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ISBN : 2290098426
Éditeur : Editions 84 (2015)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 294 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

"Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution", écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par Aela, le 27 août 2013

    Aela
    "Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution" écrit Albert Einstein en exil.
    Eduard Einstein a 20 ans quand sa mère, Mileva, d'origine serbe, le conduit à l'asile au début des années 30.
    A l'époque peu de traitements pour traiter la schizophrénie, à part les inévitables électrochocs.
    Par la suite Albert Einstein va apprendre que des cas de schizophrénie avaient existé dans la famille de sa première épouse Mileva.
    Einstein a suivi de loin l'évolution de la maladie de son fils.
    Il a renoncé à l'idée de l'emmener voir le Docteur Freud en consultation.
    Il va se sentir totalement impuissant et va partir en exil aux Etats Unis, sans pouvoir y faire venir son fils Eduard.
    Ce roman nous montre une autre facette du savant Albert Einstein, grand savant, homme de conscience politique poussée et engagé dans de nombreux combats mais totalement démuni pour gérer la folie de son fils.
    Au fil du livre nous apprenons que Albert Einstein et sa première épouse avaient eu une petite fille, appelée Lieserl, alors qu'ils avaient très peu de moyens pour l'élever. Cette petite fille a été laissée en nourrice pendant longtemps et est morte jeune.
    Cette mort "occultée" a-t-elle eu une incidence sur l'évolution psychique de Eduard? c'est difficile de le dire.
    Einstein père va être absent, il va vivre dans un premier temps à Berlin avec sa seconde épouse Elsa et laisser Mileva s'occuper de son fils. Mileva va connaître de gros ennuis financiers: l'internement de son fils coûte cher, les biens de son ex-mari ont été saisis par les nazis.
    Einstein va quitter l'Allemagne en 1933, il dira au revoir à son fils interné à Zurich et ensuite le père et le fils ne se verront plus jusqu'à la mort du savant en 1955.
    Ce livre est une réussite par sa justesse de ton pour évoquer un sujet difficile.
    Laurent Seksik, écrivain-médecin, auteur du très beau "Les derniers jours de Stefan Zweig" réalise encore un coup de maître.
    Un drame de l'intime se déroule sous nos yeux à travers la douleur d'une mère et l'impuissance d'un père pourtant si célèbre et reconnu.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 19 janvier 2014

    cicou45
    Ouawh ! Désolée de commencer cette critique par cette banale exclamation mais c'est le premier mot qui me vient à l'idée pour vous parler de ce superbe ouvrage !
    Bon, je vais essayer de reprendre un tantinet mes esprits afin de vous décrire le mieux possible, dans un langage correctement lisible et qui ne relèverait pas du langage parlé pour vous communiquer, je l'espère, mon enthousiasme concernant ce livre.
    Ce livre est bien plus qu'un simple roman ; certes, vous me rétorquerez qu'il s'agit également d'une biographie mais c'est encore bien plus que cela. Ce livre est également un ouvrage historique puisqu'il rend compte de l'état de l'Europe en ce début de XXe siècle notamment l'ascension d'Hitler au pouvoir et l'extermination massive des juifs ainsi que des handicapés (physiques ou mentaux) et des personnes âgées (bref, toutes les personnes considérées par le parti nazi comme étant inaptes au travail donc pas assez rentables pour pouvoir participer à l'effort de guerre).
    Albert Einstein, bien que son nom soit connu de tous grâce à sa célèbre formule E = mc2, n'était avant de devenir un génie, simplement un homme. Un homme juif qui plus est donc pourchassé par l'état allemand de l'époque. Mais également un être (écartons tout ce qui concerne la religion ou encore le fait d'âtre un des plus grand physiciens de tous les temps) qui a aimé et a décidé d'épouser celle qu'il aimait en ce début de XXe siècle, malgré le fait que sa famille lui ait fortement déconseillé ce mariage. Cette femme, malgré qu'elle soit boiteuse et ait des difficultés à marcher, s'est trouvé belle dans les yeux de son Albert car ces défauts-là, lui, ne les voyait pas. Elle s'appelait Mileva Maric et était d'origine serbe. Mileva et Albert eurent trois enfants ensemble : une petite fille (qui, pour leur plus grand malheur, ne vivra que quelques mois) et deux garçons : Hans-Albert et Eduard. Ils étaient beaux, ils avaient vingt ans et étaient complètement insouciants. Cependant, leur mariage se dégrada rapidement quand Albert prend la décision de partir pour Berlin, seul, abandonnant ainsi sa femme et ses deux enfants sur le quai de la gare.
    Un père absent donc dans la vie de Hans-Albert et d'Eduard et qui même s'il a refait sa vie et épousant sa cousine et n'a jamais laissé sa femme à court d'argent en lui laissant notamment toute la bourse du Nobel, n'a jamais été là pour ses enfants qui, eux, ne réclamaient qu'un peu de chaleur paternelle. Et je crois que pour Eduard, qui a commencé à avoir de sérieux troubles mentaux à partir de dix-neuf - vingt ans, troubles très graves car allant jusqu'à la schizophrénie, cette absence de père a été encore plus traumatisant que pour son frère aîné qui, lui, est devenu un brillant ingénieur, s'est marié et a eu deux enfants.
    Pour Eduard, la vie est toute autre puisqu'il ne peut pas travailler ne même se débrouiller seul puisqu'il ne fait même pas la distinction entre le bien et le mal ou encore entre la vie et la mort. Pourtant, il n'y a pas plus sensible que lui et être plus attachant. Il partagera ainsi sa vie entre l'appartement qu'il partage avec sa mère et l'asile de Burghölzli à Zurich, où il passera trente-trois années de sa vie. C'est sa seconde maison d'ailleurs.
    Je voudrais mentionner un personnage qui m'a beaucoup touché dans cet ouvrage. Il s'agit de Heimrat, l'un des gardiens d'Eduard à Burghölzli puisque c'est le seul qui sera véritablement humain avec lui et qui ne le considérera pas comme un débile profond ou encore comme un animal de foire, dépourvu de sentiments.
    Un ouvrage extrêmement touchant très bien écrit, avec des chapitres courts, chaque chapitre étant consacré à une personne différente, qu'il s'agisse de Mileva, d'Albert, d'Hans-Albert au encore d'Eduard. le lecteur sait parfaitement que cet le personnage principal de ce livre est bien Eduard , l'éternel enfant qui restera toute sa vie "dérangé" pour dire les choses pas trop brusquement et non pas à son père comme l'on pourrait s'y attendre, lui, le Grand Albert Einstein, prix Nobel de physique puisque dans les chapitres consacrés à Eduard, l'auteur emploi le pronom personnel "je" (c'est à dire qu'il le laisse parler en quelque sorte tandis que dès qu'il s'agit des autres membres de la famille Einstein (que se soit le père, le mère ou encore l'autre fils), il emploie le pronom personnel "il" ou "elle".
    Je trouve vraiment l'idée excellente d'avoir consacré un livre entier à Eduard car c'est une personne que j'ai trouvé vraiment très attachante et loin d'être bête (contrairement à tout ce que l'on veut bien lui faire croire) car en plus de son malheur, il faut rajouter qu'Eduard sait qu'il est loin d'être intelligent (bien qu'il l'ait été) mais que cela ne l'empêche pas d'Exister et d'être Lui. A découvrir !
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    • Livres 4.00/5
    Par babounette, le 30 janvier 2015

    babounette
    Déjà 72 critiques sur ce livre, je vais donc tenter de la faire brève. L'histoire du fils cadet d'Albert Einstein se déroule en Suisse, dans les années 1930,
    Eduard est déclaré schizophrène et enfermé dans un asile où il subit divers traitements dont des électrochocs, à cette époque, on endormait pas pour ce genre de" torture". Seule sa mère, Mileva, va s'occuper de lui et lui rendre visite jusqu'à son dernier souffle. Albert vit à Berlin, Mileva n'a pas voulu le suivre et est restée en suisse, d'où à la longue le divorce. Albert finira par s'exiler en Amérique, il était recherché par les nazis. Il ne viendra jamais voir son fils.
    L'un après l'autre, dans le 1er chapitre, c'est la mère qui parle, dans le second chapitre, c'est Eduard et dans le 3ème, c'est le père et ainsi de suite. C'est fascinant de découvrir ainsi la vie de cette famille dont le père est un grand savant, on se fait parfois des idée, souvent fausses, sur la vie des "grands" de ce monde, on imagine un tas de choses et finalement, ce sont des êtres humains comme les autres avec leurs secrets, leurs défauts et leurs sentiments. On a seulement appris en 1985 après avoir découvert et publié la correspondance entre d'Albert Einstein et sa femme Mileva, l'existence d'une petite fille Lieserl, morte à l'âge de deux mois après avoir été abandonnée à une nourrice, pas déclarée," enterrée dans un coin de Serbie connu d'eux seuls et dont ils ne révéleront jamais le lieu". Ce livre nous décrit également la vie dans un asile de fous à cette époque. C'est une vraie découverte, j'ai aimé, j'en parle autour de moi tant j' ai été remuée par ce roman biographique
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    • Livres 5.00/5
    Par tynn, le 18 août 2015

    tynn
    "Hors mon père, je n'ai pas d'existence légale...il n'y a pas de place dans ce monde pour un autre Einstein."
    Il fut Eduard Einstein, jardinier de son hôpital psychiatrique à Zurick.
    Entre fiction et réalité, Laurent Seksik s'attache à reconstituer la tragédie familiale que constitue la schizophrénie du jeune fils d'Albert.
    Par un choix narratif polyphonique, la famille Einstein nous ouvre son intimité:
    Le Père, personnalité immense mais homme ambigu, égoïste quand il s'agit d'affronter les devoirs familiaux,
    La mère, première épouse "courage", abandonnée par un époux volage, à l'existence totalement dévouée à un fils ingérable.
    Et enfin Eduard, entre intelligence et folie, fils en souffrance, fracturé par l'image d'un père absent et par son manque d'amour.
    Le parcours familial des Einstein possède la matière dramatique à une oeuvre de fiction et il n'est pas besoin de chercher à vérifier plus avant les affirmations de l'auteur, qui s'appuie néanmoins sur une solide documentation. Le livre, inspiré de faits réels est attachant, réaliste, au rythme soutenu et parfois éprouvant. Il ne condamne en rien un homme public qui aura subi l'antisémitisme, le maccarthysme, le rejet d'une partie de l'opinion américaine envers ses prises de position humanistes jugées socialisantes. Un homme reconnu pour son génie et qui rate sa vie privée, s'en culpabilise, subissant rancoeurs et reproches de famille fracturée et dispersée. Abandonner son fils Edouard aura été son ultime lâcheté.
    J'ai beaucoup aimé le traitement romanesque de la personnalité d'Eduard. C'est une plongée dans la maladie psychiatrique qui étonne par un mélange subtil d'humour, de clairvoyance et de délire. On suit plus d'une vingtaine d'années de thérapie, avec les théories médicales les plus farfelues et un entourage de soignants à la psychologie obsolète.
    Un livre qui met en parallèle à l'histoire personnelle le contexte des années 30, la montée du nazisme, la guerre en Europe, les lois raciales, quelques figures majeures comme Freud et Zweig...
    Une excellente lecture.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 14 octobre 2013

    Sando
    Que sait-on de la vie privée d'Albert Einstein ? Pour ma part, pas grand-chose avant de lire le roman de Laurent Seksik qui nous plonge directement dans l'intimité de la famille Einstein…
    On y découvre le célèbre génie en père absent, qui a quitté la Suisse en laissant derrière lui une femme, Mileva, et deux fils : Hans Albert et Eduard. A vingt ans, en 1930, Eduard est interné en hôpital psychiatrique pour schizophrénie et troubles de la personnalité. Il y passera le reste de ses jours à ruminer contre ce père tant haï et tant admiré à la fois. Laurent Seksik nous laisse entendre la voix de ce jeune homme perturbé et néanmoins attachant, capable de lucidité sur son propre sort. En parallèle, on suit Mileva, cette mère aimante mais pleine de rancoeur, qui passera sa vie aux côtés de son fils, et Albert Einstein, ce père dépassé et impuissant, dont la maladresse et la pudeur face à sa propre situation émeut. Un père obligé de s'exiler aux Etats-Unis pour fuir un climat de haine et à qui l'on refuse de faire venir son fils…
    C'est avec beaucoup de finesse et d'émotions que Laurent Seksik nous dévoile le drame intime d'une famille, abordant avec une grande habileté des thèmes tels que la folie et la filiation. Un roman touchant et passionnant qui donne envie de pousser plus loin la découverte du célèbre physicien ! Une belle surprise !
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Critiques presse (3)


  • Culturebox , le 11 octobre 2013
    En s'appuyant sur ces trois voix, Laurent Seksik donne à lire une fiction très documentée, recrée des scènes poignantes. Un voyage aux accents de tragédie, de 1896 à 1965, de Novi Sad, la ville natale de Milena, à Zurich, en passant par Berlin, Princeton et Vienne où Eduard subit un traitement barbare.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 27 septembre 2013
    [Laurent Seksik] nous conte avec talent cette Europe des années 1930 et nous rappelle tout en doigté les douleurs intimes des grands de ce monde, la pesanteur des filiations, la complexité de l'âme humaine. Passionnant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LesEchos , le 25 septembre 2013
    C’est une gageure de rendre, avec des mots, la folie. Seksik y parvient avec force lorsqu’il fait parler Eduard. Obsessions rabâchées, violence, extrême sensibilité, visions, hallucinations, on pénètre à l’intérieur de son cerveau.
    Lire la critique sur le site : LesEchos

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Citations et extraits

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  • Par Nastie92, le 19 janvier 2014

    (Einstein se rend pour la première fois au Burghölzli où Eduard vient d'être interné)
    Il est seul dans le compartiment. Le train roule maintenant depuis plus de quatre heures. La vallée est recouverte d'un manteau de brume que, de temps à autre, le vent descendu des montagnes vient dissiper.
    Parfois des larmes silencieuses coulent sur ses joues. Parfois il éclate en sanglots.
    Il a arpenté les quais de toutes les gares d'Europe, marché dans les rues de Tokyo, foulé le pavé des ruelles étroites de Jérusalem, a traversé le canal de Panama. Il a été salué par le président des États-Unis et l'empereur du Japon, a été reçu par l'archevêque de Canterbury inquiet de savoir si ses découvertes remettaient en cause l'existence de Dieu. On l'a acclamé à Shangai, accueilli en héros sur la cinquième Avenue. La terre entière l'a porté en triomphe. Et lorsqu’il revenait s'asseoir à son bureau, le voyage se poursuivait dans son esprit, vers des univers que nul homme n'avait foulés. Il explorait des nouveaux mondes dans la poussière des astres, naviguait au milieu des planètes, traversait des espaces sans fin, repoussait les frontières de l'entendement humain. Il défrichait des îlots de particules élémentaires, mesurait l'expansion de l'Univers, avait cru deviner des étoiles naines, des masses noires gigantesques. Il remontait jusqu'à la source de la création, des milliards d'années en arrière, fouillait pour entrevoir la lumière, approcher des premiers commencements, avant l'instant où il est dit : " Que la lumière fût. " Ses yeux contemplaient l'infiniment petit, son regard se portait dans l'immense absolu. Dans la solitude de sa chambre, il inventait une nouvelle ère dominée par la matière et affranchie du temps. Il unifiait les lois physiques, donnait une nouvelle définition de la lumière. La lumière est à la fois onde et corpuscule. Une autre définition du temps. Le temps s'écoule plus lentement au niveau de la mer qu'en altitude. Une autre définition de la matière : la matière est la courbure de l'espace-temps. Il pressentait l'impensable : des ondes gravitationnelles existent. On avait usé à son égard des superlatifs les plus insensés. Il était l'objet des plus violentes controverses. Il était encensé, adulé, haï. Il était le génie du siècle, le Christophe Colomb des temps modernes ou le diable incarné. Aujourd'hui, c'est un homme seul qui roule vers son malheur.
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  • Par ra, le 26 juin 2015

    Concernant les personnes handicapées et le droit à l'immigration aux Etats-Unis. Bien entendu je ne parle de personne en particulier. Bien entendu, je n'ai été mandaté par personne et vous pourrez présenter le dossier de quiconque à l'administration et M.Hoover s'occupera personnellement de votre cas, donc, reprenons : aux Etats-Unis, l'immigration est régie par la législation de l'Immigration Act et par ses interprétations dans chaque Etat. Tous les demandeurs d'un visa d'immigrant doivent passer un examen médical physique et mental. Les données relatives à l'état de santé d'un requérant sont issues de l'examen médical que doit effectuer un médecin civil agréé selon les directives précises. Est inadmissible quiconque est jugé avoir soit un trouble mental ou physique et une conduite liée à des troubles de comportement pouvant constituer un danger pour la propriété, sécurité ou au bien-être de l'étranger ou d'autrui, comportement risquant de se reproduire ou de provoquer d'autres comportements traumatiques et destructeurs. Le retard mental n'engendre pas automatiquement l'inadmissibilité à moins que le requérant manifeste ou ait manifesté un comportement destructeur. En vertu de la loi, est par ailleurs inadmissible le demandeur qui risque, à n'importe quel moment, de devenir un fardeau pour l'Etat.
    " Tout cela , vous le savez hélas, cher professeur, cependant il est bon parfois de rappeler les choses essentielles. Donc, après une étude sommaire de cas semblables aux vôtres puisque nous savons tous les deux que vous n'avez rien sollicité, je dirai à titre personnel qu'un fils sur deux c'est beaucoup mieux que la plupart des demandes de vos semblables que j'ai traiter aux portes d'Ellis Island. Et j'ajouterai à titre personnel que la Suisse est un pays qui s'honore de traiter ses malades mentaux mieux qu'aucun autre. Allez, professeur, je serai ravi de signer l'acte de naturalisation de Hans-Albert Einstein et de le recevoir dans notre beau pays. Tous les Einstein sont les bienvenus chez nous. Du moins, ceux qui ont la tête bien faite."
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  • Par Aela, le 27 août 2013

    Le monde s'est obscurci. Son nouvel univers se trouve délimité par le tracé de la route qui va de la maison au Burghölzli.
    Elle vient chercher Eduard à la porte du Burghölzli pour le conduire chez elle.
    Quelques semaines plus tard, un accès de démence ramène Eduard entre les murs.
    Elle préfère ne plus compter les séances d'électrochocs.
    Elle n'interroge plus les médecins sur un quelconque bénéfice de la méthode, ni sur sa sauvagerie. Elle ne pose plus de questions.
    Elle contemple la souffrance dans les yeux de son fils; Par deux fois, Edouard a tenté de se suicider. Elle est la compagne de la folie.
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  • Par solyterrien, le 12 juin 2015

    En quelque endroit du monde, on prend racine. La terre importe peu. Seul compte ce que dicte notre conduite, ce que célèbrent nos mémoires. Nous répétons le passé de nos pères, de la même manière qu'enfant nous entonnions leurs prières. Nulle part on ne reste. Ceux qui croient à la pérennité des lieux se leurrent. Nous vivons l'éternel recommencement. Nous connaissons le chaos après avoir fait l'apprentissage de la gloire. L'éphémère est notre état premier. Notre sillon se creuse dans la boue du temps. La terre devient hostile quand nous y prenons racine. Nous vivons dans l'illusion de la considération de nos semblables. Nous imaginons que nos semblables nous jugent pareils à eux. C'est vrai de quelques-uns. La plupart ne nous voient pas comme nous sommes. Nous sommes la projection d'infinis fantasmes. Chacun possède un avis sur qui nous sommes et qui nous devrions être. Nos vies s'inscrivent dans le regard des autres. L'Histoire nous arrache sans cesse aux destinées premières. Là, depuis la nuit des temps, résidant dans notre force, nos joies sans bornes et nos pires malheurs. Cette glorieuse incertitude est notre Terre promise.
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  • Par enkidu_, le 27 mars 2015

    Il est seul dans le compartiment. Le train roule maintenant depuis plus de quatre heures. La vallée est recouverte d'un manteau de brume que, de temps à autre, le vent descendu des montagnes vient dissiper.

    Parfois des larmes silencieuses coulent sur ses joues. Parfois il éclate en sanglots.

    Il a arpenté les quais de toutes les gares d'Europe, marché dans les rues de Tokyo, foulé le pavé des ruelles étroites de Jérusalem, a traversé le canal de Panama. Il a été salué par le président des États-Unis et l'empereur du Japon, a été reçu par l'archevêque de Canterbury inquiet de savoir si ses découvertes remettaient en cause l'existence de Dieu. On l'a acclamé à Shanghai, accueilli en héros sur la cinquième Avenue. La terre entière l'a porté en triomphe. Et lorsqu'il revenait s'asseoir à son bureau, le voyage se poursuivait dans son esprit, vers des univers que nul homme n'avait foulés. Il explorait des nouveaux mondes dans la poussière des astres, naviguait au milieu des planètes, traversait des espaces sans fin, repoussait les frontières de l'entendement humain. Il défrichait des îlots de particules élémentaires, mesurait l'expansion de l'Univers, avait cru deviner des étoiles naines, des masses noires gigantesques. Il remontait jusqu'à la source de la création, des milliards d'années en arrière, fouillait pour entrevoir la lumière, approcher des premiers commencements, avant l'instant où il est dit : « Que la lumière fût. » Ses yeux contemplaient l'infiniment petit, son regard se portait dans l'immense absolu. Dans la solitude de sa chambre, il inventait une nouvelle ère dominée par la matière et affranchie du temps. Il unifiait les lois physiques, donnait une nouvelle définition de la lumière. La lumière est à la fois onde et corpuscule. Une autre définition du temps. Le temps s'écoule plus lentement au niveau de la mer qu'en altitude. Une autre définition de la matière : la matière est la courbure de l'espace-temps. Il pressentait l'impensable : des ondes gravitationnelles existent. On avait usé à son égard des superlatifs les plus insensés. Il était l'objet des plus violentes controverses. Il était encensé, adulé, haï. Il était le génie du siècle, le Christophe Colomb des temps modernes ou le diable incarné. Aujourd'hui, c'est un homme seul qui roule vers son malheur.

    Le train dépasse une succession de villages. On approche de Leipzig. Bientôt ses larmes se tarissent, ses yeux sont secs.

    Le cours de la vie normale est brisé. La vie d'Eduard et son cerveau, sa vie, celle de Mileva et celle d'Hans-Albert. Il nourrissait l'illusion de maîtriser les événements. Il pensait que le sort de l'humanité dépendait de sa science. Il croyait avoir résolu les plus grandes énigmes. Une mouche bourdonne dans le compartiment, se cogne contre la vitre, tourne en rond au-dessus du siège en face. Son destin vole désormais aussi bas que cette mouche. (Burghölzli – Alexanderplatz, 4)
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Laurent Seksik vous présente son ouvrage "L'exercice de la médecine". Parution le 19 août 2015 aux éditions Flammarion. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/seksik-laurent-exercice-medecine-9782081343870.html Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/








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