Un tramway relie le centre d'une ville méditerranéenne aux villas bourgeoises de la côte, distantes d'une quinzaine de kilomètres. Des enfants s'y bousculent, le temps de rejoindre leur école ; parmi eux, le narrateur, émerveillé ... > voir plus
Comme toujours chez C. Simon, ce n'est pas l'Histoire qui compte mais le chemin des personnages rendus à leur densité grâce à l'écriture, le quotidien, les souvenirs ou le mouvement de la pensée suivent le passage du tramway. Il s'agit bien d'une succession de micro-évènements ou de micro-rêveries suscités par le passage du tramway. La précision délicate de l'écriture étire langoureusement chaque description ou chaque pensée jusqu'à en faire un tableau parfois abstrait ou surréaliste. La somme des tableaux peint par C. Simon donne une vague impression des personnages et de ce qu'ils sont. le lecteur a aussi l'impression de passer dans leur vie comme le fait Le tramway au milieu de cette cité balnéaire.
p.98/Entouré de tous côtés par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'hôpital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus récents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une espèce d'îlot noyé au milieu du tumultueux et fragile désordre comme une sorte d'entité en soi, d'univers en réduction, fermé sur lui-même, ripoliné et fini, du service d'obstétrique à la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condensé) les successifs états de la machine humaine de la naissance à l'agonie en passant par toutes les déviations et anomalies possibles jusqu'à sa définitive corruption.