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C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur.
J'ai tiré une table près de la plus grande fenêtre du salon pour écrire. Le seul problème, c'est que je suis sans cesse tentée d'aller me promener au bord de la falaise. Le mer et les nuages sont en perpétuelle métamorphose, j'ai peur de manquer quelque chose en restant à l'intérieur. Quand je me suis levée ce matin, la mer semblait pleine de piécettes d'or. Et maintenant, on la croirait recouverte de dépôts de citron. Les écrivains ont intérêt à vivre au coeur des terres ou près d'une décharge publique, s'ils veulent réussir à travailler un peu. Ou à se montrer plus persévérants que moi.
Si vous avez le temps de correspondre avec moi, pourriez-vous répondre à quelques questions ? Trois en fait. Pourquoi avoir dû tenir secret un dîner de cochon rôti ? Comment un cochon a-t-il pu vous inciter à créer un cercle littéraire ? Et surtout, qu'est-ce qu'une tourte aux épluchures de patates et pourquoi est-elle mentionnée dans le nom de votre cercle ?
Quand mon fils Ian est mort aux côtés de son père, à El-Alamein, les gens qui me présentaient leurs condoléances ajoutaient souvent : "La vie continue", pour me réconforter.
Quelle bêtise me disais-je. Bien sûr que non elle ne continue pas. C'est la mort qui continue.
Ian est mort et il sera encore mort demain, l'année prochaine, à jamais. La mort est sans fin.
Mais peut-être y aura-t-il une fin à la tristesse. p.159
Les hommes sont plus intéressants dans les livres qu'ils ne le sont en réalité. p.79
Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut-être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. p.21
Ma ferme me donne beaucoup de travail et je n'avais pas de temps à gaspiller à lire des choses que des personnes qui n'ont jamais existé n'ont jamais faites. p.109
Je me demande comment cet ouvrage est arrivé à Guernesey. Peut être les livres possèdent-ils un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal
Comme le dit Sénèque : "Les petits maux sont loquaces, mais les grandes peines sont muettes".
"Cette obsession de la dignité peut ruiner ta vie si tu n'y prends pas garde " p390
Ma chère Juliet.
J'ai moi aussi le sentiment que la guerre n'est pas terminée, par moments. Quand mon fils Ian est mort aux côtés de son père, à El-Alamein, les gens qui me présentaient leurs condoléances ajoutaient souvent : « La vie continue », pour me réconforter. Quelle bêtise, me disais-je. Bien sûr que non elle ne continue pas. C'est la mort qui continue. Ian est mort et il sera encore mort demain,I 'année prochaine, à jamais. La mort est sans fin. Mais peut-être y aura-t-il une fin à la tristesse. La tristesse a englouti le monde comme les eaux du Déluge, il faudra du temps pour qu'elle reflue. Mais, déjà, on peut distinguer des îlots... D'espoir ? De bonheur ? d'une chose de cet ordre-là. en tout cas.
Cher Mr, Adams,
Je suis ravie que Charles Lamb vous inspire autant. J'ai toujours pensé que le malheur de Mary avait fait de lui un meilleur écrivain - même s'il a abandonné la poésie pour travailler pour la Compagnie des Indes orientales à cause d'elle. Son humanité poussait son génie vers des sommets qu'aucun de ses amis célèbres ne pouvait atteindre quand Wordsworth l'a réprimandé de ne pas se soucier suffisamment de la nature, Charles a écrit : « Je n'éprouve aucune passion pour les bosquets et les vallées. Les chambres qui m'ont vu naître, les meubles sur lesquels mes yeux se posent depuis toujours, la bibliothèque qui m'a suivi partout où je suis allé, tel un chien fidèle - les vieux fauteuils, les vieilles rues, les squares où j'ai pris le soleil, mon ancienne école - n'est-ce pas suffisant, me faut-il encore vos montagnes ? Je ne vous envie guère. Je vous prendrais même en pitié si j'ignorais que l'esprit peut de toute chose se faire un ami » L'esprit peut de toute chose se faire un ami. Je me suis souvent répété cette phrase pendant la guerre.
Je pense qu'on apprend mieux en riant.
Les femmes aiment la poésie. Un mot doux et elles fondent. Elles se transforment en flaque devant vous.
Je vais te dire ce que nous allon faire, a-t-elle repris. Quand j'en aurai terminé avec le commandant, nous irons à la librairie Fox et nous achèterons tout le magasin. Si nous voulons être le cercle littéraire de Guernesay, il faut que nous ayons l'air littéraires.