Ce livre de 300 pages est un recueil de nouvelles écrites dans le sannées par Lao She, qui mourra pendant la révolution culturelle. Elles ont pour thème le Pékin des années 1910 et 1920, pendant la période de changements qui a accompagné le déclin et la chute (1911) du régime mandchou et les débuts de la République et de la guerre civile.
Entre parenthèse, avoir gardé si longtemps vis à vis de l'extérieur la façade d'une république allant jusqu'à déclarer la guerre à l'Allemagne et envoyer des travailleurs creuser des tranchées en France, alors même qu'elle était déchirée entre seigneurs de la guerre en dit long sur la Chine et devrait nous éclairer sur la vraie nature de l'aspect monolothique qu'on perçoit ici de ce pays aujourd'hui.
Les nouvelles de
Gens de Pékin sont de longueur inégale et brossent une série de portraits ou racontent des vies. C'est tout un peuple de policiers, commis de boutique, tireurs de pousse, prostitués, maîtresses de maison, chanteur d'opéras. Certaines histoires sont ironiques, d'autres nous plongent dans la réalité crue une condition sociale déprimante. Toutes sont racontées à la première personne, par des témoins ou des acteurs, par des narrateurs de leur vie, chacun avec sa voix propre.
C'est un portrait d'une ville en proie à de profonds changements et à une grande misère qui apparaît. C'est à la fois dépaysant et très humain. Toutes ces histoires sont vues à travers la mentalité de celui qui les narre. Si le message n'est jamais asséné directement par l'écrivain, le portrait social est sans concession, de même que la condition de la femme, et il y a beaucoup de choses à apprendre sur la mentalité chinoise et sur la société traditionnelle.
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