Comme le dit Sepùlveda dans « Histoires d'ici et d'ailleurs », « ce roman est né sans le savoir pendant un épouvantable orage amazonien, en 1978. Je me trouvais en Équateur, première escale d'un exil commencé en 1977 et qui allait durer jusqu'en 1989.
Quand cet orage a éclaté, je vivais depuis quatre mois déjà dans un hameau shuar construit sur la rive est du haut Nangaritza. Je n'étais pas l'un des leurs, mais j'étais comme eux. (…)Sur une hauteur, non loin du fleuve Yacuambi, il y avait une chaumière construite sur pilotis dont le toit de palmes tressées laissait échapper de légères volutes de fumée. Nous nous sommes approchés et, à quelques mètres, Nushiño m'a dit qu'un vieux bizarre vivait là, un Blanc qui parlait très peu. (…) . La partie supérieure du meuble lui arrivait au milieu de la poitrine, il y a déposé la lampe puis s'est approché du hamac près duquel se trouvait un autre caisson, plus petit, suspendu, que je n'avais pas vu.
Il ne contenait pas plus de cinq ou six livres, le vieux en a pris un, l'a emmené jusqu'au meuble réservé aux assiettes puis, lentement, avec cérémonie, il a sorti un objet d'un étui de toile, a soufflé dessus, l'a frotté et a regardé à travers. C'était une loupe. le vieux a ouvert le livre, cherché une page et, debout, a commencé à lire. »
Voici donc la genèse de ce roman qui depuis a connu le succès que l'on sait.
Le Vieux qui lisait des romans d'amour nous emmène en Amazonie, aux confins de L'Equateur à El Idilio, colonie à la frontière péruvienne, enclave au pays des Shuars. El Idilio, ce n'est ni le Paradis, ni l'Enfer, mais un village perdu entre les deux, rongé par des pluies diluviennes, minés pal les dangers de la nature, où chacun vient s'enterrer pour oublier ou bien se faire oublier. El Idilio, c'est la configuration typique de l'ineptie humaine. Sepùlveda nous parle ici de la nature hostile, sauvage et dure que l'homme tente de maîtriser, de dompter, mais qui à chaque fois reprend inlassablement le dessus. Mais un gringo vient en déranger la logique, entraînant une partie du village dans une chasse hostile, dans une lutte contre la bêtise blanche, lutte pour la survie, lutte où l'adaptation à l'environnement est primordiale pour survivre.
Dans ce court roman, l'auteur tente de nous inculquer les gestes utiles, le respect de la nature et des Hommes. Sepùlveda jette les bases de ses engagements politique, écologique, humain.
Un roman simple comme un conte, apologue de la vie tout simplement.
Le Vieux qui lisait des romans d'amour, c'est la découverte de la sagesse, de l'équilibre, de la vie, où personne n'est ni bon ni mauvais, pas même le héros.
La suite de la genèse du roman sur:
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