ISBN : 2221114000
Éditeur : Robert Laffont (2011)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l'Express déraille. Tous les wagons de première classe s'écrasent en contre... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 08 janvier 2012

    sentinelle
    Dan Simmons prend le risque de dérouter son lectorat fidèle tant ce récit se singularise de ses autres romans : faisant souvent la part belle au fantastique, à l'horreur et au polar, l'auteur semble bien suivre cette direction coutumière dans les cent cinquante premières pages du roman mais ce n'est que pour mieux ensuite relâcher l'intrigue afin de plonger tête la première dans le roman psychologique pur jus. Biographie romancée des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens à travers le regard embrumé de l'opiomane Wilkie Collins, qui surnomme son mentor non sans humour teinté de sarcasme l'Inimitable, c'est avec étonnement que nous suivons les relations ambigües de ces deux hommes tour à tour jaloux, envieux, admiratifs, aimants, haineux ou manipulateurs.
    La surprise fut de taille en ce qui me concerne, ne m'attendant pas du tout à cette tournure au cours du récit. Il n'empêche que la balade fut intéressante, tant Dan Simmons reste tout de même Dan Simmons : horreur des bas-fonds londoniens, prisme déformant de la réalité à travers les yeux du narrateur (Wilkie Collins) drogué au laudanum, folies hallucinatoires, autodestructions et aliénations diverses, manipulations mentales et pouvoir de suggestion. Et même si on sent que l'auteur s'est énormément documenté sur cette époque, il arrive à donner à ces personnages une telle épaisseur qu'on a l'impression à la fin du roman de les avoir réellement côtoyés.
    Drood n'évite malheureusement pas certaines longueurs dues à de multiples détails et répétitions qui alourdissent le récit.
    Les amateurs de C. Dickens et de W. Collins se délecteront à coup sûr, les autres peut-être aussi, sachant qu'il s'agit avant tout d'un roman plus psychologique que terrifique. Un roman qui prend du temps et qui prend son temps, mais j'y ai trouvé mon compte au final, même si l'auteur m'a prise au dépourvu tant je m'attendais initialement à autre chose. Avec cette impression d'avoir finalement été manipulée à mon tour, mais non sans consentement tacite ;-)
    A noter qu'il ne faut pas avoir lu les romans de C. Dickens et de W. Collins pour suivre la trame du récit : on loupe certainement quelques références et mises en correspondance sans pour autant que cela nuise à la compréhension de l'ensemble du roman.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 02 novembre 2011

    EMOTION
    Livre furieux, tumultueux, tendre et violent, livre indispensable pour tous les amoureux de la littérature. Pas seulement pour les connaisseurs de Dickens ou de Wilkie Collins ( dois-je avouer que je pensais jusqu'alors que Wilkie Collins était une femme, encore plus à la lecture de certains de ses romans !) même si cela peut renforcer la puissance de cet ouvrage, mais pour tous les lecteurs qui attendent d'une oeuvre un mystère, une aventure, un style de très haute qualité. Ces 866 pages ont un narrateur, l'écrivain W Collins, qui nous entretient des mystères de Londres, des cinq dernières années de la vie de Charles Dickens, de la création littéraire, de ses jalousies et de ses haines entre écrivains mais aussi de leur admiration réciproque. Quel merveilleux narrateur que ce W Collins, écrivain opiomane qui navigue souvent dans les espaces les plus sombres de l'âme humaine ! Ce livre se déroule dans un climat gothique où règne l'ombre de ce mystérieux personnage qui se nomme Drood. Est-il une création de Dickens ou un esprit foncièrement malfaisant qui a recours aux rites de l'ancienne Égypte pour instituer sa domination sur les êtres ? Cathédrales mystérieuses, assassinats,cryptes reliées par des couloirs infinis, magnétisme, peuple vivant dans les sous-sols de Londres, cet ensemble participe à la création d'un livre unique et tellement éloigné du nombrilisme de certains romanciers .
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par Lostinmypal, le 31 mars 2012

    Lostinmypal
    PREALABLE : bien que ce livre soit classé dans mes livres « lus », je n'en ai lu « que » le premier quart mais je n'ai pas trouvé d'option plus adéquate si ce n'est rajouter une étiquette « abandon ».
    PREALABLE bis : je ne lis pas le genre de livres qu'écrit Dan Simmons en général. Je me suis intéressée à celui-ci uniquement pour la référence à Dickens.
    Certes, je n'ai lu que le premier quart, soit plus de 200 pages et pourtant je me permets de donner mon avis. La raison en est simple. Même si dès les premières lignes, j'ai compris que ce livre et moi n'étions pas très bien partis pour nous entendre, notamment parce que le style est épouvantable, j'avais très envie de découvrir cette histoire. J'étais résolue à faire abstraction de mon peu de goût pour Wilkie Collins et, très sincèrement, je crois y être arrivée. Chaque fois que Collins m'a agacée, je l'ai mis sur le compte de l'auteur puisqu'il a choisi l'ami et rival de Dickens comme narrateur.
    Néanmoins, il n'est pas nécessaire de lire l'entièreté du roman pour relever qu'il souffre de certains défauts (outre son style) et je commencerai par le plus énorme, celui qui m'a fait refermer le livre d'un claquement énervé en plein milieu d'un chapitre : le spoiler ! Ce livre étant basé sur l'œuvre de Dickens (et de Collins, mais comme je ne compte pas m'y pencher plus que nécessaire, cela me gêne moins), la moindre des choses aurait été de prévenir le lecteur que ce roman va raconter des parties d'œuvres dickensiennes (voire la fin, au moins partielle, de « La maison d'Apre-Vent » !!!!!) et donc permettre au lecteur de choisir s'il est prêt à passer outre, soit parce qu'il a lu tout Dickens, soit parce qu'il ne compte pas lire Dickens. Etant donné le titre du livre, j'avais pris garde de lire auparavant « le mystère d'Edwin Drood ». Je ne pensais pas qu'il fallait avoir lu tout Dickens pour autant ! Il est d'ailleurs intéressant d'avoir lu « Edwin Drood » car Dan Simmons semble avoir construit son livre directement autour de l'œuvre de Dickens et le lecteur averti peut donc relever nombre références (qui ne sont pas des spoilers pour le coup !), voire même considérer que Simmons a « pompé » le roman inachevé de Dickens dans les grandes largeurs (autre source d'énervement).
    Enfin, pour ce que j'ai lu du livre, et étant donné son épaisseur j'imagine que l'on peut considérer que je n'ai lu que l'introduction (ce qui fut néanmoins largement suffisant), il me semble que l'auteur s'attarde trop sur des éléments peu pertinents. Il recrache la vie de Dickens, celle de Collins, leur relations professionnelles et personnelles, leurs personnalités, etc. Autant lire des articles de Wikipédia et passer, enfin, à quelque chose qui ressemble à une touche personnelle de la part de l'auteur. Dans tout ce que j'ai lu, l'essentiel relève d'éléments biographiques au sens large du terme. Ce n'est pas que ces informations ne soient pas intéressantes, surtout pour ceux qui ne connaissent pas les deux écrivains, mais arrive un moment où il faut savoir passer à autre chose. Je suis sûre que l'histoire démarre vraiment dans le chapitre qui suit celui que j'ai abandonné en plein vol…
    Etant donné la note globale du livre sur Babelio et les quelques avis que j'ai pu lire, je suis consciente d'aller à contre-courant mais il fallait que ça sorte !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par austen, le 17 octobre 2011

    austen
    Je ne connaissais pas Dan Simmons. Bien entendu, j'avais vu son "échiquier du mal" sur les étals des librairies, mais le titre ne m'inspirait rien.
    Je peux vous dire qu'il en est tout autrement maintenant et que "L'échiquier du mal " est actuellement en bonne place sur ma PAL.
    De fait je viens de lire "Drood", un roman épais et étrange de Dan Simmons.
    Une merveille.
    C'est le récit de l'amitié, ou plutôt des relations qui ont unis Charles Dickens et Wilkie Collins, les deux écrivains anglais majeurs de la période victorienne pendant les cinq dernières années de l'existence de ce dernier.
    A travers l'histoire d'un personnage énigmatique, Drood, on découvre un Wilkie Collins jaloux, opiomane et égocentrique, et un Charles Dickens, affligé d'un égo tout aussi énorme, insouciant et même inconscient.
    Ils se mettent tous deux à la recherche du fameux Drood, aperçu par Dickens lors de l'accident de train qui faillit lui coûter la vie en juin 1865.
    cette enquête va tourner à l'obsession chez les deux hommes, et notamment chez Wilkie Collins.
    Pour les lecteurs amateurs d'écrivains de la période victorienne, ce roman est un régal. Construit comme les romans à énigmes de Wilkie Collins, mettant en scène deux grands écrivains de l'époque, il ne peut que nous ravir.
    De plus, il est vrai que les cinq dernières années de la vie du grand Dickens restent assez mystérieuses: il se sépare de sa femme et commence une série (épuisante) de "lectures" en Angleterre, sur le continent et en Amérique.
    Dan Simmons s'empare de ces cinq années et nous donne sa version, époustouflante.
    J'ai lu "Drood" d'une traite, en sacrifiant bien des heures de sommeil. Moi qui adorais Wilkie Collins, je suis maintenant un peu partagée... même si bien sûr il ne s'agit que d'un roman!!
    Bref, je conseille ce roman à tous ceux qui aiment Dickens et Collins, ceux qui ont envie de traîner leurs guêtres dans les bas-fonds de Londres et aussi ceux qui aiment les romans gothiques.
    Un coup de coeur!
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 27 janvier 2012

    Titine75
    Le 9 juin 1865, le train où se trouvent le célèbre Charles Dickens et sa maîtresse déraille à Staplehurst. Fort heureusement l'écrivain est sain et sauf et il se précipite hors de son wagon pour venir en aide aux blessés. En contrebas du pont où l'accident a eu lieu, Dickens découvre l'ampleur du désastre. C'est également là qu'il croise un étrange et très inquiétant personnage nommé Drood. de retour à Londres, il racontera à son ami Wilkie Collins les évènements de ce 9 juin. Dickens devient rapidement totalement obnubilé par Drood et il décide de partir à sa recherche. Commence alors pour Charles Dickens et Wilkie Collins une aventure de longue haleine dans les tréfonds de l'âme humaine et de la capitale anglaise.
    W. Wilkie Collins est le narrateur du dernier livre de Dan Simmons. le récit raconte les cinq dernières années de la vie de Dickens, tout en faisant des va-et-vient dans le temps. Il mélange la réalité et la fiction à différents niveaux. Dan Simmons s'est visiblement beaucoup documenté pour écrire « Drood » et le lecteur retrouve de nombreux éléments de la vie des deux écrivains victoriens. C'est le cas pour l'accident de Staplehurst ou pour le besoin immodéré de laudanum de Collins.
    La relation entre les deux hommes est très fouillée et probablement très proche de la réalité. Wilkie Collins et Charles Dickens étaient collaborateurs mais ce dernier a connu un succès beaucoup plus important que son cadet. L'amitié-rivalité des deux écrivains est parfaitement rendu par Dan Simmons. Wilkie Collins est d'une jalousie maladive allant jusqu'à dire que Dickens était un piètre écrivain. Cette mauvaise foi (flagrante pour toute personne ayant un jour ouvert un livre de Dickens…) est finalement très cocasse, j'avoue m'être beaucoup amusée des piques de Wilkie Collins. Et il faut reconnaître que Dan Simmons n'épargne aucun des deux hommes qui n'ont pas eu de comportements exemplaires avec les femmes. pas de jaloux de ce côté-là !
    Le livre est également très réaliste en ce qui concerne la ville de Londres. Dan Simmons explore les tréfonds de la capitale britannique. Ses descriptions précises des bas-fonds rappellent celles de Dickens lui-même. « C'était la période la plus caniculaire, la plus fiévreuse d'un été caniculaire et fiévreux. Les excréments de trois millions de Londoniens exhalaient leurs miasmes dans des égouts à ciel ouvert, dont le plus vaste de tous (malgré les efforts auxquels nos ingénieurs s'étaient livrés cette année-là pour créer un réseau complexe de canalisations souterraines) n'était autre que la Tamise. Des dizaines de milliers de Londoniens dormaient sur le porche de leur maison ou sur leur balcon, n'attendant qu'une chose : la pluie. Mais quand elle tombait, c'était sous forme d'une douche chaude qui ne faisait qu'ajouter une couche de moiteur à la chaleur. Cet été-là, le mois de juillet pesait sur Londres comme une strate lourde et mouillée de chair en décomposition. » Je suis fort heureuse de n'avoir pas connu la grande puanteur de 1858 !
    Dan Simmons même l'Histoire, les biographies de Dickens et Collins à son récit. Mais à l'intérieur même de la narration, il est difficile de démêler le vrai du faux. Wilkie Collins nous raconte les dernières années de Dickens dans un brouillard d'opium. Ce dernier était également un adepte du mesmérisme ce qui contribue à brouiller encore plus les pistes. L'intrigue est parfaitement maîtrisée et très réussie.
    Outre le plaisir de percer le mystère de « Drood », j'ai beaucoup aimé le livre de Dan Simmons car il est truffé de références aux œuvres de Dickens et Collins. On les voit également au travail et c'est passionnant. Dickens est en pleine écriture du « Mystère d'Edwin Drood » et Collins de son chef-d'œuvre « Pierre de Lune ». (D'ailleurs si vous n'avez pas encore lu ce livre, évitez « Drood » qui vous révèle la fin.) Dans Simmons imagine leurs influences, leurs discussions pour peaufiner leurs intrigues, leurs désaccords.
    Vous l'aurez compris, je me suis régalée à la lecture du dernier livre de Dan Simmons. L'intrigue est haletante, l'atmosphère victorienne très bien rendue et on vit pendant 865 pages avec deux génies dela littérature anglaise. Que vouloir de plus ?

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr
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Critiques presse (5)


  • LePoint , le 25 octobre 2011
    Restitution gothique de l'Angleterre victorienne, thriller labyrinthique, Drood frappe par son évocation intime de l'herculéen Charles Dickens. Le romancier y apparaît en promeneur infatigable, en féru d'hypnose, en amoureux clandestin d'une jeune actrice ou en rock star avant l'heure avec ses électriques lectures publiques.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Lexpress , le 17 octobre 2011
    [Dan Simmons] quitte son registre favori - le fantastique et la science-fiction - pour signer une fresque nettement plus réussie, Drood, où se mêlent la biographie, le roman historique et le polar victorien. Avec, en prime, une remarquable reconstitution du Londres ténébreux de Dickens.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeFigaro , le 06 octobre 2011
    Suspense et érudition dans Drood de Dan Simmons, ce face-à-face entre l'auteur d'Oliver Twist et un tueur en série.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LeMonde , le 23 septembre 2011
    Et Drood, sous ses dehors de best-seller extrêmement maîtrisé, apparaît aussi, en définitive, comme un acte d'admiration, à la fois humble et enthousiaste, à l'attention de Dickens et de tous ceux qui ont embrassé ce curieux métier qui consiste à rassembler des mots et à en faire des histoires.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LaLibreBelgique , le 13 septembre 2011
    Dan Simmons ressuscite l’écrivain victorien dans “Drood”. Un roman à tiroirs moins haletant que ses précédents, mais envoûtant.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par domib, le 28 mars 2012

    Il vit soudain surgir à ses côtés un homme mince et de haute taille, vêtu d'une épaisse cape noire qui aurait mieux convenu à une soirée à l'opéra qu'à un voyage à Londres par le train de marée de l'après-midi. Ils avaient tous les deux leurs hauts-de-forme à la main, se retenant au talus pur éviter de tomber. Ce personnage [...] était d'une maigreur cadavérique, d'une pâleur affreuse et regardait fixement l'écrivain de ses yeux cernés de noir, enfoncés sous un front haut et blême qui s'élevait vers un crâne chauve et blafard. Quelques mèches de cheveux grisonnants jaillissaient de part et d'autre de cette espèce de tête de mort. Cette impression était encore renforcée, déclara Dickens plus tard, par le nez tronqué de l'homme - "de simples fentes noires, bien plus qu'un véritable appendice nasal, qui s'ouvraient dans cette face blanche comme un ver", toujours d'après Dickens - et par ses petites dents pointues, irrégulières, exagérément espacées, enfoncées dans des gencives si livides qu'elles étaient plus pâles que les dents elles-mêmes.
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  • Par EMOTION, le 02 novembre 2011

    Quand le dernier automne de la vie de Dickens s'acheva, il continua à travailler tout au long de son ultime hiver et jusqu'au printemps. C'est ainsi que nous autres, écrivains, nous dépouillons des jours, des années, des décennies de nos existences en échange de piles de feuillets recouverts de pattes de mouche et de gribouillis. Et quand la mort arrive, ne serions-nous pas prêts, pour la plupart d'entre nous, à céder toutes ces pages, toute cette vie gaspillée en pattes de mouche et en gribouillis, contre une seule journée de plus, une seule journée pleinement vécue et ressentie ? Quel prix serions-nous prêts à payer, nous autres écrivains, pour cette unique journée supplémentaire passée en compagnie de ceux que nous avons ignorés tandis que nous étions enfermés à grattouiller et à griffonner au cours de nos arrogantes années d'isolement solipsiste?
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  • Par Scriba, le 10 avril 2012

    Vous connaissez le sentiment incomparable, je dirais même unique que l'on éprouve en lisant. Cette concentration extrême, neutralisant toute contribution sensorielle autre que la vision qui absorbe les mots, que l'on ressent quand on se plonge dans un bon livre.
    - Oui, bien sûr ! s'écria Dickenson. Le monde s'efface. Toutes les autres pensées s'évanouissent ! Il ne reste que les images, les sons, les personnages et l'univers que l'auteur a créés pour nous ! C'est comme si on était anesthésié au monde banal qui nous entoure. Tous les lecteurs ont fait cette expérience.
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  • Par goyane, le 22 mars 2012

    Ils m"ont drogué, insistai-je d'une voix atone comme nous pénétrions dans les dernières ruelles voisines du cimetière. Lazaree ou je ne sais qui a mis de la drogue dans ma pipe d'opium.
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  • Par Scriba, le 15 avril 2012

    Si un écrivain tombe gravement malade, tout s'arrête. S'il meurt, son "affaire" prend définitivement fin. En ce sens, la carrière d'un écrivain populaire est assez comparable à celle d'un comédien célèbre -, mais le plus célèbre des acteurs lui-même a une doublure. Un écrivain n'en a pas. Personne ne peut le remplacer. Sa voix éminemment personnelle est unique.
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