Je me lance donc avec
Hamaguri, un court roman (une centaine de pages) japonais d'
Aki Shimazaki, que j'ai lu ces jours-ci dans le tram. Ce livre s'insère dans une série, intitulée le poids des secrets, qui compte en tout cinq volumes, et que j'ai découverte il y a deux ans au travers du premier "tome",
Tsubaki. du coup, j'ai acheté la série entière, dans une de mes librairies favorites, "Le Bleuet" (plus d'informations par ici), une caverne d'Ali Baba située à Banon, une libraire comme on en fait plus ! le libraire m'a confirmé dans mon choix puisque lui aussi adore
Shimazaki. le poids des secrets est édité dans la jolie collection de poche d'Actes Sud, Babel, avec de très belles couvertures qui traduisent bien, selon moi, l'esprit de
Shimazaki. Il faut enfin savoir que les volumes de cette "série" peuvent tout à fait se lire indépendamment les uns des autres.
Ce qui est captivant chez cet auteur, c'est la grâce de ces récits, leur légèreté, comme si ceux-ci flottaient telles des fleurs délicates et fragiles. Les histoires (en tous cas dans les deux premiers tomes) sont celles d'enfants ou d'adolescents, inscrits dans des rapports familiaux complexes, renvoyant souvent à des questions de filiation. Ces jeunes grandissent, mais gardent toujours en eux cette blessure et ces secrets de l'enfance, qui toujours se révèlent trop tard, à la fin de leur vie. En filigrane, comme un non-dit pourtant bien présent, le drame des deux bombes atomiques ayant frappé le Japon en 1945.
Yukio, un petit garçon calme, est élevé par sa mère célibataire, qui travaille dans l'orphelinat d'une église chrétienne. Il est ami avec une petite fille, Yukiko, sa compagne de jeux au jardin. Les deux enfants scellent un pacte, qu'ils enferment, tel un secret, sous la forme d'un message caché entre les deux moitiés d'un coquillage (
Hamaguri, la palourde japonaise). La mère de Yukio se marie et déménage avec son fils à Nagasaki, un évènement qui va bouleverser le fragile équilibre de Yukio. Il y a chez
Shimazaki quelque chose de la tragédie grecque, mais en japonais. Un style épuré, presque dépouillé mais poétique et léger, une chose est sûre : le charme opère. Pourtant, la construction comme le style sont sans doute moins riches que dans le premier tome,
Tsubaki, qui me paraît meilleur pour qui veut aborder cet auteur.
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