ISBN : 2283025222
Éditeur : Buchet-Chastel (2011)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Un jeune homme reprend conscience. Autour de lui gisent ses camarades d'infortune. L'histoire se passe de nos jours, dans un pays qui n'est pas nommé.
A quelques mètres, une voiture, une Skoda - elle aussi victime du raid aérien. A l'intérieur, un bébé respire en... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 27 décembre 2011

    PerdreUnePlume
    Livre choc, comme on en lit rarement ! Pour ma part je n'avais pas été marquée par un livre de cette façon depuis La route de McCarthy. Âme sensible s'abstenir !
    Rien de gore ou de véritablement cru pourtant mais une puissance évocatrice qui nous plonge dans une ambiance lourde (et c'est bien pire) qui reflète toute la stupidité d'une guerre et qui suinte le désespoir.
    Enfin non, pas tant le désespoir que l'absence d'espoir. Un monde où l'absurdité de l'homme a tué l'espoir, remplacé par la résignation.
    Une atmosphère assez étouffante quoique brève et entrecoupée de quelques rares moments clés, de petits répits.
    En début de roman tout d'abord quand le militaire décide sur une impulsion de prendre le bébé sous son aile, un geste d'humanité comme un phare dans la nuit qui guide à la fois le lecteur et le personnage.
    Le refuge à la ferme ensuite, où l'entraide et le partage laissent croire, oserai-je dire espérer, une rédemption, une paix inaccessible.
    Mais Sillig est rude et la guerre cruelle, il ne nous épargne rien et nous impose sa réalité à la fois violente et absurde, tout comme cette fin après laquelle on peine à reprendre son souffle...
    Un roman court mais puissant et marquant sur la guerre, ses dommages collatéraux bien souvent invisibles et sa profonde absurdité, son non-sens à l'égard de l'espoir et de l'humain qui lors d'un conflit pèsent bien peu dans la balance. Une réalité crue, posée là sans solution ni jugement. L'expression d'une souffrance anonyme et bien trop réaliste plus qu'un pessimisme...
    À lire, le cœur bien accroché.

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2011/12/27/Skoda
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 27 octobre 2011

    Seraphita
    Dans un pays en guerre, « après le coucher du soleil », gît un jeune homme, un sillon de sang sur la tête. La vie semble s'être arrêtée dans cet espace-temps flou. Pourtant, Stjepan, c'est le prénom du jeune homme, se redresse et découvre, au milieu du chaos, une voiture sur une route de terre battue. Dans celle-ci, un bébé, miraculeusement vivant parmi des morts. Stjepan l'emporte avec lui sur la route. Vers quel horizon les mènera-t-elle ?
    « Skoda » est un titre intriguant, qui interpelle le lecteur. Dans un pays en guerre, où Stjepan se réveille suite à un traumatisme qui a blessé son corps, sans doute aussi son âme, ce jeune homme de 20 ans a besoin de nommer ce qui l'entoure, peut-être pour se bâtir des repères dans ce pays en proie au chaos, à la violence, à l'absurdité. Créer de l'humain là où règne la mort, baptiser l'autre pour matérialiser la vie : dès qu'il voit le bébé, vivant parmi les morts, il le nomme. Recréer de l'humain également, là où l'humanité s'est perdue : au moment de quitter le « vilain douanier » qui l'a violenté, mais aussi, étrangement, secouru, Stjepan lui demande « comment vous vous appelez ? » (p. 41). Il obtiendra son prénom, comme une parcelle d'identité glanée dans la rencontre avec un autre qui lui rappelle « le petit père des peuples » : un clin d'œil à Staline ?
    Même si l'espace-temps n'est guère cadré dans ce roman, les thèmes abordés sont universels et rejoignent une humanité commune : l'auteur dépeint l'absurdité d'un pays en guerre dans lequel chacun cherche à survivre, à sa manière. le chaos et la violence sont rendus par des scènes parfois très réalistes et très crues, dans le choix des mots. Mais la forme même essaie de donner corps à cette violence : ainsi au moment de certains épisodes d'une rare violence, les paragraphes deviennent plus courts, l'espace entre chacun s'agrandit, donnant du souffle à la lecture : Stjepan peut ainsi se ressaisir, le lecteur également par contre coup, en témoigne le court paragraphe suivant :
    « Mais oui, ça ira, Stjepan est dur à la tâche. La vieille lui apporte du vin. Il creuse trois trous distincts ; ici la terre est meuble » (p. 80.)
    L'écriture d'Olivier Sillig est tout en retenue, en pudeur : malgré des rencontres qui le font souffrir, Stjepan avance, poursuit la route et le lecteur se demande constamment vers quel horizon elle le mènera, en compagnie du bébé, même si déjà, il pressent la conclusion qui avance.
    Avec la guerre, l'auteur explore la question du sexe comme pulsion dont Stjepan est la cible au gré de ses rencontres. le lecteur s'attache à ce jeune homme qui chemine au long d'une route dont le début lui a offert un bébé. L'auteur montre, dans le choix de ses expressions, toute la tendresse que manifeste Stjepan pour le bébé. Une belle expression poétique montre ainsi la précaution que lui témoigne le jeune homme : « Quand il prend l'enfant dans ses bras, il le fait comme si c'était une clochette que, par jeu, il ne fallait pas laisser sonner » (p. 22-23). Mais en même temps, et c'est ce qui à mon sens rend Stjepan encore plus attachant parce qu'humain, il reste ambivalent à l'égard du bébé : à son contact, il ressent toute la fragilité de ce petit être, si vulnérable dans ses mains : « Il pourrait aussi l'attraper par le cou et l'envoyer s'écraser contre les rochers, comme on le fait avec les chatons des portées trop nombreuses » (p. 92). Il ressent ce pouvoir qu'il détient sur ce petit bout d'homme.
    Dans ce court roman, le lait est présent, à la manière d'une parenthèse, au début et à la fin de la route, à l'image d'un élément nourricier, porteur de vie et d'espoir. le terme du chemin se dessine, peut-être de manière trop prévisible à mon goût. Un court roman, empli du souffle que laisse l'espace, entre brise paisible et ouragan dévastateur.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par doyoulikefrogs, le 05 octobre 2011

    doyoulikefrogs
    C'est un livre très court, une centaine de page, pour raconter un récit d'une violence presque désespérante! Je ne suis pas fan de ce livre, je ne suis pas fan du concept, même si l'écriture est efficace, rapide, avec un sens du rythme, du suspens, une musicalité approximative cependant (la fanfare, les cigales, les chansons pour enfant...) c'est un livre ovni, un peu tombé là par hasard, comme les personnages de ce livre.
    L'histoire se déroule pendant la guerre, le lieu n'est pas bien définit, la géographie n'a pas de limite, et même le personnage central se dit nul en géographie. Tout commence après le coucher du soleil et le bruit des cigales qui couvre tout le livre, comme une musique incessante à la fois rassurante, à la fois angoissante.
    La guerre est terrible, l'humain encore plus puisqu'il en est l'auteur. Stjepan, le personnage principal était militaire, jusqu'à ce qu'il y ait l'accident qui va changer sa vie. Mais dans quel sens cela va-t-il changer sa vie, on se le demande?
    Stjepan n'a aucun sentiment au départ, un peu décrit comme un personnage de Camus (L'Etranger), impartial, personnage absurde qui ne réagit pas à la mort, jusqu'à ce qu'il décide de prendre en charge un bébé. Un bébé qu'il nommera Skoda du nom de la voiture où il trouvera.
    Avec Skoda il traverse un bout de la région, fait trois rencontres, toutes très violentes, confronté à l'absurdité de ces situations, Stjepan réagit assez passivement, suit les ordres, mais continue de protéger Skoda plutôt que de sauver son honneur.
    Les scènes violentes, le douanier et son agression sexuel, fait pour la première fois ressentir quelque chose à Stjepan: il pleurt d'avoir été violé. Mais c'était un marché, du sexe contre une nouvelle identité, ça y est, Stjepan n'est plus soldat. Il ne veut plus lutter que pour Skoda.
    Les scènes avec la vieille paysanne et sa famille sont aussi extrêmement dures pour Stjepan qui ne se montre pas fragile, mais trop docile, tout pour sauver Skoda, et avoir du lait.
    La dernière rencontre sera la dernière dans le sens littéral et figuré. Stjepan se retrouve en possession de beaucoup de lait, ironique, il revient à la civilité, en ville, mais la ville est en guerre, et il n'en réchappera pas... il aura protégé Skoda et Skoda devra survivre car c'est le point culminant de l'histoire, dans l'absurdité de la vie, autant que la mort, il y a quelques bonheurs, ce sont des petits coups de chance par ci par là...
    "La vie continue" dit SILLIG l'auteur, c'est vrai, c'est le bilan d'une vie après la guerre (toutes les sortes de guerres).
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par faurelix, le 02 novembre 2011

    faurelix
    Voilà un court roman mais qui est loin de laisser indifférent. Nous sommes, dès les premières pages, plongés dans l'histoire. Et quelle histoire !
    Elle commence brutalement avec le réveil de Stjepan. Autour de lui gisent ses compagnons, morts. le pays est en guerre. Nous ne savons pas de quelle guerre il s'agit, ni à quel endroit nous sommes mais peu importe.
    Après avoir recouvré ses esprits, Stjepan découvre une voiture, une Skoda. A l'intérieur, tous les occupants semblent également morts. Mais en y regardant de plus près, Stjepan découvre un nourrisson endormi. Que faire ?
    Très rapidement, Stjepan décide de le prendre sous son aile, de s'en occuper même si, à peine vingt ans, il ne connaît rien aux tout-petits. Ce n'est pas grave. Ce bébé qu'il nomme Skoda, en référence à la voiture dans laquelle il l'a découvert, sera son hirondelle. Ce sera peut-être la seule sauvée mais il fera tout pour qu'ils s'en sortent tous les deux.
    Commence donc une longue marche, ponctuée de rencontres plus ou moins heureuses mais toujours vécues intensément. Malgré les épreuves, Stjepan continue sa route, motivé par la survie de ce nourrisson.
    Ce qui fait merveille dans ce roman, c'est la force d'écriture. le style est très simple, l'écriture tout en retenue et malgré ça, tout est dit. L'émotion est là, palpable tout au long du livre.
    On sent d'emblée le lien qui se tisse entre ces deux compagnons de route. Et c'est très touchant de voir l'attachement que Stjepan va porter à Skoda, la force qu'il va tirer de ce petit être pour avancer dans la vie.
    Une belle histoire de vie dans ce roman, qu'on referme ému.
    Un grand merci à Babelio et aux éditions Buchet-Chastel pour m'avoir fait vivre cette belle lecture !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 20 septembre 2011

    yv1
    Tout petit roman, presque une nouvelle qui se lit vite, sans s'arrêter. L'histoire est tellement prenante que l'on ne peut passer à autre chose avant de l'avoir finie. Alternant des scènes tendres, douces et d'autres d'une violence extrême, ce livre a beaucoup de force. C'est une tranche de vie pas banale d'un jeune homme sans histoire qui n'a pas demandé à être soldat. Cela se passe aujourd'hui dans un pays pas nommé, mais avec quelques indices, on peut penser à un pays de l'ex-Union Soviétique.
    Une opposition totale entre la beauté du geste de Stjepan, entre la relation qu'il noue avec Skoda, lui le jeune homme qui n'a jamais tenu un bébé dans ses bras et la brutalité, la fureur et la sauvagerie de la guerre. La bêtise de hommes-combattants contre l'ingénuité et l'innocence du duo improbable.
    Stjepan, au cours de son voyage fera des rencontres, dont il retirera toujours quelque chose, même si elles sont douloureuses. Il marche, n'arrête que pour monter dans un camion, ou tout autre véhicule.
    Les femmes sont, comme toujours dans les conflits, celles qui font vivre le pays, celles qui résistent, celles qui permettent à la vie de continuer, qui éduquent, qui élèvent et qui se battent parfois littéralement pour vivre et faire vivre.
    Histoire simple de gens simples dans un monde qui ne l'est pas. Stjepan, tout jeunot qu'il est se pose des questions sur ses capacités à s'occuper de Skoda, a lui aussi des accès de violence, des pensées sur le pouvoir : "Skoda dort profondément. Stjepan s'immobilise. Il prend l'enfant rien que dans une main et l'élève à la hauteur de sa tête. Il pourrait aussi l'attraper par le cou et l'envoyer s'écraser contre les rochers, comme on le fait avec les chatons des portées trop nombreuses. Il pense ça juste parce que c'est un pouvoir trop absolu pour lui, exagéré, absurde." (p.92)
    Attention, c'est tout simplement un bijou, une pépite de la rentrée littéraire. Impossible de passer à côté, d'autant plus qu'il n'a que 95 pages qui vous scotcheront, vous feront verser une -ou plusieurs- larmes, vous étonneront, vous attendriront, vous révulseront, vous choqueront. Tout cela à la fois sans doute.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par oops, le 22 mai 2012

    Ce n'est pas le temps qui crée les liens, ce sont les évènements.
    Citation de qualité ? (14 votes positifs)
  • Par yv1, le 20 septembre 2011

    Le paysage défile, ça ne se voit presque pas parce qu'il se répète continuellement, recommence sans cesse. C'est comme si Stjepan était un hamster faisant tourner un décor de théâtre vertical : la première colline qui sort derrière lui devenant alors la plus éloignée devant lui. (p.17/18)
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Aifelle, le 16 septembre 2011

    "Ensemble. Stjepan ignore comment, mais ils resteront ensemble jusqu'à ce que Skoda ait l'âge de Stjepan - maintenant, là, il sent qu'il n'est plus un gamin, que pour lui tout çà c'est terminé. Jusqu'à ce que Skoda ait son âge. Dans un monde qui sera peut-être un peu moins fou.
    Tu verras, petite hirondelle".

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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par doyoulikefrogs, le 05 octobre 2011

    Les cigales, on les entend tout le temps mais c'est rare qu'on les croise. On les côtoie sans les connaître, comme beaucoup de gens ou de groupes de gens, même proches.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Seraphita, le 27 octobre 2011

    Quand il prend l’enfant dans ses bras, il le fait comme si c’était une clochette que, par jeu, il ne fallait pas laisser sonner.
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