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ISBN : 2070416801
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 1138 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans la Chine de Mao, savoir lire, c'est déjà faire partie des intellectuels. Et on ne badine pas avec les intellectuels : on les envoie se rééduquer dans les campagnes, travailler dans des rizières ou dans des mines. C'est ce qui est arriv... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 07 mai 2013

    Luniver
    Le narrateur et Luo sont deux dangereux intellectuels, coupables du double crime d'avoir terminé leurs années de collège et d'avoir des parents ennemis de la révolution. En conséquence, on les envoie en rééducation dans un petit village d'agriculteurs perdu dans les montagnes. Entre l'agriculture et le travail dangereux dans les mines de charbon, leur vie n'est pas très enviable. Seul leur talent de conteur leur permet de gagner quelque peu l'estime des villageois.
    Pendant une visite chez un de leur compagnon d'infortune, le Binoclard, leur attention est attirée par une valise suspecte, qui doit contenir des livres, pourtant interdits. Un peu de chantage et de pression plus tard, un livre De Balzac tombe entre leurs mains. Cet unique livre va leur ouvrir les portes d'un univers qui leur est totalement inconnu, les seuls autorisés en Chine étant les livres d'économie marxistes. Il fera partager leurs découvertes avec la Petite Tailleuse, qui est devenue entre-temps la petite amie de Luo.
    Un beau livre à découvrir, qui nous fait à la fois découvrir la vie dans une dictature, et nous force à nous interroger sur la place des livres dans la vie : seuls témoins d'une époque qui disparaîtraient avec eux, garants d'idées ou même de sentiments presque disparus.
    Serions-nous les mêmes aujourd'hui si nous n'avions lu aucun livre de toute notre vie ?
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    • Livres 4.00/5
    Par quiliravivra, le 19 décembre 2011

    quiliravivra
    Un roman initiatique comme je les aime.
    Il m'a fait penser à diverses reprises dans la façon de raconter (très bonne traduction au passage) au "Grand Meaulnes" et à son univers plein d'odeurs, de couleurs, de sensualité et de mystère.
    Le passage à l'age adulte, à la maturité va se faire ici par le biais de la lecture et en particulier des livres De Balzac.
    La symbolique du livre évolue au cours du roman :
    de livre-interdit (révolution culturelle) à livre-péché (désir de transgresser l'interdit) et enfin au livre-révélateur (sensualité ,sexualité et liberté) .
    J'ai beaucoup aimé ce livre et son univers envoutant.

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    • Livres 5.00/5
    Par frandj, le 07 mai 2014

    frandj
    Ce roman a connu un beau succès qui me semble tout à fait mérité; le film qui en a été tiré, respectueux du livre, est également excellent. L'histoire a été rappelée par bien d'autres lecteurs sur Babelio. je n'y reviendrai donc pas longuement. Selon moi, elle a un double mérite: d'une part nous plonger dans l'ambiance très particulière de la Révolution Culturelle, pendant laquelle d'innombrables Chinois furent relégués dans des camps de travail; d'autre part, nous suivons dans le livre trois jeunes personnages agréables et sympathiques qui parviennent à vivre leur vie malgré toutes les contraintes extérieures. L'intervention de la musique et de la littérature dans ce "monde de brutes" est un élément du roman que je trouve très bien trouvé. le tragique de l'épisode est quotidiennement désamorcé par les héros, qui se battent pour sauvegarder leur individualité et qui combattent victorieusement toute sinistrose. L'écriture est agréable et le lecteur ne se prend pas la tête inutilement C'est un très bon roman, donc.
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 08 novembre 2012

    bina
    "Balzac lui a fait comprendre une chose: la beauté d'une femme est un trésor qui n'a pas de prix".
    Balzac à l'origine de la perversion!!
    Ce grand auteur français est interdit dans la Chine de Mao. Cela n'empêche pas le Binoclard d'un posséder plusieurs, ainsi que d'autres ouvrages interdits, cachés dans une valise. Ce jeune homme est en rééducation à la campagne, dans un petit village de montagne, à deux heures de marche de la ville la plus proche. La campagne, où était envoyé les intellectuels et leurs enfants, pour une durée bien souvent indéterminée, afin de retrouver les ''vraies'' valeurs du travail auprès des paysans. le Binoclard (c'est un surnom car il est le seul à porter des lunettes dans cette montagne) n'est pas le seul. Dans un village proche se trouvent Luo, fils de dentiste, et le narrateur, fils de médecin. Lorsque ces deux là comprennent que le premier cache des livres, la valise devient un objet de convoitise, et sera volée le jour du retour à la ville du jeune homme. Il ne peut pas se plaindre, la possession de ces livres étant interdite.
    Ces ouvrages deviennent le bien le plus précieux des deux amis, source d'évasion, d'histoires, qui seront ensuite racontées à la petite amie de Luo. Quelques retouches permettent de faire passer les récits, à l'oral, lors de veillée, sans attirer les soupçons.
    La fiancée est la Petite Tailleuse, la fille du tailleur du village voisin, jeune campagnarde convoitée par Luo. Elle répond à ses avances, et découvre dans ces auteurs occidentaux du XIXe siècle la source de son réveil à sa condition de femme.
    La transformation n'est pas flagrante, mais elle cache bien son jeu, jusqu'à son départ pour la ville organisé dans la clandestinité.
    Que deviendra cette jeune fille dans ce monde de perdition?
    Quant à ce qu'il advint des livres, les deux amis les brûlent dans un autodafé alcoolisé, au son du violon du narrateur.
    Ce roman est une fresque de la vie rurale et politique de la Chine, Mao est toujours présent en filigrane, derrière les comportements, les paroles et les péripéties.
    Un roman initiatique d'une jeune fille chinoise.
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    • Livres 4.00/5
    Par capujojo, le 29 octobre 2011

    capujojo
    C'est délicat et profond en même temps, l'histoire de ces deux jeunes hommes bien nés, envoyés par le gouvernement communiste en camp de rééducation au plus profond des montagnes chinoises. Ils y rencontreront Balzac, et une petite tailleuse chinoise qui sera transformée à leur contact. La poétique simplicité de l'écriture laisse toute leur place aux émotions des protagonistes et à la description de la vie rudimentaire dans ces montagnes. Je recommande.
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Citations et extraits

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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée nouée en croix......nous l'ouvrîmes silencieusement. A l'intérieur, des piles de livres s'illuminérent sous notre torche électrique : les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête se tenait notre viel ami Balzac, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert..... Quel éblouissement ! J'avais l'impression de m'évanouir dans les brumes del'ivresse. Je sortis les romans un à un de la valise, les ouvris, contemplais les portraits des auteurs, et les passais à Luo. De les toucher du bout des doigts, il me semblait que mes mains, devenues pâles, étaient en contact avec des vies humaines.
    - tu ne sens pas des larmes de joie monter en toi ?
    - non. Je ne resens que de la haine.
    - moi aussi, je hais tous ceux qui nous ont interdit ces livres.
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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    - tu as déjà entendu parler de la littérature occidentale ?me demanda un jour Luo.
    - pas trop. Tu sais que mes parents ne s'intéressent qu'à leur boulot.
    - c'est pareil pour les miens. Mais ma tante avait quelques bouquins étrangers traduits en chinois, avant la Révolution culturelle. Je me souviens qu'elle m'avait lu quelques passages d'un livre qui s'appelait Don Quichotte, l'histoire d'un vieux chevalier assez marant.
    - et maintenant, où ils sont, ces livres ?
    - partis en fumée. Ils ont été confisqués par les Gardes rouges, qui les ont brûlés en public, sans aucune pitié, juste en bas de son immeuble.
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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    Nous partîmes voir le Binoclard. Nous avions entendu qu'il lui était arrivé malheur : les verres de ses lunettes s'étaient cassés.
    Mais j'étais sûr qu'il necesserait pas de travailler pour autant, afin que la grave myopie dont il souffrait ne soit pas perçue comme une défaillance physique par les paysans "révolutionnaires".
    Il avait peur qu'ils ne le prissent pour fainéant. Il avait toujours peur d'eux, car c'était eux qui décideraient un jour s'il était bien "rééduqué", eux qui théoriquement, avaient le pouvoir de déterminer son avenir.
    Dans ces conditions, la moindre faille politique ou physique pouvait être fatale.
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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    Cette histoire de littérature me déprimait à mort : nous n'avions pas de chance.
    A l'àge où nous avions enfin su lire couramment, il n'y avait déjà plus rien à lire.
    Pendant plusieurs années, au rayon "littérature occidentale" de toutes les librairies, il n'y eut que les Œuvres complètes du dirigeant communiste albanais Enver Hoxha.

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  • Par LIONELLE, le 27 septembre 2014

    C'était pour moi le livre rêvé : une fois que vous l'aviez fini, ni votre sacrée vie ni votre sacré monde n'étaient plus les mêmes qu'avant.

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