, le 22 décembre 2011

    BMSierre
    A 15 ans Aude Seigne fait une première expérience de voyage. C'est le début de périples qu'elle restitue merveilleusement dans ces petites chroniques, des petits voyages poétiques à l'intérieur des voyages réels. Elle nous fait partager ses illuminations, ses découvertes littéraires car il y a une écriture propre à la vie de voyage. Elle nous fait découvrir également des pays grâce à ses amours, ce n'est bien sûr pas un guide touristique mais des sensations de voyageuse. le livre se termine par une interrogation .Après tous ces voyages c'est le burn out : trop de pays, trop de mouvements, trop de bonheur de rencontres et de séparations Alors elle s'essaye à la vraie vie avec l'homme qu'elle aime. Mais pour combien de temps ? Très belle écriture. G.B.
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Citations et extraits

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  • Par chocobogirl, le 06 septembre 2011

    J’aime le mot ravissement. Je n’aime pas sa sonorité, son côté rêche et benêt, son étendue. Mais j’aime sa double acception: ravi du temps, enlevé à l’instant présent, et par voie de fait ravi, heureux, ébaubi de beauté. “Le jeu nous ravit” avait dit un professeur de philosophie aux mains maigres, et il m’avait ainsi fait éprouver pour la première fois l’étrange polysémie du terme. Il y a ici quelque chose de l’ordre de Rimbaud, de Dante, de Claudel, quelque chose de la beauté par l’absence. Et une des manières de rapprocher la lecture du voyage est encore cette absence. (..) Et Dostoïevski, justement, me ravit. Je lis L’Idiot à Ouagadougou et l’idiot ne me rend pas heureuse mais me sort du temps où je vis. Dans le silence vertical de la rue ouagalaise aux heures brûlantes, je vois s’élever une datcha, des calèches, des duvets de neige. D’élégantes dames très pâles se promènent dans leurs manteaux de fourrure au milieu des mamas noires suantes et colorées. Les jeunes hommes russes déchaînent leurs passions vers de jeunes Africaines aux courbes suaves. En vérité, les passions qu’on n’a pas la force d’exprimer ici, le bouillonnement intérieur qu’on tait faute d’air, faute d’espace, semble vivre chez ces quelques têtes brûlées, chez ces Slaves blancs lointains de papier. Je suis enlevée à moi-même. Ravie mais pas enchantée.
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  • Par chocobogirl, le 06 septembre 2011

    Comment cela a-t-il commencé au juste ? Pourquoi ce mouvement tout à coup, ces ailleurs, ces hommes ? Est-ce que j’écris sur les voyages ? Est-ce que j’écris sur l’amour ? Difficile à dire. Au début, je vois un ferry qui arrive en Grèce un matin de juillet. J’ai 15 ans. Je me couche un soir sur le pont à Brindisi. J’ai 15 ans. Je vois mes compagnons de voyage dérouler un fin matelas de camping sur le pont crasseux. Il n’y a pas un mètre carré de libre, il faut enjamber ces îles humaines comme on traverserait une rivière au lit peu marqué. J’entends d’ici la réaction petite bourgeoise qui crie en moi. Mais on ne va pas dormir ici quand même ? Je me réveille plus tôt que je ne le fais jamais par moi-même parce que j’étouffe de chaleur. Il à peine 7 heures mais le soleil semble déjà se diriger vers nous de tous les horizons à la fois.
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