> Dominique Vitalyos (Traducteur)

ISBN : 2877306224
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2002)


Note moyenne : 3.51/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Qui meurt dîne, La Colère des aubergines, Folie de champignons, Festin pour un homme mort... : quelques titres de ces récits donnent un avant--goût de leur saveur. Les histoires racontées, pleines d'odeurs de cuisine, puissamment évocatrices des rapports et des conflits... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par TINUSIA, le 18 février 2010

    TINUSIA
    Savoureux, succulent, exquis, délicieux, appétissant, alléchant, goûteux, épicé, pimenté....
    Ces récits sont autant un régal pour les yeux que pour les papilles !
    Transportez-vous en Inde, et laissez-vous compter les aventures de Dida, de Buaji, de Bala, de Vinod, de Priti, de Mme Kumar, de Gopal Sen, de Nath, de Sumitra, de Soni, de Maaji, de Mani, et de Reshma. Ces femmes et ces hommes nous livrent, par la plume alerte de Bulbul Sharma, des épisodes de leurs vies, où l'amour cohabite avec la jalousie, la gourmandise avec le jeûne, le mariage avec la séparation...
    Laissez-moi vous parler de Vinod... Il est pris "en sandwich" entre sa mère et son épouse. L'une et l'autre rivalisent chaque jour, à chacun des repas, pour lui offrir "le meilleur" : c'est une surenchère permanente qui provoque en lui des aigreurs d'estomac et quelques flatulences désagréables. Mais pas davantage ; il en vient à rêver d'une vraie hypercholestérolémie ou d'un diabète sévère, qui lui permettraient d'échapper à la pression alimentaire des deux femmes. Mais non ! il réussit à survivre dans de bonnes conditions de santé. C'est d'autant plus difficile que sa jeune épousée n'a rien d'une "mère Poulard" et que ses mets sont difficiles à digérer. Je ne vous dirai pas par quel merveilleux événement il réussira à échapper aux deux cuisinières concurrentes aussi aimantes l'une que l'autre : laquelle aura le dernier mot ?
    Ces courts récits sont une pure merveille : ils nous parlent du quotidien de l'Inde avec humour, sagesse et réalisme. On pénètre dans l'intimité de ces familles, parfois la plus secrète, la plus personnelle. On découvre la vie de tous les jours dans ce pays : le rôle de l'Amah, la nourrice, de la Dadi, la grand-mère, de la Bua, la tante paternelle, de la Didi, la grande sœur, du Pradhan, le chef de village, du Bhaiya, le frère.
    L'auteur nous décrit les rituels sacrés : le Rakhi, jour au cours duquel les femmes passent au poignet de leurs frères (ou de ceux qu'elles considèrent comme tels) un bracelet de fils colorés, pour obtenir protection et cadeaux. le Shradha, rite funéraire au cours duquel on nourrit le défunt et les ancêtres. L'Ekadashi, 11ème jour du mois lunaire, en rappel de l'intervention du dieu Vishnou, qui sauva ce jour-là l'humanité.
    Les psychologies des uns et des autres y sont subtilement dépeintes : les personnages sont bien campés dans une culture qui nous est dévoilée avec finesse et un brin de malice : comment ne pas se délecter de la façon dont nous est décrite l'angoisse de Gopal Sen, fils de Sita, époux de Malati, père de Kajol, lors du voyage en train qui les ramènent de leur pèlerinage annuel à Hardwar, pour le bain dans le Gange sacré. Il s'est légitimement investi de la mission de protéger les trois femmes pendant le trajet. Mais tout représente danger dans son cerveau paranoïaque ! "Ne fais jamais confiance aux hommes qui portent des chaussettes de couleur [...]. Ils le font pour séduire les femmes... celles des autres, pas les leurs". Il est envahi par des centaines d'idées préconçues : "Les femmes doivent toujours manger à la cuisine, après les hommes [...]. Comme elles sont laides quand elles mâchonnent comme des vaches, avec leurs dents toutes tachées de mangeaille"... "Ne mange sous aucun prétexte le poulet qu'on te sert dans le train. Ce n'est jamais du poulet, c'est du corbeau"..."Comme la vie est dangereuse dès qu'on quitte les quatre murs de chez soi". Et pendant que ses angoisses irrationnelles le submergent, les femmes font joyeusement bombance !
    Ce voyage en train est inénarrable ! Mais, il nous fait découvrir aussi les paysages de l'Inde, et la pauvreté de ceux qui vivent le long de son passage.
    Je ne vous ai pas encore dit ... ce livre est aussi un savoureux recueil de recettes, toutes plus appétissantes et colorées les unes que les autres. Mais ce sera l'objet d'un prochain billet que je réserve au challenge de CHIFFONNETTE.
    Parce que celui-ci est destiné à SOUKEE et HILDE qui viennent de lancer le challenge
    BIENVENUE EN INDE

    Lien : http://lire-lier.blogspot.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par IsaLise, le 26 mai 2012

    IsaLise
    "La colère des aubergines", quelle colère ? S'agissait-il d'aliments entrant en rébellion ? de plats en principe savoureux mais au goût exécrable ? D'aubergines débordant de la marmite ? Ou bien d'une révolte domestique? Mon regard fut ensuite attiré par le sous-titre "récits gastronomiques". Récits gastronomiques ? Les recettes, des repas étaient donc au centre de ce recueil qui se proposait en réalité de nous inviter à un voyage culinaire et asiatique. Etrange et intéressante idée !
    Bilan : un agréable voyage au pays des épices qui s'échappent page après page et envahissent notre sens olfactif ! A la fin de celui-ci, il est également possible de le poursuivre en savourant les recettes offertes à la fin de chaque chapitre ! Il me reste à étudier celles-ci afin de peut-être en tenter une...
    Quant aux personnages, ils sont soigneusement brossés, furieusement traditionnels et prisonniers du rôle qu'ils se sont assignés. Ainsi, j'ai bondi en regardant Bala préférer son rôle d'esclave familial ignoré de tous au lieu d'autoriser un homme à l'aimer... Eté touchée par l'amour filial et l'amour marital de Vinod qui pour ne blesser ni l'une ni l'autre avalait consciencieusement chacun des aliments détestables préparés par les deux femmes de sa vie.
    Dans ces nouvelles, sont omniprésents l'amour, le respect, mais également une furieuse volonté de contrôler l'autre ou son corps ("son pesant de sucre"), de s'assurer qu'il ne va pas fuir... pour s'apercevoir que cela peut malgré tout se produire... Nécessairement la culture présentée ici est très différente d'une vie moderne et française (y compris monogame), mais elle nous rappelle aussi quel rôle central peut jouer l'alimentation.

    Lien : http://ecrirecommeonrespire.blogspot.fr/2012/05/la-colere-des-auberg..
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    • Livres 5.00/5
    Par OZALID, le 21 juin 2011

    OZALID
    Treize nouvelles… comme les treize desserts de Noël provençaux, à déguster de bout en bout. Treize portraits de femmes indiennes soumises aux diktats d'une société indienne où la domination mâle se fait encore rudement sentir. Mais ne nous leurrons pas, le sexisme est toujours latent dans nos sociétés occidentales. Et ces femmes nous ressemblent beaucoup, elles qui doivent jongler avec les travers de leur monde, entre traditions et interdits, afin de se faire une place « vivable ».
    Les récits sont tous percutants, souvent drôles comme cette pauvre Reshma et son pesant de sucre… toujours attachants aussi ; j'aurai une mention particulière pour « Les affres sans fin de la faim » de la malheureuse Sumitra, jeune veuve affamée par le deuil drastique imposé par sa belle-mère.
    La plume incisive de Bulbul Sharma fait mouche à tout coup en captivant le lecteur par mille anecdotes pittoresques. Mais aussi par sa façon de fouiller, de fignoler ses portraits (de femmes essentiellement) : elle donne à chacune une réalité, une présence forte. Tous les sentiments humains se dévoilent tour à tour : amour ou haine, colère, révolte, gourmandise, insouciance… Et chaque lectrice peut partager sans peine les avatars des héroïnes…. Voire s'y reconnaître
    J'aime beaucoup l'humour dont fait preuve la narratrice. Les situations du quotidien pas toujours réjouissant sont croquées avec légèreté et font naître le sourire. Il n'est pas question de s'apitoyer… au contraire, la faculté de se moquer de soi-même est souvent salutaire.
    Et puis, l'originalité de cet ouvrage c'est l'insertion des recettes que j'ai lues avec plaisir, tant elles sont évocatrices des senteurs, des saveurs de la gastronomie indienne. Mais pour y avoir goûté, je me garderai bien de me lancer dans la réalisation de ces mets raffinés dans leur plus extrême simplicité. Je ne veux pas risquer de les dénaturer par mes défauts de cuisinière brouillonne et toujours pressée. Ces recettes-là méritent minutie et disponibilité.
    Qu'elles demeurent enchâssées dans ce recueil don les nouvelles se trouvent enchantées par la puissance de leur mystérieux attrait.
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    • Livres 5.00/5
    Par abo2008, le 08 novembre 2010

    abo2008
    Il s'agit de nouvelles, ayant pour thème commun : la nourriture. Mais, derrière ce thème se profile la société indienne et particulièrement les rapports au sein de la famille. Même en n'ayant aucune notion sur la société indienne, ce livre est facilement compréhensible.
    Chaque nouvelle se termine par une ou deux recettes indiennes, ce qui est très utile quand on a salivé pendant tout le récit.
    Il y a beaucoup d'humour et parfois les nouvelles se terminent de manière vraiment inattendu. Surtout celle intitulée : « un goût pour l'abnégation » où j'ai hésité entre le rire et l'incompréhension (c'est frustrant de ne pas pouvoir dire pourquoi). Ma préféré est celle où un homme « subit » la rivalité culinaire entre sa mère et sa femme (En sandwich !).
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    • Livres 3.00/5
    Par shakti_m, le 14 juillet 2008

    shakti_m
    J'ai lu ce livre il y a quelques mois, ce sont donc des impressions que je livre ici. La colère des aubergines est un recueil de nouvelles, qui fait partager au lecteur des petits moment de vie des différents personnages : une veuve qui vit sous la coupe cruelle d'une belle-mère hyper-abusive, une femme mariée qui bave d'envie devant la minceur des tops-models, des femmes plus jeunes qu'elle et... devant les pâtisseries auxquelles elle finit par succomber honteusement...
    J'ai apprécié la lecture du livre parce qu'il plonge au plus près du quotidien "réel" de personnages ; il se lit facilement, et ouvre sur le quotidien indien. Un peu déçue par le style toutefois ; mais il est vrai que je n'ai lu que la traduction française, qui ne fait peut-être pas honneur à la VO !
    Un bon moment donc, mais à savourer en anglais de préférence, je pense !
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 06 janvier 2011

    Vinod termina le jus aigre de phalsa jusqu'à la dernière goutte sous le regard inébranlable et vigilant de sa mère, puis s'avança pour en découdre avec le thé de son épouse. Son estomac se révoltait, son corps se figeait comme une mule sur le qui-vive. Pourtant, Vinod, à la façon d'un automate, tendit la main vers la tasse en attente. Il se commanda de sourire, retint son souffle et avala d'un traiyt le liquide couleur de cendre, sans quitter du regard le visage de nirmala. "Comme elle est belle et combien je l'aime", pensait-il tandis que le thé entamait sa descente à travers sa gorge, traçant derrière lui un sillon de tannin amer qui persisterait jusqu'au dîner.
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  • Par Lounima, le 06 mai 2012

    Il ferma les yeux tandis que ses papilles gustatives se rétractait à l’évocation du thé de Nirmala. Ni le garçon de bureau, ni le tenancier de l’échoppe de la rue ou du comptoir de la gare, ni même les cuisiniers d’une cantine d’hôpital n’étaient capable de donner au thé un goût aussi détestable. Parfois Vinod s’émerveillait de son insistance à concocter un tel breuvage, à la fois amer et aqueux, tiède et généreusement étendu de lait tourné. Pourtant il souriait chaque fois en l’avalant, jour après jour.
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  • Par AGDED, le 07 décembre 2008

    c'était précisément l'abstention qui rendait si délicieux ce curry de viande qui associait heureusement gingembre et anis, velouté comme du beurre, avec en contrepoint des piments rouges brunis dans le ghî pur. Pourtant ce plat ne manquait jamais de lui provoquer des brulures d'estomac. et tandis qu'il demeurait éveillé toute la nuit, se tournant et se retournant, au martyre, mâchonnant des emplâtres gastriques, M Kumar se sentait justifié d'avoir quitté sa femme.
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  • Par ChezLo, le 06 janvier 2011

    Ne fais jamais confiance aux hommes qui portent des chaussettes de couleur [...]. Ils le font pour séduire les femmes... celles des autres, pas les leurs.
    Citation de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par ChezLo, le 06 janvier 2011

    Les femmes doivent toujours manger à la cuisine, après les hommes [...]. Comme elles sont laides quand elles mâchonnent comme des vaches, avec leurs dents toutes tachées de mangeaille.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)






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