ISBN : 2070416801
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 382 notes) Ajouter à mes livres
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arriv... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 mai 2011

    cicou45
    L'histoire se déroule en Chine dans le province du Sichuan et l'on y découvre la vie de deux adolescents, la narrateur alors âgé de 17 ans et son ami et voisin, Luo, âgé lui de 18 ans. Il faut comprendre que ce récit se déroule alors que Mao imposait sa dictature ainsi que sa «Révolution culturelle» en Chine. Nos deux amis, qui sont considérés comme des «intellectuels» sont alors envoyés en rééducations. C'est au cours d'une visite chez le tailleur du village voisin que Luo fait la connaissance d'une jeune femme resplendissante travaillant chez ce dernier. Les deux amis ne tardent pas à tomber sous le charme de cette dernière mais c'est Luo, moins réservé et plus entreprenant que son condisciple qui aura la faveur d'éveiller la jeune femme aux joies de l'amour.
    Le «binoclard», surnom donné à un autre jeune garçon lui aussi en rééducation, mais dans le village voisin, prête alors aux deux amis un livre De Balzac et ces derniers, étant tombé sous le charme de cette écriture prodigieuse, décident de voler la valise du binoclard qui contient des dizaines de «livres interdits» sous le nouveau régime politique imposé par Mao. Luo, qui est, depuis un certain temps déjà, l'amant de la «petite tailleuse chinoise» d'initier cette dernière aux plaisirs de la lecture et ainsi lui apprendre à penser par elle-même.
    Magnifique roman qui nous fait à la fois découvrir les lointaines contrées de la Chine, nous renseigne sur ce que c'est de vivre sous un régime totalitaire, la condition de la femme...tout en étant entraînant en se perdant dans les dédales de l'amour. L'écriture est agréable et le roman envoûtant !
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 19 décembre 2011

    quiliravivra
    Un roman initiatique comme je les aime.
    Il m'a fait penser à diverses reprises dans la façon de raconter (très bonne traduction au passage) au "Grand Meaulnes" et à son univers plein d'odeurs, de couleurs, de sensualité et de mystère.
    Le passage à l'age adulte, à la maturité va se faire ici par le biais de la lecture et en particulier des livres De Balzac.
    La symbolique du livre évolue au cours du roman :
    de livre-interdit (révolution culturelle) à livre- péché (désir de transgresser l'interdit) et enfin au livre-révélateur (sensualité ,sexualité et liberté) .
    J'ai beaucoup aimé ce livre et son univers envoutant.

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  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Sous forme de conte cruel, dans une atmosphère teintée de fantastique qui nimbe d'un voile de légèreté les histoires douloureuses de trois femmes victimes de la perversité, la violence et la lâcheté des hommes, ce livre parle de la condition féminine.
    A travers l'histoire de cette lignée de femmes condamnées à subir le même destin, l'auteur dissèque les relations des femmes avec les hommes, des mères avec leur fille ou encore avec leur petite-fille.
    D'une plume légère et poétique, non dénuée d'humour, Véronique Ovaldé s'attaque à des sujets aussi noirs que la prostitution, le viol, l'inceste, la maladie, sans pour autant tomber dans le pathos.
    C'est sur une île tropicale imaginaire saturée d'odeurs et de couleurs, et dans une ambiance étonnament sensuelle et envoûtante, qu'elle met en scène des personnages hauts en couleurs comme la belle, fière et libre Rose Bustamente, pierre angulaire de cet étrange matriarcat.
    L'héroïne du roman, la candide Véra, nourrie par l'amour et les enseignements de sa grand-mère, trouvera quant à elle le courage de quitter cette contrée délétère pour que l'enfant qu'elle porte échappe à la malédiction qui semble frapper sa famille.
    Elle y découvrira la vraie vie et y rencontrera l'amour en la personne d'un jeune journaliste, le seul homme digne de respect de ce roman.
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  • Par charlottelit, le 04 septembre 2011

    charlottelit
    la littérature hélas ne sauve pas de tout mais la petite tailleuse chinoise aide à avancer, s'extasier, prendre confiance, c'est immense (c'est énaurme, ce mot existe ... cf. fabrice luchini)
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    • Livres 4.00/5
    Par capujojo, le 29 octobre 2011

    capujojo
    C'est délicat et profond en même temps, l'histoire de ces deux jeunes hommes bien nés, envoyés par le gouvernement communiste en camp de rééducation au plus profond des montagnes chinoises. Ils y rencontreront Balzac, et une petite tailleuse chinoise qui sera transformée à leur contact. La poétique simplicité de l'écriture laisse toute leur place aux émotions des protagonistes et à la description de la vie rudimentaire dans ces montagnes. Je recommande.
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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 27 janvier 2012

    Ce fut un festival, presque anarchique, où les femmes de tout âge, belles ou laides, riches ou pauvres, rivalisèrent à coups de tissus, de dentelles, de rubans, de boutons, de fil à coudre, et d'idées de vêtements dont elles avaient rêvé. Lors des séances d'essayage, Luo et moi étions suffoqués par leur agitation, leur impatience, par le désir quasi physique qui explosait en elles. Aucun régime politique, aucune contrainte économique ne pouvait les priver de l'envie d'être bien habillées, une envie aussi vieille que le monde, aussi vieille que l'envie de maternité.
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  • Par Myrtle, le 27 janvier 2012

    Bien des années plus tard, une image de la période de notre rééducation reste toujours gravée dans ma mémoire, avec une exceptionnelle précision : sous le regard impassible d'un corbeau à bec rouge, Luo, une hotte sur le dos, avançait à quatre pattes sur un passage large d'environ trente centimètres, bordé de chaque côté par un profond précipice. Dans sa hotte en bambou, anodine, sale mais solide, était caché un livre de Balzac, "Le Père Goriot", dont le titre chinois était "Le Vieux Go" ; il allait le lire à la Petite Tailleuse, qui n'était encore qu'une montagnarde, belle mais inculte.
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  • Par Myrtle, le 27 janvier 2012

    J'étais littéralement englouti par le fleuve puissant des centaines de pages. C'était pour moi le livre rêvé : une fois que vous l'aviez fini, ni votre sacrée vie ni votre sacré monde n'étaient plus les mêmes qu'avant.
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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 74
    Je décidai de copier mot a mot mes passages préférés d'Ursule. C'était la première fois de ma vie que j'avais envie de recopier un livre. Je cherchai du papier partout dans la chambre, mais ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettres, destinées a écrire a nos parents.

    Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. Celle-ci, que les villageois m'avaient offerte lors de mon arrivée, présentait un pêle-mêle de poils de mouton, tantôt longs, tantôt courts, à l'extérieur, et une peau nue à l'intérieur. Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont a peau, par endroits, était abîmée, crevassée. Je recopiai le chapitre où Ursule voyage en somnambule. J'aurais voulu être comme elle : pouvoir, endormi sur mon lit, voir ce que ma mère faisait dans notre appartement, à cinq cents kilomètres de distance, assister au dîner de mes parents, observer leurs attitudes, les détails de leur repas, la couleur de leurs assiettes, sentir l'odeur de leurs plats, les entendre converser...
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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 65
    Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, « Zang Xiang », pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide.
    - Tu as déjà a entendu parler de la littérature occidentale? me demanda un jour Luo.
    - Pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot. En dehors de la médecine, ils ne connaissent pas grand-chose.
    - C'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marrant.
    - Et maintenant où ils sont, ces livres?
    - Partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.
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