ISBN : 2070411737
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Ce livre est le récit de la découverte de l'adolescence et de l'exil, des mystères de Paris, du monde, de la féminité. Aussi, surtout sans doute, de l'appropriation de la langue française. L'expérience de Buchenwald n'y est pour rien, n'y porte aucune ombre. Aucune lumi... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 30 juin 2011

    nadejda
    Jorge Semprun dans «Adieu vive clarté» revient sur ses années d'adolescence à Paris avant la guerre et sur son enfance. Il ne le fait pas de manière linéaire. Il répond aux clins d'oeil des hasards de la vie et les suit, curieux lui-même de savoir où cela va le mener.
    Le fil de trame de ses souvenirs reste souvent, comme ça l'est aussi dans «L'écriture ou la vie», des extraits de poèmes ou des textes qui sont liés à un moment de sa vie. Une réminiscence, un détail en fait renaître d'autres, les événements se croisent et se répondent et forment sans en avoir l'air une trame cohérente qui fait qu'on ne se perd pas. Disons qu'il y a une logique sous-jacente de la mémoire qui vient au jour petit à petit.
    Les titres des chapitres nous révèlent le point central de chacun, ce qui fera leur cohésion.
    Mais chaque chapitre est riche de multiples anecdotes et d'aller et retour d'un présent vers un passé plus lointain.
    Chapitre I : J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
    Baudelaire dont la découverte est liée au séjour à La Haye où son père représente la République espagnole .....Début de l'exil et de son lot d'humiliations et fêlure due à la perte brutale de sa mère.
    Chapitre II : Je lis Paludes...
    En cherchant qui lui a fait lire Paludes de Gide, ce livre qu'il a lu et relu, il nous parle de Armand interne comme lui à Henri IV et d'autres amis, et d'autres livres encore.. Et puis «L'essence de Paludes est dans sa langue. On ne peut concevoir Paludes dans aucune autre langue que le français.»
    Et cette langue il veut se l'approprier «J'avais besoin de cette langue, qui, apparemment, coulait de source, mais dont la limpidité était le résultat d'un exigeant travail sur l'inertie et l'opacité naturelles du langage» ; cette langue qu'il décide de parler sans accent suite à une remarque d'une boulangère du quartier latin.
    Chapitre III : Voilà la Cité sainte, assise à l'occident ...
    Rimbaud «Paris se repeuple» qu'il se récite dans le métro qu'il prend pour aller de Saint Michel à la Gare du Nord : O lâches, la voilà ! Dégorgez dans les gares ! / le soleil essuya de ses poumons ardents / Les boulevards qu'un soir comblèrent les Barbares, / Voilà la Cité sainte, assise à l'occident !
    lié à ses déambulations dans Paris et à la découverte des femmes ainsi que Belle de jour de Kessel.
    Chapitre IV : Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres : Adieu vive clarté de nos étés trop courts ...
    Le livre s'ouvre sur Baudelaire et se clôt avec lui.
    Pourquoi n'ai-je pas lu plus tôt les livres de cet homme que pourtant j'admirais ? Ses deux livres (Adieu vive clarté et L'écriture ou la vie) que je viens de lire pratiquement d'une traite sont bouleversants de courage et d'humanité, de ceux qui vous remettent d'aplomb, vous redressent si vous êtes tentés par l' «A quoi bon» du découragement.
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 27 juin 2011

    J'ai essayé d'imaginer ma vie sans l'engagement, corps et âme, dans l'aventure du communisme.
    ...
    Sans lui, elle aurait été plus confortable, certainement. Mais peut-être avait-il fallu toute cette folie, cette perte de soi, cette exaltation, ce goût amer d'un lien transcendant, cette illusion de l'avenir, ce rêve obstiné, cette rationalité somptueuse mais contraire à toute raison raisonnante et raisonnable, toute cette haine, tout cet amour, cette tendresse pour les compagnons inconnus de la longue marche interminable, ces bribes de chants, de poèmes, de mots d'ordre lancés à la face du monde comme un appel d'espoir ou de détresse, cette souffrance sous la torture et l'orgueil d'y avoir résisté : peut-être avait-il fallu tout cela pour donner à ma vie une sombre et rutilante cohérence. p143
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  • Par JeanLouisBOIS, le 26 octobre 2010

    Il n'y a guère d'activité historique, d'engagement en somme, " sans une certaine décision pour une cause imparfaite, car nous n'avons pas à choisir entre des principes et des idéologies abstraites, mais entre des forces et des mouvements réels qui, du passé et du présent, conduisent à la région des possibilités de l'avenir." (p.122)
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  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    La boulangère du boulevard Saint Michel me chassait de la communauté. André Gide m’y réintégrait subrepticement. Dans la lumière de cette prose qui m’était offerte, je franchissais clandestinement les frontières d’une terre d’asile probable. C’est dans l’universalité de cette langue que je me réfugiais. André Gide, dans Paludes, me rendais accessible, dans la transparente densité de sa prose, cet universalisme. p133 134
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  • Par nadejda, le 27 juin 2011

    Je dis ce nom d'arbre comme on savoure un fruit, se souvient d'un nuage, d'une eau de source, ou contemple un coucher de soleil sur l'océan. Magnolia : cherchez la trace de cette blancheur effervescente dans les cendres de ma mémoire.p29
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  • Par nadejda, le 27 juin 2011

    Ce n'est pas par goût de la tranquillité que j'essayais d'oublier ce passé, d'en oblitérer du moins ses effets les plus pernicieux dans mon travail d'écriture. Je n'ai jamais eu de goût particulier pour la tranquillité.
    C'était plutôt par goût de la liberté.
    Je n'aimais pas l'idée d'être confiné dans le rôle de survivant, du témoin digne de foi, d'estime et de compassion. L'angoisse me prenait d'avoir à jouer ce rôle avec la dignité, la mesure et la componction d'un rescapé présentable : humainement et politiquement correct.
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SMEP 2011 Alexandra de Broca
Nouveau numéro de notre série "Les déblogueurs à Saint-Maur en Poche" tourné en juin 2011 avec en diffusion cette semaine l'écrivain-productrice Alexandra de Broca. Elle nous présente son livre "La princesse effacée" sorti récemment en format poche, ainsi que deux coups de cœur... Regardez... L'Ecriture ou la vie de Jorge Semprun aux éditions Gallimard Déporté à Buchenwald, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945. L'étudiant du lycée Henri©lV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peu exorciser la mort par l'écriture. Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et peut©être par un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document. Mais il a composé une oeuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald. Un aristocrate à la lanterne de Pierre Moustiers aux éditions Gallimard Emprisonné à Marseille au printemps 1793, Philippe Egalité écrit « pour éclairer sa lanterne » et pour écarter de sa pensée le spectre de la guillotine ...








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