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Par Lydia le 05/06/2009
Dorcha, qui est toujours aussi loin ou aussi près qu'on le désire. Dorcha gisait là, derrière l'éblouissement et le vertige, et ce fut avec ses yeux mi-clos qu'Angharad la vit pour la première fois. Pour Shimrod le paysage du fleuve noir, le fleuve de l'Est, aux rives semées de roseaux blêmes et de joncs d'ébène, avait le charme poignant de la terre natale. Pour Angharad, déjà, sous ce ciel d'ecchymose, il avait le visage bouleversant d'un amant.
Ils passèrent les prairies d'herbe vert de gris aux âmes de rasoir et entrèrent dans l'obscurité immense des bois. Pour parvenir à la cité obscure au sein du crépuscule, Irshem, celle dont le nom signifie Fleur-du-Venin, il fallait traverser cette ombre, ces futaies gigantesques dans lesquelles le bruit du vent incantait le roulement sans fin des vagues (p. 59).
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Angharad aimait donc Shimrod, et aimait Finstern. Elle les aimait l'un et l'autre à ne plus en aimer la vie.
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Par petitefa le 05/01/2011
La verte vie des bois comptait pour moitié dans la nature d'Angharad, et ne lui avait jamais refusé le réconfort de ses bras. En marchant au sein de ce monde ligneux, elle marchait en quelque sorte au sein d'elle-même ; retraçant ses propres pas jusqu'à la source de sa vie et aux racines de son âme. Faite à dessein, embuée d'ombre, inachevée. Un être de tous les seuils, fait pour suivre les lignes droites dans un monde courbe, et à s'abjurer pour ne pas se compromettre.
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Par petitefa le 05/01/2011
Se redressant, elle lança vers le sud un regard de galet, un regard d'aigle. Le paysage alentour, sans cri, devenait assorti à la vêture de l'ancêtre. Aussi loin que portait sa vue, le blanc progressait sur les terres comme une vague.
La femme frappa le sol caillouteux d'Ecosse de la noirceur de son bâton. Il fit en la heurtant un bruit de forge ; un bruit de marteau sur l'enclume. Par trois fois la vieille porta son coup sur les chaînes du temps, et à la troisième le gel fissura la terre et le soleil recula. La porte entre les mondes s'ouvrit pour laisser entrer celui que la femme invitait à prendre son règne.
La silhouette drapée de blanc reprit sa marche, sans repos ni pitié ; et l'hiver marchait derrière elle, sous un soleil défiguré.
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Car ainsi sommes-nous, êtres de papier et d’étoffe, devant les coeurs de glace et les coeurs de nuits. Incorrigiblement épris, incertains, pleurant, amoureux des brûlures inendurables de leurs étreintes, et inféodés à leurs enchantements. Cherchant toujours, dans nos rêves aveugles d’enfants des mi-teintes et du jour, l’écho de quelque chose qui soit forgé à l’image d’élèvements indicibles ou d’effroyables chutes.
A l’image de l’Hiver, à l’image de la Nuit
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voici ta mort, pour la mort de mon fils. Dans le froid qui t'a engendrée, disparais. Ils m'auront sans doute et leur deuil, étant ce qu'ils sont, ne sera pas aussi cruel que le mien . Mais tel est mon prix, et il n'y aura pas de marchandage.
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une lumière sans ombre n'aurait pas de raison d'être, et aucun charme.
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Par Efery le 25/07/2011
Car l'on disait volontiers en ces temps, où les Chasses Sauvages parcouraient la terre, que voir la face nue de Finstern signifiait pour les humains la folie ou la mort. Telle est la beauté des Seigneurs ténébreux, forte et mortelle comme une lame qui jamais ne rentre au fourreau sans avoir versé le sang.
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"L'on dit que, de tous temps, les homes ont recherché les dons des fées, et que souvent ils ont été prêts à bien des folies pour les obtenir. Combien ont perdu plus que leur vie à rechercher les chaudrons débordant d'or des leprechauns ou la faveur fugitive d'une Dame des Sidhe ?
Oui, ceci doit savoir l'homme qui désire les dons ambigus des fées : celui qui les courtise le fait toujours à ses risques et périls."
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Par Naanou le 22/08/2011
Nous étions vraiment assortis, toi et moi. Le même fiel, la rage vaine... de cela tu m'as guéri, puisque n'ayant plus rien à garder, je n'ai plus à porter les chaînes qui en sont la contre-partie. Mais toi, Chagrin, ma chute te guérit-elle?