ISBN : 2290332887
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d'une vil... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par TwiTwi, le 03 février 2010

    TwiTwi
    Le roman de Silverberg nous conte l'histoire d'un homme dans un labyrinthe. Jusqu'ici rien d'étonnant me direz-vous, vu le titre. Sauf qu'un labyrinthe ça n'a a priori rien d'engageant. Et celui-là encore moins : il est mortellement dangereux. Il se trouve aussi que l'homme qui se cache dans ce labyrinthe est recherché par d'autres hommes, qui ont absolument besoin de lui. Pourquoi se planque t-il dans cet univers totalement inhospitalier ? En quoi est-il indispensable ? Comment faire pour le faire sortir de ce labyrinthe ?
    L'homme dans le labyrinthe est une transposition quasi littérale de la tragédie de Sophocle, Philoctète avec Muller dans le rôle de Philoctète, Rawlins dans celui de Néoptolème et Boardman dans celui d'Ulysse. C'est diablement intéressant et je m'en veux de ne pas avoir fait ma recherche web traditionnelle avant d'avoir fini le livre. Certes, ça spolie complètement la fin de l'histoire, mais quel regard passionnant sur le livre ! Non pas que le procédé soit des plus originaux mais il est le plus souvent très efficace pour montrer l'intemporalité des thèmes et des sentiments humains. C'est plutôt réussi avec ce Silverberg.
    J'ai très fort accroché au début du livre : la mise en place de l'intrigue, le suspens savamment distillé, les flash-back pour comprendre comment Muller - L'homme dans le labyrinthe- en est arrivé là. le suspens retombe malheureusement un peu en cours de lecture. A mon sens le livre aurait pu être davantage épuré..
    Silverberg nous met devant certaines questions en nous présentant une vision du future pas abracadabrante du tout. Ainsi il évoquera l'emprise de la jeunesse et de la beauté, un thème ma foi bien d'actualité. Il évoquera aussi la dominance de l'être humain et des droits de ce dernier sur les êtres intellectuellement inférieurs qui l'entourent. Ou encore un thème qui me plait bien, aussi fort d'actualité, celui de l'Hybris, ou la démesure. L'Hybris est un concept de la Grèce antique qui est une forme d'orgueil qui pousse l'homme à vouloir surpasser les dieux ; la notion de limite, de modération est oubliée au profit de l'excès, de la puissance, de la richesse. Seulement, l'Hybris est un crime qui mérite châtiment :
    Vous lisez les poètes ? Éperonné par sa renommée. La dernière infirmité d'un cœur noble. C'est de Milton. Et savez-vous ce que disaient les Grecs anciens ? Quand un homme veut dépasser sa condition les dieux se chargent de le broyer. Cela s'appelle Hybris. J'en parle en connaissance de cause. [...] Vous voyez la vérité a éclaté. Je n'étais pas un dieu. Seulement un pauvre homme mortel qui avait subi des désillusions à propos de sa déité. Les dieux véritables ont compris qu'il fallait que j'apprenne ma leçon jusqu'au bout. Ils ont décidé qu'il faudrait que je me souvienne toujours de la bête misérable cachée sous la couche d'épiderme. Surtout, ne jamais oublier l'animal sous la dépouille humaine.
    A côté de ça, il y a un truc que je juge complètement dispensable dans ce roman. C'est érotisme à 2euros 40 qui le ponctue. Ça vient comme un cheveu dans la soupe, montre une image de la femme plutôt craignos (c'est simple, les rares qu'on voit dans le livre sont toujours à poil) et en plus c'est d'un style plus que douteux. Comparer le dialogue suivant avec l'extrait précédent :
    - Dis-moi ce qui ne va pas, Marta.
    - Je ne sais pas.
    - Tu agis comme si tu étais malade.
    - Je crois que je le suis
    - Depuis quand ? Quand cela a-t-il commencé ?
    - Je ... Oh, Dick, pourquoi me poser toutes ces questions ? S'il te plaît aime moi. Viens. Viens me faire l'amour.
    C'est à se demander si c'est la même personne qui a écrit les deux passages. Je n'arrive vraiment pas à voir quel rôle primordial l'érotisme et ce genre de dialogue gnangnan peut avoir sur l'intrigue. Il paraitrait que c'est typique de la SF de l'époque. C'est vrai que c'est le temps de la libération sexuelle et tout et tout. Mais n'empêche ...
    A noter en passant que la traduction n'est pas toujours des plus heureuses. S'il en existe une autre, je vous conseillerais d'éviter celle de Rivelin.
    En résumé : un livre intéressant à lire surtout si vous aimez vous poser des questions sur le destin de l'homme et sa place en ce bas monde. Non dénué de défauts, mais il vaut la peine d'être lu.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2010/02/lhomme-dans-le-labyri..
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    • Livres 4.00/5
    Par julien_le_naufrage, le 25 septembre 2010

    julien_le_naufrage
    Bon parlons un peu de l'oeuvre de ce cher monsieur Robert Silverberg. Un auteur qui fut fort prolifique, et qui inévitablement a pu écrire des textes meilleurs que d'autres. Cela dit "L'homme dans le labyrinthe" est classé dans ses meilleures oeuvres, ou du moins de celles qui l'ont fait connaître. Il est également connu pour un livre excellent qui est "Les Monades urbaines" et que je vous recommande chaudement. Il semble que "La tour de verre" soit peut-être l'un de ses chefs-d'oeuvres. Comme le "Livre des morts". Il ne me reste donc plus qu'à me trouver ces livres et à les lire. Oh, et n'oublions pas "Les Ailes de la nuit" qui reste un titre très connu également, mais dont je ne me souviens plus trop hélas...
    "L'homme dans le labyrinthe" est finalement construit sur une histoire assez simple. Muller est un homme hors du commun. Un homme qui a réalisé de grandes choses et atteints des sommets que personne ne peut atteindre. Un homme qui pour sauver l'humanité a perdu sa propre humanité. Malheur touchant son intégrité pour toucher sa vanité.
    Mais voilà qu'un jour l'humanité a de nouveau besoin de lui : il faut à nouveau sauver les hommes! Cependant Muller a décidé de s'isoler au fin fond du labyrinthe de Lemnos. Son infirmité le poussant à la misanthropie extrème le poussa à s'exhiler là ou personne ne le trouverait plus. Hélas, c'était sans compter sur le savoir-faire quasi machiavélique de son ex-ami Boardman. Celui-ci accompagné du jeune Rawlins décide de traverser la labyrinthe pour convaincre noutre sauveur de venir à la rescousse de l'humanité une fois de plus.
    Bon, lu comme ça. Rien de bien intéressant, je l'avoue. L'histoire du sauveur de l'humanité, c'est du déjà vu. On nous la fait assez souvent au cinéma US. Sauf que Silverberg ne fait pas juste une chistoire pour nous divertir. Il a décidé à travers cette oeuvre de nous donner sa version du mythe de Philoctète. Thème également présenté et défendu ici dans le forum d'actuSF. Cependant, d'après Jacques Goimard et son célèbre "Critique de la Science-Fiction", Silverberg ne se limiterait pas à juste nous une version space-opera du mythe. Mais une adaptation avec quelques petites retouches où transparaîtraient les avis de l'auteur. Il semble assez connu, actuellement, que le bonhomme avait de manière générale beaucoup d'intérêt pour les mythes et Légendes.
    La trame narrative est bien construite. Il cultive également une certaine légèreté d'écriture, évitant de tomber dans des descriptions inutiles. On a par exemple pas de détails sur les voyages spatiaux, rien de technique sur l'utilisation des robots, etc. Silverberg aime également à jouer de la pédale de frein laissant l'histoire trainer pour mieux captiver le lecteur, jouant sur la tension et le suspens en distillant lentement et judicieusement les détails et informations relatives aux personnages clés de l'histoire. Il joue certes bien de ce frein, mais peut-être à excès. Il arrive un moment ou l'on se dit qu'il aurait pu raccourcir certains chapitres, voir les inclurent en raccourcis dans d'autres. Chapitres que l'on compte d'ailleurs au nombre de 13, symbole supplémentaire de la malchance touchant l'orgueil de Muller? Hybris es-tu là?
    J'ai également aimé la fin du livre, qui certes termine un peu vite, mais laisse une certaine liberté d'interprétation. Encore que si a fin semble heureuse elle ne me semble pas moins teintée d'ironie. (Je ne dirai rien de plus pour ne pas vous gacher le livre hein!)
    ...

    Lien : http://naufragesvolontaires.blogspot.com/2010/02/lecture-effectuee-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par fnitter, le 01 février 2012

    fnitter
    Sans être le chef d'oeuvre décrit par les autres lecteurs dans leur critique, un livre qui se lit sans désintérêt.
    On sent dans la lecture que le roman a été écrit en 1969. Sans avoir mal vieilli, on peut dire qu'il a pris un petit coup de vieux.
    J'ai bien aimé le fonctionnement du labyrinthe qui m'a immédiatement fait penser au Cube
    Parfois un peu lent, on suit malgré tout avec plaisir la progression de l'équipe dans le labyrinthe et tous ses pièges.
    Les manoeuvres pour convaincre Muller de revenir à la civilisation et le motif de sa retraite à découvrir ajoutent une touche de suspense au livre.
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 26 novembre 2010

    maltese
    Un homme, Muller, s'est retranché depuis neuf ans dans l'étrange labyrinthe de Lemnos, parsemé de pièges mortels, et qu'il connaît désormais au mieux. Pourtant tous ceux qui l'ont précédé ou qui ont voulu le rejoindre sont morts.
    Mais aujourd'hui la Terre a besoin de Muller et Ned Rawlins est chargé de le trouver et de le convaincre de venir aider sa planète natale qui l'avait jadis rejeté.
    Un formidable roman de science-fiction qui met en scène un personnage frappé d'une curieuse tare, qui s'avérera bien utile pour sauver la Terre d'étranges créatures.
    Avec peu de moyens, Silverberg parvient à fasciner son lecteur, à l'envoûter véritablement.
    Il y a tout d'abord cette histoire de labyrinthe laissé là par une race extra-terrestre disparue, puis cette mission qui sera donné à Muller, un héros solitaire par la force des choses et dont le labyrinthe serait l'image concrétisée de son dédale intérieur.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gusseuh, le 27 mars 2010

    Gusseuh
    Quand Silverberg s'attaque à la solitude, à la différence, cela donne L'homme dans le labyrinthe... Ou comment un homme, ambassadeur émérite de la Terre, se retrouve modifié sans le savoir par les extraterrestres qu'il a rencontré, et devient proprement insupportable pour ses semblables...
    Les thèmes majeurs abordés ici, outre les sus-cités, sont l'ingratitude, le sacrifice, le cynisme, et l'incapacité de l'homme à conserver son empathie lorsque cela devient trop difficile à supporter.
    Une fable pessimiste et poétique, qui fait clairement partie des grandes œuvres de l'auteur. Incontournable.
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Citations et extraits

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  • Par TwiTwi, le 27 janvier 2010

    Vous voyez la vérité a éclaté. Je n'étais pas un dieu. Seulement un pauvre homme mortel qui avait subi des désillusions à propos de sa déité. Les dieux véritables ont compris qu'il fallait que j'apprenne ma leçon jusqu'au bout. Ils ont décidé qu'il faudrait que je me souvienne toujours de la bête misérable cachée sous la couche d'épiderme. Surtout, ne jamais oublier l'animal sous la dépouille humaine.
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  • Par TwiTwi, le 27 janvier 2010

    Vous lisez les poètes ? Éperonné par sa renommée. La dernière infirmité d'un cœur noble. C'est de Milton. Et savez-vous ce que disaient les Grecs anciens ? Quand un homme veut dépasser sa condition les dieux se chargent de le broyer. Cela s'appelle Hybris. J'en parle en connaissance de cause.
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  • Par TwiTwi, le 27 janvier 2010

    Juste assez pour apprendre que pas un seul être humain ne pouvait s'approcher de moi sans devenir vert. J'ai commencé par me prendre en pitié, puis je me suis répugné moi-même, ce qui est à peu près la même chose. Je désirais me tuer pour éviter au monde d'avoir à renifler sa propre saleté.
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  • Par TwiTwi, le 03 février 2010

    Les impôts, l'âge, les voyages et la gravité étaient des aspects permanents de la condition humaine, bien que les progrès de la science moderne en eussent considérablement diminué les désagréments.
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