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> Jeanne Colza (Traducteur)

ISBN : 2264018941
Éditeur : 10-18 (2004)


Note moyenne : 4/5 (sur 240 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le désoeuvrement à Brooklyn. Le sexe et la violence comme passe-temps, parenthèses dans le déroulement d'une vie sans cours que l'on referme aux pissotières de Chez le Grec, un café sans intérêt si ce n'est qu'il est peuplé d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 06 janvier 2013

    le_Bison
    « (Georgette dansait tout autour de la pièce en fredonnant des chansons, vêtue d'un slip de soie et d'un soutien-gorge rembourré, et un type était assis nu, au bord du lit, de la sueur roulait sur son corps luisant, il touchait la soie quand Georgette passait près de lui, il jouait avec ses parties génitales, se léchait les lèvres, de la salive lui tombant de la bouche ; puis elle ôta son slip et il le saisit, enfouit son visage dedans et tomba sur le lit en gémissant en se vautrant…) »
    Je vais t'avouer un truc perso, dont je ne suis pas vraiment fier. Non, ce n'est pas moi ce type, surtout quand on sait ce qu'est Georgette. Je ne juge pas, je n'ai pas d'apriori. Non, mais je voulais me confesser car j'en éprouve subitement le besoin. Malgré mon grand âge, je viens d'être dépuceler. Non pas par Georgette. Je ne juge pas, je n'ai pas d'apriori. Mais par Hubert Selby Jr. Je peux dire qu'il y a un avant et un après. C'est le genre qui marque une vie entière. Je ferai le parallèle avec Charles Henri Bukowski. Lui aussi, il m'avait à sa façon dépuceler sans que je m'y attende, il y a quelques années. J'ai eu du mal à m'en remettre. D'ailleurs, m'en suis-je totalement remis. Je crois que j'en garde encore quelques sérieuses séquelles de nos différentes rencontres. Car, je l'avais fait plusieurs fois avec lui. le plaisir, le plaisir, la soumission et le plaisir. Tant de poésie dans ce monde de brute qui m'a submergé d'émotion et de jouissance.
    Donc, tu oublies l'espace d'un instant ma vie, celle de Bukowski et tu plonges dans celle de Hubert Selby Jr. Sa vie, ses écrits, les deux ensemble. « Last exit to Brooklyn » est donc mon premier et unique, jusqu'à présent. Je te l'ai dit : mon dépucelage. Donc autant commencer avec son premier. Les années soixante. A cette époque, j'écoutais peut-être Charlie Parker. Donc au passage, je vous propose un morceau de choix.
    http://www.youtube.com/watch?v=f¤££¤18De Bukowski 48¤££¤8
    Bird, il en est beaucoup question dans ce roman. du be-pop, du sexe et de la drogue. de perdition aussi. Car dans ces rues sombres de Brooklyn, j'y croise plus de paumés que de dingues. Des putes et des tantes, des marins ivres et des ouvriers perdus. le livre est dérangeant, pas pour la crudité de ses mots, mais plus pour l'affichage de cette société américaine faite de laissés-pour-compte et de marginaux. Une société de plus en plus violente, dans les actes mais aussi dans l'esprit de ces quelques pauvres types.
    « Mary habilla le bébé et le mit dans son berceau. Harry l'entendait qui arrangeait le berceau. Il entendit le bébé qui tétait son biberon. Les muscles et les nerfs d'Harry se crispèrent et il frémit. Il aurait voulu pouvoir attraper ces bruits et les lui foutre dans le cul. Attraper ce bon dieu de môme et le lui refourrer dans le vagin. »
    Mais que ne serait la violence sans un brin d'humour, parce que cette violence n'est jamais gratuite, qu'elle s'impose là, à la face du monde, à la face de ta face. Et heureusement que par moment mon esprit s'échappe avec quelques situations cocasses. Cela apporte quelques moments de légèreté où mon esprit peut vagabonder librement dans une chambre d'hôtel.
    « Alberta baissa les yeux et rit. Tu as encore tes chaussures et tes chaussettes noires. Harry cligna des yeux. Il était debout les jambes écartées, le pénis dressé devant lui, nu à l'exception de ses chaussures et de ses chaussettes noires. Alberta rit puis elle lui enleva ses chaussures et ses chaussettes. Viens cher amour. Elle l'attrapa par le pénis et le conduisit dans la chambre. »
    Donc la prochaine fois, penses à enlever tes chaussettes, cela enlèvera ton ridicule. Car forcément, Harry c'est toi, c'est moi, c'est le mâle perdu qui va dans une piaule miteuse avec une fille qui s'appelle Alberta ou Georgette. Toi, tu te poses sur le lit, tu ne sais pas quoi faire, avec ton truc qui pendouille entre les jambes, et qui se redresse quand tu la vois sortir de la porte des chiottes. Cette nana qui te plait tant et qu'enfin tu t'apprêtes à lui faire la fête. Oui, la lecture est aussi festive, pleine d'entrain, de bonheur et de jouissance. Tu éjacules et tu sens cette satisfaction sortir de toi. Tu n'as pas honte, le bonheur est aussi simple qu'un petit jet. Oui, quand on découvre Hubert Selby Jr, le désir est là à chaque page, à chaque coin corné à force de tourner frénétiquement les feuillets, lentement, puis de plus en plus vite, les mains collantes, mélange de sueur, de bière et de sperme. Ta tête explose.
    « Mais que devait-elle faire ? Bien sûr elle n'avait jamais même laissé entrevoir la vérité aux autres filles, elle était vierge. Elle avait parlé avec quelques unes des filles là-bas chez elle et elles lui avaient dit comment s'y prendre, l'avertissant de ne jamais l'enlever de sa bouche quand ça venait parce que tu pourrais en prendre partout et même dans les yeux et tu sais, chérie, on peut devenir aveugle, et de toute façon c'est le moment où tout explose et tu n'auras pas envie de l'enlever… »
    Mais voilà, ce roman est spécial. Il n'est pas fait pour toutes les têtes, ni même tous les esprits. Il y a cette violence, parfois extrême, un brin choquante qui ne satisfera pas les âmes les plus pures. Il faut avoir un esprit malsain, comme toi qui furète sur ma chronique, ou comme moi qui se délecte des malheurs d'autrui, qui jouit de plaisirs littéraires même les plus disgracieux. Oui, je t'ai percé à jour : si tu es encore là, c'est que tu es encore plus tordu que moi et peut-être que si tu n'as pas cliquer sur le bouton arrêter de ton ordinateur, c'est que secrètement tu attends la grande tirade de Hubert Selby Jr, celle qui te fera frémir toute la nuit et que je garde pour la fin, celle qui te fera commandé dès demain matin une dernière sortie pour le paradis, the « Last exit to Brooklyn ».
    Cette grande tirade étant strictement interdit aux moins de 40 ans, elle ne sera visible que sur mon blog (ah, ah, ah)
    Lu dans le cadre du super challenge : 'des lectures pour dévergonder ManU17' !!!

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=4246
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Last exit to brooklyn
    Traduction : J. Colza
    Crevant de rage et d'un désespoir absolu, irradiant l'alcool, les drogues dont la légendaire Benzédrine, le sang, le sperme, la déviance sexuelle, la violence paroxystique et la déchéance humaine, "Last exit to brooklyn", que certains Etats américains et la Grande-Bretagne interdirent pour obscénité lors de sa parution, ressemble à une grêle de coups de poing furieux assenés par un boxeur fou dans l'estomac du malheureux et innocent lecteur.
    Plus qu'un roman, au sens habituel du terme, il s'agit d'une suite d'Histoires plus ou moins longues reliées entre elles par une bande de petites "frappes" qui roulent les mécaniques d'une virilité ambiguë dans un quartier où sévit déjà la misère économique. La "Gay Pride" n'est pas encore envisageable, loin s'en faut. Alors, tous se veulent des mâles et, dans l'univers de la rue, un mâle se bat, viole, torture, tue, se pochardise, se drogue, vole, défie les flics, fait de la prison et, de temps en temps, se fait tuer. Si certains ont des petites amies ou même se marient, cela ne les empêche nullement de répondre aux avances que leur font les homosexuels, déclarés ou non, qui se meuvent dans leur ombre.
    C'est ainsi que Vinnie, une sombre petite crapule qui se glorifie d'avoir fait de la prison, est aimé par Georgette, un jeune homosexuel qui rêve de vivre avec lui un grand et véritable amour. le pauvre garçon en sera pour ses frais de romantisme ...
    Harry Black, lui, est un homosexuel refoulé qui s'est marié et a eu un enfant mais ne supporte plus désormais que sa femme le touche. Dévoré par les frustrations de toutes sortes, il mène la vie dure aux patrons de l'usine où il est salarié et où il est devenu "l'homme du Syndicat." A l'occasion d'une grève, il va découvrir et accepter sa véritable nature sexuelle. Hélas pour lui, cela sera sans lendemain. Rejeté par des gigolos travestis lorsqu'il n'a plus suffisamment d'argent pour leur payer leurs caprices, il ne peut que rentrer chez lui. Mais chez lui, il n'est plus rien : désormais, il lui est impossible de se mentir à lui-même. Alors, il sort et il ...
    Il y a aussi Tralala, une ado comme on dirait aujourd'hui de 15 ans, qui couche à droite et à gauche non pas tellement pour de l'argent au début mais peut-être parce que "cela se fait ..." Elle sombrera vite dans l'alcool et sa fin est, avec celle du "Dahlia Noir" d'Ellroy, l'une des plus atroces qu'il m'ait jamais été donné de lire.
    Il y a encore les marins en bordée, que l'on gruge et que l'on tabasse, parfois si bien qu'ils en meurent. Mais il n'y a jamais de témoins, bien sûr. Et puis le petit monde affreusement noir de ce quartier où à vrai dire, personne ne survit parce que tout le monde est déjà mort, assassiné par les contraintes sociales et morales, par les non-dits puritains d'une société en pleine déliquescence.
    Comme dans le "Voyage ..." de Céline, il n'y a ici plus aucun espoir. De temps à autre, c'est vrai - voyez la façon dont Vinnie écoute Georgette lire un poème d'Edgar Poe ou la tendresse qui, brusquement, s'éveille en Harry Black et ne sera jamais payée de retour - Selby nous chuchote que les choses auraient pu être différentes.
    Ailleurs. En d'autres temps. Peut-être. Dans un pays imaginaire, en somme.
    Mais certainement pas dans le Brooklyn qu'il nous dépeint.
    Un livre douloureux, épouvantable, monstrueux même. Mais un grand livre ! ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 21 décembre 2013

    Luniver
    Cette plongée dans Brooklyn à la fin des années cinquante n'est pas de tout repos. Cinq vies nous sont exposées brièvement, cinq moments basiques de vies pourtant pas banales : une bande de copains dont la seule occupation consiste à se frapper ou à trouver quelqu'un d'autre sur qui frapper ; un homosexuel travesti, accepté bon gré mal gré dans sa famille, et tombé amoureux d'un ancien taulard qui ne pense qu'à lui soutirer de l'argent et s'amuser à ses dépens ; une jeune fille qui se prostitue d'abord par ennui, et qui sombre irrémédiablement avec la disparition progressive de sa beauté ; un syndicaliste qui hait sa femme et trouve le réconfort dans les bras de travestis prostitués, le temps d'une grève qui lui donne droit à un budget illimité. Quelques instantanés de vie dans un immeuble pour terminer, dans lequel tout le monde porte la même misère, le même désespoir. Quelques graines d'espoir apparaissent de temps à autre, mais elles tombent sur un sol bien trop aride pour pouvoir s'épanouir.
    Le style rend très bien cette atmosphère de perdition : de grands pavés de texte sans structure, aucune différence typographique entre descriptions, pensées, dialogues, … Tout semble raconté par un narrateur atone, qui parle sur un ton monocorde.
    Un roman assez dur, mais terriblement réaliste.
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    • Livres 5.00/5
    Par carbcarol29, le 03 septembre 2012

    carbcarol29
    Aucun manichéisme dans ce recueil d'histoires toutes liées les unes aux autres par les personnages et le quartier de Brooklyn avec ses bars plus glauques les uns que les autres. Les histoires sont servies froidement, sans jugement de valeur, sans jugement tout court d'ailleurs, il ne s'agit que d'une succession de faits plus ou moins dérangeants, que le lecteur voit défiler, impuissant devant tant de violence parfois. Les personnages présentés dans quelques-unes de ces histoires sont souvent pathétiques. Il y a Georgette, jeune travesti dopé au gin et à la benzédrine, mais follement fleur bleue, il y a Tralala, la petite prostituée à qui l'on a envie de mettre des claques tellement elle semble sans cœur, et il y a Harry Black, le gros dur qui ne supporte plus sa femme et son fils et va trouver refuge dans les bras de jeunes travestis vénaux. Mais la partie de ce livre qui m'a le plus troublée, c'est la dernière, joliment intitulée « Coda – Bout du monde ». On entre ici dans le quotidien de gens complètement paumés, alcooliques, fanatiques, violents, désœuvrés, et c'est terriblement dérangeant. Les femmes se prennent des gnons à longueur de journée, ou alors elles squattent les bancs publics, lorsque l'été arrive, et passent leur temps à observer les autres, à les critiquer sans aucun esprit et vont même jusqu'à souhaiter qu'un bébé tombe d'une fenêtre pour mettre un peu de piment dans leurs existences horriblement mornes. « Coda », c'est une succession de tranches d'existence – ces personnages vivent-ils vraiment ? – où l'on comprend assez rapidement que les enfants, qui peuplent ces récits, finiront comme leurs parents à force de les voir se battre, s'engueuler, s'insulter et picoler.
    J'ai mis du temps à lire « Last Exit » parce que ce qu'Hubert Selby Jr. écrit et décrit est dur, très dur. C'est glauque, froid, amer, désespérant, mais tellement réel. Au final, je suis bien contente d'avoir eu ce livre entre les mains, même si c'est certainement l'un des plus crus, des plus glaciaux, qu'il m'ait été donné de lire.
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    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 23 octobre 2012

    colimasson
    La misère, la misère, la misère. Tout le contenu de Last exit to brooklyn se résume à ce mot et pourtant, il reste encore bien des choses à en dire, et d'abord parce que cette misère est difficile à identifier. Economique à la base, elle se complète par une pauvreté culturelle et spirituelle et la désagrégation de toute valeur morale, qu'elle concerne la sphère familiale, amicale ou qu'elle contrôle les domaines de l'économique et du professionnel. Cette pauvreté spirituelle est-elle la conséquence de la misère économique ? A moins que ce ne soit le contraire. On se pose souvent cette question en lisant le livre et, grâce au recul que nous donne Hubert Selby, les comportements des personnages apparaissent dans toute leur absurdité et tendent à nous les présenter à la fois comme victimes et responsables de leur sort.

    La forme de Last exit to brooklyn permet de présenter un grand éventail de personnages au lecteur. Entre rupture et continuité, les nouvelles qui composent ce recueil isolent chacune leur tour une des facettes constitutives d'une seule unité : celle de la misère qui anime Brooklyn. On observe les alcooliques désœuvrés qui passent leur temps accoudés au comptoir chez le Grec, les travestis obligés de se shooter pour ne pas prendre conscience des conditions de vie extrêmes qu'on leur impose, une prostituée qui passe de l'indifférence à la psychose, des couples et leurs enfants unis par la violence et le dégoût, des travailleurs en grève, enfin, les habitants d'un immeuble qui n'ont en commun que leur isolement.

    Chaque partie est à la fois trop courte et trop longue. Trop courte car en quelques dizaines de pages, Hubert Selby est obligé de se concentrer sur l'essentiel de sa démonstration. Jamais il ne répond au « Pourquoi » bien légitime du lecteur, préférant se concentrer sur le « Comment ». Et ce sont des descriptions qui prennent trop de place au détriment de l'intérêt que Selby aurait pu porter à la psychologie de ses personnages. Souvent, on a hâte que le chapitre se termine, mais lorsqu'on arrive au point final, on reste sur sa faim, avec l'impression d'avoir à peine entr'aperçu la réalité des personnages.

    L'écriture de Selby joue peut-être dans cette sensation car il utilise une écriture minimaliste et descriptive, sans doute pas la plus approprié pour l'introspection. Il pèche parfois pour exprimer les émotions des personnages et s'il en ressort une impression désagréable, elle se fait toutefois l'écho des difficultés d'expression qui sont une des causes de la violence du milieu que Selby nous décrit.

    Avec un style plat et monotone, Hubert Selby parvient à susciter un profond dégoût et une lassitude à l'égale de son sujet. Loin d'être une lecture de plaisir, Last exit to brooklyn ennuie et décourage, mais puisqu'il parvient à allier à la fois le fond et la forme, on ne saurait dire s'il s'agit d'un exploit ou d'un échec…

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-last-exit-to-brooklyn-1964-d..
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Critiques presse (1)


  • Bibliobs , le 09 janvier 2014
    Hubert Selby Jr. regarde les hommes tomber et décrit l'enfer humain, [...] C'est une version X des saintes écritures en six épisodes introduits chacun par un verset de la Bible.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par gigi55, le 03 février 2011

    C'était frais. Cela rafraîchissait. Oui, il faisait plus frais et sa tête avait merveilleusement chaud et elle aurait encore Vinnie et la prochaine fois, un jour, il l'embrasserait. Et ils sortiraient ensemble. Au cinéma. Et ils se tiendraient la main ou bien ils iraient se promener et il lui allumerait sa cigarette... oui, il ferait un abri de ses mains autour de l'allumette, la cigarette pendant au coin des lèvres, et je mettrai mes mains autour des siennes et il soufflera l'allumette et la jettera au loin... mais nous n'aurons pas besoin d'aller danser. Je sais qu'il n'aime pas danser. Je porterai une jolie robe imprimée. Quelque chose de simple. Quelque chose de net et d'élégant. Vinnie? C'était Harry... Non. Non, je n'aurai pas besoin de m'habiller en femme. Nous défierons tout le monde, nous nous aimerons... Aimerons. Et on nous aimera. Et on m'aimera. Et l'oiseau viendra, et il chantera l'amour et nous volerons... Oh, cette salope... Je suis femme de façon bien plus convaincante que Lee quand je suis habillée. Elle ressemble à Chaplin. Et je danserai comme Melissa. Si seulement j'étais un petit peu plus petite. Et bien, nous lui avons montré à Miss Lee, pas vrai Vincent — (Georgette dansait tout autour de la pièce en fredonnant des chansons, vêtue d'un slip de soie et d'un soutien-gorge rembourré, et un type était assis nu, au bord du lit, de la sueur roulait sur son corps luisant, il touchait la soie quand Georgette passait près de lui, il jouait avec ses parties génitales, se léchait les lèvres, de la salive lui tombant de la bouche; puis elle ôta son slip et il le saisit, enfouit son visage dedans et tomba sur le lit en gémissant en se vautrant...) — Non. Non. C'est maintenant. Demain. Vinnie oui, oui. Vincennti. Vincennti d'Amore. Che gelida mania... oui, oui. J'ai froid, oh mon bien-aimé. Si me chiamano Mimi... Si, une bougie. La douce lumière des bougies... et je vais lire pour toi. Et nous boirons du vin. Non, il ne fait pas froid. Pas vraiment. C'est seulement la brise du lac. C'est si beau. Paisible. Regarde, rienque quelques petites rides à la surface. Et des saules. Oui. Si. Des saules majestueux qui se penchent pour se regarder dans l'eau; qui se courbent pour nous dire oui. Oui, oui, oui... Oh, Vincennti tiens moi. Plus fort. Vincennti d'Amore. O soave fanciulla. -- (Georgie est un de mes amis, il est prêt à me baiser à n'importe quel moment pour 25 cents ou) — Le Lac. Le Lac. Et la lune... oui... Regarde. Regarde. Vois-tu là-bas? Un cygne. Oh comme il est beau. Comme il est calme. La lune le suit. Regarde comme elle l'éclaire. Oh, quelle grâce. Oh oui oui oui Vinnie... Vincennti... Regarde. Regarde, il vient vers nous. Nous. Pour nous. Oh comme il est blanc. Oui. Il est blanc. Plus blanc que les neiges sur les montagnes. Et il n'y a plus d'ombres maintenant. Mais il brille, il étincelle. Le roi des oiseaux. Oui. Oh oui, oui, des violoncelles. Des centaines de violoncelles et nous glisserons dans le clair de lune, nous nous pencherons sur LE CYGNE et nous embrasserons sa tête et nous ferons signe aux saules et saluerons la nuit et ils nous rendront grâce... Ils nous rendront grâce et Le Lac nous rendra grâce et nous sourira et la lune nous rendra grâce et les montagnes nous rendront grâce et la brise nous rendra grâce et le soleil se lèvera doucement et ses rayons s'étendront et même les saules lèveront un peu la tête et la neige sera plus blanche et les ombres se lèveront des montagnes et il fera chaud... oui, il fera chaud... les ombres resteront, mais le clair de lune sera chaud (Danse, Ballerine Danse) Vinnie??? Le clair de lune sera chaud. Il fera plus chaud. Serre-moi Vincennti. Aime-moi. Aime-moi seulement. Mais les champs de fleurs sont si beaux au soleil. Dans le flot de lumière vive. Chaude et brillante. Et les hautes herbes fuient et se séparent et les couleurs éclatent et de petites gouttes de rosée brillent et tout est rouge et violet pourpre et vert et blanc... oui blanc, et or et bleu et rose, d'un doux rose et regarde les lucioles... comme des fleurs de la nuit... Oh oui, oui, des fleurs de la nuit. De petites lumières douces. De jolies petites lumières. Oh, j'ai si froid. La commèdia è finita. NON ! NON ! Vincennti. Oui, oui ma chérie. Si me chiamano Mimi. Pauvre petit Georgie. L'oiseau. Écoute Vinnie. Oiseau. Oh oui mon chéri, oui, oui. Je t'aime. T'aime. Oh Vinnie Vincennti. Ta bouche, tes lèvres sont si chaudes. D'Amore. Oh regarde comme les étoiles pâlissent le ciel. Oui, comme des bijoux. Oh Vinnie j'ai si froid. Viens, allons marcher. Sone andati. Oui mon amour, je l'entends. Oui. Il chante l'amour. L'amour Vinnie... il chante l'amour... non NON !
    Oh mon Dieu non!!! Vinnie m'aime. Il m'aime. Ce. N'était pas.
    De la merde.
    p. 77/78
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  • Par le_Bison, le 04 janvier 2013

    …les 10 ou 15 types saouls entraînèrent Tralala jusqu’à la voiture abandonnée sur le terrain vague de la 57ème rue, ils lui arrachèrent ses vêtements, la poussèrent à l’intérieur et quelques types se battirent pour savoir qui serait le premier et finalement il se forma une sorte de file d’attente chacun criant et riant et quelqu’un cria aux gars du bout d’aller chercher de la bière et ils partirent et rapportèrent des boites de bière qu’on passa à la ronde et les gars de chez le Grec s’amenèrent et quelques-uns des gars du quartier vinrent tout autour pour regarder et Tralala gueulait et leur fourrait ses seins en pleine figure et des boites de bière circulaient, on jetait les boites vides et des gars quittaient la bagnole et retournaient dans la file, buvaient quelques bières et attendaient que leur tour revienne et d’autres gars arrivèrent de chez Willies et un coup de téléphone passé à la base amena d’autres soldats et on rapporta de la bière de chez Willies et Tralala buvait de la bière pendant qu’elle se faisait baiser et quelqu’un demanda si on comptait les points et un autre cria personne ne sait compter aussi loin et le dos de Tralala était rayé de crasse et de sueur et ses chevilles la démangeaient à cause de la sueur et de la saleté sur les égratignures qu’elle s’était faites sur les marches et de la bière et de la sueur dégoulinaient des visages sur le sien, mais elle continuait à brailler qu’elle avait les plus gros nichons du monde et quelqu’un répondit bien sûr ma poule que c’est vrai et d’autres s’amenèrent, 40, peut-être 50, et ils la baisaient et retournaient dans la file, buvaient une bière et braillaient et riaient et quelqu’un cria que la voiture puait le cul, aussi on sortit Tralala et le siège et elle était étendue nue sur le siège et leurs ombres cachaient ses boutons et ses cicatrices et elle buvait, faisant sauter ses seins avec sa main libre et quelqu’un lui fourra la boite de bière dans la bouche et ils se marrèrent tous et Tralala jura et cracha un petit bout de dent et quelqu’un recommença et ils rirent et braillèrent et le suivant lui monta dessus et elle eut les lèvres fendues et le sang lui coula sur le menton et quelqu’un lui épongea le menton avec un mouchoir imbibé de bière et on lui tendit une autre bière et elle but et brailla encore au sujet de ses nichons et elle eut une autre dent cassée et la blessure de ses lèvres s’agrandit et tout le monde rit et elle but encore et bientôt elle fut complètement KO, ils lui donnèrent quelques gifles et elle grogna puis tourna la tête mais ils ne purent la réveiller aussi ils continuèrent à la baiser, elle inconsciente sur le siège de la voiture…
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  • Par le_Bison, le 26 novembre 2012

    Un jour, il avait vu une femme, pas mal du tout d’ailleurs, qui se penchait par la fenêtre pour parler à quelqu’un et un de ses seins avait glissé hors de sa robe de chambre. Elle ne savait pas qu’il regardait, alors elle ne s’était pas pressée de le rentrer. C’était un nichon de belle taille déjà. Des choses de ce genre pouvaient arriver à tout moment surtout quand le temps est chaud. Ça avait été une belle journée. Il avait été en forme toute la journée. Ça avait été aussi bon que de s’envoyer une nana. Il avait bandé toute la journée et quand Irene était revenue du boulot, il l’avait aussitôt entraînée dans la chambre et ils avaient baisé comme des dingues. Il l’avait faite asseoir sur lui et ses seins étaient tendus et il s’était enfoui la tête dedans et pendant tout le temps Irene avait frétillé et bon dieu ce qu’il avait pu bander. Ouais, ça avait été une sacrée journée. Bon dieu si seulement ça avait pu se reproduire. Plusieurs fois, il avait aperçu une gonzesse, une noire qui se baladait les seins à l’air, mais ça n’était pas pareil. Ça l’avait fait bander, mais pas de la même façon que le jour où il avait vu ce gros nichon blanc au bout rose. Voilà, c’était ça dont il avait besoin. Y’avait déjà un bon bout de temps qu’il n’avait pas baisé quelqu’un d’autre qu’Irene… A part deux ou trois fois au cours de partouzes mais ça c’était différent. Ça n’était pas pareil que de se taper une nana. Ça n’était pas qu’Irene n’était pas bien – non elle est bien foutue et elle a des nichons terribles – mais il commençait à se fatiguer de faire toujours la même chose avec la même bonne femme.
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  • Par le_Bison, le 22 novembre 2012

    Vinnie et Mary ne seraient pas encore mariés s’ils ne s’étaient pas rencontrés. Mais finalement, cela s’était produit, alors qu’il avait 40 ans et elle 35, ils se marièrent et les deux familles s’en réjouirent. Dès qu’ils furent seuls la première nuit, Vinnie entraîna Mary au lit et se jeta sur elle, secouant le lit, la commode l’image de la Saint Vierge au-dessus du lit, jusqu’à ce que la fatigue empêche Mary de bouger et qu’il ne lui reste plus qu’à rester étendue sur le dos en gémissant et en LUI CRIANT D’ARRÊTER. Mais Vinnie continua de plus belle, en bavant et en CRIANT QU’ELLE ÉTAIT SA FEMME ET ILS CONTINUÈRENT A BONDIR SUR LE LIT (la Saint Vierge tremblait) A BAISER, BAISER, BAISER ET A CRIER. Cinq ans plus tard, ils avaient deux gosses et continuaient à crier.
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  • Par carbcarol29, le 19 août 2012

    Il se dégagea rapidement et s'étendit sur le côté, en lui tournant le dos, il agrippa l'oreiller des deux mains, le déchirant presque, le visage enfoui dedans, prêt à pleurer ; l'estomac soulevé par la nausée ; le dégoût semblait s'enrouler autour de lui comme un serpent, lentement, méthodiquement et retirer douloureusement toute vie de son corps, mais à chaque fois que cela approchait du moment où une simple petite pression mettrait fin à toutes choses : la vie, la misère, la douleur, cela cessait de le serrer, mais la pression subsistait et Harry était là, le corps seul vivant par la douleur, l'esprit malade de dégoût.
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Bande-annonce (en VO) du film Last exit to Brooklyn (1989), réalisé par Uli Edel et tiré de l’œuvre d'Hubert Selby Jr








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