> Jeanne Colza (Traducteur)

ISBN : 2264018941
Éditeur : 10-18 (2004)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 113 notes) Ajouter à mes livres
Le désoeuvrement à Brooklyn. Le sexe et la violence comme passe-temps, parenthèses dans le déroulement d'une vie sans cours que l'on referme aux pissotières de Chez le Grec, un café sans intérêt si ce n'est qu'il est peuplé d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Last exit to brooklyn
    Traduction : J. Colza
    Crevant de rage et d'un désespoir absolu, irradiant l'alcool, les drogues dont la légendaire Benzédrine, le sang, le sperme, la déviance sexuelle, la violence paroxystique et la déchéance humaine, "Last exit to brooklyn", que certains Etats américains et la Grande-Bretagne interdirent pour obscénité lors de sa parution, ressemble à une grêle de coups de poing furieux assenés par un boxeur fou dans l'estomac du malheureux et innocent lecteur.
    Plus qu'un roman, au sens habituel du terme, il s'agit d'une suite d'Histoires plus ou moins longues reliées entre elles par une bande de petites "frappes" qui roulent les mécaniques d'une virilité ambiguë dans un quartier où sévit déjà la misère économique. La "Gay Pride" n'est pas encore envisageable, loin s'en faut. Alors, tous se veulent des mâles et, dans l'univers de la rue, un mâle se bat, viole, torture, tue, se pochardise, se drogue, vole, défie les flics, fait de la prison et, de temps en temps, se fait tuer. Si certains ont des petites amies ou même se marient, cela ne les empêche nullement de répondre aux avances que leur font les homosexuels, déclarés ou non, qui se meuvent dans leur ombre.
    C'est ainsi que Vinnie, une sombre petite crapule qui se glorifie d'avoir fait de la prison, est aimé par Georgette, un jeune homosexuel qui rêve de vivre avec lui un grand et véritable amour. le pauvre garçon en sera pour ses frais de romantisme ...
    Harry Black, lui, est un homosexuel refoulé qui s'est marié et a eu un enfant mais ne supporte plus désormais que sa femme le touche. Dévoré par les frustrations de toutes sortes, il mène la vie dure aux patrons de l'usine où il est salarié et où il est devenu "l'homme du Syndicat." A l'occasion d'une grève, il va découvrir et accepter sa véritable nature sexuelle. Hélas pour lui, cela sera sans lendemain. Rejeté par des gigolos travestis lorsqu'il n'a plus suffisamment d'argent pour leur payer leurs caprices, il ne peut que rentrer chez lui. Mais chez lui, il n'est plus rien : désormais, il lui est impossible de se mentir à lui-même. Alors, il sort et il ...
    Il y a aussi Tralala, une ado comme on dirait aujourd'hui de 15 ans, qui couche à droite et à gauche non pas tellement pour de l'argent au début mais peut-être parce que "cela se fait ..." Elle sombrera vite dans l'alcool et sa fin est, avec celle du "Dahlia Noir" d'Ellroy, l'une des plus atroces qu'il m'ait jamais été donné de lire.
    Il y a encore les marins en bordée, que l'on gruge et que l'on tabasse, parfois si bien qu'ils en meurent. Mais il n'y a jamais de témoins, bien sûr. Et puis le petit monde affreusement noir de ce quartier où à vrai dire, personne ne survit parce que tout le monde est déjà mort, assassiné par les contraintes sociales et morales, par les non-dits puritains d'une société en pleine déliquescence.
    Comme dans le "Voyage ..." de Céline, il n'y a ici plus aucun espoir. De temps à autre, c'est vrai - voyez la façon dont Vinnie écoute Georgette lire un poème d'Edgar Poe ou la tendresse qui, brusquement, s'éveille en Harry Black et ne sera jamais payée de retour - Selby nous chuchote que les choses auraient pu être différentes.
    Ailleurs. En d'autres temps. Peut-être. Dans un pays imaginaire, en somme.
    Mais certainement pas dans le Brooklyn qu'il nous dépeint.
    Un livre douloureux, épouvantable, monstrueux même. Mais un grand livre ! ;o)
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Titine75, le 01 mars 2009

    Titine75
    Ami lecteur si tu apprécies le travail d'Anna Gavalda, de Marc Levy ou de Paolo Coelho, passe ton chemin, le livre dont nous allons parler n'est pas pour toi.
    « Last Exit to Brooklyn » est le premier livre écrit par Hubert Selby Jr (1928-2004) en 1964. Cet ouvrage est composé de six nouvelles sur la vie quotidienne trash d'habitants de Brooklyn. La violence domine ce quartier urbain de New York et contamine tous les êtres humains, même la cellule familiale est gangrenée. La vision que nous propose Selby est véritablement cauchemardesque. Les personnages de ce quartier se croisent dans les nouvelles et sont tous à l'origine de leur malheur, on ne ressent pas de pitié pour eux. Trois nouvelles sont plus marquantes que les autres. « La reine est morte » nous narre l'histoire de Georgette, un travesti amoureux d'un ex-taulard. Elle fait des pieds²et des mains pour plaire à Vinnie qui n'a bien sûr qu'une idée en tête : lui arracher du fric ou de la drogue. Georgette est une midinette sous benzédrine, incapable d'affronter la réalité et prête à tout pour avoir cet homme qui ne lui répond que par des coups.
    « Tralala » est l'histoire d'une déchéance, d'un délabrement progressif. Tralala a couché avec un homme pour la première fois à 15 ans et elle en fait petit à petit son métier. Les hommes l'entretiennent u début, elle leur dérobe leur argent puis se fait payer. Elle boit de plus en plus et sa tenue se transforme en vieilles fripes. Elle finit battue à mort dans une décharge, étendue nue et totalement humiliée par une bande d'hommes croisée dans un bar.
    La plus volumineuse nouvelle est « la grève ». Harry Black est un syndicaliste redouté par sa hiérarchie, toujours à l'affût de la moindre infraction au règlement de l'usine. Harry le fait d'ailleurs plus pour ennuyer les patrons que par véritable solidarité avec les autres ouvriers. Il profite de quelques semaines de grève pour prendre du bon temps dans le local loué par le syndicat. Il y picole beaucoup, y invite ses amis et y a une révélation sur sa vie sexuelle : il préfère les travestis à sa femme qu'il dédaigne et méprise chaque jour. Cette découverte l'entraîne dans un désir sexuel de plus en plus irrépressible que les travestis rencontrés n'arrivent pas à combler. Harry Black finit lui aussi roué de coups dans une décharge après avoir poussé sa perversité trop loin.
    La dernière nouvelle est quant à elle un enchevêtrement d'histoires qui sont celles des habitants d'un même immeuble. S'y concentrent toute la noirceur, la violence, la misère domestique, la cruauté décrites par Selby dans les autres nouvelles.
    Hubert Selby Jr nous entraîne dans un monde infernal, servi par une écriture crue, sans concessions et sans arrondis. le style est glacial, sec pour nous présenter un monde sans amour, sans humanité, un monde uniquement capable de violence et d'humiliation de l'autre. Selby nous montre une autre Amérique, celle qu'il connaît et qui reste dans l'ombre. Tous les personnages sont des êtres perdus, noyés dans leur quotidien sordide et à qui rien ne peut sourire. Dans ce quartier, rien ne semble pouvoir changer, aucun personnages ne peut s'extirper de la gangue de violence, le rêve américain n'est pas pour eux.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2007/12/30/last-exit-to-brookling..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 25 février 2011

    paulotlet
    Roman extrêmement cru, Last Exit to Brooklin raconte la descente aux enfers d'un syndicaliste à l'image plutôt virile attiré sexuellement par les hommes et en particulier quelques travelos qui traînent dans le quartier. De bars glauques fréquentés par des marins ivres en chambres délabrées pour tapineuses de dernier choix, le livre nous emmène aux frontières de ce que l'humanité ordinaire à de moins reluisant. Violence, sexe, drogue, humiliation, rien ne manque à ce monde pour en faire un avant goût de l'enfer. Last Exit to Brooklin met mal à l'aise parce qu'il nous oblige à regarder ce qu'on aimerait ignorer.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Davd, le 15 mai 2012

    Davd
    Take a walk on the wild side.
    Selby va vous faire patauger dans la merde. Il montre une humanité stupide, cupide, lâche, cruelle, violente mais qui crève de son manque d'amour.
    Autour d'un café minable gravite une nébuleuse de personnages dont on suit la splendeur et (surtout) la décadence.
    Selby écrit à la pointe sèche, il n'y a pas de gras, il taillade la viande de ses personnages et c'est merveilleux.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par DrJackal, le 05 février 2011

    DrJackal
    Un roman qui a fait sensation à sa sortie, interdit aux USA assez rapidement il aura fait parler de lui. Entre déchéance, misère sociale et violence on suis sur plusieurs nouvelle la vie des uns et des autres dans une lucidité peut être trop dérangeante pour no chère bien pensant de famille de France (ou des USA d'ailleurs).
    Un roman qui dans l'ensemble ne m'a pas plus sur la forme mais qui fait froid dans le dos au niveau du fond.
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Citations et extraits

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  • Par gigi55, le 03 février 2011

    C'était frais. Cela rafraîchissait. Oui, il faisait plus frais et sa tête avait merveilleusement chaud et elle aurait encore Vinnie et la prochaine fois, un jour, il l'embrasserait. Et ils sortiraient ensemble. Au cinéma. Et ils se tiendraient la main ou bien ils iraient se promener et il lui allumerait sa cigarette... oui, il ferait un abri de ses mains autour de l'allumette, la cigarette pendant au coin des lèvres, et je mettrai mes mains autour des siennes et il soufflera l'allumette et la jettera au loin... mais nous n'aurons pas besoin d'aller danser. Je sais qu'il n'aime pas danser. Je porterai une jolie robe imprimée. Quelque chose de simple. Quelque chose de net et d'élégant. Vinnie? C'était Harry... Non. Non, je n'aurai pas besoin de m'habiller en femme. Nous défierons tout le monde, nous nous aimerons... Aimerons. Et on nous aimera. Et on m'aimera. Et l'oiseau viendra, et il chantera l'amour et nous volerons... Oh, cette salope... Je suis femme de façon bien plus convaincante que Lee quand je suis habillée. Elle ressemble à Chaplin. Et je danserai comme Melissa. Si seulement j'étais un petit peu plus petite. Et bien, nous lui avons montré à Miss Lee, pas vrai Vincent — (Georgette dansait tout autour de la pièce en fredonnant des chansons, vêtue d'un slip de soie et d'un soutien-gorge rembourré, et un type était assis nu, au bord du lit, de la sueur roulait sur son corps luisant, il touchait la soie quand Georgette passait près de lui, il jouait avec ses parties génitales, se léchait les lèvres, de la salive lui tombant de la bouche; puis elle ôta son slip et il le saisit, enfouit son visage dedans et tomba sur le lit en gémissant en se vautrant...) — Non. Non. C'est maintenant. Demain. Vinnie oui, oui. Vincennti. Vincennti d'Amore. Che gelida mania... oui, oui. J'ai froid, oh mon bien-aimé. Si me chiamano Mimi... Si, une bougie. La douce lumière des bougies... et je vais lire pour toi. Et nous boirons du vin. Non, il ne fait pas froid. Pas vraiment. C'est seulement la brise du lac. C'est si beau. Paisible. Regarde, rienque quelques petites rides à la surface. Et des saules. Oui. Si. Des saules majestueux qui se penchent pour se regarder dans l'eau; qui se courbent pour nous dire oui. Oui, oui, oui... Oh, Vincennti tiens moi. Plus fort. Vincennti d'Amore. O soave fanciulla. -- (Georgie est un de mes amis, il est prêt à me baiser à n'importe quel moment pour 25 cents ou) — Le Lac. Le Lac. Et la lune... oui... Regarde. Regarde. Vois-tu là-bas? Un cygne. Oh comme il est beau. Comme il est calme. La lune le suit. Regarde comme elle l'éclaire. Oh, quelle grâce. Oh oui oui oui Vinnie... Vincennti... Regarde. Regarde, il vient vers nous. Nous. Pour nous. Oh comme il est blanc. Oui. Il est blanc. Plus blanc que les neiges sur les montagnes. Et il n'y a plus d'ombres maintenant. Mais il brille, il étincelle. Le roi des oiseaux. Oui. Oh oui, oui, des violoncelles. Des centaines de violoncelles et nous glisserons dans le clair de lune, nous nous pencherons sur LE CYGNE et nous embrasserons sa tête et nous ferons signe aux saules et saluerons la nuit et ils nous rendront grâce... Ils nous rendront grâce et Le Lac nous rendra grâce et nous sourira et la lune nous rendra grâce et les montagnes nous rendront grâce et la brise nous rendra grâce et le soleil se lèvera doucement et ses rayons s'étendront et même les saules lèveront un peu la tête et la neige sera plus blanche et les ombres se lèveront des montagnes et il fera chaud... oui, il fera chaud... les ombres resteront, mais le clair de lune sera chaud (Danse, Ballerine Danse) Vinnie??? Le clair de lune sera chaud. Il fera plus chaud. Serre-moi Vincennti. Aime-moi. Aime-moi seulement. Mais les champs de fleurs sont si beaux au soleil. Dans le flot de lumière vive. Chaude et brillante. Et les hautes herbes fuient et se séparent et les couleurs éclatent et de petites gouttes de rosée brillent et tout est rouge et violet pourpre et vert et blanc... oui blanc, et or et bleu et rose, d'un doux rose et regarde les lucioles... comme des fleurs de la nuit... Oh oui, oui, des fleurs de la nuit. De petites lumières douces. De jolies petites lumières. Oh, j'ai si froid. La commèdia è finita. NON ! NON ! Vincennti. Oui, oui ma chérie. Si me chiamano Mimi. Pauvre petit Georgie. L'oiseau. Écoute Vinnie. Oiseau. Oh oui mon chéri, oui, oui. Je t'aime. T'aime. Oh Vinnie Vincennti. Ta bouche, tes lèvres sont si chaudes. D'Amore. Oh regarde comme les étoiles pâlissent le ciel. Oui, comme des bijoux. Oh Vinnie j'ai si froid. Viens, allons marcher. Sone andati. Oui mon amour, je l'entends. Oui. Il chante l'amour. L'amour Vinnie... il chante l'amour... non NON !
    Oh mon Dieu non!!! Vinnie m'aime. Il m'aime. Ce. N'était pas.
    De la merde.
    p. 77/78
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