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ISBN : 2070416801
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 1187 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arriv... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 07 mai 2013

    Luniver
    Le narrateur et Luo sont deux dangereux intellectuels, coupables du double crime d'avoir terminé leurs années de collège et d'avoir des parents ennemis de la révolution. En conséquence, on les envoie en rééducation dans un petit village d'agriculteurs perdu dans les montagnes. Entre l'agriculture et le travail dangereux dans les mines de charbon, leur vie n'est pas très enviable. Seul leur talent de conteur leur permet de gagner quelque peu l'estime des villageois.
    Pendant une visite chez un de leur compagnon d'infortune, le Binoclard, leur attention est attirée par une valise suspecte, qui doit contenir des livres, pourtant interdits. Un peu de chantage et de pression plus tard, un livre De Balzac tombe entre leurs mains. Cet unique livre va leur ouvrir les portes d'un univers qui leur est totalement inconnu, les seuls autorisés en Chine étant les livres d'économie marxistes. Il fera partager leurs découvertes avec la Petite Tailleuse, qui est devenue entre-temps la petite amie de Luo.
    Un beau livre à découvrir, qui nous fait à la fois découvrir la vie dans une dictature, et nous force à nous interroger sur la place des livres dans la vie : seuls témoins d'une époque qui disparaîtraient avec eux, garants d'idées ou même de sentiments presque disparus.
    Serions-nous les mêmes aujourd'hui si nous n'avions lu aucun livre de toute notre vie ?
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 19 décembre 2011

    quiliravivra
    Un roman initiatique comme je les aime.
    Il m'a fait penser à diverses reprises dans la façon de raconter (très bonne traduction au passage) au "Grand Meaulnes" et à son univers plein d'odeurs, de couleurs, de sensualité et de mystère.
    Le passage à l'age adulte, à la maturité va se faire ici par le biais de la lecture et en particulier des livres De Balzac.
    La symbolique du livre évolue au cours du roman :
    de livre-interdit (révolution culturelle) à livre-péché (désir de transgresser l'interdit) et enfin au livre-révélateur (sensualité ,sexualité et liberté) .
    J'ai beaucoup aimé ce livre et son univers envoutant.

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    • Livres 5.00/5
    Par frandj, le 07 mai 2014

    frandj
    Ce roman a connu un beau succès qui me semble tout à fait mérité; le film qui en a été tiré, respectueux du livre, est également excellent. L'histoire a été rappelée par bien d'autres lecteurs sur Babelio. je n'y reviendrai donc pas longuement. Selon moi, elle a un double mérite: d'une part nous plonger dans l'ambiance très particulière de la Révolution Culturelle, pendant laquelle d'innombrables Chinois furent relégués dans des camps de travail; d'autre part, nous suivons dans le livre trois jeunes personnages agréables et sympathiques qui parviennent à vivre leur vie malgré toutes les contraintes extérieures. L'intervention de la musique et de la littérature dans ce "monde de brutes" est un élément du roman que je trouve très bien trouvé. le tragique de l'épisode est quotidiennement désamorcé par les héros, qui se battent pour sauvegarder leur individualité et qui combattent victorieusement toute sinistrose. L'écriture est agréable et le lecteur ne se prend pas la tête inutilement C'est un très bon roman, donc.
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 08 novembre 2012

    bina
    "Balzac lui a fait comprendre une chose: la beauté d'une femme est un trésor qui n'a pas de prix".
    Balzac à l'origine de la perversion!!
    Ce grand auteur français est interdit dans la Chine de Mao. Cela n'empêche pas le Binoclard d'un posséder plusieurs, ainsi que d'autres ouvrages interdits, cachés dans une valise. Ce jeune homme est en rééducation à la campagne, dans un petit village de montagne, à deux heures de marche de la ville la plus proche. La campagne, où était envoyé les intellectuels et leurs enfants, pour une durée bien souvent indéterminée, afin de retrouver les ''vraies'' valeurs du travail auprès des paysans. le Binoclard (c'est un surnom car il est le seul à porter des lunettes dans cette montagne) n'est pas le seul. Dans un village proche se trouvent Luo, fils de dentiste, et le narrateur, fils de médecin. Lorsque ces deux là comprennent que le premier cache des livres, la valise devient un objet de convoitise, et sera volée le jour du retour à la ville du jeune homme. Il ne peut pas se plaindre, la possession de ces livres étant interdite.
    Ces ouvrages deviennent le bien le plus précieux des deux amis, source d'évasion, d'histoires, qui seront ensuite racontées à la petite amie de Luo. Quelques retouches permettent de faire passer les récits, à l'oral, lors de veillée, sans attirer les soupçons.
    La fiancée est la Petite Tailleuse, la fille du tailleur du village voisin, jeune campagnarde convoitée par Luo. Elle répond à ses avances, et découvre dans ces auteurs occidentaux du XIXe siècle la source de son réveil à sa condition de femme.
    La transformation n'est pas flagrante, mais elle cache bien son jeu, jusqu'à son départ pour la ville organisé dans la clandestinité.
    Que deviendra cette jeune fille dans ce monde de perdition?
    Quant à ce qu'il advint des livres, les deux amis les brûlent dans un autodafé alcoolisé, au son du violon du narrateur.
    Ce roman est une fresque de la vie rurale et politique de la Chine, Mao est toujours présent en filigrane, derrière les comportements, les paroles et les péripéties.
    Un roman initiatique d'une jeune fille chinoise.
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    • Livres 4.00/5
    Par capujojo, le 29 octobre 2011

    capujojo
    C'est délicat et profond en même temps, l'histoire de ces deux jeunes hommes bien nés, envoyés par le gouvernement communiste en camp de rééducation au plus profond des montagnes chinoises. Ils y rencontreront Balzac, et une petite tailleuse chinoise qui sera transformée à leur contact. La poétique simplicité de l'écriture laisse toute leur place aux émotions des protagonistes et à la description de la vie rudimentaire dans ces montagnes. Je recommande.
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Citations et extraits

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  • Par Helene1960, le 07 décembre 2014

    Levant le violon à hauteur de ses yeux, il le secoua avec frénésie, comme s'il attendait que quelque chose tombât du fond noir de la caisse sonore. J'avais l’impression que les cordes allaient casser sur le coup, et les frette s'envoler en morceaux.

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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 74
    Je décidai de copier mot a mot mes passages préférés d'Ursule. C'était la première fois de ma vie que j'avais envie de recopier un livre. Je cherchai du papier partout dans la chambre, mais ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettres, destinées a écrire a nos parents.

    Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. Celle-ci, que les villageois m'avaient offerte lors de mon arrivée, présentait un pêle-mêle de poils de mouton, tantôt longs, tantôt courts, à l'extérieur, et une peau nue à l'intérieur. Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont a peau, par endroits, était abîmée, crevassée. Je recopiai le chapitre où Ursule voyage en somnambule. J'aurais voulu être comme elle : pouvoir, endormi sur mon lit, voir ce que ma mère faisait dans notre appartement, à cinq cents kilomètres de distance, assister au dîner de mes parents, observer leurs attitudes, les détails de leur repas, la couleur de leurs assiettes, sentir l'odeur de leurs plats, les entendre converser...
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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 65
    Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, « Zang Xiang », pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide.
    - Tu as déjà a entendu parler de la littérature occidentale? me demanda un jour Luo.
    - Pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot. En dehors de la médecine, ils ne connaissent pas grand-chose.
    - C'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marrant.
    - Et maintenant où ils sont, ces livres?
    - Partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.
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  • Par violette17, le 09 juin 2012

    Durant tout le mois de septembre, après notre cambriolage réussi, nous fûmes tentés, envahis, conquis par le mystère du monde extérieur, surtout celui de la femme, de l'amour, du sexe, que les écrivains occidentaux nous révélaient jour après jour, page après page, livre après livre. Nonseulement le Binoclard était parti sans oser nous dénoncer mais , par chance, le chef de notre village était allé à la ville de Yong Jing, pour assister à un congrès des communistes du district. Profitant de cette vacance du pouvoir politique, et de la discrète anarchie qui régnait momentanément dans le village, nous refusâmes d'aller travailer aux champs, ce dont les villageois, ex-cultivateurs d'opium reconvertis en gardiens de nos âmes, se fichèrent complètement. Je passai ainsi mes journées, ma porte plus hermétiquement verrouillée que jamais, avec des romans occidentaux. Je laissai de côté les Balzac, passion exclusive de Luo, et tombai tour à tour amoureux, avec la frivolité et le sérieux de mes dix-neuf ans, de Flaubert, de Gogol, de Melville, et même de Romain Rolland.
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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée nouée en croix......nous l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminérent sous notre torche électrique : les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête se tenait notre viel ami Balzac, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert..... Quel éblouissement ! J'avais l'impression de m'évanouir dans les brumes del'ivresse. Je sortis les romans un à un de la valise, les ouvris, contemplais les portraits des auteurs, et les passais à Luo. De les toucher du bout des doigts, il me semblait que mes mains, devenues pâles, étaient en contact avec des vies humaines.
    - tu ne sens pas des larmes de joie monter en toi ?
    - non. Je ne resens que de la haine.
    - moi aussi, je hais tous ceux qui nous ont interdit ces livres.
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