> François Maspero (Traducteur)

ISBN : 202021783X
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Un jeune garçon réalise son rêve : chasser la baleine comme le héros de Moby Dick. Engagé comme mousse à bord de "L'Évangéliste", il découvre des personnages dignes de la plume d'Herman Melville : "Le Basque", impre... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 11 mai 2012

    carre
    Pour ceux qui voudrait découvrir Luis Sépulveda, vous pouvez ajouter à votre liste "Le Monde du bout du monde".
    Le jeune héros réussit à embarquer sur un baleinier après être tomber amoureux du "Moby Dick" d'Hermann Melville. Ce voyage va forger son
    envie de défendre ces animaux que l'on massacrent et ces océans que l'on souillent allègrement. Devenu journaliste, il prend faits et causes pour dénoncer ces abominables massacres.Présenté comme un polar écologique, je dirais plutôt une ode à la nature.
    L'écriture de Sépulvéda fait une nouvelle fois merveille, il n'a pas son pareil pour faire ressentir des sensations fortes, le message écologique ce veut militant mais c'est aussi un message de valeurs qui s'y l'on y prend garde emmènera l'Homme à sa perte. L'auteur photographie de magnifiques paysages et restitue parfaitement par les mots la beauté de cette nature. Un très bon roman.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 04 mars 2012

    le_Bison
    L'histoire commence comme un conte pour enfants. Un jeune chilien de 17 ans découvre « Moby Dick » de Herman Melville et s'émerveille de cette aventure passionnante. Pendant ses longues vacances scolaires, il décide donc de partir seul tout au sud pour embarquer sur un baleinier et découvrir véritablement l'âme de son pays. le Sud, la mer, Terre de Feu et la Patagonie, les dauphins et baleines... Que d'histoires à raconter à ses camarades restés pour bronzer à la plage et tourner autour des filles...Cependant, parce que Luis Sepúlveda reste un des plus fervents défenseur de la Nature, le roman change radicalement de cap et prend une nouvelle tournure : celle d'un thriller écologique.
    Troisième lecture de cet auteur, et je reste toujours aussi subjugué par ses décors. J'arrive à ressentir ces embruns et ce vent glacial qui me fouette sèchement le visage pendant que je prends mon quart sur la passerelle. Je garde les yeux bien grand ouvert en regardant défiler des images de Terre de Feu et en espérant apercevoir au loin un de ces souffleurs si majestueux et magiques. Mais avec Luis, le voyage n'est jamais gratuit. Il me fait prendre conscience des atrocités humaines : la déforestation et la pollution des terres me faisaient déjà frémir dans « Le Neveu d'Amérique » ou « Le vieux qui lisait des romans d'amour », mais je découvre que les hommes peuvent se montrer encore plus irrespectueux et atrocement barbares envers mers et océans.
    Ces atrocités, dont j'ignorais tout (ou du moins je ne voulais pas les connaître), me font terriblement peur. Pour moi il est déjà trop tard, mais pour mon fils... Quel monde vais-je lui laisser ? Quelle image aura-t-il de notre génération pour laquelle le mot d'ordre semble être « profit, profit, profit », sans concession aucune et sans pitié pour notre planète. Des peuples autochtones ont été rigoureusement anéantis, des forêts ont été entièrement décimées, des océans irrémédiablement pollués...Et dire que mers et forêts représentent la survie de l'espèce humaine, ce qui laisse présager du niveau d'intelligence de l'homo sapiens sapiens.
    J'ai mauvaise conscience quand je lis Sepúlveda. Un malaise m'étreint et j'ai honte d'appartenir à l'espèce humaine et honte d'être français. Il arrive presque à me culpabiliser par certaines irresponsabilités de nos chers gouvernants élus « démocratiquement ». le Japon en prend pour son grade avec sa chasse à la baleine à outrance (le Chili aussi puisque c'est le gouvernement chilien qui délivre des droits sur la tuerie des animaux dans ses eaux territoriales, un concept bizarre, non ? de se sentir tellement supérieur au point de délivrer des permis de tuer sur des espèces en voie d'extinction) mais la France n'en est pas moins égratignée et ses agissements loin de ses frontières montrent bien sa politique dominante et supérieure qu'elle s'octroie (au nom de quoi ?).
    De la mer et des fjords, des images du Chili et de la Patagonie, un roman d'aventures océanes et écologiques...Voilà tout ce qu'un roman de Luis Sepúlveda donne au lecteur. Mais cette fois, ce dernier ressort avec l'odeur nauséabonde d'une pourriture de chair et de sang gisant à la surface des mers. Il repart avec le sentiment d'un terrible gâchis humain anéantissant les ressources océanes. La mer peut-être belle, soyeuse et magique, du moment qu'elle reste vide de toute présence humaine...

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Petit ouvrage par la taille mais immense ouvrage par la poésie et la sensibilité que l'on y trouve. Ce roman est un pur moment de plaisir et de magie. Il raconte le retour et le combat d'un journaliste sur sa terre natale, le sud de l'Amérique du Sud, contre des baleiniers.
    L'intrigue s'inscrit dans une sorte de mystère, une révélation qu'un vieux ne veut pas faire à ce journaliste, mais qu'il préfère lui montrer directement. S'ensuit alors un voyage jusqu'au lieu où découvrir ce mystère à travers de nombreuses îles et autres lieux marins.
    C'est durant ce voyage que l'histoire se compose, que les éléments sont apportés minutieusement au lecteur afin que celui-ci veuille à chaque fois en découvrir encore plus.
    Un grand moment de communion avec les paysages, la nature, la poésie des mots : du grand Sépúlveda !
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    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 20 mai 2011

    emmyne
    Le Monde du bout du monde est un récit maritime engagé, un beau voyage écologique au large de la Patagonie dans le sillage de Moby Dick. Journalistique, autobiographique, c'est une belle histoire un peu magique de cette touche d'improbable qui sied si bien aux textes sud-américains. La navigation tient la part belle de ce court récit, mémoires de piraterie et souvenirs de vie en mer sous la plume à la fois précise et poétique de Luis Sepulveda.
    Comme dans son livre Les roses d'Atacama, l'auteur chilien raconte une histoire marginale et salue des personnalités anonymes d'exception. On y retrouve le ton parfois lyrique et mélancolique car ce texte raconte le retour en Terre de Feu après tant d'années d'exil, le bonheur et la douleur de ces retrouvailles appréhendées, ainsi que la volonté de témoigner, de dénoncer. le propos est donc franchement militant - ce livre est dédicacé aux " amis chiliens et argentins qui luttent pour la préservation de la Patagonie et de la Terre de Feu, à l'équipage du nouveau Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace. " - et pourtant il se lit comme un roman. Divisé en trois parties qui se rejoignent, il raconte finalement autant l'histoire de l'homme, cet homme qui écrit, que de la région. Dans la première, le narrateur, un jeune chilien, a seize ans, ce sont les années soixante. Il a lu Moby Dick, il rêve d'aventures, de traverser le détroit de Magellan, d'embarquer sur un baleinier ( scène d'anthologie que celle où, devant justifier de son envie de prendre la mer, il raconte aux marins dans une pension le roman de Melville ). Cette expérience mettra fin au romanesque pour le confronter aux réalités de la chasse à la baleine - harponnage, dépeçage, abandon de la carcasse - alors même que l'Antarctique exerce sa fascination sur lui.
    Les deux parties suivantes se déroulent quelques vingt ans plus tard. le narrateur, en exil en Allemagne, est journaliste d'une agence d'informations alternatives spécialisée dans l'environnement. Petite structure en contact avec l'association Greenpeacequi communique des renseignements aussi étranges qu'alarmants sur un navire japonais pratiquant la pêche industrielle des baleines illégalement. Ce sera l'enquête, les façons dont les états contournent et détournent le moratoire de 1986 interdisant cette chasse, puis le voyage, le périple maritime sur les traces de ce baleinier irrégulier en compagnie d'un farouche capitaine plus que septuagénaire dévoué à la mer. Ce sera l'émerveillement du retour. L'écriture y est prenante, particulière, alternant paragraphes maritimes, rappel de l'action de Greenpeace, légendes indiennes, histoire de ces minorités oubliées. Et l'émotion, la communion, d'un homme déraciné.
    Un hymne.

    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/03/12/20596514.html..
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    • Livres 5.00/5
    Par hubertguillaud, le 19 juillet 2007

    hubertguillaud
    En 120 pages, ciselées comme un coquillage, Luis Sepulveda construit un trésor à nulle autre pareil. Le monde du bout du monde donnerait au pire casanier, au dernier paraplégique, l'envie insurmontable de devenir aventurier, redécouvrir le monde et naviguer jusqu'à ces Terres de Feux, qui brûlent de leur différence, sous vos yeux émerveillés.
    Sur une mer abandonnée, hantée d'histoire, il réinvente sa référence littéraire (Moby Dick) et - à mon avis - la dépasse. Pas seulement en nous contant la vie incroyable de quelques marins impossible, mais bien en rendant à cette mer un souffle, sec et rude, une vie, à la puissance des phrases qui portent en elle le corps d'une terre.
    Chef d'oeuvre.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 05 mars 2012

    Nous avons vu un bateau-usine de plus de cent mètres de long, avec plusieurs ponts, arrêté, mais ses machines tournant à plein régime. Nous nous sommes approché pour reconnaître le pavillon japonais qui pendait à la poupe. A un quart de mille, nous avons reçu un tir d’avertissement et l’ordre de nous éloigner. Et nous avons vu ce que faisait ce bateau. « Ils aspiraient la mer avec des tuyaux d’environ deux mètres de diamètre. Ils sortaient tout, en provoquant un courant qu’on a senti sous notre quille, et après le passage de la suceuse la mer n’était plus qu’une espèce de soupe noirâtre et morte. Ils sortaient tout, sans s’arrêter à penser aux espèces interdites ou sous protection. La respiration presque paralysée par l’horreur, nous avons vu plusieurs bébés dauphins se faire aspirer et disparaître. « Et le plus horrible, ç’a été de constater que par un trop-plein fixé à l’arrière ils rejetaient à l’eau les déchets de la boucherie. « Ils travaillaient vite. Ces bateaux-usines sont l’une des plus grandes saloperies inventées par l’homme. Ils ne vont pas sur les bancs. La pêche, ça n’est pas leur affaire. Ils cherchent la graisse ou l’huile animales pour l’industrie des pays riches et, pour arriver à leurs fins, ils n’hésitent pas à assassiner les océans.
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  • Par hubertguillaud, le 19 juillet 2007

    "Sur l'île Serrano nous avons trouvé la cabane pratiquement telle que je l'avais laissée quarante ans plus tôt. Personne n'habite l'île. Le climat extrêmement hostile et rigoureux fait peur, et jepense parfois que ces milliers d'îles, d'îlots et de rochers sont ce qu'il y a de plus proche du moment de la création. Ca m'a paru le meilleur endroit pour jeter l'ancre, le temps qui me reste. Mon vrai port. Et c'est ainsi que Petit Pedro et moi, on a navigué des années entières sans se cogner à personne, en laissant la sage humeur de la mer mener notre vie. Mais rien ne dure."
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  • Par adonisos, le 20 novembre 2008

    Ainsi tout s’explique facilement : mais dans mon souvenir demeure comme un symbole la figure hiératique et sinistre du cadavre du Yagan de Kanasaka, poursuivant sur la mer les profanateurs de ces solitudes, les Blancs « civilisés » venus troubler la paix de sa race et causer sa dégénérescence avec l’alcool et leurs calamités ; Et semblant leur dire de sa main tendue : « Hors d’ici ! »

    La souveraineté est un mouchoir inventé par les militaires pour essuyer leur morve
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  • Par le_Bison, le 04 mars 2012

    Quand au vieux Rainbow Warrior, le navire amiral de la flotte arc-en-ciel, il n’était plus là.
    Le 10 juin 1985, quinze minutes avant minuit dans le port d’Auckland en Nouvelle-Zélande, deux bombes de forte puissance posées sur sa coque par les nageurs sous-marins des services secrets français y avaient ouvert des voies d’eau mortelles. Et ces bombes avaient assassiné l’écologiste portugais Fernando Pereira qui se trouvait à bord.
    Le vieux Rainbow Warrior avait livré bien des batailles pacifiques dans les mers du Sud, mettant à nu l’irrationalité des essais nucléaires français sur l’atoll de Mururoa, et il avait succombé, victime d’un odieux acte de terrorisme approuvé par le gouvernement français.
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  • Par line70, le 27 mars 2011

    Je sentais enfin que j'étais, moi aussi, de quelque part. Je sentais enfin un appel plus impérieux que l'invitation de la tribu, celle que l'on entend ou que l'on croit entendre, ou que l'on s'invente comme un palliatif à la solitude. Sur cette mer sereine mais jamais calmée, sur cette bête silencieuse qui bandait ses muscles en se préparant pour l'étreinte polaire, sous les milliers d'étoiles témoins de l'éphémère et fragile existence humaine, je sus enfin que j'étais de là et que, quoi que je fasse, je porterais toujours en moi les éléments de cette paix terrible et violente, annonciatrice de tous les miracles et de toutes les catastrophes.
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Anne-Marie Métailié, Dernières nouvelles du sud
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Anne-Marie Métailié, directrice des Editions Métailié publie le nouveau livre de Luis Sepulveda et de Daniel Mordzinski Dernières nouvelles du sud. A cette occasion elle accorde une interview exclusive pour Passion Bouquins et nous confie ses secrets de fabrication. Cette rencontre a été filmée à la Librairie Bisey, place de la Réunion à Mulhouse.











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