ISBN : 2081231891
Éditeur : Flammarion (2010)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Le 22 février 1942, exilé à Pétropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte. Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir. Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les six derniers mois d'une vie, de la nost... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 07 novembre 2011

    Alcapone
    Mélancolie, tristesse et désespoir, tels sont apprend-on dans ce roman, les derniers sentiments auxquels s'est abandonné Stefan Zweig durant les 6 derniers mois de sa vie. Contraint de fuir d'abord à Londres, puis à New York pour finir sa course à Pétropolis (Brésil), Stefan Zweig pour le plus grand malheur de ses proches et de ses admirateurs, décide de mettre fin à ses jours un 22 février 1942. Dans sa détresse, il emmène Lotte, sa jeune épouse malade, dans un ultime voyage à véronal...
    Récit d'un exil forcé, ce roman de Laurent Seksik nous dépeint un Zweig désespéré, un Zweig qui broie du noir : alors que l'Allemagne cherche l'espoir dans le nazisme, la Vienne et la Mitteleuropa tant chéries par l'autrichien, ne sont plus que l'ombre d'un souvenir éthéré. Tout n'est devenu que tristesse et désolation : dénonciations, arrestations, suicides... Se pouvait-il que Zweig qui était écrivain avant d'être juif, soit ainsi persécuté pour une religion dont il n'avait que faire ? Littérature, famille, amis, tout ce qui faisait sa joie, ne sont plus que les fantômes d'un passé glorieux. Zweig ne croit plus en rien. Pas même à l'amour immodéré que lui porte Lotte. Car "est-on encore un écrivain quand on est plus lu dans sa langue ? Est-on encore en vie lorsqu'on écrit plus de son vivant ?" p.22. Ses livres sont brûlés, il est considéré comme "alien enemy", ses éditeurs allemands lui tournent le dos... Zweig se sent las. Zweig se sent lâche. Il capitule. Il ne possède ni le bagoût de son ami Feder, ni la conviction de Bernanos. Et ni la politique, ni la religion ne l'intéressent. Il n'est qu'un pauvre écrivain. Hélas, la littérature n'a plus sa place dans ce monde rongé par la guerre et dévasté par le nazisme. Il a pris sa décision et seul Heinrich von Kleist, l'un de ses auteurs préférés l'inspire : oui, il se donnera la mort. Et si Lotte le veut, elle peut partir avec lui...
    S'il est vrai que l'on ne peut réduire un homme à ce que l'on connait de son existence (p. 153), il faut reconnaître que ce roman permet de comprendre Zweig. L'auteur autrichien, dont le talent de biographe n'est pas à prouver, se retrouve sous la plume de Seksik de l'autre côté de la scène. J'ai aimé accompagner le Zweig de Seksik dans ses derniers jours. J'ai aimé ce livre pour Lotte. J'ai aimé ce livre pour les personnages qu'on y rencontre. J'ai aimé ce livre pour ce qu'il dégage de si douloureux dans la détresse d'un homme. Je connaissais l'écrivain Zweig au travers de ses célèbres biographies. J'ai découvert un peu l'homme à travers cette biographie. Il faut lire ce livre...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/les-derniers..
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    • Livres 4.00/5
    Par jpryf, le 25 mars 2010

    jpryf
    Albert Camus a écrit que le problème philosophique le plus sérieux était celui du suicide et il est vrai que le moment où cette décision est prise, où l'on juge que la vie ne vaut plus d'être vécu est particulièrement impressionnant. le roman que vient de publier Laurent Seksik aux Editions Flammarion : « Les derniers jours de Stefan Zweig. » pose cette même question. Qu'est ce qui a fait que le 22 Février 1942, exilé à Petrópolis au Brésil, Stefan Zweig se donne volontairement la mort avec sa deuxième femme, Lotte ? Bien sûr ce grand écrivain juif de la Mitteleuropa avait perdu la vie dans sa Vienne chérie, il avait connu l'errance : l'Angleterre puis l'Amérique et enfin le Brésil. Mais cela suffit-il à expliquer son geste ?
    Le romancier nous raconte avec talent les six derniers mois de la vie de l'écrivain et de sa femme de septembre 1941 à ce 22 février 1942.
    Stefan Zweig a laissé des lettres pour expliquer son geste et notamment celle-ci très connue
    « "Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même.
    Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde.
    Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit ! Moi je suis trop impatient, je pars avant eux."
    Mais malgré ce qu'il a écrit et ce roman refermé on reste dans le questionnement. Depuis longtemps Zweig avait des idées noires et très curieusement, comme le rappelle ce roman dans sa biographie du poète Kleist il s'était attardé longuement sur le suicide du poète avec sa deuxième épouse.
    Comme toujours,face à ce suicide le mystère demeure.
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    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 25 juin 2010

    Stemilou
    Le roman débute en Septembre 1941 et se termine le 22 Février 1942. Les 6 derniers mois de Stefan Zweig conté par Laurent Seksik. Il n'est pas seulement question de Stefan Zweig mais également de Lotte Altmann sa seconde épouse, de leur vie à Petrópolis au Brésil lorsqu'ils fuirent le régime nazi. On côtoie Zweig sa vie, ses tortures mentales (il se sentait traqué), sa nostalgie d'un pays perdu et de l'époque de ces grands écrivains qui ont marqués la littérature (beaucoup de références aux œuvres de Stefan Zweig et de ses contemporains : Thomas Mann, Georges Bernanos, Ernst Toller, Walter Benjamin..).

    La fin de son monde le pousse au désespoir car celui qui s'annonce est sombre et sauvage. Sa ville Vienne très chère à son cœur est aux mains des allemands, et ce n'est que le début, d'après lui les forces nazies vont finir par débarquer sur le continent américain et traquer tous les juifs qui s'y sont cachés mais surtout il était navré de voir la langue allemande celle qu'il utilisait pour ces œuvres devenir la langue de l'infamie. Il a tout perdu : certains de ses amis, sa demeure de Salzbourg, ses livres…
    C'est donc cette chute dans les ténèbres qui nous est contée dans ce roman, la fin de l'auteur le plus lu de son époque ; leur suicide qu'il qualifiait pourtant de lâcheté.

    Il est difficile d'attacher des mots à un destin, d'expliquer un geste ou de le faire comprendre ; difficile de rester neutre devant la vie de Stefan Zweig ; difficile de se mettre dans la peau d'un homme à l'âme torturée. Je ne peux expliquer très longtemps les sentiments qui m'habitent une fois la dernière page tournée, juste un mot : bouleversant.

    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-les-derniers-jours-de-stefan-z..
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 04 août 2011

    Missbouquin
    L'auteur :
    Né en 1962 à Nice, il est médecin et écrivain. Ce livre, qui est son quatrième roman, a été vendu à plus de 50 000 exemplaires et traduit en sept langues.
    Le livre :
    Il relate les six derniers mois de Stefan Zweig et de sa femme, en 1942.
    Ce que j'en ai pensé :
    Ce livre m'a littéralement bouleversé ! En premier lieu, j'adore cet auteur, il était donc normal que j'aille vers cette biographie romancée. de plus, Zweig est un personnage à lui tout seul et il avait une telle personnalité, une telle profondeur d'esprit mais également un tel désespoir en lui qu'il se prêtait particulièrement bien à ce jeu romanesque.
    Ensuite, sa vie est un tableau formidable de la vie culturelle européenne de l'avant-guerre. Mais également de l'Histoire européenne et de la montée du nazisme.
    Enfin, ce livre est surtout un relais du cri de cet intellectuel qui souffre de voir son monde disparaître, de voir le monde sombrer dans la folie et d'être totalement incapable de l'empêcher. Au-delà de la souffrance individuelle qu'il ressent à être exilé du seul pays où il peut vivre, dont il manie la langue, ce pays qui refuse de publier ses livres; c'est la souffrance collective d'un peuple entier écarté soudainement de la vie et du droit d'exister.
    A lire absolument !
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    • Livres 4.00/5
    Par estrella_oscura, le 18 janvier 2012

    estrella_oscura
    C'est le roman de la fin d'un monde et du vent au-dessus de l'abime,
    l'exil ontologique de celui qui, très tôt, a la prescience du danger hitlérien et s'engage dans une fuite perpétuelle. Il fuit l'Autriche en 1934 et ne cessera plus de le faire pendant huit ans.
    D'abord en Angleterre, où il rencontre sa seconde femme Lotte. Puis à New York et finalement au Brésil. Et c'est avec la vision sereine et mélancolique d'une malle nouvellement arrivée à Pétropolis que s'ouvre le roman de Seksik.
    Nous voilà chez le couple Zweig de septembre 1941 à février 1942, au coeur du Brésil et de leur quotidien. Nul travail de biographe pointilleux ni exegèse des derniers travaux de la part de l'auteur. Ils sont simplement nus avec leurs peu de livres et sans plus de patrie, tentant de survivre et d'écrire. On croise des paysages exotiques, le marché, le Joueur d'échec et ces intellectuels également exilés : Bernanos, Ernst Feder, Abroho Koogan. Tout appelle à l'espoir, à l'engagement - à la Vie. Pourtant, derrière cette façade toute pastel et surannée, Zweig est l'inconsolable et d'un humanisme si absolu qu'il ne peut concevoir d'avenir aux atrocités du présent. Si la plume écrit encore, l'homme est brisé. Quant à sa femme, asthmatique et d'une amoureuse abnégation, elle s'évertue à prier et à être celle dont son époux a besoin : l'oreille, l'amie, la distrayante, l'accompagnante au bord du gouffre.
    C'est avec une respectueuse pudeur et la simplicité de l'hommage sincère que Laurent Seksik déroule pour nous le quotidien de ce lent suicide que scande les mois comme tourne l'aiguille. Un roman délicat, fascinant et plein d'empathie qui se lit avec une pointe de recueillement.
    Et l'on serait tenté d'attribuer à Zweig lui-même ce qu'il avait écrit de la mort de Kleist - "Ce coeur troublé a trouvé la paix, se sent en communion avec l'univers, il parvient à faire de sa souffrance un monument impérissable [...]. Il a su mieux mourir que vivre : sa mort est un chef-d'oeuvre"

    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2011/08/12/le..
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 13 mai 2010

    Il resta posté devant la malle, dans une sorte de calme hypnotique, enchaîné là comme par un charme. Ce fut le premier instant d'insouciance depuis des mois. Il chercha au fond de la poche intérieure de son veston la clé de la malle, cette clé qu'il avait toujours conservée sur lui, qu'il effleurait parfois du bout des doigts, comme un précieux talisman - au milieu d'une foule empressée, sur un quai de gare ou la jetée d'un port, dans l'attente d'un bateau ou d'un train dont l'arrivée était donnée pour incertaine. Chaque fois, la magie agissait. Le contact de la clé le conduisait vers le passé. Une caresse sur le métal froid offrait un tour de calèche autour du Ring, une place pour une première au Burgtheater, la compagnie de Schnitzler au restaurant Meissl & Schadn, une conversation avec Rilke à la brasserie de la Nollendorfplatz. Ce temps-là ne reviendrait pas. Jamais plus les flâneries sur le pont Élisabeth, les marches sur la Grande Allée du Prater, l'éclat des dorures du palais de Schönbrunn, ni le long déploiement du soleil rougeoyant sur les rives du Danube. La nuit était tombée pour toujours.
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  • Par kathel, le 20 novembre 2010

    Pétropolis serait le lieu de tous les commencements, l’endroit des origines, semblable à celui où l’homme était né de la poussière et retournerait à la poussière, le monde primitif, inexploré et vierge, garanti d’ordre et de certitude, jardin du temps où régnait le printemps éternel. Il resta posté devant la malle, dans une sorte de calme hypnotique, enchaîné là comme par un charme. Ce fut le premier instant d’insouciance depuis des mois. Il chercha au fond de la poche intérieure de son veston la clé de la malle, cette clé qu’il avait toujours conservée sur lui, qu’il effleurait parfois du bout des doigts, comme un précieux talisman – au milieu d’une foule empressée, sur un quai de gare ou la jetée d’un port, dans l’attente d’un bateau ou d’un train dont l’arrivée était donnée pour incertaine. Chaque fois, la magie agissait. Le contact de la clé le conduisait vers le passé. Une caresse sur le métal froid offrait un tour en calèche autour du Ring, une place pour une première au Burgtheater, la compagnie de Schnitzler au restaurant Meissl & Schadn, une conversation avec Rilke à la brasserie de la Nollendorfplatz.
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  • Par liratouva2, le 01 novembre 2010

    Le monde qu’il avait connu était en ruines ; les êtres qu’il avait chéris étaient morts ; leur mémoire livrée au saccage. Il s’était voulu le témoin, le biographe des riches heures de l’humanité ; il ne parvenait pas à se faire le scribe d’une époque barbare. Sa mémoire occupait trop d’espace, la peur prenaiy trop l’ascendant. La nostalgie était l’unique moteur de son écriture. Il n’écrivait qu’au passé.
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  • Par liratouva2, le 01 novembre 2010

    Ce que j’aime chez toi, c’est ton côté freudien. Oui, freudien. Tu ne racontes pas une histoire. Tu utilises un narrateur pour relater un récit, et ce narrateur s’entretient avec un tiers pour relater un récit, et ce narrateur s’entretient avec un tiers qui écoute sa confession. Tu as porté à son plus haut point la technique du récit enchâssé. Tu as inventé « le style romanesque psychanalytique.
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  • Par liratouva2, le 01 novembre 2010

    Pour moi, l’intérêt de tes livres réside dans le mystère de cette relation entre le narrateur et son interlocuteur. Plus encore que le héros, c’est le confesseur qui me fascine, cet être resté dans l’ombre et qui jamais ne juge….Ce qui demeurera de tes nouvelles, ce n’est pas tant le récit du monde ancien, ton cher monde disparu mais la chronique d’une dévastation. Le spersonnages de tes livres témoignent de la désintégration du monde
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