ISBN : 2246454913
Éditeur : Grasset (1991)


Note moyenne : 3.28/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Qu'en est-il de nos passions ? Dans ce roman courent les bruits de notre monde, ses éruptions de liberté. On y entend surtout l'amoureuse mélodie de Marianne et de Simon, deux êtres qui essaient d'inventer une passion inusable. Armé d'étranges blessures qui lui tiennent... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 01 mars 2009

    Je vous aime, vous le savez et je ne sais toujours pas ce que ce mot signifie. Qu'il m'ait détourné des autres hommes ? oui, sans doute, sans pourtant écarter mon regard d'eux. Je les ai observés, certains m'ont émue, mais pour vous, vous seul, ce fut une évidence. Des gens, sans doute, élisent un lieu du monde parce que c'est là qu'ils vivront, qu'ils construiront une maison, la rempliront d'enfants, d'objets, de rires et de temps. Pour moi ce lieu, ce fut vous, sans que jamais j'aie à me poser la question du pourquoi de cette élection. Il y a eu cette longue séparation des années quarante. Sans êtres à vos côtés, chaque jour, chaque nuit, aux pires moments, j'ai pensé à votre visage et à cette souciance du monde qui fut la vôtre. Tant d'années passées ensemble à aimer les mêmes villes, à détester les mêmes personnes ! C'est tout cela qui aura été ma joie d'être avec vous : partager avec quelqu'un et au même moment les mêmes goûts, les mêmes attirances pour tout ce qu'est la vie et l'au-delà de la vie : l'art, la poésie, les lieux mêmes où se nouent et se dénouent les existences.
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  • Par Angele, le 16 janvier 2011

    La jeune fille, Marie, était entrée à l'hôpital un matin, dès la première consultation, pour qu'on lui retire le début d'enfant qu'elle s'était mise à fabriquer. Elle avait gardé les yeux ouverts et c'est sa tête qui souffrait. Son corps était absent. Elle ne le voyait plus, ne le sentait plus. Elle dit, mon corps est immonde, mais elle ne voulut pas pleurer devant les médecins.[…] Elle sut qu'elle venait de faire connaissance avec son premier vrai chagrin, que ce début de vie n'était pas un furoncle ou une verrue qu'on pouvait enlever parce que cela gêne. Personne ne l'avait prévenue, personne. Elle eut l'impression d'avoir été trompée par l'humanité entière. On ne lui avait parlé jusque là que de la loi qui autorisait et du pape qui interdisait, mais pas de la douleur intime, du souvenir arraché, de la misère à vivre cela.
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  • Par Neigeline, le 01 mars 2009

    Je crois que nos vies ont besoin de subir des arrivées et des départs, que des vides se comblent ou au contraire que des absences viennent sanctionner une mollesse. La fatigue survient - j'y ai beaucoup pensé - lorsque nous ne nous sentons plus à l'intersection de ceux qui nous ont précédés et de ceux dont nous sommes les contemporains. Deux lignes-forces de deux temps différents et que nous ne maîtrisons pas, mais que nous pouvons infléchir... Chaque fois qu'il y a rupture dans l'un ou l'autre sens, nous nous retrouvons démunis, sans niches, décalés de cette pliure que fait l'Histoire avec notre actualité. Alors le mal réapparait : une fatigue, un dégoût.
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  • Par Angele, le 16 janvier 2011

    Si par une chance inouïe nos routes ne se trouvent pas trop éloignées, on peut encore imaginer que nous nous apercevrons, et même, que nous nous croiserons… Pour nous saluer, nous ignorer, échanger quelques mots avant de repartir, avec ce dernier, cet unique souvenir : avoir rencontré un visage sur la piste, un seul visage, et vivre avec lui.
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  • Par Angele, le 16 janvier 2011

    Ils portent une blessure invisible, qu'ils ne peuvent oublier car c'est cela que le corps cicatrise le moins bien, les maladies qui n'ont pas de nom. Elles se taisent et n'osent rien avouer.
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