> Bertille Hausberg (Traducteur)

ISBN : 2864247100
Éditeur : Editions Métailié (2010)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Dans un vieil entrepôt d'un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l'arrivée d'un homme, le Spécialiste.
Il a convoqué ces trois anciens militants de gauche, de retour d'exil trente-cinq ans après le coup d'Etat de Pinochet, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Pasdel, le 14 avril 2012

    Pasdel
    L'ombre de ce que nous avons été est le roman de l'exil, le roman du Chili de l'après Pinochet. Un chassé-croisé permanent entre présent et passé pour ces êtres obligés de quitter leur pays après ce 11 septembre 1973 où « Beaucoup d'hommes et de femmes qui se connaissaient renoncèrent à eux-mêmes, pris dans une épidémie d'amnésie nécessaire et salvatrice. Non, je ne connais pas ces types jetés dans un camion. Non, je n'ai jamais vu cette femme qui attend au coin de la rue. L'oubli devint une nécessité urgente. Il faut changer de trottoir et éviter les rencontres, il faut tourner rapidement, effacer ses pas. Et le poison du passé vint soudain prendre la place de ce qui était chargé d'avenir. »
    Tous les romans de Sepùlveda recèlent une partie autobiographique, mais celui-ci encore plus, pour le lecteur qui connaît la vie de l'auteur, comment ne pas voir dans les récits testimoniaux de ces exilés des réminiscences de la jeunesse de l'auteur, de sa vie. Ce dernier faisant même référence à son fils musicien dans un groupe de hard-rock suédois.
    La suite sur:

    Lien : http://leslecturesdepasdel.over-blog.com/article-l-ombre-de-ce-que-n..
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    Critique de qualité ? (32 votes positifs)
  • Par moustafette, le 23 novembre 2011

    moustafette
    Lucho Arancibia, Cacho Salinas et Lolo Garmendia sont trois anciens communistes chiliens sortis de prison ou de retour d'exil. Se retrouvant une nuit à Santiago dans l'atelier de l'un d'entre eux, ils attendent leur chef, le vétéran, le Spécialiste, Pedro Nolasco, petit-fils d'un célèbre anarchiste syndicaliste. Histoire de prolonger un peu la révolution de leur jeunesse, ils sont prêts à reprendre du service et récupérer ce qui leur est dû.
    Or, au même moment, Nolasco gît sur un trottoir, malencontreusement tué par la chute d'un vieux tourne-disque Dual balancé par une fenêtre lors d'une banale scène de ménage chez Coco Aravena, lui aussi de retour d'exil. Coco trouve sur le macchabée un vieux Smith & Wesson ainsi qu'un numéro de téléphone qu'il subtilise avant l'arrivé de la police. Croyant d'abord avoir tué un flic, il se décide finalement à appeler ce numéro. Une voix, pensant avoir affaire à Nolasco, lui répond qu'on l'attend au garage d'Arancibia.
    "Les quatre hommes se regardèrent. Plus gros, plus vieux, chauves et la barbe blanchie, ils projetaient encore l'ombre de ce qu'ils avaient été.
    - Alors, on tente le coup ? demanda Garmendia et les quatre verres ont trinqué dans la nuit pluvieuse de Santiago."
    Sous l'égide de Pedro Nolasco, ce dernier coup se fera donc sans lui. Mais cette nuit-là, un autre homme se souviendra du Spécialiste, le vieil inspecteur Crespo qui identifiera le corps de Nolasco à la morgue. Ses souvenirs de jeunesse afflueront eux aussi, les deux hommes s'étant déjà croisés en d'autres temps.
    Au gré de va et vient entre passé et présent, ce roman est prétexte à revisiter brièvement les années précédant l'avènement de Salvador Allende au pouvoir jusqu'à sa chute. C'est surtout l'occasion de brosser le portrait d'une poignée d'hommes portés par un même rêve qui virera rapidement au cauchemar, une très belle histoire d'amitié et de retrouvailles, de loyauté et de lutte, le tout narré avec tendresse et humour.
    "Au milieu de l'assemblée, Coco Aravena était en pleine euphorie car la commission chargée de l'agitation et de la propagande du parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste maoïste, tendance Enver Hoxha, très différente de la coterie liquidationniste qui se faisait appeler parti communiste révolutionnaire marxiste léniniste pensée mao tendance drapeau rouge, l'avait chargé de la lecture d'une résolution du comité central appelée à changer l'histoire."
    La révolution n'a jamais dit son dernier mot. Et, avec ou sans Pedro Nolasco, les quatre lascars retrouvent l'audace de leurs vingts ans.
    Une belle revanche sur leurs cheveux blancs et leurs idéaux perdus.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 06 avril 2012

    carre
    Voilà un auteur qu'on lit avec grand plaisir.
    Trois vieux militants gauchistes se retrouvent à Santiago, 35 ans après avoir fui le régime de Pinochet. de retour, ils n'ont pas oubliés leurs idéaux et attendent avec joie et excitation la venue du "Spécialiste" qui doit leur proposer une dernière action, sorte de baroud d'honneur. Hélas, quand ce n'est pas la dictature, c'est le destin qui s'en mêle.
    Sépulveda brosse le portraits de papys cabossés par leur exil, mais qui ont gardé au fond des yeux une lueur d'espoir et de revanche. Tour à tour touchant, cocasse, cynique, le grand auteur Chilien rend un bel hommage à son peuple qui aura payé de sa chair l'avènement de Pinochet. Un roman qui va droit au coeur, profondement humain, magnifié par la langue de Sépulveda. Excellent.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par tilly, le 27 janvier 2010

    tilly
    L'ombre de ce que nous avons été de Luis Sepúlveda est un roman prenant et surprenant. Pour être honnête, je m'y suis prise à plusieurs fois avant d'arriver au bout. Pourtant je conseille la lecture d'un seul jet (ce que j'ai fini par pouvoir faire) pour mieux mesurer sa force, son rythme, sa virtuosité et sa violence, maquillés par le burlesque apparent de la situation dans laquelle Luis Sepúlveda plonge ses personnages.
    Il m'a fallu aussi, comme quand je lisais les grands auteurs russes, un peu de temps pour ne pas confondre les personnages entre eux. La faute aux consonances latines de leurs prénoms : Pedro, Lolo, Cacho, Coco, Lucho... Un petit générique de début ou de fin n'aurait pas été superflu, pour moi. De même une chronologie des événements politiques et révolutionnaires chiliens, et plus généralement en Amérique Latine, depuis 1925 jusqu'à aujourd'hui, m'aurait bien aidée.
    En attendant le Spécialiste...
    Le lecteur connaît ce personnage central dès les premières pages du roman, où sont exposés ses origines, son identité, et une partie de sa motivation. Les autres, ceux qui l'attendent, ne connaissent de lui que son nom de code. Ils ne savent pas non plus pourquoi le Spécialiste les réunit, après trente cinq ans de silence pour certains, d'exil pour les autres. Ils ne savent qu'une chose : c'est lui qu'ils attendent.
    Mais comme Godot, le spécialiste finalement, ne rejoindra jamais les trois anciens militants qu'il a convoqués pour une mystérieuse action révolutionnaire.
    En deus ex machina impitoyable, Sepúlveda place sur la route du Spécialiste un obstacle fatal et inattendu qui transforme le scénario déjà mystérieux en énigme policière tragi-comique.
    Des tonton flingueurs ? Des casseurs aux bras cassés ? Des anarchistes sur le retour ? Des révolutionnaires rassis ? Un peu tout ça, mais surtout des coeurs gros comme ça... : "Plus gros, plus vieux, plus chauves et la barbe blanche, ils projetaient encore l'ombre de ce qu'ils avaient été."
    En contrepoint, un couple d'enquêteurs : un vieux flic, contemporain des anciens militants calamiteux, et une jeune inspectrice, trop jeune pour avoir le souvenir des événements tragiques des années 70. Pourtant c'est Ardelita qui comprendra le mieux toute l'affaire et poussera, par sa compassion, son supérieur dans la voie de la résistance, la voie de la dignité.
    Le récit est tout sauf linéaire. La narration est tourbillonnante entre les époques, les souvenirs, les acteurs, imprimant au déroulement de l'histoire un rythme virtuose. Les présentations de personnage sont chacune l'occasion d'allers-retours entre le présent et les événements passés, entre les actions auxquelles les anciens ont participé jadis et l'aventure délirante dans laquelle ils se trouvent maintenant entraînés ensemble, à nouveau. Peu à peu ils découvriront enfin ce qui les réunit, si longtemps après, et ils accepteront la mission qui leur "tombe" dessus. Ils décideront de "tenter le coup". L'écriture est vive, drôle, sans pathos. Pourtant c'est une impression de grande nostalgie qui subsiste quand on referme le livre et que l'on quitte ces émouvants sexagénaires cambrioleurs.
    La trame historique est très importante pour cette histoire de bandits au grand coeur, toujours en deuil de leur jeunesse sacrifiée. Luis Sepulveda a très certainement puisé dans ses propres souvenirs et utilisé la mémoire de son engagement politique personnel pour bâtir l'histoire de Pedro Nolasco dit le Spécialiste.
    Un moment je me suis demandé si Sepúlveda se s'était pas placé lui-même dans son roman, à la page 105, en tant que silhouette participant à une manifestation activiste non-violente des années 70. le détail de la fonction minuscule est trop précis pour être fictif... : "un de nos illustres écrivains les a aidés de l'extérieur : il faisait le guet en collant des affiches pour le dentifrice Odontine." On voit également passer furtivement, Pablo Neruda, le Che, et... Butch Cassidy. Et évidemment Pinochet et son fils.
    Il y a aussi l'évocation d'une femme écrivain, ancienne prisonnière à la Villa Grimaldi de Santiago. Je connais trop mal la littérature sud-américaine pour l'identifier, mais vous, peut-être ?
    Voici comment Ardelita la décrit, vers la fin du roman :
    “C'était une femme belle et fragile, j'ai appris plus tard qu'elle était écrivain, et elle racontait l'horreur qu'elle avait connu avec beaucoup d'autres prisonnières. Bizarrement, il n'y avait aucune rancoeur dans sa voix, mais de la douleur, une douleur dépourvue de haine, pleine de dignité, une douleur que j'ai trouvée belle, moi qui ai grandi pendant la dictature en entendant tous les jours des propos haineux. Je me suis approchée d'elle et je lui ai dit : je suis inspecteur de police et, en mon nom et au nom de l'Institution que je représente, je veux vous demander pardon pour toutes vos souffrances. Jamais cela ne se reproduira, je vous le jure. Elle m'a regardé gentiment, m'a demandé mon âge, et quand je lui ai dit que j'étais née en 1973, elle m'a prise dans ses bras : “Ce n'est pas de ta faute, tu as les mains propres.”
    [chronique pour leschroniquesdelarentréelitteraire.com, deuxième édition, janvier 2010, en partenariat avec ulike.net]


    Lien : http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2010/01/lu...
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    • Livres 5.00/5
    Par ArcadioBuendia, le 03 avril 2010

    ArcadioBuendia
    Après un mois de relecture du Seigneur des Anneaux (again), un petit instant de fraicheur s'imposait. J'ai été exaucé grâce au dernier roman de Luis Sepúlveda.

    Trois vieux communistes, des purs et durs, se retrouvent à Santiago après plus de trente-cinq ans d'exil. Fuyant la dictature de Pinochet, ils se sont réfugiés qui en France, qui en Roumanie, qui en Suède. De retour dans leur pays, ils attendent le Spécialiste, le cerveau, l'homme qui fait naître la flamme dans le cœur des désespérés et avec lequel ils vont concocter une dernière action. Malheureusement, un tourne-disque meurtrier en décidera autrement et, tombant du ciel, viendra frapper le front de l'illustre vieillard.
    L'intrigue de L'Ombre de ce que nous avons été, loufoque, est servie par des personnages hauts en couleurs, agrémentée de dialogues truculents et d'un humour piquant, parfois à la limite du cynisme. Elle nous permet de pénetrer dans le sujet central du livre : l'histoire chilienne, plus particulièrement la présidence d'Allende et la dictature de Pinochet.
    "Je me sentais obligé d'écrire sur l'histoire de mon pays, a expliqué Sepúlveda, pour revenir sur cette période où on nous a volé notre jeunesse." En effet, sous le vernis de l'humour désabusé apparaît le spectre du passé, un passé que les Chiliens ne peuvent balayer car ils le portent en eux : les parents disparus, la torture, l'exil…
    Cet aspect historique ne nous étonne pas lorsque l'on connaît un peu la biographie de Luis Sepúlveda, lui-même ancien militant communiste, emprisonné et exilé en Allemagne.
    Cette histoire cocasse, mêlant polar et réalisme social, m'a enchantée du début à la fin. Elle est délivrée dans une langue impeccable et Sepúlveda n'a pas oublié la petite note d'espoir qui, pour moi, fait son génie.

    L'Ombre de ce que nous avons été
    Traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg,
    éditions Métailié, 160 p., 17 EUR.
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Citations et extraits

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  • Par Pasdel, le 13 avril 2012

    Il retourna aux mots croisés. En six lettres : ville du pays basque.
    — Bilbao, c’est toujours pareil. Pourquoi ne mettent-ils pas des mots intelligents en rapport avec nous ? Par exemple : en dix lettres, camp de concentration où, si on te faisait sortir la nuit, tu ne revenais jamais : Puchuncaví. En neuf lettres : ce que tu éprouves quand tes vieux viennent te voir en prison pour te dire que ton frère Juan est mort, criblé de balles, dans un dépôt d’ordures. Tristesse. 
    En quatre lettres : qu’est-ce que tu ressens si, en creusant la terre, tu trouves trois squelettes, les mains liées dans le dos, et si l’un d’eux porte les chaussures de ton frère Alberto. Rage.
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  • Par Pasdel, le 14 avril 2012

    les deux hommes se regardèrent brièvement dans les yeux et y découvrirent les mêmes ombres, les mêmes cernes, le même glaucome historique qui leur permettait de voir des réalités parallèles ou de lire l’existence résumée en deux lignes narratives condamnées à ne pas coïncider : celle de la réalité et celle des désirs.
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  • Par Pasdel, le 12 avril 2012

    C’est un hold-up mais nous ne sommes pas des voleurs, les capitalistes s’unissent pour exploiter le peuple dans tous les pays du monde, il est donc juste de les attaquer là où ils s’y attendent le moins. L’argent que nous allons emporter rendra possible le bonheur des damnés de la terre. Salut et anarchie !
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  • Par janemar, le 08 novembre 2011

    page 60 extrait :
    « …. Ces deux hommes qui se tapent sur l’épaule étaient amis. Ils faisaient partie de la même bande .d’accros au foot, à la politique et aux grillades du week-end. Ils avaient fait des plans pour prolonger l’amitié et la protéger du cours du temps, avaient été des camarades, des complices dans leurs efforts pour faire du pays un endroit, pas meilleur peut être, mais moins ennuyeux, jusqu’à l’arrivée de ce matin pluvieux de septembre où, à partir de midi, les horloges commencèrent à indiquer des heures inconnues, des heures de méfiance, des heures où les amitiés s’évanouissaient, disparaissaient, ne laissant que les pleurs épouvantés des veuves et des mères. La vie s’était remplie de trous noirs et il y en avait partout ; on entrait dans une station de métro et on n’en ressortait jamais plus, on montait dans un taxi et on n’arrivait pas chez soi, on disait lumière et les ombres vous engloutissaient.
    Beaucoup d’hommes et de femmes qui se connaissaient renoncèrent à eux-mêmes, pris dans une épidémie d’amnésie nécessaire et salvatrice. Non, je ne connais pas ces types jetés dans un camion. Non, je n’ai jamais vu cette femme qui attend au coin de la rue.
    L’oubli devint une nécessité urgente. Il faut changer de trottoir et éviter les rencontres, il faut tourner rapidement, effacer ses pas. Et le poison du passé vint soudain prendre la place de ce qui était chargé d’avenir…… »
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  • Par yv1, le 13 mai 2011

    [...] il voulut savoir ce qui l'avait intimidé et empêcher d'arriver jusqu'à Brigitte Bardot. Salinas prétexta d'abord une question de temps et ajouta que l'actrice était maintenant une grosse vieille réactionnaire et de mauvaise humeur qui se consacrait à l'élevage des chiens.
    - C'est pas vrai. Elle est jolie, blonde, prend le solei à poil sur une terrasse et, pour arriver jusqu'à elle, il suffit d'écarter les draps accrochés à un étendoir, répondit Arancibia.
    Immuable pays de la mémoire. Intact comme un nichon de sainte Thérèse ou comme un film de Roger Vadim.
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Anne-Marie Métailié, Dernières nouvelles du sud
www.passion-bouquins.com Blog littéraire alternatif Anne-Marie Métailié, directrice des Editions Métailié publie le nouveau livre de Luis Sepulveda et de Daniel Mordzinski Dernières nouvelles du sud. A cette occasion elle accorde une interview exclusive pour Passion Bouquins et nous confie ses secrets de fabrication. Cette rencontre a été filmée à la Librairie Bisey, place de la Réunion à Mulhouse.








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