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ISBN : 2070416801
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 1024 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arriv... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 07 mai 2013

    Luniver
    Le narrateur et Luo sont deux dangereux intellectuels, coupables du double crime d'avoir terminé leurs années de collège et d'avoir des parents ennemis de la révolution. En conséquence, on les envoie en rééducation dans un petit village d'agriculteurs perdu dans les montagnes. Entre l'agriculture et le travail dangereux dans les mines de charbon, leur vie n'est pas très enviable. Seul leur talent de conteur leur permet de gagner quelque peu l'estime des villageois.
    Pendant une visite chez un de leur compagnon d'infortune, le Binoclard, leur attention est attirée par une valise suspecte, qui doit contenir des livres, pourtant interdits. Un peu de chantage et de pression plus tard, un livre De Balzac tombe entre leurs mains. Cet unique livre va leur ouvrir les portes d'un univers qui leur est totalement inconnu, les seuls autorisés en Chine étant les livres d'économie marxistes. Il fera partager leurs découvertes avec la Petite Tailleuse, qui est devenue entre-temps la petite amie de Luo.
    Un beau livre à découvrir, qui nous fait à la fois découvrir la vie dans une dictature, et nous force à nous interroger sur la place des livres dans la vie : seuls témoins d'une époque qui disparaîtraient avec eux, garants d'idées ou même de sentiments presque disparus.
    Serions-nous les mêmes aujourd'hui si nous n'avions lu aucun livre de toute notre vie ?
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 19 décembre 2011

    quiliravivra
    Un roman initiatique comme je les aime.
    Il m'a fait penser à diverses reprises dans la façon de raconter (très bonne traduction au passage) au "Grand Meaulnes" et à son univers plein d'odeurs, de couleurs, de sensualité et de mystère.
    Le passage à l'age adulte, à la maturité va se faire ici par le biais de la lecture et en particulier des livres De Balzac.
    La symbolique du livre évolue au cours du roman :
    de livre-interdit (révolution culturelle) à livre-péché (désir de transgresser l'interdit) et enfin au livre-révélateur (sensualité ,sexualité et liberté) .
    J'ai beaucoup aimé ce livre et son univers envoutant.

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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 08 novembre 2012

    bina
    "Balzac lui a fait comprendre une chose: la beauté d'une femme est un trésor qui n'a pas de prix".
    Balzac à l'origine de la perversion!!
    Ce grand auteur français est interdit dans la Chine de Mao. Cela n'empêche pas le Binoclard d'un posséder plusieurs, ainsi que d'autres ouvrages interdits, cachés dans une valise. Ce jeune homme est en rééducation à la campagne, dans un petit village de montagne, à deux heures de marche de la ville la plus proche. La campagne, où était envoyé les intellectuels et leurs enfants, pour une durée bien souvent indéterminée, afin de retrouver les ''vraies'' valeurs du travail auprès des paysans. le Binoclard (c'est un surnom car il est le seul à porter des lunettes dans cette montagne) n'est pas le seul. Dans un village proche se trouvent Luo, fils de dentiste, et le narrateur, fils de médecin. Lorsque ces deux là comprennent que le premier cache des livres, la valise devient un objet de convoitise, et sera volée le jour du retour à la ville du jeune homme. Il ne peut pas se plaindre, la possession de ces livres étant interdite.
    Ces ouvrages deviennent le bien le plus précieux des deux amis, source d'évasion, d'histoires, qui seront ensuite racontées à la petite amie de Luo. Quelques retouches permettent de faire passer les récits, à l'oral, lors de veillée, sans attirer les soupçons.
    La fiancée est la Petite Tailleuse, la fille du tailleur du village voisin, jeune campagnarde convoitée par Luo. Elle répond à ses avances, et découvre dans ces auteurs occidentaux du XIXe siècle la source de son réveil à sa condition de femme.
    La transformation n'est pas flagrante, mais elle cache bien son jeu, jusqu'à son départ pour la ville organisé dans la clandestinité.
    Que deviendra cette jeune fille dans ce monde de perdition?
    Quant à ce qu'il advint des livres, les deux amis les brûlent dans un autodafé alcoolisé, au son du violon du narrateur.
    Ce roman est une fresque de la vie rurale et politique de la Chine, Mao est toujours présent en filigrane, derrière les comportements, les paroles et les péripéties.
    Un roman initiatique d'une jeune fille chinoise.
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    • Livres 4.00/5
    Par capujojo, le 29 octobre 2011

    capujojo
    C'est délicat et profond en même temps, l'histoire de ces deux jeunes hommes bien nés, envoyés par le gouvernement communiste en camp de rééducation au plus profond des montagnes chinoises. Ils y rencontreront Balzac, et une petite tailleuse chinoise qui sera transformée à leur contact. La poétique simplicité de l'écriture laisse toute leur place aux émotions des protagonistes et à la description de la vie rudimentaire dans ces montagnes. Je recommande.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 22 mai 2011

    cicou45
    L'histoire se déroule en Chine dans le province du Sichuan et l'on y découvre la vie de deux adolescents, la narrateur alors âgé de 17 ans et son ami et voisin, Luo, âgé lui de 18 ans. Il faut comprendre que ce récit se déroule alors que Mao imposait sa dictature ainsi que sa «Révolution culturelle» en Chine. Nos deux amis, qui sont considérés comme des «intellectuels» sont alors envoyés en rééducations. C'est au cours d'une visite chez le tailleur du village voisin que Luo fait la connaissance d'une jeune femme resplendissante travaillant chez ce dernier. Les deux amis ne tardent pas à tomber sous le charme de cette dernière mais c'est Luo, moins réservé et plus entreprenant que son condisciple qui aura la faveur d'éveiller la jeune femme aux joies de l'amour.
    Le «binoclard», surnom donné à un autre jeune garçon lui aussi en rééducation, mais dans le village voisin, prête alors aux deux amis un livre De Balzac et ces derniers, étant tombé sous le charme de cette écriture prodigieuse, décident de voler la valise du binoclard qui contient des dizaines de «livres interdits» sous le nouveau régime politique imposé par Mao. Luo, qui est, depuis un certain temps déjà, l'amant de la «petite tailleuse chinoise» d'initier cette dernière aux plaisirs de la lecture et ainsi lui apprendre à penser par elle-même.
    Magnifique roman qui nous fait à la fois découvrir les lointaines contrées de la Chine, nous renseigne sur ce que c'est de vivre sous un régime totalitaire, la condition de la femme...tout en étant entraînant en se perdant dans les dédales de l'amour. L'écriture est agréable et le roman envoûtant !
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Citations et extraits

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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 65
    Souvent, après minuit, on éteignait la lampe à pétrole dans notre maison sur pilotis, et on s'allongeait chacun sur son lit pour fumer dans le noir. Des titres de livres fusaient de nos bouches, il y avait dans ces noms des mondes inconnus, quelque chose de mystérieux et d'exquis dans la résonance des mots, dans l'ordre des caractères, à la manière de l'encens tibétain, dont il suffisait de prononcer le nom, « Zang Xiang », pour sentir le parfum doux et raffiné, pour voir les bâtons aromatiques se mettre à transpirer, à se couvrir de véritables gouttes de sueur qui, sous le reflet des lampes, ressemblaient à des gouttes d'or liquide.
    - Tu as déjà a entendu parler de la littérature occidentale? me demanda un jour Luo.
    - Pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot. En dehors de la médecine, ils ne connaissent pas grand-chose.
    - C'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marrant.
    - Et maintenant où ils sont, ces livres?
    - Partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.
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  • Par tex_242, le 26 décembre 2008

    P. 74
    Je décidai de copier mot a mot mes passages préférés d'Ursule. C'était la première fois de ma vie que j'avais envie de recopier un livre. Je cherchai du papier partout dans la chambre, mais ne pus trouver que quelques feuilles de papier à lettres, destinées a écrire a nos parents.

    Je choisis alors de copier le texte directement sur la peau de mouton de ma veste. Celle-ci, que les villageois m'avaient offerte lors de mon arrivée, présentait un pêle-mêle de poils de mouton, tantôt longs, tantôt courts, à l'extérieur, et une peau nue à l'intérieur. Je passai un long moment à choisir le texte, à cause de la superficie limitée de ma veste, dont a peau, par endroits, était abîmée, crevassée. Je recopiai le chapitre où Ursule voyage en somnambule. J'aurais voulu être comme elle : pouvoir, endormi sur mon lit, voir ce que ma mère faisait dans notre appartement, à cinq cents kilomètres de distance, assister au dîner de mes parents, observer leurs attitudes, les détails de leur repas, la couleur de leurs assiettes, sentir l'odeur de leurs plats, les entendre converser...
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  • Par violette17, le 09 juin 2012

    Durant tout le mois de septembre, après notre cambriolage réussi, nous fûmes tentés, envahis, conquis par le mystère du monde extérieur, surtout celui de la femme, de l'amour, du sexe, que les écrivains occidentaux nous révélaient jour après jour, page après page, livre après livre. Nonseulement le Binoclard était parti sans oser nous dénoncer mais , par chance, le chef de notre village était allé à la ville de Yong Jing, pour assister à un congrès des communistes du district. Profitant de cette vacance du pouvoir politique, et de la discrète anarchie qui régnait momentanément dans le village, nous refusâmes d'aller travailer aux champs, ce dont les villageois, ex-cultivateurs d'opium reconvertis en gardiens de nos âmes, se fichèrent complètement. Je passai ainsi mes journées, ma porte plus hermétiquement verrouillée que jamais, avec des romans occidentaux. Je laissai de côté les Balzac, passion exclusive de Luo, et tombai tour à tour amoureux, avec la frivolité et le sérieux de mes dix-neuf ans, de Flaubert, de Gogol, de Melville, et même de Romain Rolland.
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  • Par lapucelaurence, le 04 mai 2011

    « Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts: à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... - Quel éblouissement! - Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. »
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  • Par cequejelis, le 01 avril 2012

    L'autre raison qui nous mettait de bonne humeur était la compagnie de la Petite Tailleuse. Comme nous arrivâmes après le début de la projection, il ne restait plus que des places debout, à l'arrière de l'écran, où tout était inversé et où chacun était gaucher. Mais elle ne voulait pas rater ce spectacle rare. Et pour nous, c'était un régal que de regarder son beau visage luire des reflets colorés, lumineux, renvoyés par l'écran. Parfois, son visage était englouti par l'obscurité, et l'on ne voyait plus que ses yeux dans l'ombre, comme deux taches phosphorescentes. Mais soudain, lors d'un changement de plan, ce visage s'illuminait, se colorait, et s'épanouissait dans la splendeur de sa rêverie. De toutes les spectatrices, qui étaient au moins deux milles si non plus, elle était sans aucun doute la plus belle. Une sorte de vanité masculine montait au plus profond de nous, devant les regards jaloux des autres hommes qui nous entouraient. Au beau milieu de la séance, après environ une demi-heure du film, elle tourna la tête, et me chuchota à l'oreille quelque chose qui me tua :

    - C'est beaucoup plus intéressant, quand c'est toi qui le racontes.

    [ch. 2 p. 109]
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