Trois vies chinoises est un recueil de
Nouvelles, mais je dois tout de suite prévenir ceux qui se disent déjà "moi, je n'aime pas lire des
Nouvelles". Ces trois histoires sont toutes liées les unes aux autres, et cela surtout à cause de la correspondance du lieu. L'auteur choisit avec délicatesse de dépeindre une île fictive pour décrire ces vies brisées par des affections bien réelles, j'en suis sûre. Que ceux qui ont du mal avec les recueils de
Nouvelles ne soient pas inquiets et ne ratent pas une occasion de lire ce roman très touchant.
Des déchets électroniques partout. On se croirait presque à la fin du monde. C'est digne d'un roman de science-fiction, mais le souci c'est que c'est la vraie vie. En tout cas, on le suppose. Cette indécision permet de créer une certaine distance qui installera certains lecteurs dans le confort du romanesque, et pour les autres qui choisiront le camp adverse, l'indignation et le chagrin seront leurs compagnons de lecture. Si l'auteur avait choisi de décrire de réels faits divers, cela aurait été plus frappant, mais peut-être trop violent. Dans tous les cas, il donne le choix.
Son écriture est d'ailleurs toute en pudeur et en recul. Il dit les choses telles qu'elles sont et nous évite des séances de pathos dégoulinant. Dans la première nouvelle, il joue sur le décalage entre la naïveté du personnage et la situation que le lecteur comprend. le roman est également empreint de poésie, parfois délicate, parfois dure et grave quand les métaphores doivent montrer la réalité du monde. Enfin, c'est court et lu très vite, pour ainsi dire dévoré, comme
Balzac et la petite tailleuse chinoise.
Un plaisir de lecture... même s'il est un peu douloureux.
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