Cette œuvre de
Luis Sepúlveda n'est pas qu'une histoire pour faire voyager bien qu'une lecture rapide et superficielle laisse à penser cette idée. Cette centaine de pages est aussi à lire comme un essai sur le colonialisme ou sur les mœurs.
Ce roman ne raconte pas une histoire d'amour entre deux individus. Il est bien plus que ça. C'est l'amour dans ce qui a de plus noble et de plus extraordinaire. L'amour pour la lecture, nourriture de l'esprit et le respect, l'attachement, à la nature Cette fiction, c'est l'histoire d'un peuple indigène (les Indiens Shuars) en danger à cause de cette société qui se prétend « civilisée » et qui est venue pour tout changer. Cette fiction, c'est aussi l'histoire de la mondialisation qui arrive partout et qui s'impose de plus en plus violemment. Cette fiction, c'est la fascination d'un auteur pour son pays d'origine dont il constate une déchéance certaine.
Tous les personnages représentent chacun une entité que l'on détermine aisément et dont, au final, on comprend mieux les réactions, les façons de penser, sans nécessairement tout accepter. Tous sont attachants mais le vieux Antonio José Bolivar, balançant sans cesse entre l'envie de conserver les traditions et de céder à la modernité, est définitivement celui auquel on s'attache particulièrement et qui nous impressionne le plus.
La narration est descriptive sans débordements ni excès, l'auteur a réservé une place toute chaude au lecteur, dans ce docu fiction qui gagne à être découvert.
Luis Sepúlveda écrit dans un vocabulaire accessible à tous et on ne trouve rien à redire quant au choix des mots. le style est direct et sans détour.
On aurait simplement voulu que l'auteur soit parfois un peu plus affable tellement certains passages attisent l'attention du lecteur et l'interpelle.
Loin d'être un livre remarquable et inoubliable, ce roman gagne à être lu par des lecteurs novices en ce qui concerne l'Amérique Latine.