Luis Sepùlveda est un militant politique et écologique et cela se sent.
Luis Sepùlveda a souffert de cet engagement par un emprisonnement de deux ans et un exil de huit ans et cela se voit. Ses textes suintent de ses souffrances, de ses combats. Et ce recueil de nouvelles n'échappe pas à la règle.
Son combat pour les indiens d'Amazonie ressort dans cette première nouvelle ou l'absurdité humaine émarge de cette guerre au fin fond de cette forêt pour un lopin de terre habité par quelques colons utopistes en quête de ce mythique El dorado. Terre inhospitalière, où seul les indiens peuvent vivre. Lutte pour une frontière politique, lutte absurde et ravageuse. Sepùlveda utilise le personnage de son premier roman pour mener la résistance face aux dictatures militaires de ces régions. Face aux militaires, les hommes uniront leurs bras pour reconstruire cette cathédrale famélique, havre de paix par excellence. Bâtir à nouveau cette ville pour ne pas oublier ceux qui ont disparu, bâtir à nouveau pour vivre tout simplement.
La deuxième nouvelle Hôtel Z se situe de nouveau au cœur de l'Amazonie aux frontières du Brésil, du Pérou et de la Colombie. Cet hôtel n'est pas nommément cité, tout comme cette frontière, il est fictif, dévoré par cette forêt, véritable frontière. Cette nouvelle retrace les étapes de cette colonisation, les différentes vagues migratrices, les différents voyageurs : aventuriers, pionniers en quête de fortune, esclave fugitif…
Au travers des dessins de son ami, l'auteur se remémore les différents occupants de l'hôtel qui ont tous laissé un souvenir.
Les autres nouvelles traitent de l'engagement politique contre les gouvernements aristocrates, et les dictatures (Ding dong…) au travers d'une histoire d'amour ; de l'exil politique qu'a connu l'auteur (L'île), de la mort (cœur de María) et du souvenir des morts : « Non. Il est comme ça, le Sauvage, car tant que nous prononcerons leur nom et raconterons leurs histoires, nos morts ne mourront jamais, a ajouté un autre. » (Un dîner en compagnie…).
Les dernières nouvelles racontent sous diverses formes la résistance face aux forces extérieures, l'amitié et la tolérance.
La dernière nouvelle est une petite parabole empreinte de poésie, entre ce vieil homme et son chien ; véritable amitié que voue ce personnage à son compagnon, plus fidèle que sa progéniture et à qui il raconte son secret.
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