ISBN : 2814505165
Éditeur : publie.net


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(édition numérique)


Les textes de littérature qui ont le mieux honoré les contradictions propres au monde du travail, et ce qu'il fait émerger de notre humanité nue, sont ceux qui ne poursuivaient pas le travail lui-même, mais bien leur seul prin... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 23 septembre 2011

    brigetoun
    Réunion de textes rédigés presque quotidiennement dans le cadre du convoi des glossolales (ensemble de textes anonymes paraissant chaque jour, plus ou moins long selon les contributions, avec la contrainte née de la limite : un paragraphe, et dans ce cas précis cette contrainte supplémentaire : commencer par « C'était ») comme le journal d'un emploi. D'une justesse parfaite pour tous ceux qui ont connu cette expérience, en passant outre aux différences venues du métier : ici programmateur ou quelque chose d'approchant.
    Le travail de bureau, ce qu'il comprend d'initiative, mais toujours contrainte, les rapports de bureau, et dans les moments de pause entre humains qui se côtoient, jour après jour, dans un bureau, la fatigue, le temps donné, le poids de cette vie, y compris le plaisir qui peut venir du travail, les déceptions, la routine, les recommencements, les collaborations, le travail en commun et les méfiances, les rivalités ou les irritations, les envies de pied-de-nez, les clients, leurs exigences, le désir de satisfaire, les réunions, ces jours de repos où l'on vient travailler, seuls, ou presque, pour une urgence et l'ambiance des lieux déserts, un élan pour une femme rencontrée chaque jour ou presque, dans ces trajets quotidiens dans le métro, l'importance de l'environnement, des objets, de ce qu'on perçoit des saisons, le passage du temps.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 23 septembre 2011

    C’était se lever de sa chaise cinq roulettes, dossier et siège réglables, et aller voir tel collègue, pour tel sujet projet et, sur le trajet, discuter, plaisanter, avec qui l’on croise, faire un détour par tel bureau. Pareil au retour, mais plus rare, à cause de l’information, maintenant en main, qui poussait, exigeante, autoritaire, au poste de travail, et qui allait guider les heures suivantes, jusqu’au soir.
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  • Par brigetoun, le 23 septembre 2011

    C’était croiser un collègue dans le métro, le matin, et savoir qu’il faudrait terminer le trajet à deux à moins de faire semblant de l’ignorer (détourner la tête, le corps, fermer les yeux, faire celui qui se repose, changer discrètement de rame, être pris d’une frénésie texto, se perfectionner encore à Snake), au risque qu’il constate l’évidence de cette ignorance volontaire.
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  • Par brigetoun, le 23 septembre 2011

    se demander ce qui faisait office, face au poids de ces jours, de compensation et la regarder, cette compensation, la tenir dans le creux de ses paumes, sourire tristement à son poids car la savoir chaque nouvelle année plus petite que la précédente et penser au vote, à la démocratie, à la société, au bien commun, au contrat social, à la paix et regarder, dans la rue, le calme, le calme infini de ces étendues grises usées chaque jour par nos semelles.
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  • Par brigetoun, le 19 novembre 2011

    C’était voir les délégués du personnel raser les murs, de leurs affichages syndical ou CE, de leur permanence hebdomadaire à laquelle personne n’osait se rendre, tout comme eux n’osaient pas passer dans les bureaux à la recherche des revendications. C’était se dire « nous sommes en France, c’est pire ailleurs, tenons bon, encaissons, tenons bon encore un peu. »
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  • Par brigetoun, le 23 septembre 2011

    C’était, par un jeu combiné de RTT, de réunions, de maladies, se retrouver seul dans l’openspace pendant plusieurs heures, une demi-journée, le jour entier, et prendre ça comme une courte libération.
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