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Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?1Ajouter à mes livres
Je fuis, tu fuis, nous fuyons… Qui aujourd'hui ne court pas, ignorant après quoi, sans savoir où, mais toujours plus vite dans une société érigeant la mobilité en culte et fustigeant l'archaïsme de ceux qui rechignent à sacr... > voir plus
une merveille de sensibilité, réflexion profonde mais joyeuse en diable, un chef d'oeuvre à emporter partout ; j'en ai un dans chaque maison où je me pose : donc plusieurs,
Ce que j'appelle amour est entier dans cette phrase d'un rabbin rescapé d'un camp de la mort : “La souffrance a tout calciné, tout consumé en moi, sauf l'amour.” Si cette phrase nous atteint de plein fouet, c'est que nous sentons bien combien nous sommes loin des représentations, du décorum de l'âme. L’amour est ce qui reste quand il ne reste plus rien. Nous avons tous cette mémoire au fond de nous quand, au-delà de nos échecs, de nos séparations, des mots auxquels nous survivons, monte du fond de la nuit comme un chant à peine audible, l'assurance qu'au-delà des désastres de nos biographies, qu'au-delà même de la joie, de la peine, de la naissance et de la mort, il existe un espace que rien ne menace, que rien jamais n’a menacé et qui n’encourt aucun risque de destruction, un espace intact, celui de l’amour qui a fondé notre être.
Les priorités de notre société industrielle "avancée" - au sens que prend
hélas ce terme dans l'expression putréfaction avancée, sont
pathogènes.
La comptabilisation de toute valeur, l'âpreté au gain,
une compétitivité qui prend la forme d'une guerre larvée
entre les hommes, sont la norme quotidienne.
Les vieux réseaux de solidarité qui éclairent l'histoire de l'humanité,
le couple, la famille, le clan, volent en éclats. p 116
Les dieux de cendre et de sang
de mort et de fers croisés
les dieux de la compétition, de la rivalité
de la domination et de la guerre,
qui peut nous obliger à les honorer ?
L`écrivain Christiane Singer est décédée le 4 avril dernier. Elle apprend le 1er septembre 2006 qu`il lui reste six mois à vivre et décide d`écrire le journal de son agonie. "Derniers fragments d`un long voyage" a paru le jour même de sa disparition. Jérôme Garcin a choisi de nous lire le moment de l`annonce par le jeune médecin viennois du verdict.