Ce roman tourne autour des hésitations de Louise. Elle ne sait si elle doit quitter son mari pour son amant, si sa vielle tante va mourir, et les dilemmes qu'elle subit en font un personnage déchiré entre ces choix. Les dix jours d'agonie de Marie font prendre conscienc... > voir plus
Louise la jeune femme, les deux vieilles Sabine et Marie (sa probité rigide) retiennent parce qu'elles sont dans ce livre, avec cette chronologie perturbée par le cheminement des idées et les longues phrases, le glissement d'un personnage à l'autre, les descriptions précises et sensuelles comme ce triangle dessiné par l'entrebaillement des volets de la chambre, et les heures passant sur le jardin.
Elle ne répondit pas, bougeant, s’appuyant sur un coude pour atteindre le cendrier, écraser la cigarette, en prendre une autre dans le paquet sur la table de chevet, puis resta là, le bras levé, les doigts vides, encore dans la position de tenir la cigarette, la main revenue à la place où elle se trouvait quand il l’avait frappée – pas très fort – le bras ayant cédé sous le coup, reculé et repris la même position comme ramené par un ressort, la cigarette roulant par terre sur le tapis et s’arrêtant. La main bougea de nouveau, revint jusqu’au parquet sur la table, le secoua pour en faire glisser les cigarettes (l’autre bras replié sous elle soutenant toujours le buste soulevé), en prit l’une, la mit entre les lèvres, le coeur cognant toujours violemment dans sa poitrine…
...comme si celui-ci n'avait pas besoin d'être perçu par l'oreille pour être entendu jusqu'au bas de la colline, et même plus loin, maintenant, dans la nuit silencieuse, la nocturne paix du jardin des frondaisons et des oiseaux endormis..
parce qu'elle n'a jamais rien demandé aux autres, pas même qu'ils l'aiment, pas même la permission de les aimer, pas plus qu'elle ne s'est permis de le leur dire ou de leur manifester autrement que par la seule façon qu'elle pût imaginer, c'est-à-dire en donnant.
cette tête déjà momifiée, ce corps soulevant à peine le drap, et qui n'a jamais tenu un homme embrassé, ces flancs, ce ventre qui n'a jamais enfanté, et ce visage maintenant semblable à un masque de carton, de parchemin..