ISBN : 2812601612
Éditeur : Editions du Rouergue
(2010)
Note moyenne : 3.75/5 (sur 8 notes)
Souviens-toi de la lune2Ajouter à mes livres
Vivre dans un mobil-home avec son père, c'est déjà pas terrible. Mais si le mobil-home se trouve à Carrefour, un trou paumé des Etats-Unis dans les derniers méandres du Mississippi, c'est presque un enfer. David ne pense qu'à... > voir plus
Il y a des livres qui, depuis longtemps sur votre pile, vous appellent. Je n'arrivais pas à rendre celui-ci à la Médiathèque sans l'avoir lu, ce que j'ai fait hier. Bien m'en a pris. Ce thriller pour grands ados (15-16 ans et plus !) se lit d'une traite, son écriture simple et dense, souvent poétique, vous prend à la gorge et ne vous lâche plus. C'est un roman qui parle de l'adolescence, de la difficulté à grandir et à s'affirmer comme adulte contre ses parents, en maîtrisant la part de ténèbres que chacun porte en soi à travers son inconscient. C'est aussi un roman qui parle des affres de la création littéraire (en évoquant les autres arts), lorsque l'écriture nous crée au fur et à mesure que nous inventons une oeuvre , et que l'inspiration semble quelquefois se manifester sous la forme d'un pacte avec le diable.
C'est l'un des meilleurs livres d'initiation que j'ai lu depuis longtemps. A conseiller même aux adultes !
Il s'agit de l'histoire d'un adolescent, David, passionné d'écriture. Il rêve d'être écrivain. Cependant, né dans un coin perdu, il semble condamné à être mécanicien. Il va tout faire pour échapper à son destin.
Ce livre est très intéressant, dans la mesure où il traite de la confrontation entre les rêves adolescents, et la réalité, de l'opposition entre les jeunes et les adultes.
Mais bien plus, c'est une réelle analyse de la période complexe qu'est l'adolescence, où le jeune doit chercher à comprendre qui il est. C'est également une analyse du passage progressif à l'âge adulte.
C'est vraiment à lire, car c'est traité de manière originale, loin des clichés habituels.
Je me suis couché, amer, sûr de sombrer directement dans le sommeil. Alors les mots ont peu à peu envahit ma tête. Un, puis deux, puis trois. Au bout d'un moment, ils étaient des centaines et ils sautaient dans mon crâne comme un troupeau de moutons sous acide et ça faisait un raffut de tous les diables. Merde, impossible de m'endormir ! J'ai eu beau me tourner et me retourner : il n' y avait pas d'autre solution, il fallait que je me lance à leur poursuite.
La Chose, c'est ton envie d'ailleurs, ton désir de liberté, ton rêve d'adulte. La Chose, c'est tes peurs d'enfant, tes frustrations du quotidien, tes craintes du lendemain. La Chose, c'est ce qui fait de toi un être unique. Et c'est aussi ton visage perdu au milieu de la foule, anodin, semblable à tous les autres. La Chose n'a pas de formes, pas de frontières. Toujours elle te parlera la langue que tu parles Et elle prendra l'apparence de tes fantasmes... Chez certains elle sommeillera toute leur vie. Elle en guidera d'autres vers la liberté, la passion, le génie ou la folie....Et maintenant tu as un choix à faire.
Je trace ma vie sur la toile des terres gelées, certains la déroulent au fil de la voix, d'autres la gravent dans le coeur du bois. Depuis des millénaires l'homme repousse ce qui habite les ténèbres avec le seule force de son imagination. Tu dois te servir des armes dont tu disposes.
Elle avait un pouvoir.le don de voir au-delà du voile des apparences. Et de marcher sur les chemins secrets de l'âme. Elle était comme ces sages antiques qui savent lire les présages dans les nuages ou les vols d'oiseaux. Ou comme les prêtresses vaudoues dont l'âme peut voyager hors du corps. Et grâce à l'amour profond qui nous reliait, son esprit était connecté au mien. J'en avais l'intuition, elle s'était sacrifiée pour que je puisse affronter la Chose. Comme une vraie mère protégerait son enfant.
Ils ont toujours été de misérables fétus de paille ballottés par la vie. Des personnages insignifiants. Ils vont mourir comme ils ont vécu : en simples spectateurs. Et personne ne se souviendra d'eux. Plus tard, on bâtira ici une raffinerie, ou un centre commercial. Et la vie continuera. Pas vrai ? c'est ça le rêve américain !