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ISBN : 2253143170
Éditeur : Le Livre de Poche (2005)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 15 notes)
Résumé :

Ses camarades de classe le surnommaient le petit saint. Si on le battait, il ne ripostait pas et refusait de désigner le coupable. Il ne paraissait pas malheureux et se contentait d'observer les choses et les gens. A la maison, dans la promiscuité et la misère de la rue Mouffetard, il aidait sa mère, marchande de quatre-saisons, et la suivait, émerveillé, sur le carreau des Halles.

Plus tard, devenu l'un des peintres les plus célèbres de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Corboland78
Corboland7807 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Georges Simenon est un écrivain belge francophone (1903-1989). L'abondance et le succès de ses romans policiers (notamment les « Maigret ») éclipsent en partie le reste d'une oeuvre beaucoup plus riche. Simenon est en effet un romancier d'une fécondité exceptionnelle, on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs oeuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom et 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes.
Le Petit Saint, roman paru en 1965, est une biographie fictive d'un peintre, Louis Cuchas, qui s'étend des dernières années du XIXème siècle à l'aube des années soixante, de la pauvreté de son enfance au succès de l'âge mûr.
Gabrielle, la mère, marchande de quatre-saisons, élève seule ses enfants issus de différents pères envolés. Quand le roman s'ouvre, Vladimir, l'aîné a douze ans, Alice neuf, les jumeaux deux ans de moins, Louis a quatre ans et il y a encore Emilie, bébé de six mois. Tout ce petit monde vit entassé dans une grande pièce, séparée en deux par un rideau, rue Mouffetard, quartier populeux de Paris. Les amants défilent dans le lit de la mère, Vladimir impose des rapports sexuels incestueux à Alice, les jumeaux traînassent à droite et à gauche, Emilie manque être violée par un amant de sa mère, le bébé vagit dans son berceau et au coeur de cette misère, il y a Louis. Un petit garçon introverti, calme et posé, gentil par nature, au point de ne jamais se rebiffer à l'école contre ceux qui le tabassent par jeu ou lui volent ses billes et ont fini par le surnommer « le petit saint ». Peu bavard, il observe, il écoute, emmagasine des images mentalement et avec le temps celles-ci vont chercher à ressurgir, le poussant inexorablement vers l'unique passion de sa vie, sa raison de vivre, la peinture.
Quel magnifique roman, d'ailleurs Simenon le tenait lui-même en haute estime et fût assez déçu par son tiède accueil public et critique à l'époque. Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui, mais moi j'ai adoré car il ne manque pas d'atouts pour me plaire. Atouts personnels, ce Paris du début du XXème siècle en pleine mutation, n'est guère éloigné de ce que j'ai connu enfant dans les années cinquante, les marchandes des quatre-saisons de la rue Mouffetard du roman sont celles que j'ai connues rue Cadet, les Halles où Gabrielle se ravitaille, je les ai vues mourir au milieu des années soixante et ce quartier m'est très familier… Atouts littéraires, ces décors ne peuvent qu'évoquer le Zola du Ventre de Paris
Alors que tout se prêterait à un roman très noir, pauvreté, promiscuité avec son cortège de délinquance et misère sexuelle, Simenon estompe ces horreurs pour en tirer un récit d'une grande beauté, où l'amour existe néanmoins, non conventionnel, comme ces petites fleurs qu'on voit parfois poindre entre les pavés. Gabrielle n'est pas une dépravée, une simple femme en quête d'amour, dur à la tâche pour élever sa marmaille, aimant profondément ses enfants et ceux-ci, finalement et à leur manière, le lui rendent. Il y a des passages superbes, comme celui où Gabrielle propose à Louis, encore enfant, de sortir avec elle « Tu veux que je m'habille ? Il n'osait répondre ni oui ni non. Elle s'habilla avec autant de soin que pour ses sorties amoureuses, mit le même parfum à base d'oeillet, la poudre rosée, du rouge sur ses lèvres. « Tu ne me trouves pas trop vieille ? - Oh ! non », s'écria-t-il avec ferveur. »
Quant à Louis, sorte de doux rêveur, il traversera son époque riche en évènements sans jamais se plaindre, la Grande Guerre, l'arrivée de l'électricité, la construction du métro…, en témoin muet, éloigné des contingences de la vie (l'argent, les femmes…), mais animé d'une volonté farouche pour son art. Un regard optimiste sur les milieux défavorisés, oui, il y a toujours moyen de s'en sortir.
Un excellent roman, qui plus est pas bien long !
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Alya-Dyn
Alya-Dyn17 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Ce roman contraste singulièrement avec le reste de l'oeuvre de Simenon. Ici pas de crime, d'enquête ou d'atmosphère sombre, mais au contraire le récit lumineux de la vie d'un homme simple, serein, sage, très différent des autres personnages de l'écrivain. Au sein de la colossale production littéraire de Simenon (plus de 200 romans, 155 nouvelles et 25 textes autobiographiques) le Petit Saint constitue un îlot d'optimisme. Louis Cuchas, le héros, grandit rue Mouffetard avec sa mère, marchande des quatre-saisons, et ses frères et soeurs. Pas de père unique pour cette tribu qui déroule une vie ordinaire dans un quartier pauvre de Paris au début du siècle. C'est dans la promiscuité d'un petit appartement dortoir où vivent les six enfants, la mère et ses amants de passage, que grandit Louis, enfant curieux, docile et rêveur qui se différencie de ses frères, bagarreurs et rebelles. À l'école aussi il se distingue, par ses attitudes et ses talents.
La douce singularité de Louis pousse les autres à le railler et le bousculer. Il ne réagit pas à ces brimades : c'est ce qui lui vaut son surnom de « petit saint » qu'il gardera toujours. Premier de la classe, à la grande surprise de sa mère, il se distingue aussi dans sa famille. Un matin, il demande à Gabrielle de l'accompagner aux Halles, avant d'aller à l'école. Ainsi commence la trajectoire singulière de sa vie, entre les fruits et les légumes et la peinture qui va progressivement s'imposer à lui.
À travers Louis Cuchas, Simenon se dévoile. Il aimait beaucoup la peinture et, comme nous l'explique Pierre Assouline, dans le volumineux ouvrage qu'il a consacré à Simenon, Louis Cuchas emprunte aux personnalités de Chagall, Zadkine et Lorjou.
La force du style de Simenon vient de sa simplicité. En quelques mots, il suggère une atmosphère, un personnage, une situation. À la manière d'un peintre, par petites touches successives, ce grand auteur créait des mondes où l'on s'immerge encore sans aucune difficulté. Les tableaux, sous sa plume, s'animent, réveillant les images du passé. Les Halles de Paris, disparues aujourd'hui, renaissent avec les mots de Simenon, tout comme ces cartes postales jaunies où posaient fièrement les humbles acteurs de la vie d'antan.
Lien : http://www.bibnblog.fr/?p=10..
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jimpee
jimpee12 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
...Certes, le monde décrit par Simenon est un peu glauque : à part la mère et Louis, la famille ne vaut pas grand choses, même Alice les abandonnent à sa façon. La mère est un personnage attachant, nature, qui tente de prendre la vie du bon côté. Toutefois, c'est tout un monde qui est superbement décrit : la rue Mouffetard qui est une rue populeuse avec son marché, ses commerçants, ses artisans et ses bourgeois ; les Halles et l'émerveillement de Louis quand il y va pour la première fois ; l'arrivée du gaz dans la chambre.... le petit saint est un grand roman naturaliste.
Lien : http://jimpee.free.fr/index...
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
Corboland78Corboland7807 janvier 2016
Curieusement, c’était au gaz qu’il en voulait. Il lui semblait que, depuis qu’on avait installé cette lumière blanche et dure dans les deux pièces, leur vie avait changé et qu’une partie de leur intimité, de la chaleur du terrier, s’était dissipée. Même le dieu-poêle, trop éclairé, n’avait plus son aspect d’animal débonnaire et c’est à peine si on distinguait le scintillement des cendres qui tombaient de temps en temps en pluie fine à travers la grille. Est-ce cela qui le rapprocha de sa mère, le poussa à aller plus souvent aux Halles avec elle, à passer un moment près de sa charrette quand il sortait de l’école ? Pendant les années qui suivirent, il y eut, entre eux, des liens qui n’existaient pas auparavant.
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Alya-DynAlya-Dyn17 mars 2016
Il avait repéré le magasin, dans le bas de la rue de Richelieu, non loin de la Bibliothèque nationale. C’était une papeterie importante, à deux vitrines, occupant dix employés rien que dans le magasin, et dont un rayon entier était réservé aux peintures pour artistes. […]
– Qu’est-ce que vous désirez, jeune homme ?
À cause de sa taille, tout le monde lui donnait moins que son âge et les gens prenaient avec lui un air protecteur, presque attendri.
– Je voudrais des couleurs, monsieur.
– Des crayons de couleur ?
– Non. J’en ai déjà. […]
– De l’aquarelle ? De la gouache ?
– Je ne sais pas.
Il osait à peine exprimer son désir, craignant qu’on ne se moque de lui.
– Les couleurs les plus brillantes.
Et, après une hésitation, un coup d’œil furtif aux merveilles que contenaient les rayons, il ajouta :
– Des couleurs pures.
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Poulpe40Poulpe4002 décembre 2013
Il avait entre quatre et cinq ans lorsque le monde commença à vivre autour de lui, lorsqu'il prit conscience d'une vraie scène se jouant entre des êtres humains qu'il était capable de distinguer les uns des autres, de situer dans l'espace, dans un décor déterminé. Il n'aurait pas pu préciser, plus tard, si c'était en été ou en hiver, bien qu'il eût déjà le sens des saisons. Probablement en automne, car une légère buée ternissait la fenêtre sans rideau et la lumière du bec de gaz d'en face, seule à éclairer la chambre, jaunâtre, semblait humide.
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Alya-DynAlya-Dyn17 mars 2016
Pour lui, c’étaient les arbres de la cour qui marquaient le cours du temps. Les troncs devenaient moins noirs, paraissaient moins rugueux ; puis des bourgeons durs apparaissaient à l’extrémité des branches. Les moineaux piaillaient davantage et on apercevait bientôt d’autres oiseaux inconnus.
– Que faites-vous, Cuchas ?
L’habitude était prise de prononcer son nom avec une emphase qui le rendait comique.
– Je regarde.
– Puis-je vous demander ce que vous regardez avec autant d’attention ?
– Le nuage.
Un nuage léger, blanc et rose, qui restait suspendu, juste au-dessus d’un des marronniers, dans le ciel bleu pâle.
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Videos de Georges Simenon (105) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Simenon
Découvrez la bande-annonce de Josephine Baker par Catel et Bocquet !
Entre glamour et humanisme, la vie tumultueuse de la première star mondiale noire.
En librairie le 7 septembre 2016.
Joséphie Baker a 20 ans quand elle débarque à Pris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l'idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s'impose comme la première star noire à l'échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d'Alexandrie à Londres.
Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l'exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d'origines différentes, la tribu arc-en-ciel.
Elle chantera l'amour et la liberté jusqu'à son dernier souffle.
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