Éditeur : Gallimard Jeunesse (2011)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
Une nuit de juin 1941, Lina Vilkas, une jeune lituanienne de quinze ans, est arrêtée par la police secrète du régime stalinien.
Avec sa mère et son petit frère, Jonas, ils sont déportés en Sibérie. Là, logés dans des huttes, sous-alimentés, brutalisés et harcelés... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par emmyne, le 04 février 2012

    emmyne
    Un roman témoignage sur ces générations oubliées des pays baltes sacrifiées par le régime stalinien, " l'épuration " de la population par l'assassinat et la déportation des personnes ( avec famille au complet ) considérées comme antisoviétiques : nantis et hommes d'affaires, professionnels considérés comme intellectuels - enseignants, journalistes, universitaires, médecins, avocats - et donc susceptibles d'avoir des liens, des sympathies, pour les sociétés étrangères, les officiers de l'armée nationale et toute personne considérée comme complice parce que trop proche de celles qui ont traversées la frontière vers l'ouest.
    " Je regardai le petit visage rose qui émergeait du paquet. Un nouveau-né. Il n'était au monde que depuis quelques minutes mais il était déjà considéré comme un criminel par les Soviétiques. Je le serrai étroitement contre moi et déposai un baiser sur son front. Jonas s'appuya contre mon épaule. S'ils traitaient ansi un bébé, comment allaient-ils nous traiter, nous ? "
    Ce roman est celui d'une mémoire, celle de la patrie familiale. L'auteur, Ruta Sepetys, est née aux USA, fille d'un exilé lituanien qui est parvenu à s'enfuir alors qu'il était encore qu'un tout jeune homme. Dans la postface, elle rappelle les faits historiques et sa démarche d'auteur. de nombreuses scènes du roman sont réelles. L'un des personnages aussi. Ruta Sepetys a effectué deux voyages en Lituanie pour écrire ce livre, rencontrant sa famille, des historiens, des psychologues ainsi que des survivants des goulags ( qui ne revinrent dans leur pays que dans les années 50 sous surveillance avec interdiction de témoignage sous peine de nouvel emprisonnement ).
    " Je fermai la porte des toilettes et entrevis mon visage dans la glace. Je n'avais pas la moindre idée de la vitesse à laquelle il allait changer, se faner. Si je l'avais seulement pressenti, j'aurais fixé avec attention mon image, j'aurais essayé de la mémoriser. C'était la dernière fois que je pouvais me regarder dans un miroir; je n'en aurais plus l'occasion avant une décennie, et même plus. "
    Dès l'ouverture du livre, la découverte de la carte accompagnée d'un calendrier présentant le trajet dans ces trains innommables effectué par Lina et sa famille terrifie : six semaines jusqu'à une " ferme collective " de l'Altaï dans un convoi marqué " voleurs et prostituées ". Dix mois d'esclavage. Puis la déportation toujours plus loin à travers la Sibérie, jusqu'au Pôle Nord.
    Plusieurs perspectives sont particulièrement frappantes dans ce roman sur cette tragédie historique trop peu racontée.
    Le premier, c'est l'ignorance dans laquelle ces populations se retrouvent enfermées dès 1941, sans le moindre renseignement sur le déroulement et les enjeux de la Seconde Guerre Mondiale, sur l'évolution du monde. Des bribes d'informations leur parviennent parfois, difficilement compréhensibles et interprétables. L'ennemi est russe, pas allemand. Lorsque la nouvelle de l'invasion de la Lituanie par les troupes d'Hitler leur est connue, la majorité se réjouit. Ceux qui combattent les Soviétiques ne peuvent que leur venir en aide.
    " Les gens dans le wagon discutaient de la guerre; ils tentaient d'imaginer de quelle façon les Allemands pourraient nous sauver. Pour une fois, le Chauve ne soufflait mot. Je me demandai si ce qu'il avait dit à propos d'Hitler était vrai. Pourrions-nous échanger la faucille de Staline contre quelque chose de pire ? Personne ne semblait être de cet avis.
    La question lancinante de ce récit est justement celle d'une ignorance effrayante : sait-on ce qui nous arrive ? Allons-nous disparaître ?
    Ce roman soulève un paradoxe nécessaire sur l'histoire et la violence de cette période : le paradoxe entre l'image des combattants du nazisme de l'Armée Rouge, les héros de la bataille de Stalingrad, et ces militaires du NKVD, les tortionnaires des camps; le paradoxe entre idéal et idéologie, soulignant les dérives et exactions de tout régime dictatorial, d'une politique qui se développe sur une police, qu'elle soit fasciste ou communiste. le parallèle entre ces pouvoirs totalitaristes et extrémistes est aussi dérangeant que stupéfiant et effroyable; cette pérénnité du fanatisme idéologique criminel. Ce sont les mêmes méthodes d'oppressions, la même volonté de destruction identitaire, de condamnation culturelle, d'arrestations et de spoliations, les mêmes wagons à bestiaux, les mêmes camps de travail voués à l'extermination, le même sadisme, les mêmes horreurs perpétrées, la même négation de toute dignité humaine.
    La force du récit est soutenue par l'alternance entre les chapitres relatant le voyage et les conditions de (sur)vie dans le " kolkhoze " avec les souvenirs - en italiques - qui surgissent en contraste de certaines scènes et qui peu à peu précisent la situation de la Lituanie d'avant-guerre autant que celle de la famille de l'héroïne. Une narration parfaitement gérée, aussi puissante que fluide, une lecture qui prend, un livre qu'on ne peut et veut pas poser, laisser reposer, avant d'en avoir tourné la dernière page. Les dernières lignes de la quatrième couverture sont trompeuses, on est bien au-delà de la romance qui tempère le propos. C'est toute une galerie de personnages, sans caricature au service des différents aspects historiques à développer, qui se déploie; un récit sans complaisance pour une description répétitive de cruautés mais sans concession; une Histoire humaine inhumaine à l'épilogue amer et qui pourtant appelle à l'espérance.
    Ce roman, c'est aussi celui de l'art par lequel s'expriment la colère, la volonté et la liberté de vivre, de résister, de témoigner, de préserver les sentiments, l'humanité et l'identité reniés. de nombreuses références à la peinture de Munch ponctuent le récit. C'est son cri.
    " Promenant le bout de mon index dans la poussière qui recouvrait le plancher, j'écrivis son nom. Munch. Je reconnaîtrais son style n'importe où, dans n'importe quel oeuvre. Et Papa reconnaîtrait le mien. Et il pourrait nous retrouver si je laissais derrière moi un sillage de dessins. "
    L'art pour mémoire, pour espoir.
    " Ce témoignage a été écrit pour laisser une trace ineffaçable et tenter l'impossible : parler dans un monde où nos voix ont été éteintes. "
    A lire et faire lire.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2012/02/04/23316439.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Archessia, le 15 octobre 2011

    Archessia
    Ils l'ont arrêtée en chemise de nuit.
    Cette nuit où tout a basculé, voilà la première pensée qui a choqué Lina, 15 ans, Lituanienne, quand la police soviétique a débarquée chez elle pour les prendre, elle, son frère Jonas de 10 ans, et sa mère, Elena.
    Elle sera la première d'une liste presque interminable de chocs pour la jeune fille.
    Que se passe t-il réellement ? Où les emmènent-on ? Pourquoi eux et pas certains voisins ?
    Ce n'est que le début des questionnements, des doutes, des peurs, des indignations, des souffrances.
    Séparée de son père, elle vivra un enfer sans nom aux côtés de sa mère et son frère, mais également de tout un groupe dans le même état qu'eux.
    Entassés dans un wagon à bestiaux pour un voyage dont ils ignorent la destination ou la durée, les liens qui vont se tisser entre ces personnes seront-ils suffisant pour leur donner la force à tous de garder la tête haute et de résister à tout ce que leur feront subir les soviétiques ?
    Comment peut-on vivre quand on se demande tout les matins qui sera le prochain à mourir aujourd'hui ?
    Voici le récit d'une fille de 15 ans dans l'enfer des déportations.
    Pfiou ...
    Bon, rien qu'en écrivant ce résumé, j'avais les larmes aux yeux en pensant à cette lecture.
    Beaucoup de qualificatifs forts pourraient convenir pour en parler, comme intense, poignant, bouleversant ou inoubliable.
    Je l'ai déjà dis dans de précédentes chroniques, je n'aime pas l'histoire. Je suis la première que ça ennuie, car j'ai l'impression de passer à côté de pleins d'évènements importants à notre culture.
    J'avais donc peur, en commençant ce livre, de ne pas vraiment m'y retrouver, d'être perdue et de me sentir un peu larguée. Car, soyons honnête, franchement, la deuxième guerre mondiale, désolée, mais je n'y connais rien, à part les très grandes lignes et quelques noms vaguement connus.
    Donc, pour rassurer ceux qui seraient dans le même cas que moi : ça n'a aucune importance !
    Non seulement car ce titre est essentiellement axé sur l'émotionnel, mais également car, quand un minimum d'information est nécessaire, des explications sont subtilement insérées dans le récit, de manière fluide et discrète.
    Idéal donc !
    Le ton est donné dès les premières lignes : ce que vous allez lire va être poignant et dur, rien ne vous sera épargné.
    Rien n'est censuré ou édulcoré, et certains passages sont parfois vraiment éprouvants à lire, j'avoue sans honte avoir pleuré plusieurs fois, tellement je percevais certains moments comme un véritable coup douloureux au coeur.
    Mais cette dureté dans le ton est, je pense, sa plus grande qualité, car il évite au récit entier de tomber dans le mélodrame, le larmoiement gratuit, du genre sortez les violons.
    Non, ici, tout nous est exposé sans fard, la cruauté, l'égoïsme, la torture, la mort, le désespoir, ...
    Du coup, les moindres émotions positives sont exacerbées également, grâce à la formidable plume de l'auteur.
    Espoir, amitié, amour, solidarité, ... la moindre joie est décuplée, et colle un énorme sourire sur notre visage. On a envie d'y croire en même temps que les personnages, que c'est possible qu'ils s'en sortent, que ça ne peut pas terminer mal.
    Pouvez-vous seulement imaginer, par exemple, le bonheur renversant de prendre une douche après plusieurs semaines à stagner dans la crasse, entouré de plusieurs dizaines de personnes dans le même état, couverts de poux ? Non, personne ne peut se l'imaginer. Et pourtant, Ruta Sepetys arrive à nous faire ressentir cette ivresse, cette joie indescriptible, comme si on avait également traversé ces épreuves.
    Je trouve que c'est un énorme talent, et cette écriture rend ce livre d'autant plus vibrant et incroyable.
    Lina fait partie de ces personnages que l'on oublie pas de sitôt, qui fait preuve d'énormément de courage et de détermination dans l'adversité.
    Sa passion, le dessin, l'aidera à garder la tête hors de l'eau, à se fixer des buts, à s'échapper quelques fois.
    Mais la personne qui m'a le plus marquée dans cette histoire, c'est sa mère, Elena.
    Cette femme aura su rester digne jusqu'au bout, et bien que traversant les même épreuves que les autres personnes l'entourant, elle n'aura comme seule obsession de tout faire pour ses enfants et pour aider un maximum les gens autour d'elle.
    Une grandeur d'âme époustouflante qui ne peut que forcer le respect, elle a dégagé, pour moi, une beauté comme rarement je n'en avais vue dans un livre.
    Je terminerais en vous laissant une citation, figurant dans le mot de l'auteur à la fin de l'ouvrage. C'est la première fois que je le fais, mais pour moi elle résume parfaitement la teneur du récit, et met en avant l'espoir et la force de ces milliers de gens qui ont subis le pire, et qui pourtant, ont su garder fierté et amour.
    "La guerre, en général, se caractérise par des opérations militaires. Mais pour les peuples baltes, cette guerre était essentiellement d'ordre idéologique. En 1991, après cinquante ans d'occupation, les trois pays baltes ont retrouvé leur indépendance et, avec elle, la paix et la dignité. Ils ont préféré l'espoir à la haine et montré au monde qu'une lumière veille toujours au fond de la nuit la plus noire. S'il vous plaît, réfléchissez à cela. Parlez-en autour de vous. Ces trois minuscules nations ont appris au monde qu'il n'est pas de plus puissante arme que l'amour. Quelle que soit la nature de cet amour - qui peut aller jusqu'à pardonner à ses ennemis -, il nous révèle la force miraculeuse de l'esprit humain."

    Lien : http://archessia.over-blog.com/article-ce-qu-ils-n-ont-pas-pu-nous-p..
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    • Livres 4.00/5
    Par 100choses, le 13 décembre 2011

    100choses
    Ce roman est bien différent des autres ouvrages reçus de la part de Gallimard jeunesse mais il m'a énormément plu. Pourtant, une fois de plus, il m' a fallu quelques temps pour me décider à l'ouvrir. Mais dès lors, impossible de le reposer. On a affaire à un petit bijou de la littérture-tout-court.
    Si les noms sont inventés, on comprend très rapidement que l'histoire que Ruta Sepetys nous raconte est bien réelle. C'est celle de milliers de gens qui ont souffert l'enfer de l'oppression communiste, sans même avoir la liberté d'en parler, une fois leur calvaire terminé, de peur d'être de nouveau emprisonnés.
    Ce texte est à la fois bouleversant et dérangeant. Dérangeant parce qu'il dévoile un pan de l'histoire dont je n'avais aucunement conscience. Je connaissais, comme tout le monde, en très gros, l'histoire de l'URSS, les goulags en Sibérie…Mais je n'avais aucune idée de ce que cela représentait dans la réalité, que cela avait touché autant de monde. Je ne savais pas que les pays baltes avaient littéralement été décimés par le gouvernement de Staline. Ce dernier et ses sbires disposent littéralement de la vie de ces peuples comme bon leur semble, allant jusqu'à récupérer leur identité après les avoir spoliés de leur bien pour la simple raison qu'ils étaient professeurs, médecins, avocats, artistes, bref « intellectuels ». C'est révoltant de ce dire que cela a eu lieu dans l'ignorance la plus totale de la part du reste du monde. Ces peuples ont littéralement été abandonnés par le reste de l'humanité.
    Dérangeant aussi, parce que nous sommes en 1941, et que l'on assiste à peu de choses près aux mêmes méthodes que celles pratiquées par le gouvernement nazi en Allemagne. Deux esprits profondément dérangés ont agi de la même façon, au même moment. C'est terrible de réaliser la similitude de ces deux situations. Peu importent les circonstances, les raisons invoquées, le résultat est identique. C'est effrayant.
    Bouleversant, parce que malgré les brimades, les violences, la faim dévorante, le froid, les maladies et la peur, ces gens refusent de se laisser totalement asservir. Ils luttent pour conserver leur dignité, leur humanité. C'est tout ce qui leur reste et ils se battent, refusant dans céder la moindre parcelle à leurs tortionnaires. Ils grappillent de petites parcelles de libertés ridicules mais qui leur permettent de se sentir encore vivants. Ils refuseront par exemple de signer le contrat établissement leur asservissement pour 25 ans de travaux forcés. Cela ne change rien à leur situation, mais il n'en reste pas moins que par ce geste fort ils le refusent cet asservissement, rejettent l'autorité que l'on tente de leur imposer, même si cela doit leur rendre la vie encore plus difficile. Bouleversant parce qu'au fil des pages, l'on s'attache à ses personnages qui d'abord contraints de vivre ensemble, s'organisent peu à peu en une famille faisant efforts et sacrifices pour maintenir ce semblant d'humanité, conserver leur traditions et leur identité. Bouleversant, parce que malgré l'horreur, c'est un texte très lumineux, bourré d'espoir, à l'image de cette frêle pousse qui se fraye un chemin à travers la neige, sur l'image de couverture.
    Lina est un symbole particulièrement fort de cette lutte. Jeune fille de 15 ans, extrêmement douée pour le dessin, elle refusera toujours de baisser les bras. C'est une véritable révoltée qui expiera sa colère et ses souffrances par le dessin. Les scènes où elle nous décrit ce qui prend vie sous ses doigts sont particulièrement fortes. de même que j'ai énormément aimé la façon dont elle nous parle d'Edvard Munch, un peintre dans lequel elle se retrouve beaucoup.
    Seul petit bémol, l'épilogue arrive un peu brutalement, et s'il est très joliment raconté, et correspond sans souci au ton de l'ensemble de l'ouvrage, il laisse trop de questions sans réponses. J'aurais aimé passer encore du temps en compagnie de ces personnages.
    Bref, un ouvrage magnifique et nécessaire. le genre de bouquin qu'on devrait tous lire au moins une fois dans sa vie, pour ne pas oublier, par respect pour la mémoire de toutes ces victimes.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/12/13/sepetys-ruta-ce-qui..
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 25 février 2012

    canel
    En matière de trains de déportation, je "connaissais" ceux qui partaient vers les camps de la mort nazis. J'avoue n'avoir jamais rien vu/lu à ce jour sur ceux des purges staliniennes, qui circulaient à peu près à la même époque (ici, en 1941, soit un an après l'annexion de la Lituanie à l'URSS).
    Par le biais du témoignage fictif d'une jeune fille de quinze ans, nous suivons le transport dans des conditions atroces de Lituaniens "opposants" au nouveau régime soviétique (c'est à dire simplement bourgeois ou intellectuels dans la plupart des cas) et de leurs proches. On (re)découvre que le stalinisme a eu une logique d'éradication proche de celle du nazisme. Là encore, des familles ont été séparées, des personnes dépouillées de toute dignité humaine - entassées dans des wagons pour bétail, connaissant la promiscuité, la faim, le froid, la saleté, la terreur. Et au bout : des heures de travaux éreintants au kolkhoze, au nord de la Sibérie, rétribuées en maigres portions de nourritures...
    Un ouvrage à la fois facile à lire et poignant, pour faire découvrir à nos ados un autre épisode très noir du XXe siècle. Ce récit n'est pas sans rappeler le terrible 'Journal' d'Anne Frank (adolescence, complicité père-fille, conditions de survie éprouvantes, premier amour)... Or, comble de l'ironie, les Lituaniens ont cru un moment voir en Hitler leur sauveur potentiel, lorsqu'ils ont appris la déclaration de guerre entre l'Allemagne et l'Union Soviétique...
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    • Livres 4.00/5
    Par orbe, le 18 mai 2012

    orbe
    Roman historique qui à travers le parcours d'une jeune lituanienne, nous fait découvrir le sort des intellectuels déportés en Sibérie par Staline pendant la seconde guerre mondiale. Comment survivre ? Lina va traverser de nombreuses épreuves, le froid, la faim, la mort qui rôde, les brimades. Séparée dès l'arrestation de son père, elle a la chance de rester avec sa mère et son jeune frère...mais jusqu'à quand?
    Un très beau livre sur l'humanité de ces personnes privées de tout et qui gardent en dépit de leurs souffrances leur dignité.



    Lien : http://0z.fr/JnSnG
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Critiques presse (3)


  • Ricochet , le 13 avril 2012
    Premier roman percutant de Ruta Sepetys, librement inspiré par l'histoire de son père qui, jeune garçon, a fui la Lituanie pour se retrouver en Allemagne dans un camps de réfugiés.
    Lire la critique sur le site : Ricochet
  • LeFigaro , le 18 novembre 2011
    Ce livre, souvent publié à l'étranger sous la bannière adulte, est, en France, proposé dans la collection «Scripto» de Gallimard. La jeunesse de l'héroïne, sa perception de la vie et du drame qui la frappe rendent ce récit particulièrement palpable aux adolescents. Sa lecture laissera des traces.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Lexpress , le 09 novembre 2011
    Qu'on ne soit pas rebuté par ce sujet difficile. Car happé par la puissance de ce récit qu'on ne peut lâcher, le lecteur se sent le témoin privilégié d'un épisode important de l'Histoire.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par bouma, le 22 mai 2012

    Il n’était au monde que depuis quelques minutes mais il était déjà considéré comme un criminel par les Soviétiques
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  • Par Jumax, le 26 octobre 2011

    "Ce témoignage a été écrit pour laisser une trace ineffaçable et tenter l'impossible : parler dans un monde où nos voix ont été éteintes. [...]J'espère de tout mon coeur que les pages ici cachées feront jaillir de votre âme la source de compassion la plus profonde. J'espère aussi qu'elles vous inciteront à faire quelque chose, a en parler à quelqu'un. C'est le seul moyen de nous assurer que les hommes ne permettront pas au mal de se reproduire sous cette forme."
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  • Par Melo, le 29 septembre 2011

    - Comment peuvent-ils décider que nous sommes des animaux ? Ils ne nous connaissent même pas.
    - Nous nous connaissons, répondit Mère. Ils se trompent. Ne leur permet jamais, Lina, de te convaincre du contraire. Comprends-tu ?
    J’acquiesçai d’un signe de tête. Mais je savais qu’un certain nombre de nos compagnons s’étaient déjà laissé persuader de leur condition inférieure. Ils avaient une expression abattue, dénuée de tout espoir et se faisaient tout petits devant le NKVD. J’aurais voulu les dessiner tous.
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  • Par Pays_des_contes, le 03 mars 2012

    Mère sort une liasse de roubles de sa poche et la montre discrètement à l’officier qui tend le bras pour la prendre. Après quoi, il dit quelque chose à Mère, ponctuant ses paroles de petits mouvements de tête. Je vois maintenant la main de Mère voltiger pour arracher le pendentif qu’elle porte à son cou et le déposer dans la main de l’officier. Il ne semble pas satisfait. Ce n’est que de l’ambre. Tout en continuant de lui parler en russe, Mère sort de la poche de son manteau une montre à gousset en or. Je connais bien cette montre. C’est celle de son père ; il y a même son nom gravé au dos. L’officier s’en empare d’un geste vif et lâche Jonas pour se mettre à crier après ceux qui se trouvent près de nous.
    Vous êtes-vous jamais demandé ce que vaut une vie humaine ? Ce matin-là, mon petit frère ne valait pas plus qu’une montre à gousset.
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  • Par Pays_des_contes, le 03 mars 2012

    - Je ne vois pas ta mère travailler la terre...
    - Non, répondit Andrius en se penchant vers moi. [...] Et sais-tu pourquoi ?[...]
    Parce qu'ils l'ont menacée de me tuer si elle n'acceptait pas de coucher avec eux. Et le jour où ils seront fatigués d'elle, rien ne les empêchera de me tuer si ça leur chante. Dis-moi un peu, Lina, que ressentirais-tu si ta mère pensait qu'elle devait se prostituer pour te sauver la vie ? [...] A ton avis, que ressentirait mon père s'il savait ça ? Et que ressent ma mère quand elle doit coucher avec les gens qui ont assassiné son mari ?
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