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ISBN : 2081331802
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 182 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
CALIBAN

Sois sans crainte! L'île est pleine de bruits, De sons et d'airs mélodieux, qui enchantent Et ne font pas de mal. C'est quelquefois Comme mille instruments qui retentissent Ou simplement bourdonnent à mes oreilles, Et d'autres fois ce sont des voi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 février 2013

    Nastasia-B
    Une pièce superbe. Une écriture vive et belle, malgré les altérations subies par l'anglais depuis lors et l'outrage que constitue toute tentative de traduction, quelle qu'elle soit.
    Comment voulez-vous rendre en polonais, en laotien, en swahili, en hindi ou en piètre français des formules aussi sublimes que :
    « We are such stuff as dreams are made on ; and our little life is rounded with a sleep… »
    Pour vous en convaincre, essayez donc de traduire en anglais le fameux « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Vous obtenez des choses miteuses dans le genre : « Triumph without peril brings no glory » ou bien « In conquering without danger we triumph without glory. » ou bien alors l'indigent « To win without risk is to triumph without glory » ou encore l'horrible « If one beats without difficulty, one triumphs without glory ». Bref, des bredouillis insoutenables et incomparables en force et en beauté à l'original. (J'aurais pu choisir pour ma démonstration tout autre formule merveilleuse comme « Mais pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes » ou « Couvrez ce sein que je ne saurais voir »)
    Il ne faut pas espérer mieux en retour quand on s'immisce sur les terres anglophones, ou quelque terres que ce soit, d'ailleurs. Comme l'exprime si bien Umberto Eco, on ne peut s'efforcer que de dire « presque la même chose », avec tout l'abîme contenu dans le « presque ».
    Il nous faut donc nous contenter, nous autres francophones, de « presque » la même pièce, avec « presque » la même force et « presque » la même émotion.
    Il n'en demeure pas moins, même en français, une belle pièce, que l'on pourrait qualifier de tragi-comédie, un peu à la façon de Lope de Vega, d'aucuns disent également qu'il s'agit d'une romance. Peu importe la case dans laquelle on la glisse, l'important est ce qu'il y a dedans.
    Prospéro était, il y a des années de cela, le légitime duc de Milan. Il a été dépossédé de son titre par son frère Antonio avec la complicité du roi de Naples, Alonso. Échappant de peu à la mort, Prospéro et sa toute jeune fille Miranda échouent sur une île quasi déserte, à l'exception d'une sorcière et de son diable de rejeton Caliban. Durant de nombreuses années, avec ses quelques livres, au fond de sa grotte, Prospéro a le temps de s'adonner à son art des sciences occultes et acquiert même une certaine dextérité en matière de magie. Il a aussi le temps de voir grandir sa fille et de constater l'échec de sa tentative d'éducation du petit sauvage Caliban.
    Vient ensuite le moment où Prospéro, qui s'est rendu maître d'un certain nombre d'esprits en tout genre, décide de rentrer en possession de son bien, le duché de Milan. Pour se faire, il organise avec son esprit de main Ariel, le naufrage du bateau royal d'Alonso, lequel, avec toute sa suite s'était rendu au mariage de sa fille avec le roi de Tunis.
    Le fils du roi Alonso, Ferdinand, l'un des seuls à conserver un cœur pur est l'objet des soins de Prospéro, qui souhaite une union entre sa fille Miranda et lui…
    Complots, machiavélisme à tout crin émaillent cette histoire, mais aussi des scènes carrément burlesques, notamment sous la houlette de Stéphano, le sommelier ivrogne et de Trinculo, le bouffon d'Alonso.
    CQFD, ferments tragédiens + comédie = tragi-comédie. Et je dois reconnaître qu'elle est suffisamment riche pour donner lieu à de multiples interprétations. La première, et la plus classique, consiste à considérer chaque personnage un peu comme un symbole ou une allégorie d'un trait de la nature humaine avec ses multiples facettes, parfois noble, désintéressée et sublime, parfois fourbe, arriviste et pendable.
    On peut encore y voir une allégorie du colonialisme et de la nature féroce des rapports qu'entretiennent les autochtones et les colonisateurs.
    Mais on peut aussi, bien que je ne rejette en rien les autres interprétations, y voir un clin d'œil propre de William Shakespeare, dont on sait qu'il s'agit probablement de sa dernière pièce, suite à son choix de se retirer de la scène. le personnage de Prospéro prend alors une tout autre dimension et c'est alors, l'auteur lui-même que l'on voit poindre à travers lui. Prospéro, l'homme du livre et du savoir, qui règle ses vieux comptes avec ses pairs. Prospéro qui s'en retourne sur ses terres, loin de la sauvagerie. (Il faut alors entendre que c'est Londres, la terre de sauvagerie et d'empoignade, et que lui retourne dans son paisible pays natal de Statford, tout comme Milan représente le paisible âge d'or pour Prospéro.)
    On peut y lire aussi que Prospéro ne se fait pas d'illusions sur la nature humaine, il sait qu'elle peut être belle et noble, mais aussi félonne et impitoyable. Lui range ses sortilèges tout comme Shakespeare plie ses gaules et quitte le théâtre, sur une note d'espoir, avec un peu d'humour, mais sans trop y croire tout de même.
    Mais de tout ceci, vous aurez noté qu'il ne s'agit que de mon interprétation, c'est-à-dire, pas grand-chose, car nous sommes de la même étoffe dont sont faits les songes, et que notre petite vie est cernée de sommeil…
    P. S. : la fabuleuse tirade de Prospéro de l'Acte IV, Scène 1 est un monument difficilement égalable que je vous retranscris tel quel :
    Like the baseless fabric of this vision, the cloud-capped towers, the gorgeous palaces, the solemn temples, the great globe itself, yea, all wich it inherit, shall dissolve, and, like this unsubstantial pageant faded, leave not a rack behind : we are such stuff as dreams are made on ; and our little life is rounded with a sleep...
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  • Par PiertyM, le 14 août 2014

    PiertyM
    Franchement le titre m'a longtemps repoussée à lire cette pièce, je m'attendais à y trouver des histoires du genre où la tempête se lève et des matelots doivent simplement y faire face... Or la tempête, ici, est une entité à part entière agissant sur le passé qui renaît de ses cendres, du présent qui s'agite comme la tempête elle-même et du futur qui est la somme d'une soif de vengeance et de l'interpellation à l'indulgence...
    Derrière la tempête se cache une histoire, celle de maître Prospero, maître parce qu'il est non seulement le chef suprême de l'île mais il est aussi le possesseur de la nature, il domine sur les êtres et sur les esprits allant jusqu'à engendrer une tempête, en complicité de son humble serviteur Ariel, qui est un esprit capable de s'incarner en toute chose visible ou invisible.
    Derrière cette tempête, Prospero est le maître du jeu, il tire les ficelles à sa guise, il déplace les hommes, les esprits les vagues comme des pions qui doivent tous chuter dans son panier de vengeance.
    Bannis avec sa fille de Milan par son propre frère et jeté comme un traître dans un bateau de fortune en mer, Prospero se retranche dans cette île isolée où il mène une lutte acharnée avec la sorcière Sycorax, vainqueur, il devient le chef de l'île... Pendant que le vaisseau du roi, avec tous ses sujets est en mer, Prospero soulève une tempête et laisse le bateau faire naufrage afin que les naufragés se retrouvent sur son île et qu'il mette à exécution tous ses plans conçus avec délicatesse...
    Prospero, le maître du jeu, segmente les naufragés selon ses objectifs, notamment en les entraînant chacun à révéler sa vraie nature, aussi découvre-t-on de la traîtrise, l'esprit malin du crime, l'histoire du bannissement de Prospero... de l'amour aussi...tout se dévoile devant le roi... A l'instar de tout, les jeux de notre maître ont permis à chaque personnage de se regarder comme dans un miroir et de se faire une rétrospection.
    Vraiment un petit bijou à découvrir!!!

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    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 03 décembre 2012

    Darkcook
    Une oeuvre qui m'est chère, mon avatar Babelio en témoigne. C'est avec elle que je me relevai, sur le plan des études littéraires, après une très longue passe morose, de doutes quant à ma compatibilité avec la littérature. C'est avec la lecture de La Tempête et le cours qui allait avec que je vécus une renaissance littéraire et humaine qui n'a jamais cessé depuis, que j'arrivai jusqu'au Master, dévorant polars et tragédies à n'en plus pouvoir.
    Je ne connaissais rien de la pièce lors de sa lecture, et je la voyais comme une tragédie. le poids immense des paroles de Prospéro, exilé, qui s'apprête à prendre sa revanche, déchaîner les éléments et le spectacle, était pour moi le même que celui d'Hamlet. J'ignorais qu'il s'agissait d'une des fameuses pièces à problème, tragi-comédie, inclassable... Et tant mieux. L'équilibre est parfait, la gravité tragique cède la place à l'entente, les moments de comédie sont réussis et compatibles avec les évènements... le chant du cygne de Shakespeare, et un de ses chefs d'oeuvre, sur lui-même, en tant qu'artiste, dramaturge, metteur en scène, créateur, démiurge, sur nous tous, artistes et artophiles.
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    • Livres 4.00/5
    Par loreleirocks, le 03 janvier 2014

    loreleirocks
    Voici une pièce qui, parmi les quelques oeuvres de Shakespeare que j'ai lues, me semble assez différente. Tout d'abord parce que bien que tragicomique, elle n'est pas aussi tragique, ni aussi comique que ses autres tragédies et comédies. Elle me paraît cependant bien plus sérieuse dans le fond. Et elle se déroule dans un seul lieu et linéairement. Même le langage est d'une apparente simplicité.
    La raison de ma relecture influence sans doute cette impression : dans le cadre d'un séminaire sur l'écocritique et Shakespeare, me voilà lancée dans la recherche d'un thème à exploiter dans un extrait d'oeuvre de Shakespeare afin de le mettre en parallèle avec un autre extrait autour du même thème, d'un point de vue écocritique. J'ai choisi The Tempest pour sa quasi absence de critique de la société élizabethaine et parce que c'est ma préférée.
    Elle me paraît cette fois comme une réflexion sur les effets de la colonisation, les interactions humaines et entre l'homme et la nature.
    Outre les interventions comiques des quelques personnages et la vengeance de Prospero envers ceux qui l'ont trahis, mon intérêt s'est focalisé sur les relations de Prospero et Ariel d'une part et Prospero et Caliban de l'autre. Bien que Prospero soit toujours qualifié positivement, tant bien dans son caractère que dans son utilisation de la magie, Shakespeare laisser percer l'oppression que Prospero fait subir aux habitants de l'île sur laquelle il s'est échoué, qu'ils soient animaux, végétaux, esprits ou humains. Il exploite les connaissances de l'île et de ses ressources offertes par Caliban, et en fait son esclave, qui tout aussi sauvage soit-il exprime son île avec plus de poésie que de plus nobles personnages. Ariel aussi. Sous prétexte de l'avoir délivré d'un sortilège jeté par la mère de Caliban, Prospero l'utilise afin de mener à bien sa vengeance, faisant miroiter sa libération à plusieurs reprises. Sans jamais remettre en question son attitude dominante basée sur ses livres et sa magie.
    L'île est aussi décrite selon differentes perceptions et conceptions. Pour Prospero, sans l'aide de Caliban et Ariel pour l'exploiter, est déserte et peu propice à l'homme. Pour Caliban et Ariel, elle est verte et abondante, riche en vie, selon le goût et l'esthétique de l'homme européen ou pas, elle est pleine de beauté subtile.
    On voit en cette pièce Shakespeare tirant sa révérence, à travers l'épilogue de Prospero. On pourrait peut-être aussi voir dans son départ de l'île et l'abandon de sa magie, comme dans sa libération d'Ariel, une prémonition sur les effets de la colonisation qui, à l'époque de l'écriture de The Tempest, se propage en Amérique.
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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 18 août 2011

    cicou45
    Sur le top 5 de mes auteurs préférés, après Truman Capote sa place en deuxième position William Shakespeare. Je trouve qu'il se dégage un certain charisme de ses oeuvres qui les rendent intemporelles.
    Dans cet ouvrage, le lecteur découvre Prospero, duc de Milan et sa fille Miranda qui se retrouvent exilés sur une île déserte après que le premier est été déchu par son frère. Propsero qui trouve tous ses pouvoir dans les livres, va alors provoquer une majestueuse tempête afin de provoquer le naufrage d'un navire transportant le roi de Naples, son fils ainsi que le propre frère de Prospere et ainsi de punir ceux qui l'ont conduit à sa perte.
    Grâce à ses livres, il peut notamment invoquer Ariel, l'esprit de l'air et Caliban et contrôler les éléments.
    Livre court et admirablement bien écrit. le lecteur a pour loisir le pouvoir que peuvent avoir les livres sur les hommes à partir du moment où l'on croit en eux. Il comprend aussi que la vengeance n'est pas toujours le meilleur moyen pour arriver à ses fin car, dans cette tragi-comédie, Shakespeare nous offre une happy-end où tout le monde se réconcilie et où tout rentre à sa place. Superbe !
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Citations et extraits

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  • Par Titania, le 14 décembre 2014

    "Nous sommes de la même étoffe que les songes
    Et notre vie infime est cernée de sommeil..."

    acte IV, scène 1

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  • Par MonsieurChat, le 21 avril 2013

    FERDINAND, à Miranda

    C’est étrange. Votre père a quelque émotion
    qui le travaille fortement.

    MIRANDA

    Jamais, jusqu’à ce jour,
    je ne l’avais vu agité par une aussi violente colère.

    PROSPERO

    Mon fils, vous avez l’air ému,
    comme si vous étiez alarmé… Rassurez-vous, seigneur.
    Nos divertissements sont finis. Nos acteurs,
    je vous en ai prévenu, étaient tous des esprits ; ils
    se sont fondus en air, en air subtil.
    Un jour, de même que l’édifice sans base de cette vision,
    les tours coiffées de nuées, les magnifiques palais,
    les temples solennels, ce globe immense lui-même,
    et tout ce qu’il contient, se dissoudront,
    sans laisser plus de vapeur à l’horizon que la fête immatérielle
    qui vient de s’évanouir ! Nous sommes de l’étoffe
    dont sont faits les rêves, et notre petite vie
    est enveloppée dans un somme… Monsieur, je suis contrarié…
    Passez-moi cette faiblesse… Mon vieux cerveau est troublé…
    Ne soyez pas en peine de mon infirmité…
    Retirez-vous, s’il vous plaît, dans ma grotte,
    et reposez-vous là. Je vais faire un tour ou deux
    pour calmer mon âme agitée.

    FERDINAND ET MIRANDA

    Nous vous souhaitons le repos.
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  • Par Nastasia-B, le 03 février 2013

    SÉBASTIEN : S'il m'en souvient, vous supplantâtes votre frère Prospéro.
    ANTONIO : En effet. Et, vous pouvez le voir, mes habits me vont à merveille : mieux qu'avant. Ceux qui servaient mon frère étaient mes compagnons en ce temps-là ; ils sont à cette heure mes gens.
    SÉBASTIEN : Mais votre conscience ?
    ANTONIO : Où cela niche-t-il ? Si c'était une ampoule au pied, je porterais pantoufle. Mais je ne sens point cette déesse en mon sein.
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  • Par Nastasia-B, le 12 février 2013

    FERDINAND : Entends mon âme qui te parle : à l'instant même où je te vis, mon cœur, volant à ton service, s'y fixa, dès lors ton esclave : c'est pour toi que je suis ce patient porte-bûches.
    MIRANDA : Tu m'aimes ?
    FERDINAND : O terre ! O cieux ! Soyez en ceci mes témoins, Couronnez mes aveux d'une heureuse fortune si je dis vrai ; sinon, changez en sort funeste le meilleur qui me doive échoir ! Par-dessus tout au monde, par-delà tout extrême, je t'aime, je te révère, je t'honore.
    (FERDINAND : Hear my soul speak... The very instant that I saw you, did my heart fly to your service, there resides to make me slave to it, and for your sake am I this patient log-man.
    MIRANDA : Do you love me ?
    FERDINAND : O heaven... O earth, bear witness to this sound, and crown what I profess with kind event if I speak true... if hollowly, invert what best is boded me to mischief... I, beyond all limit of what else i' th' world, do love, prize, honour you.)
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  • Par Nastasia-B, le 09 février 2013

    De même que ce mirage sans assises, les tours ennuagées, les palais somptueux, les temples solennels et ce grand globe même avec tous ceux qui l'habitent, se dissoudront, s'évanouiront tel ce spectacle incorporel sans laisser derrière eux ne fût-ce qu'un brouillard.
    (Like the baseless fabric of this vision, the cloud-capped towers, the gorgeous palaces, the solemn temples, the great globe itself, yea, all wich it inherit, shall dissolve, and, like this unsubstantial pageant faded, leave not a rack behind.)
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