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Éditeur : Gallimard Jeunesse (2011)

Note moyenne : 4.48/5 (sur 278 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une nuit de juin 1941, Lina Vilkas, une jeune lituanienne de quinze ans, est arrêtée par la police secrète du régime stalinien.
Avec sa mère et son petit frère, Jonas, ils sont déportés en Sibérie. Là, logés dans des huttes, sous-alimentés, brutalisés et harcelés... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par emmyne, le 04 février 2012

    emmyne
    Un roman témoignage sur ces générations oubliées des pays baltes sacrifiées par le régime stalinien, " l'épuration " de la population par l'assassinat et la déportation des personnes ( avec famille au complet ) considérées comme antisoviétiques : nantis et hommes d'affaires, professionnels considérés comme intellectuels - enseignants, journalistes, universitaires, médecins, avocats - et donc susceptibles d'avoir des liens, des sympathies, pour les sociétés étrangères, les officiers de l'armée nationale et toute personne considérée comme complice parce que trop proche de celles qui ont traversées la frontière vers l'ouest.
    " Je regardai le petit visage rose qui émergeait du paquet. Un nouveau-né. Il n'était au monde que depuis quelques minutes mais il était déjà considéré comme un criminel par les Soviétiques. Je le serrai étroitement contre moi et déposai un baiser sur son front. Jonas s'appuya contre mon épaule. S'ils traitaient ansi un bébé, comment allaient-ils nous traiter, nous ? "
    Ce roman est celui d'une mémoire, celle de la patrie familiale. L'auteur, Ruta Sepetys, est née aux USA, fille d'un exilé lituanien qui est parvenu à s'enfuir alors qu'il était encore qu'un tout jeune homme. Dans la postface, elle rappelle les faits historiques et sa démarche d'auteur. de nombreuses scènes du roman sont réelles. L'un des personnages aussi. Ruta Sepetys a effectué deux voyages en Lituanie pour écrire ce livre, rencontrant sa famille, des historiens, des psychologues ainsi que des survivants des goulags ( qui ne revinrent dans leur pays que dans les années 50 sous surveillance avec interdiction de témoignage sous peine de nouvel emprisonnement ).
    " Je fermai la porte des toilettes et entrevis mon visage dans la glace. Je n'avais pas la moindre idée de la vitesse à laquelle il allait changer, se faner. Si je l'avais seulement pressenti, j'aurais fixé avec attention mon image, j'aurais essayé de la mémoriser. C'était la dernière fois que je pouvais me regarder dans un miroir; je n'en aurais plus l'occasion avant une décennie, et même plus. "
    Dès l'ouverture du livre, la découverte de la carte accompagnée d'un calendrier présentant le trajet dans ces trains innommables effectué par Lina et sa famille terrifie : six semaines jusqu'à une " ferme collective " de l'Altaï dans un convoi marqué " voleurs et prostituées ". Dix mois d'esclavage. Puis la déportation toujours plus loin à travers la Sibérie, jusqu'au Pôle Nord.
    Plusieurs perspectives sont particulièrement frappantes dans ce roman sur cette tragédie historique trop peu racontée.
    Le premier, c'est l'ignorance dans laquelle ces populations se retrouvent enfermées dès 1941, sans le moindre renseignement sur le déroulement et les enjeux de la Seconde Guerre Mondiale, sur l'évolution du monde. Des bribes d'informations leur parviennent parfois, difficilement compréhensibles et interprétables. L'ennemi est russe, pas allemand. Lorsque la nouvelle de l'invasion de la Lituanie par les troupes d'Hitler leur est connue, la majorité se réjouit. Ceux qui combattent les Soviétiques ne peuvent que leur venir en aide.
    " Les gens dans le wagon discutaient de la guerre; ils tentaient d'imaginer de quelle façon les Allemands pourraient nous sauver. Pour une fois, le Chauve ne soufflait mot. Je me demandai si ce qu'il avait dit à propos d'Hitler était vrai. Pourrions-nous échanger la faucille de Staline contre quelque chose de pire ? Personne ne semblait être de cet avis.
    La question lancinante de ce récit est justement celle d'une ignorance effrayante : sait-on ce qui nous arrive ? Allons-nous disparaître ?
    Ce roman soulève un paradoxe nécessaire sur l'histoire et la violence de cette période : le paradoxe entre l'image des combattants du nazisme de l'Armée Rouge, les héros de la bataille de Stalingrad, et ces militaires du NKVD, les tortionnaires des camps; le paradoxe entre idéal et idéologie, soulignant les dérives et exactions de tout régime dictatorial, d'une politique qui se développe sur une police, qu'elle soit fasciste ou communiste. le parallèle entre ces pouvoirs totalitaristes et extrémistes est aussi dérangeant que stupéfiant et effroyable; cette pérénnité du fanatisme idéologique criminel. Ce sont les mêmes méthodes d'oppressions, la même volonté de destruction identitaire, de condamnation culturelle, d'arrestations et de spoliations, les mêmes wagons à bestiaux, les mêmes camps de travail voués à l'extermination, le même sadisme, les mêmes horreurs perpétrées, la même négation de toute dignité humaine.
    La force du récit est soutenue par l'alternance entre les chapitres relatant le voyage et les conditions de (sur)vie dans le " kolkhoze " avec les souvenirs - en italiques - qui surgissent en contraste de certaines scènes et qui peu à peu précisent la situation de la Lituanie d'avant-guerre autant que celle de la famille de l'héroïne. Une narration parfaitement gérée, aussi puissante que fluide, une lecture qui prend, un livre qu'on ne peut et veut pas poser, laisser reposer, avant d'en avoir tourné la dernière page. Les dernières lignes de la quatrième couverture sont trompeuses, on est bien au-delà de la romance qui tempère le propos. C'est toute une galerie de personnages, sans caricature au service des différents aspects historiques à développer, qui se déploie; un récit sans complaisance pour une description répétitive de cruautés mais sans concession; une Histoire humaine inhumaine à l'épilogue amer et qui pourtant appelle à l'espérance.
    Ce roman, c'est aussi celui de l'art par lequel s'expriment la colère, la volonté et la liberté de vivre, de résister, de témoigner, de préserver les sentiments, l'humanité et l'identité reniés. de nombreuses références à la peinture de Munch ponctuent le récit. C'est son cri.
    " Promenant le bout de mon index dans la poussière qui recouvrait le plancher, j'écrivis son nom. Munch. Je reconnaîtrais son style n'importe où, dans n'importe quel oeuvre. Et Papa reconnaîtrait le mien. Et il pourrait nous retrouver si je laissais derrière moi un sillage de dessins. "
    L'art pour mémoire, pour espoir.
    " Ce témoignage a été écrit pour laisser une trace ineffaçable et tenter l'impossible : parler dans un monde où nos voix ont été éteintes. "
    A lire et faire lire.


    Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/litterature-jeunesse/romans-adolesc..
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 17 avril 2014

    IreneAdler
    Leur crime ? Être un des enjeux du pacte germano-soviétique. Leur sentence ? La déportation en Sibérie, voire, pour les plus chanceux, au-delà du cercle polaire. Et être traités comme moins que de la boue. Pourtant certains survivront, refusant d'abdiquer leur humanité, leur dignité, quelles que soient les humiliations. Pour lutter, Lina s'accrochera au dessin, aux enseignements de Munch et à une pierre de quartz et de mica. Car même au goulag l'amour n'ait et s'épanouit.
    Un premier roman au sujet terrible : la déportation des populations des pays baltes (pour se faire une idée : wagons à bestiaux pendant des semaines, nourriture douteuse, camps) L'auteur évite avec succès les pièges du pathos et du larmoyant. Son héroïne est une resistante, une combattante, touchante et meurtrie. le dessins et l'amour des siens seront sa planche de salut, comme elle sera celle des autres.
    Elle est et restera humaine.
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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 18 août 2012

    Melopee
    Lina est une jeune Lituanienne douée en dessin et qui s'apprête à intégrer une prestigieuse école d'art à Vilnius, la capitale. Elle vient de Kaunas, au Nord et c'est donc une perspective particulièrement excitante pour la jeune fille. Sauf que le sort en a décidé autrement et qu'une nuit de juin 1941, elle est déportée ainsi que sa famille en Sibérie. Elle est d'abord séparée de son père dans des wagons à bestiaux différents et doit cheminer ainsi des jours et des jours, alors que les forces s'amenuisent, que la nourriture vient à manquer et que les conditions de voyage sont plus que déplorables. Mais l'espoir de reconstituer sa famille heureuse et unie lui sert de leitmotiv alors, elle, son petit frère (Jonas) et sa mère luttent pour survivre. Première étape du voyage, le camp de travail de l'Altaï où tous sont parqués dans des iourtas avec des autochtones qui les acceptent bien difficilement. le travail n'est pas de tout repos puisqu'il s'agit pour les uns de couper du bois, pour les autres de creuser des trous profonds (dans quel but?). Toute l'organisation est orchestrée par le NKVD et ses officiers russes sont intransigeants voire sadiques dans le déroulement des tâches. Lina creuse, Jonas coud et il y a aussi Andrius, un jeune homme dont la force de caractère rejoint pleinement Lina. Les enfants ne sont donc pas épargnés et la nourriture est rationnée : une miche de pain et puis c'est tout (et n'ayez pas le malheur de tomber malade, vous n'auriez plus aucune portion). Les gens s'affaiblissent et les nouvelles venant de l'extérieur sont filtrées.
    Mais l'itinéraire de cette famille ne s'arrête pas là puisqu'un jour une partie des déportés est condamnée à reprendre la route. Et la destination, pour le coup, c'est le glacial et désert Pôle Nord où les bâtiments se comptent sur les doigts d'une main et où pour survivre il va leur falloir se construire un toit.
    Comme je l'ai dit dans la discussion de la semaine, j'ai tout aimé dans ce livre, du titre au contenu en passant par la couverture. C'est un livre fort et poignant qui a été désigné meilleur roman jeunesse de l'année 2011 selon le magazine Lire. Et c'est amplement mérité !
    Le récit dicté par une Lina incroyablement mûre et lucide. On est comme pris par la main par cette narration à couper le souffle qui nous fait voyager sur des milliers de kilomètres à travers des paysages fantomatiques et dévastés où la liberté n'a plus sa place. Les personnages sont tous, quelque part, empreints d'un charisme qui nous les rend sympathiques. On a le cœur noué de suivre la mère de Lina forte tout en étant complètement perdue sans son mari. Quant à Jonas, il nous parait déjà avoir le sens du devoir, de la famille et du sacrifice. On se dit que c'est un sacré bonhomme qui a bien du courage ! Et enfin Andrius, c'est un peu la poigne de fer de ce récit, qui tient toujours la barre haute et insuffle de la motivation à tout ceux qui l'entourent.
    Vous l'aurez compris, j'ai pris un immense plaisir à suivre ce petit cercle de Lituaniens dans un périple qui semble perdu d'avance. Autant j'avais été désarçonnée et pas spécialement touchée par Purge dont les personnages sont Estoniens, autant les personnages ce cet autre pays Balte qu'est la Lituanie m'ont paru pleins d'humanité, de profondeur et de bonté. C'est qu'au fond, tout au long de cette expérience difficile, subsiste une lueur d'espoir de retour à la vie "d'avant", celle où les hommes n'étaient pas traités comme des bêtes.
    Un roman sans aucun doute à mettre entre toutes les mains. Lisez-le puis faites-en profitez votre conjoint, votre entourage... ils vous en sauront gré ! Ce fut une belle claque que ce livre jeunesse car j'avais un a-priori sur le genre (du survol plutôt que du récit méthodique) et celui-ci s'est tout bonnement envolé !
    A noter aussi les cartes du trajet en début de livre qui sont particulièrement parlantes car même s'il s'agit d'une fiction, d'autres ont été contraints à cet exil. D'autre part la note de l'auteur en fin de récit apporte une autre dimension, encore plus réelle et douloureuse. Les déportations par la NKVD ont été le lot commun de nombreux Baltes en cette année 1941. Voilà une part d'Histoire que j'ignorais mais la lacune est comblée avec ce récit juste et sensible.
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    • Livres 5.00/5
    Par CelineGe, le 13 mai 2013

    CelineGe
    En marge de la Seconde guerre mondiale, les déportations des peuples baltes par les Russes au début des années 40 est un sujet moins "médiatique" que le génocide opéré par les nazis. On ne parle évidemment pas ici d'extermination planifiée massivement mais le nombre de morts au final, sous le règne de Staline, est éloquent.
    La Lituanie, ce petit pays balte, coincé entre le géant soviétique à l'est et l'Allemagne expansionniste d'Hitler, tout comme l'Estonie et la Lettonie, a été envahie par la Russie en 1939, en vertu des accords secrets du pacte de non-agression germano-soviétique qui prévoyait le partage des États tampons situés entre ces deux puissances.
    Il ne faisait alors pas bon clamer haut et fort, et même plus discrètement, son opposition à cette présence.
    Les Russes dressent des listes de personnes considérées comme étant des éléments antisoviétiques socialement dangereux et nuisibles. "Les médecins et les avocats, les professeurs et les écrivains, les musiciens, les artistes et même les bibliothécaires, les soldats de carrière et les hommes d'affaires étaient tous considérés d'office comme antisoviétiques et furent ajoutés à la liste toujours plus longue des victimes d'un projet d'extermination massive" (extrait des notes de l'auteur p. 417). Les intellectuels, au sens large, ainsi que des hauts fonctionnaires et des militaires ont été emprisonnés, exécutés, puis déportés en Sibérie à partir de 1941.
    Ceux qui n'ont pas vu la menace venir et qui n'ont pas pu fuir à l'étranger sont alors raflés par le NKVD en juin de cette année, quelques jours avant que l'Allemagne, en violation du pacte signé en 1939, envahisse à son tour la Lituanie...
    Ainsi, Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre s'ouvre sur cette rafle. Lina, 15 ans, que tout promettait à de brillantes études de dessin, son petit frère Jonas et leur mère Elena doivent quitter leur maison en catastrophe. Juste le temps de prendre une valise avec deux, trois habits. le père, doyen de l'université n'est pas rentré à la maison.
    Ils sont conduits à la gare, où ils retrouvent une foule d'autres Lituaniens. Femmes, enfants, vieillards d'un côté, hommes de l'autres. Ils sont contraints de monter dans des wagons à bestiaux. Sur celui de Lina est placardé "Voleurs et prostituées". Des wagons très semblables à ceux qui, à la même époque, ont emmené les Juifs dans les camps de concentration. Une destination différente, certes, mais une fin promise, à plus ou moins long terme, aux plus faibles.
    Après plusieurs semaines de voyage, vers l'Est, dans des conditions de promiscuité inhumaines, les plus solides d'entre eux arrivent en Sibérie occidentale, dans les monts de l'Altaï. Ils rejoignent alors un kolkhoze et sont répartis dans des habitations déjà occupées par des paysans qui cultivent la betterave. Des mois et des mois d'esclavage commencent pour Lina, sa famille et leurs compagnons d'infortune, où la croûte de pain quotidienne doit se gagner en travaillant dur à couper du bois à longueur de journée, ou à creuser des trous. Seuls ceux qui acceptent de signer un contrat dans lesquels ils reconnaissent être des criminels et la peine de 25 années de travaux forcés qui en découle, voient leurs conditions de vie légèrement améliorées...
    Des mois et des mois coupés du monde, sans nouvelles du pays et des hommes, si ce n'est celles que l'on arrive à monnayer avec les agents du NKVD.
    Au printemps 1942, Lina et les autres sont de nouveau déplacés. Toujours plus à l'Est. Et même plus au Nord, au-delà du cercle polaire arctique. Certains nourrissent l'espoir fou de rejoindre le détroit de Boering, destination les USA. La réalité est encore plus terrible que celle qu'ils ont eu à supporter jusqu'à présent et nombreux sont ceux qui regrettent déjà le camp de l'Altaï. C'est un nouveau bagne qui les attend, sorti ex-nihilo, dans la neige et ses tempêtes, la glace, le froid et la nuit polaire. Aucune habitation, aucune cabane. S'ils veulent survivre, les déportés doivent construire d'urgence leurs abris à l'aide de morceaux de bois trouvés, ou volés, à droite et à gauche, consolidés de boue.
    Et toujours, travailler dur en extérieur pour pouvoir toucher leur maigre ration alimentaire. Survivre, au jour le jour, et, le plus difficile, passer le premier hiver...
    Ce livre, qui est un roman, est donc peuplé de personnages fictifs (sauf un, à la fin) mais toutes les situations décrites sont inspirées d'événements bel et bien réels.
    L'auteur, Ruta Sepetys est américaine. Son père était le fils d'un officier lituanien qui a réussi à s'échapper du pays via l'Allemagne. Elle a effectué deux voyage en Lituanie pour pouvoir écrire ce livre et rencontré et interrogé des membres de sa familles, des survivants aux déportations, des psychologues, historiens et fonctionnaires du gouvernement.
    Les notes qu'elle a ajoutées à la fin de son roman sont très intéressantes et permettent de faire le point sur ce qui s'est passé après la période couverte par l'histoire qu'elle a écrite.
    "Ceux qui ont survécu ont passé entre dix et quinze ans en Sibérie. A leur retour au pays, vers le milieu des années 1950, les Lituaniens ont découvert que les Soviétiques avaient occupé leurs maisons, profitaient de tous leurs biens et avaient même adopté leurs noms." (extrait des notes de l'auteur p. 418)
    En 1944, suite à la défaite de l'Allemagne nazie, les Soviétiques se sont réinstallés en Lituanie.
    "Ils avaient tout perdu. En outre, ils étaient traités comme des criminels, obligés de vivre dans des zones sévèrement délimitées et sous la surveillance permanente du KGB (la police secrète jadis connue sous le nom de NKVD). Ils ne pouvaient se permettre d'évoquer leur terrible expérience, ce qui leur aurait valu l'emprisonnement immédiat ou une nouvelle déportation en Sibérie, et ils l'enfermaient dans le silence de leur cœur. Ce n'était plus qu'un hideux secret partagé par des millions de gens." (extrait des notes de l'auteur p. 418)
    Les trois pays baltes ne retrouveront leur indépendance qu'en 1990. Et avec elle, la paix et la dignité. "Ils ont préféré l'espoir à la haine et montré au monde qu'une lumière veille toujours au fond de la nuit la plus noire." (extrait des notes de l'auteur p. 420)
    À travers les personnages de Lina et Jonas, la sœur et le frère, Ruta Sepetys signe un vibrant témoignage contre l'oubli et, avant toute chose, un témoignage pour faire connaître cette partie de l'Histoire de petits pays oubliés. Et je trouve que c'est parfaitement réussi. Elle m'a réellement donné envie d'en lire plus sur ce qui s'est passé dans ce petit coin du monde.
    "On estime que Joseph Staline a assassiné plus de vingt millions de personnes durant son règne de terreur. Les trois États baltes (Lituanie, Lettonie et Estonie) ont perdu plus du tiers de leur population pendant le génocide soviétique. Les déportations touchèrent jusqu'aux Finlandais. Beaucoup de Russes continuent de nier farouchement l'existence de ces déportations."
    Un très beau livre, publié dans la collection Scripto de Gallimard-Jeunesse.
    Originalement édité aux États-unis en 2011 sous le titre de Between shades of gray (à ne pas confondre...), il a déjà été multi-récompensé et traduit dans le monde entier.
    Un livre qui marque, à mettre entre toutes les mains, dès 15 ans.


    Lien : http://linecesurinternet.blogspot.fr/2013/05/notre-sens-de-lhumour-i..
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  • Par Jules-2nde5, le 14 mai 2014

    Jules-2nde5
    "Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre : un roman qui nous prend de court !"
    Un premier roman très ambitieux de l'auteur américaine Ruta Sepetys. D'origine lituannienne, elle rend directement hommage à sa famille et à son peuple. Elle montre alors les souffrances endurées par celui-ci pendant l'occupation de l'URSS et critique ainsi ce régime totalitaire.
    Lina est une jeune lituanienne très douée en dessin, âgée de 16 ans. Mais un jour de juin 1941, le NKVD (police au service du régime communiste, chargée de contrôler la population en URSS), l'arrache à sa maison. Elle est alors déportée dans un goulag en Sibérie avec son frère Jonas et sa mère, mais ne sachant où se trouve son père... Travaillant tous les jours du matin jusqu'au soir pour une bouchée de pain, leur survie n'est alors plus qu'une question de temps avec, de surcroît, la proximité du cercle polaire arctique... "Vous êtes vous déjà demandé ce que vaut une vie humaine ? Ce matin là, mon petit frère ne valait pas plus qu'une montre à gousset." Telle est la dure réalité dans les camps où sont parqués tous les opposants au régime.
    Tout au long de ce périple, Lina, la narratrice, est soutenue par son frère, sa mère et Andrius, un jeune homme de 17 ans. Il s'occupe d'elle et de la famille comme s'il s'agissait de la sienne. D'ailleurs Lina ne résistera pas longtemps à son charme...
    Il faut donc absolument lire ce livre qui vous tiendra en haleine jusqu'à la fin, redoutant sans cesse qu'il arrive quelque chose aux protagonistes. Bien plus, vous passerez de la peur aux larmes en seulement quelques pages.
    Loris
    Un livre poignant et touchant

    « Ne leur donne rien Lina. Même pas ta peur. »
    Lina Vilkas, une jeune adolescente lituanienne, son jeune et naïf frère, Jonas et leur mère Elena sont déportés pas le NKVD, la police politique de l'Union Soviétique, un soir de Juin 1941. Malgré un voyage épouvantable jusqu’en Sibérie, où ils sont entassés dans un train, presque sans eau ni nourriture, les conditions catastrophiques dans le kolkhoze, Lina et sa famille tiennent bon. Elle tente de communiquer avec son père, dont elle ne connaît pas le sort, grâce à ses talents de dessinatrice. Sa rencontre avec Andrius, un jeune Lituanien de 17ans dont la situation est semblable à la sienne, aidera Lina à se battre pour la vie.
    Dans son livre, Ruta Sepetys mêle le dramatique et l’amour, ce qui rend ce livre poignant, touchant et surtout agréable à lire. L’horreur des goulags durant la seconde guerre mondiale est parfaitement décrite ; l’histoire en elle-même est très bien écrite : tout au long du roman, le suspense est maintenu. Nos héros vont-ils pouvoir survivre dans ce milieu hostile et violent ?
    Lire ce livre est un régal, l’histoire est très prenante et entraînante ; jusqu’à se lever la nuit pour poursuivre la lecture ! De plus, la solidarité et l’amour qui lient les personnages, malgré le milieu rempli de haine dans lequel ils vivent, les rendent très attachants. C’est un livre à lire et à relire !
    Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre nous montre que l’espoir persiste toujours malgré les atrocités que certains hommes sont capables de commettre lorsqu’ils sont autorisés à exprimer leur cruauté instinctive. Je finirais par une citation, se trouvant dans le mot de l'auteur à la fin de son œuvre ; elle résume parfaitement le récit, et en décrit aussi très bien ce qu’il faut en retenir :
    « La guerre, en général, se caractérise par des opérations militaires. Mais, pour les peuples baltes, cette guerre était essentiellement d'ordre idéologique. En 1991, après cinquante ans d'occupation, les trois pays Baltes ont retrouvé leur indépendance et, avec elle, la paix et la dignité. Ils ont préféré l'espoir à la haine et montré au monde qu'une lumière veille toujours au fond de la nuit la plus noire. S'il vous plaît, réfléchissez à cela. Parlez-en autour de vous. Ces trois minuscules nations ont montré au monde qu'il n'est pas de plus puissante arme que l'amour. Quelle que soit la nature de cet amour - qui peut aller jusqu'à pardonner à ses ennemis -, il nous révèle la force miraculeuse de l'esprit humain. »
    Eline
    Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre, Ruta Sepetys : de l'authenticité à l'émotion.
    "Vous êtes-vous jamais demandé ce que vaut une vie humaine? Ce matin là, mon petit frère ne valait pas plus qu'une montre à gousset." C'est dur, mais c'est la vérité, voilà l'esprit de Ce qu'ils n'ont pas pu nous prendre...
    Nous sommes en juin 1941 quand Lina, 15 ans, son frère Jonas et sa mère, ainsi que des centaines d'autres sont arrachés de leurs foyers. Nous sommes en Lituanie lors de leur capture par les Soviétiques et nous allons les accompagner durant leur périple en train, à travers la Sibérie jusqu'aux camps. Nous suivrons les personnages dans les difficiles épreuves qu'ils auront à surmonter pour leur survie.
    Ce livre nous raconte la déportation et la survie de la famille Vilkas, vues par la jeune Lina. Une histoire bien rythmée qui maintient un suspense haletant tout au long de la lecture. Les personnages, aux caractères forts, courageux, parfois drôles, nous entraînent dans la seconde guerre mondiale et les déportations grâce à un style d'écriture facile à lire. Malgré cela, tous les détails sont là, que ce soit ceux de la violence, de l'horreur ou de l'amitié, nous n'avons que la stricte vérité. Ces nombreux détails permettent de s'imprégner de l'histoire et des personnages, qui nous bouleversant émotionnellement que ce soit par la colère ou par la tristesse. Ce livre nous invite à réfléchir sur la cruauté des hommes durant la guerre. Il réussit même à faire changer notre manière de voir les choses, notamment sur la valeur d'une vie et des choses matérielles.
    C'est donc un excellent livre, bouleversant et authentique.
    Julie G.

    Ce qu’il n’ont pas pu nous prendre, un livre captivant !
    Le nouveau roman de Ruta Sepetys est digne de figurer parmis les grands chefs d’œuvres de la littérature jeunesse.
    Ce livre relate les mésaventures de Lina, jeune Lituanienne, et de sa famille, déportées par la police secrète russe.
    Accusée d’anticommunisme alors que Staline a envahi la Lituanie, elle va découvrir la souffrance que provoquent les voyages dans des wagons à bestiaux et l’horreur des goulags sibériens durant la Seconde Guerre mondiale. C’est sur un rythme lent que l’auteur transmet à son lecteur toutes les émotions des personnages avec une force poignante, allant parfois jusqu’à la violence.
    « Vous voyez ce nuage ? Continua Jonas. Il a la forme d’un canon.
    -Alors tire les canons et fais sauter les soviétiques, dis-je en promenant mes doigts sur les brins d’herbe.
    Ils le méritent. »
    Mais bien plus qu’un simple roman historique, Ce qu’ils n’ont pas pu nous prendre est une véritable leçon de vie : malgré toutes les horreurs qui l’entourent, Lina garde espoir et ne cesse de lutter pour sa survie et celle de ses camarades.
    « Ce jour là, je plantais une semence de haine dans mon cœur, jurant qu’elle deviendrait un arbre gigantesque dont les racines les étrangleraient tous. »
    Mais en parallèle de la violence du NKVD, il se développe au fil de l’histoire des liens puissants entre les déportés, notamment une solidarité, fortement communiquée au lecteur, qui n’est possible que dans ce genre de situation extrême. Une solidarité qui ira peut-être même jusqu’à un amour pour Lina et Andrius, un autre jeune déporté qui lutte lui aussi pour le bien de tous.
    Jamais le lecteur ne s’ennuie, jamais il ne doute de la véracité de l’histoire, jamais il ne se lasse.
    Ce livre exceptionnel, bouleversant, va vous faire découvrir une période des plus sombres de toute l’Histoire mondiale.
    Alex


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Critiques presse (3)


  • Ricochet , le 13 avril 2012
    Premier roman percutant de Ruta Sepetys, librement inspiré par l'histoire de son père qui, jeune garçon, a fui la Lituanie pour se retrouver en Allemagne dans un camps de réfugiés.
    Lire la critique sur le site : Ricochet
  • LeFigaro , le 18 novembre 2011
    Ce livre, souvent publié à l'étranger sous la bannière adulte, est, en France, proposé dans la collection «Scripto» de Gallimard. La jeunesse de l'héroïne, sa perception de la vie et du drame qui la frappe rendent ce récit particulièrement palpable aux adolescents. Sa lecture laissera des traces.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lexpress , le 09 novembre 2011
    Qu'on ne soit pas rebuté par ce sujet difficile. Car happé par la puissance de ce récit qu'on ne peut lâcher, le lecteur se sent le témoin privilégié d'un épisode important de l'Histoire.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Juliah, le 22 juillet 2014

    C'est sous la menace d'un fusil que je me laissai aller à tous les espoirs et me permis de formuler des souhaits au plus profond de mon coeur. Komorov s'imaginait qu'il nous torturait. Il ignorait que nous pouvions lui échapper en nous réfugiant dans une zone de calme parfait, une sorte d'île à l'intérieur de nous-mêmes, et que nous y puisions une grande force.

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  • Par Juliah, le 22 juillet 2014

    Je regardai Andrius. La commissure de ses lèvres ainsi que ses dents étaient maculées de sang séché; sa mâchoire était enflée. Je les haïssais, oui, je haïssais le NKVD et les Soviétiques. Ce jour-là, je plantai une semence de haine dans mon coeur, jurant qu'elle deviendrait un arbre gigantesque dont les racines les étrangleraient tous.

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  • Par Juliah, le 22 juillet 2014

    [L'officier] jette son mégot de cigarette encore allumé sur le parquet propre de notre salon et l'écrase d'un coup de talon.

    Nous étions sur le point de devenir des mégots de cigarette.

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  • Par Jumax, le 26 octobre 2011

    "Ce témoignage a été écrit pour laisser une trace ineffaçable et tenter l'impossible : parler dans un monde où nos voix ont été éteintes. [...]J'espère de tout mon coeur que les pages ici cachées feront jaillir de votre âme la source de compassion la plus profonde. J'espère aussi qu'elles vous inciteront à faire quelque chose, a en parler à quelqu'un. C'est le seul moyen de nous assurer que les hommes ne permettront pas au mal de se reproduire sous cette forme."
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  • Par Melo, le 29 septembre 2011

    - Comment peuvent-ils décider que nous sommes des animaux ? Ils ne nous connaissent même pas.
    - Nous nous connaissons, répondit Mère. Ils se trompent. Ne leur permet jamais, Lina, de te convaincre du contraire. Comprends-tu ?
    J’acquiesçai d’un signe de tête. Mais je savais qu’un certain nombre de nos compagnons s’étaient déjà laissé persuader de leur condition inférieure. Ils avaient une expression abattue, dénuée de tout espoir et se faisaient tout petits devant le NKVD. J’aurais voulu les dessiner tous.
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