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ISBN : 2072653878
Éditeur : Gallimard (16/02/2017)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Dix ans après avoir été blessée dans un attentat, Iris semble avoir surmonté le traumatisme. Malgré des douleurs persistantes, des problèmes avec ses enfants et un mariage de plus en plus fragile, la directrice d’école ambitieuse et la mère de famille engagée qu’elle est s’efforce de prouver qu’elle contrôle la situation. Tout bascule cependant le jour où elle reconnaît, sous les traits d’un médecin qu'elle consulte, Ethan, son premier amour, qui l’avait brutalement... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
Bookycooky
04 mars 2017
★★★★★
★★★★★
La "Douleur", personnage principal du livre,
La "Douleur",celle d'une femme de quarante-cinq ans, grièvement blessée lors d'un attentat dix ans auparavant, dont le corps n'a jamais complètement guéri.
La "Douleur" , celle d'une jeune fille de dix-sept ans, abandonnée par son premier grand amour, et dont la rencontre trente ans plus tard en la personne du chef de service de l'hôpital où elle se rend pour se faire soigner, la ravive.
La "Douleur" , celle d'une enfant qui a perdu très jeune son père, à la guerre.
La "Douleur" , celle de voir son enfant pris aux griffes du Mal.
La "Douleur" , celle que la Vie nous inflige d'une façon ou d'une autre et dont notre héroïne Iris y prend généreusement sa part.
Zeruya Shalev dans son dernier livre, continue son introspection de l'intime à travers le monde intérieur d'une femme à la quarantaine, mariée, deux enfants,un mariage consumé, qui retrouve son grand amour d'adolescence, amour non consumé......c'est idyllique, surtout avec sa belle prose si bien rendue par l'excellente traduction.....même " trop parfait" juge sa meilleure amie Dafna ; mais bon c'est de la fiction, non ? pourquoi ne pas fantasmer sur le parfait ?
Et puis l'idylle a aussi son revers; elle a tout à perdre, lui rien, donc à elle de décider.....
Ici aussi comme dans "Théra", j'ai retrouvé cette fine analyse de l'inconstance de la nature humaine, qui change de perspective constamment, qui n'arrive jamais à cerner exactement ce qu'elle ressent et par conséquence ne sait comment agir, comment se manifester équitablement, quelque soit le domaine. Ce qui est aujourd'hui jugé juste peut s'avérer totalement faux le lendemain. Tiraillée entre sa culpabilité envers sa famille, un mari plus amoureux de son échiquier sur ordinateur que d'elle, des enfants qui quittent le nid familial et qui ne se font pas une miette pour elle, le tout couronné d'un manque de communication ET sa soif d'amour (qui semble) comblée et à porté de main ( pour le moment )....que faire ? Surtout qu'un trés grave probléme concernant sa fille s'annonce .....
À travers l'intime se défilent aussi les conditions de la vie particulière en Israël des juifs : la conscription obligatoire des jeunes (36 mois pour les garçons, 22 pour les filles) et les risques d'attentats et de guerres ( Shalev elle-même fût victime d'attentat) , sources d'anxiété permanentes pour le nucleus familial . Une toute petite touche politique de la pacifiste Shalev éclaire le fond -"un plaisir......d'être sur cette parcelle-là de territoire, enclave qui a quelque chose de totalement utopique, au milieu d'un village arabe, magnifique et amical, sur les hauteurs de Jérusalem, assise à la table d'un couple de restaurateurs qui concrétisent l'aspiration la plus exaltante de la région, celle de la coexistence" -.
Zeruya Shalev est une des écrivaines les plus réalistes que j'ai rencontré.Aucun aspect de la nature humaine ne lui échappe. La fiction elle l'utilise que pour mieux les cerner et nous les servir concrètement sur un plateau d'argent; ce plateau d'argent qui est sa belle prose et source de plaisir pour nous lecteurs.

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traversay
26 mars 2017
★★★★★
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Iris, le principal personnage de Douleur, on serait tenté d'écrire la narratrice tant Zeruya Shalev la traque dans ses moindres recoins, est une survivante. D'un attentat qui l'a laissée hagarde, dix ans avant le début du roman, de son grand amour de jeunesse qui l'a quittée 7 ans encore plus tôt. Les douleurs physiques ne sont jamais parties et la souffrance de cette passion sentimentale ne s'est jamais estompée malgré son mariage et deux enfants. Sur 400 pages, Zeruya Shalev trace le portrait d'une femme sûre d'elle au travail, elle est directrice d'école, et terriblement fragile dans sa vie privée. Avec la réapparition de l'amour de sa vie et l'attitude de sa fille abusée par un gourou, Iris est à la croisée de son destin et c'est tout l'intérêt que de la suivre dans ses méandres psychologiques vers des décisions qui changeront, ou non, son existence et celle de ses proches. Il est rare de lire un roman aussi tendu et densifié à ce point, non par une intrigue à rebondissements mais par une plongée tellement profonde dans l'intime. Douleur ne laisse guère de répit au lecteur emporté par les sentiments contradictoires d'une femme qui ressent sa culpabilité dans son cheminement quotidien. Il y a parfois un sentiment d'étouffement devant cette intrusion sans concession ni pudeur dans un psychisme torturé. A travers Iris et les autres personnages du livre, la romancière réussit une radiographie prégnante de la société israélienne : terrorisme, guerres, insouciance de Tel Aviv et tension de Jérusalem, etc. Un ouvrage intense, sans temps morts, écrit au cordeau et avec une sensibilité extrême.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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FleursDuBien
07 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Magnifique portrait de femme, courageuse israëlienne, survivante d'un attentat survenu dix ans auparavant.
J'ai, j'avoue, abusé des citations de ce livre, tant certaines me paraissaient une évidence de les cueillir une à une, pour former, à la fin, un magnifique bouquet.
Douleur, c'est ainsi qu'elle le nomme sur son portable, ce grand amour de sa toute jeune vie, qui l'a quitté brutalement. Elle le revoit lors d'une consultation médicale pour des douleurs liées à l'attentat (encore des douleurs...), il est devenu médecin.
Je m'arrête là pour l'intrigue, je n'aime pas déflorer un livre.
Mais quelle sensibilité, quelle beauté, cette littérature m'a totalement touchée et bouleversée. Les sentiments y sont décris avec une justesse et une précision chirurgicale. Sentiments pour sa fille mal en point, pour son mari, pour son amant.
Un vrai bonheur de lecture. Iris est touchante de vérité.
J'ai juste été déçue par la fin., je m'attendais à autre chose que cet "Happy end" un peu grossier. J'ai eu l'impression qu'il fallait finir le livre dans l'urgence.
Mais je suis trop gâtée et j'aurai adoré que le roman perdure encore une centaine de pages.
Vous l'aurez compris, un grand moment de lecture à ne pas manquer.
PS : Et puis c'est une bonne raison pour découvrir et la littérature israëlienne que je ne connaissais pas, et cette auteure.
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bigoud29
11 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Iris, 40ans, voit réapparaître son 1er grand amour en même temps que sa fille s'éloigne d'elle. douleurs est un magnifique livre sur le poids du passé, sur l'amour surtout. La plume de l'auteur (et de la traductrice) m'a emportée et une fois commencé, je n'ai plus lâché ce livre.
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Les critiques presse (5)
LeMonde03 mars 2017
Un roman qui pourrait constituer un volet supplémentaire de sa trilogie. Il est, entre mille autres choses, une réflexion étonnante sur les secondes chances et l’obsession du passé.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaLibreBelgique21 février 2017
De livre en livre, la romancière israélienne poursuit une œuvre intimiste et universelle.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournalDuDimanche17 février 2017
Un roman obsédant par sa pulsion de vie, son style de vagues éclatées contre le mur, ses pensées de fantômes errants.
Lire la critique sur le site : LeJournalDuDimanche
Telerama15 février 2017
Zeruya Shalev tisse une matière romanesque d'une belle et singulière densité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky04 mars 2017
Si seulement on savait s’aimer autant que se fâcher, embellir autant qu’enlaidir, donner et prendre du plaisir autant que donner et prendre des coups.
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SZRAMOWOSZRAMOWO24 février 2017
Voilà qu’il revient et bien qu’elle l’ait attendu pendant des années, elle est étonnée, il revient, à croire que jamais il ne l’a lâchée, à croire qu’elle n’a pas vécu un seul jour, un seul mois, une seule année sans lui, pourtant dix ans exactement se sont écoulés. C’est Micky qui lui a demandé, « tu te souviens quel jour on est, aujourd’hui ? », comme s’il s’agissait d’une date anniversaire, alors elle a fouillé dans sa mémoire – ils se sont mariés en hiver, se sont rencontrés l’hiver précédent, les enfants sont nés en hiver, rien de remarquable ne s’est passé dans leur vie en été (malgré la longueur de cette saison qui, sous leurs latitudes, est certainement propice à tout un tas d’événements remarquables). Mais lorsqu’il a baissé les yeux vers ses hanches qui se sont pernicieusement épaissies depuis les faits, il est revenu d’un seul coup, ce mal, ce mal terrible et lancinant, et elle s’est rappelé. Ou alors s’ est-elle d’abord rappelé et le mal n’ est-il revenu qu’ensuite ? Car elle n’a jamais oublié, ce n’est donc pas une réminiscence, c’est une plongée au présent, ici et maintenant, dans la seconde même, incandescente, faille de plus en plus béante, tourbillon fantomatique de frayeur, en suspens dans ce silence d’une solennité exceptionnelle : pas un oiseau ne pépie, pas un volatile ne vole, pas une vache ne mugit, les anges interrompent leurs louanges, les vagues cessent leur va-et-vient, les créatures ne parlent pas, c’est le monde dans une immobilité totale.
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BookycookyBookycooky04 mars 2017
Parfois c’est ainsi, mais parfois c’est le contraire : la puissance de la relation parentale exclut les enfants.
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FleursDuBienFleursDuBien28 février 2017
Dire que si elle s'était moins mélèe à leur souffrance, si elle avait su garder ses distances, elle n'aurait pas été abandonnée ! D'où l'enseignement tiré à ses dépens ; le rejet excessif était l'autre face de l'engagement excessif.
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FleursDuBienFleursDuBien04 mars 2017
(...) et iris l'écoute, inquiète, pourvu que vous ne soyez pas déçue, pourvu qu'il ne vous quitte pas, pourvu qu'il ne vous dise pas dans un an que vous lui rappelez telle ou telle catastrophe, pourvu qi'il ne vous reproche pas, dans vingt cinq ans, d'avoir négligé vos enfants, pourvu que jamais il ne vous regarde avec des yeux dégoulinant de crasse.
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