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ISBN : 2070416801
Éditeur : Gallimard (2002)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 1673 notes)
Résumé :
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arrivé au narrateur et à son ami Luo, si jeunes et déjà marqués du sceau infamant d'"ennemis du peuple". Pour ne pas sombrer, ils ont heureusement encore quelques histoires, quelqu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (148) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
20 septembre 2015
  • 5/ 5
Parce qu'ils portent la double faute d'avoir étudié au collège et d'avoir des parents ''ennemis du peuple'', le narrateur et son ami Luo sont envoyés en rééducation dans un village de montagne. Entre les rizières et la mine, les conditions de vie sont difficiles mais les deux adolescents ont su endormir la méfiance des villageois grâce à leur talent de musicien, pour le narrateur, et de conteur pour Luo. Et puis, la campagne recèle aussi quelques trésors cachés. Par exemple, la fille du tailleur, la jolie Petite Tailleuse ou encore la valise pleine de livres que le Binoclard, un autre rééduqué, cache quelque part dans sa masure.
Balzac, Tolstoï, Dumas et bien d'autres tentations, toute cette littérature subversive, interdite, qui titille l'imagination, et les sens, de deux adolescents perdus à la campagne, sans trop d'espoir de rentrer chez eux. Et pourtant, qu'ils sont libres ! Les livres pour apprendre, comprendre, ressentir, pour s'évader loin de la montagne, de la Chine, du communisme, de la révolution culturelle, pour découvrir l'individualisme, et pourquoi pas l'égoïsme, le plaisir, l'amour, la sensualité, la liberté. Et si le contexte est rude, le travail épuisant, parfois dangereux, la menace d'une dénonciation toujours possible, Luo et son ami sont suffisamment optimistes, délurés, culottés, amoureux de la vie, pour donner au roman un souffle vital irrésistible.
Dai SIJIE prouve, s'il en était besoin, que la littérature est le plus grand vecteur de connaissances, d'évasion et de liberté. Cette ode aux classiques occidentaux est une petite merveille, une lecture joyeuse et optimiste où l'amour des livres brille à chaque page de la lueur de l'espoir. Un bijou !
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jeunejane
15 mars 2016
  • 5/ 5
Nous sommes dans la Chine communiste de Mao au début des années 1970.
Deux jeunes gens Luo et le narrateur sont envoyés dans la montagne pour y travailler et abolir leurs envies de nourrir leur esprit intellectuel.
Ils sont victimes de cette mesure car leurs parents médecin et dentiste sont considérés comme des traîtres dangereux pour le régime.
Dans le village voisin, ils rencontrent "le binoclard" un jeune homme quasi aveugle sans ses lunettes. Il possède des livres d'auteurs occidentaux cachés dans une mallette mais il ne veut pas l'avouer. Les livres sont très convoités par les deux jeunes. le binoclard se montre proche du régime communiste pour pouvoir retourner dans sa ville.
Luo va tomber amoureux de la petite tailleuse et va la sortir de sa condition, lui ouvrir des horizons en lui lisant des extraits De Balzac difficilement obtenus des mains du camarade à lunettes.
C'est un livre merveilleux où la narration est semblable à un conte dont l'écriture est très belle.
Les faits font suite ,de longues années après, à un essai d'Alain Peyrefitte "Quand le Chine s'éveillera" que j'avais lu quand j'avais 17 ans et qui m'avait totalement surprise.
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Luniver
07 mai 2013
  • 4/ 5
Le narrateur et Luo sont deux dangereux intellectuels, coupables du double crime d'avoir terminé leurs années de collège et d'avoir des parents ennemis de la révolution. En conséquence, on les envoie en rééducation dans un petit village d'agriculteurs perdu dans les montagnes. Entre l'agriculture et le travail dangereux dans les mines de charbon, leur vie n'est pas très enviable. Seul leur talent de conteur leur permet de gagner quelque peu l'estime des villageois.
Pendant une visite chez un de leur compagnon d'infortune, le Binoclard, leur attention est attirée par une valise suspecte, qui doit contenir des livres, pourtant interdits. Un peu de chantage et de pression plus tard, un livre De Balzac tombe entre leurs mains. Cet unique livre va leur ouvrir les portes d'un univers qui leur est totalement inconnu, les seuls autorisés en Chine étant les livres d'économie marxistes. Il fera partager leurs découvertes avec la Petite Tailleuse, qui est devenue entre-temps la petite amie de Luo.
Un beau livre à découvrir, qui nous fait à la fois découvrir la vie dans une dictature, et nous force à nous interroger sur la place des livres dans la vie : seuls témoins d'une époque qui disparaîtraient avec eux, garants d'idées ou même de sentiments presque disparus.
Serions-nous les mêmes aujourd'hui si nous n'avions lu aucun livre de toute notre vie ?
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quiliravivra
19 décembre 2011
  • 4/ 5
Un roman initiatique comme je les aime.
Il m'a fait penser à diverses reprises dans la façon de raconter (très bonne traduction au passage) au "Grand Meaulnes" et à son univers plein d'odeurs, de couleurs, de sensualité et de mystère.
Le passage à l'age adulte, à la maturité va se faire ici par le biais de la lecture et en particulier des livres De Balzac.
La symbolique du livre évolue au cours du roman :
de livre-interdit (révolution culturelle) à livre-péché (désir de transgresser l'interdit) et enfin au livre-révélateur (sensualité ,sexualité et liberté) .
J'ai beaucoup aimé ce livre et son univers envoutant.

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gouelan
26 août 2016
  • 5/ 5
Deux jeunes étudiants sont envoyés en rééducation par le travail dans la campagne chinoise, pendant la révolution culturelle. Ils ont trouvé une astuce pour garder une étincelle d'espoir. L'un violoniste, l'autre conteur, ils parviennent à sauvegarder la part de rêve qui est en eux.
Les romans défendus, source d'évasion et d'enchantement, armes redoutables contre l'obscurantisme, leur permettront de survivre dans ce monde d'ignorance et de brutalité.
Un roman à la fois magique et cruel, dont les faits semblent irréels tellement ils sont insensés. J'ai eu l'impression de lire un conte, dans lequel le génie bienfaisant était un livre, venu exaucer les vœux de ces deux jeunes garçons , emprisonnés par un sortilège maléfique.
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Citations & extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
tex_242tex_24226 décembre 2008
P. 65
Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, « Zang Xiang », pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide.
- Tu as déjà a entendu parler de la littérature occidentale? me demanda un jour Luo.
- Pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot. En dehors de la médecine, ils ne connaissent pas grand-chose.
- C'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marrant.
- Et maintenant où ils sont, ces livres?
- Partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.
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tex_242tex_24226 décembre 2008
P. 74
Je décidai de copier mot a mot mes passages préférés d'Ursule. C'était la première fois de ma vie que j'avais envie de recopier un livre. Je cherchai du papier partout dans la chambre, mais ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettres, destinées a écrire a nos parents.

Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. Celle-ci, que les villageois m'avaient offerte lors de mon arrivée, présentait un pêle-mêle de poils de mouton, tantôt longs, tantôt courts, à l'extérieur, et une peau nue à l'intérieur. Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont a peau, par endroits, était abîmée, crevassée. Je recopiai le chapitre où Ursule voyage en somnambule. J'aurais voulu être comme elle : pouvoir, endormi sur mon lit, voir ce que ma mère faisait dans notre appartement, à cinq cents kilomètres de distance, assister au dîner de mes parents, observer leurs attitudes, les détails de leur repas, la couleur de leurs assiettes, sentir l'odeur de leurs plats, les entendre converser...
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violette17violette1709 juin 2012
Durant tout le mois de septembre, après notre cambriolage réussi, nous fûmes tentés, envahis, conquis par le mystère du monde extérieur, surtout celui de la femme, de l'amour, du sexe, que les écrivains occidentaux nous révélaient jour après jour, page après page, livre après livre. Nonseulement le Binoclard était parti sans oser nous dénoncer mais , par chance, le chef de notre village était allé à la ville de Yong Jing, pour assister à un congrès des communistes du district. Profitant de cette vacance du pouvoir politique, et de la discrète anarchie qui régnait momentanément dans le village, nous refusâmes d'aller travailer aux champs, ce dont les villageois, ex-cultivateurs d'opium reconvertis en gardiens de nos âmes, se fichèrent complètement. Je passai ainsi mes journées, ma porte plus hermétiquement verrouillée que jamais, avec des romans occidentaux. Je laissai de côté les Balzac, passion exclusive de Luo, et tombai tour à tour amoureux, avec la frivolité et le sérieux de mes dix-neuf ans, de Flaubert, de Gogol, de Melville, et même de Romain Rolland.
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mimifasolamimifasola14 juin 2016
Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais: Dickens, Kipling, Emily Brontë...

Quel éblouissement! J'avais l'impression de m'évanouir dans les brumes de l'ivresse. Je sortis les romans un par un de la valise, les ouvris, contemplai les portraits des auteurs, et les passai à Luo. De les toucher du bout des doigts, il me semblait que mes mains, devenues pâles, étaient en contact avec des vies humaines.
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LIONELLELIONELLE27 septembre 2014
Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée nouée en croix......nous l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminérent sous notre torche électrique : les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête se tenait notre viel ami Balzac, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert..... Quel éblouissement ! J'avais l'impression de m'évanouir dans les brumes del'ivresse. Je sortis les romans un à un de la valise, les ouvris, contemplais les portraits des auteurs, et les passais à Luo. De les toucher du bout des doigts, il me semblait que mes mains, devenues pâles, étaient en contact avec des vies humaines.
- tu ne sens pas des larmes de joie monter en toi ?
- non. Je ne resens que de la haine.
- moi aussi, je hais tous ceux qui nous ont interdit ces livres.
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