Fraîchement inscrit à la bibliothèque municipale, je décide de prendre cinq livres, dont «
Le passager » de
Patrick Senécal. C'est lui qui a écrit «
Sur le seuil », « Les Septs Jours du Talion » ainsi que «
5150 rue des Ormes ». Ces trois oeuvres ont été adaptés au cinéma québécois. Celui-ci est son deuxième roman et il est publié par « Guy Saint-Jean éditeur » en 1995. Bien que j'aime cet auteur, j'ai détesté ce bouquin-ci.
Le récit se déroule surtout sur le trajet entre Montréal et Drummondville, là où Étienne, le personnage central, enseigne la littérature au cégep (collège). Il doit voyager ce parcours trois fois par semaine. Un jour, il décide d'embarquer un homme, faisant du pouce, qui a environ son âge, Alex. Ce compagnon de route bouleversera le reste de sa vie. Voilà la trame principale du roman et ce qui est important de savoir. Je ne peux en dire davantage, de peur de dévoiler la fin.
Le récit est conté de la bouche même d'Étienne, à la façon d'un témoignage. Il nous raconte au moment présent les évènements entrecoupés de flash-back de son passé et de rêves. En effet, il a oublié toute sa jeunesse, avant l'âge de huit ans. Il tente constamment de s'en souvenir. D'ailleurs, les thèmes principaux sont l'enfance et l'horreur. Ce qui est assez courageux comme choix, il faut bien l'admettre. le style d'écriture est plaisant, c'est du
Senécal, c'est facile à lire. C'est l'un des éléments positifs, pratiquement le seul. Vous n'éprouverez aucune difficulté à parcourir les quelque 220 feuilles, je le fis en deux jours.
J'ai trouvé qu'il y existait énormément trop de jurons inutiles. Il y a approximativement un sacre à toutes les deux pages, je dirais. C'est douteux et non-nécessaire, jusqu'au point où l'on se demande la raison. Il n'y en a pas. S'agissait-il d'un besoin, pour l'écrivain, de se défouler? Ces vulgarités auraient facilement pu être évitées, sans en modifier l'essence du bouquin.
Ce que j'ai détesté est simple. D'abord, à la page 28, nous connaissons déjà une partie de la chute. Comprenez bien, ce n'était pas le but de l'auteur de nous l'apprendre aussi rapidement. Ensuite, nous sommes témoins d'une tentative ratée de nous faire découvrir, avec des brides ici et là, cette finalité connue d'avance au début de notre lecture.
De plus, c'est du déjà vu. On se doute très aisément où ça finira, et effectivement, nous avions raison. C'est trop facile, d'ailleurs, cette façon de raconter un récit a été largement utilisée au cinéma. Au lieu d'être sous le choc à la finale, nous nous retrouvons avec l'impression d'avoir su dès le départ ce qu'il allait se produire. Finalement, le fait que ce livre ne contient aucun chapitre ne nous aide pas à l'apprécier. Ces séparations sont utiles pour nous permettre de respirer, inclure un temps de pause.
Je lirai, tout de même, les autres bouquins de
Senécal, car j'ai déjà parcouru «
Sur le seuil » et « Les Septs Jours du Tallion » et j'avais adoré, mais celui-ci? Il m'a désappointé.
J'attribue à «
Le passager » de
Patrick Senécal la note de 4 sur 10. C'est décevant. Quelques points pour son écriture fluide et facile à lire, mais aucun pour le reste.
Lien : http://www.sergeleonard.net/2011/07/01/le-passager-de-patrick-senecal/