Autant avouer tout de suite, j'aime beaucoup
Luis Sepulveda. J'ai découvert, comme tout le monde, cet écrivain chilien avec son premier roman,
Le Vieux qui lisait des romans d'amour, qui m'avait beaucoup plu. Chronologiquement,
Un nom de torero est son troisième bouquin.
Le principal protagoniste de cette sombre histoire se nomme Juan Belmonte, ancien guerillero chilien, mercenaire au lourd passé, qui vit maintenant à Hambourg. C'est dans ce Hambourg glauque et paranoïaque qu'il est recruté, de force, par un mystérieux infirme, Kramer, désireux de s'approprier un trésor : des pièces d'or du XIVème siècle connues sous le nom de Croissant de Lune Errant. Mais voilà, Kramer n'est pas le seul à s'intéresser à ce fabuleux trésor, détenu par un vieil allemand anti-fasciste, retiré quelque part en Terre de Feu. Une course contre la montre va alors s'engager entre Belmonte et un ex-agent de l'ex-RDA Franck Galinsky... C'est ainsi qu'au gré de ce voyage en Terre de Feu, Sepulveda nous plonge dans la période suivant la chute du mur de Berlin, nous permettant de croiser ainsi une galerie de personnages pittoresques pour certains,glauques pour d'autres, tels que d'anciens nazis établis dans une colonie au Chili, d'ex-tortionnaires devenus fonctionnaires au sein du gouvernement chilien, des aventuriers, et même des braves gens.
La plupart des personnages ne sont que des marionnettes dont on tire les ficelles, des hommes ayant perdu leurs illusions, dont fait partie ce Juan Belmonte, en quête de rédemption.
C'est un bon sujet qui a le mérite de nous interpeller sur la dictature chilienne, et le style est sobre. Un court roman qui mérite d'être lu et qui devrait faire découvrir Sepulveda à ceux qui hésitent encore. A noter que Sepulveda a lui-même été emprisonné durant la dictature de Pinochet.